AccueilNormes et gouvernement de l'Antiquité à nos jours : dilapider, gaspiller

Normes et gouvernement de l'Antiquité à nos jours : dilapider, gaspiller

Norms and government from Antiquity to the present day: loss and waste

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Publié le mercredi 15 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Nous proposons dans ces journées de mettre en perspective historique ces types de situations où gaspillages et excès de dépenses sont mis en cause. Alors qu’aujourd’hui les gouvernants, en affichant leurs intentions d’économie et en les inscrivant dans des politiques spécifiques, appellent la société civile à participer à un effort collectif, dans les sociétés anciennes de l’Antiquité à l’époque moderne, les faits de dilapidation semblent surtout prendre à partie ceux qui, par leur fonction, sont attachés à la gestion, à la conservation, voire à l’accroissement de biens. Aussi souhaitons-nous mettre en regard les politiques qui nous sont aujourd’hui familières avec les représentations, les discours et les actes relatifs à la dilapidation dans le passé.

Annonce

1er volet : "Normes et gouvernement de l’Antiquité à nos jours : dilapider, gaspiller", journée d’études : Dijon  15 juin 2012

Organisateurs : Martine Clouzot, Bruno Lemesle, Dominique Le Page

Texte d’orientation

Présentation :

Nous vivons une époque où les gouvernements des pays développés déploient des politiques d’économie voire de rigueur, que cela soit sur le plan économique et social ou sur le plan du « développement durable », notamment. Ces actions impliquent de faire la chasse à diverses sortes de dépenses, supposées excessives ou inutiles, et à des formes de consommation spécifiques. Nous proposons dans ces journées de mettre en perspective historique ces types de situations où gaspillages et excès de dépenses sont mis en cause. Alors qu’aujourd’hui les gouvernants, en affichant leurs intentions d’économie et en les inscrivant dans des politiques spécifiques, appellent la société civile à participer à un effort collectif, dans les sociétés anciennes de l’Antiquité à l’époque moderne, les faits de dilapidation semblent surtout prendre à partie ceux qui, par leur fonction, sont attachés à la gestion, à la conservation, voire à l’accroissement de biens. Aussi souhaitons-nous mettre en regard les politiques qui nous sont aujourd’hui familières avec les représentations, les discours et les actes relatifs à la dilapidation dans le passé.

Cette journée d’études sera donc centrée sur la dilapidation de biens publics, ou de biens relevant d’une communauté ou d’une collectivité en ayant la charge. La plus grande diversité des approches est souhaitable ; on citera donc les approches doctrinales ou réglementaires, celles relatives au « visuel », les études de cas, les approches fondées sur les récits (se donnant comme historiques ou fictionnels), les correspondances. La spécificité des sources documentaires exploitées et les conditions historiques de leur production devront en revanche être soigneusement prises en compte. On devra ainsi parvenir à dégager une évolution historique et documentaire de ce thème.

Indicateurs scientifiques:

On déterminera le contexte précis ; on définira qui est visé par des accusations de dilapidation et surtout on veillera à établir quelles relations sont activées (catégories ou chaînes d’acteurs) : la dilapidation par des gouvernants est-elle dénoncée par des subordonnés, par l’autorité supérieure, par des institutions (les assemblées représentatives notamment), par le scandale provoqué, par des mouvements sociaux ?  Quelles sont les formes, les pratiques et les types de dilapidation ? La dilapidation est-elle associée à d’autres excès accomplis par son ou ses auteurs et à un comportement répréhensible ? Quelle place occupe la dilapidation parmi les autres méfaits dénoncés ? On sera aussi attentif aux enjeux politiques qui sous-tendent l’accusation.

Comment sont évalués la dilapidation et le gaspillage ? Y a-t-il une mesure ? Comment ces faits qui supposent une administration déficiente s’inscrivent-ils dans des normes de bonne administration et de gouvernement ? Quelles règles et normes sont mobilisées ? Y a-t-il des normes explicites ? On observera en quoi la qualification de dilapidation peut être liée à la nature et au statut des biens dilapidés. On sera donc aussi attentif à observer la production, la transformation et l’évolution des normes qualifiant la dilapidation ou des règles qui président au traitement de ces situations.

