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Salles Gomes et Jean Vigo, cinéphilie, littérature et patrimoine cinématographique

Salles Gomes and Jean Vigo, cinephilia, literature and film heritage

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Publié le mercredi 15 février 2012 par Julien Gilet

Résumé

Appel à communication pour un colloque qui aura lieu du 02 au 04 octobre 2012 à Montpellier et à Perpignan. Paulo Emilio Salles Gomes a été le premier biographe de Jean Vigo, il a toujours favorisé les rencontres entre chercheurs brésiliens et français autour de la valorisation du cinéma comme objet culturel et document pour l’histoire. Dans la presse brésilienne Salles Gomes dénonce les difficultés de la mise en place d'une cinématographie nationale dans un pays sous-développé. Pour sa largeur d'approche critique et sociale l'œuvre de ce critique brésilien est toujours l’objet de nouvelles réflexions universitaires.

Annonce

Appel à communication pour un colloque qui aura lieu du 02 au 04 octobre 2012 à Montpellier et à Perpignan.

Le centre RIRRA 21 (Représenter et inventer la réalité du romantisme à l’aube du XIXe siècle) de l’Université Paul Valéry, en partenariat avec la Cinémathèque Brésilienne et la Cinémathèque Euro Régionale de l’Institut Jean Vigo, organise un colloque permettant la rencontre de chercheurs en cinéma, littérature et histoire et d’autres domaines des arts du spectacle autour de l’œuvre de Jean Vigo et de Paulo Emilio Salles Gomes, deux personnalités à part pour la construction d’une histoire critique du cinéma mondial.

Argumentaire:

Nous pouvons affirmer sans équivoque que la culture cinématographique brésilienne est un chapitre de la cinéphilie européenne, particulièrement, française et italienne. Cette relation d'amitié a comme principal architecte le critique et historien du cinéma, Paulo Emilio Salles Gomes (1916-1977).

Lecteur attentif d'André Bazin et interlocuteur de Henri Langlois, Salles Gomes (ou Salès Gomés, comme il était connu en France), a fondé la Cinémathèque Brésilienne et a contribué à promouvoir le saut qualitatif du mouvement cinématographique connu sous le nom de Cinema Novo.

La subtilité des analyses filmiques faites par Salles Gomes et sa prose littéraire ont captivé les jeunes cinéastes brésiliens. Conscient de l’importance du renouvellement artistique international du cinéma moderne, Paulo Emílio devient une sorte de maître à penser du Cinema Novo. Outre les théories du cinéma, décortiquées par sa plume, Salles Gomes a également développé un fort engagement dans la lutte pour la préservation des films, qu'il voyait comme des documents pour l'histoire. En 1956, faisant la description du XIIe Congrès de la Fédération Internationale des Archives du Film, Salles Gomes écrit ceci dans un journal à grand tirage au Brésil, O Estado de São Paulo :

"Un Congrès du monde entier. Dès le début, ce qui a été impressionnant dans ce congrès fut son universalité. Jusqu'à présent, la FIAF avait ses racines principalement en Europe, Amérique du Nord et, plus modestement, en Amérique du Sud. Aujourd'hui, l'Asie est magnifiquement présente avec le Japon et la Chine. Les travaux préliminaires réalisés au Maroc et en Égypte ont marqué l'intégration des pays islamistes de l'Afrique dans le grand mouvement pour la culture cinématographique universelle."
(“Supplément Littéraire” du journal l’État de São Paulo, 13-10-1956)

Pendant son deuxième séjour en France (1946-1954), Salles Gomes a accompagné la reformulation du discours critique sur le cinéma. Son travail sur le cinéaste Jean Vigo (Seuil, 1957) est le résultat de sa participation aux discussions avec les cinéphiles français et italiens dans une période décisive pour l'écriture de l'histoire du cinéma mondial. Le “clan” Vigo a passionné Salles Gomes qui écrit deux études biographiques sur cette famille marquée par l’engagement politique et la passion du cinéma.

Dans un premier temps, il décrit la vie de l’anarchiste catalan, Almereyda, personnage d’une trame politique qui renie son nom de famille par un choix libertaire (Almereyda est en réalité Eugène de Bonaventura Vigo, père de Jean Vigo). Cet ouvrage fut publié au Brésil seulement en 1991, 14 ans après la mort du critique brésilien et n’a pas été traduit en France. Salles Gomes était pris par le cinéma de l’Avant-garde et par la poétique du cinéma de Jean Vigo. Cette passion est vécue depuis le Brésil par une jeunesse marquée du signe de la modernité prônée par le mouvement