Comment la dilapidation est-elle dénoncée ? Quelles procédures sont mises en action contre les dilapidateurs ? Quelles sont les preuves de la dilapidation ? A quoi aboutissent dénonciations, accusations, procès ? Comment la dilapidation est-elle prévenue, corrigée, punie ? Quelles sont les mesures de réparation ? Quels moyens sont mis en œuvre pour y remédier ? Peut-on mesurer les effets des différents types de mobilisation relatifs au fait de dilapider ?

Quelles sont les représentations visuelles évoquant gaspillage et dilapidation ? Quels sont les lieux, les supports, les formes ? Quelles évolutions chronologiques peut-on déterminer ? Comment les représentations hors-texte peuvent-elles être mises en relation avec les textes normatifs (spécificités, écarts) ? 

Enfin, les actes de dilapidation ne doivent-ils pas aussi être considérés sous leur versant positif ? Quelles formes d’échanges sont mises en question ? Les pratiques dénoncées ne correspondent pas nécessairement à des faits transgressifs mais à des pratiques courantes. Il importe donc aussi de considérer dans quelle mesure les formes mises en cause peuvent correspondent à des pratiques d’échanges socialement admises. Quelles relations entre les gouvernants et les acteurs sociaux sont alors mises en cause par leur dénonciation ?  

Programme

9 h 00 – Accueil des participants

9 h 00 – 12 h 30

  • Introduction – Bruno LEMESLE (univ. de Bourgogne)
  • Sabine LEFEBVRE (univ. de Bourgogne), Dilapidatio principis. Un topos du portrait du mauvais prince ?
  • Valentina TONEATTO (univ. de Haute‐Bretagne), Dilapidation et bonne administration des res monasterii d'après les sources normatives monastiques (Ve‐IXe siècle)
  • Hermann KAMP (univ. de Paderborn), Largesse et gaspillage dans l'Empire des XIe et XIIe siècles
  • Philippe HAUGEARD (univ. de Haute‐Alsace), La largesse hyperbolique comme mode de domination sociale et politique dans les textes littéraires des XIIe et XIIIe siècles
  • Bruno LEMESLE, Le « crime de dilapidation » au XIIe siècle

Pause déjeuner

14 h 00 – 18 h 00

  • Julien THÉRY (univ. de Montpellier 3), La dilapidation, au coeur des procédures criminelles de la papauté contre les prélats (XIIIe‐XIVe siècles)
  • Xavier HÉLARY (univ. de Paris 4), Pierre de La Broce († 1278), favori cupide ou bon gestionnaire ?
  • Riccardo RAO (univ. de Bergame), « Sterile et infertile » : spreco e dilapidazione nella gestione dei beni comunali nel basso medioevo (Italia settentrionale, secoli XII‐XVI)
  • Dominique LE PAGE (univ. de Bourgogne), Les Chambres des comptes et la dilapidation
  • Sylvie DAUBRESSE (CNRS), Le parlement de Paris et les besoins financiers de la monarchie au XVIe siècle : entre nécessité et contrôle de la dépense
  • Sébastien KOTT (univ. de Paris‐Ouest‐Nanterre‐La Défense), Le contrôle de la bonne administration des finances sous la Restauration.

Lieux

  • Esplanade Erasme (Université de Bourgogne-Maison des Sciences de l'Homme, salle du Conseil-R02)
    Dijon, France

Dates

  • vendredi 15 juin 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • dilapider, gaspiller

Contacts

  • Chantal Palluet
    courriel : cnrs [dot] auxerre [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Chantal Palluet
    courriel : cnrs [dot] auxerre [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Normes et gouvernement de l'Antiquité à nos jours : dilapider, gaspiller », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 15 février 2012, http://calenda.org/207256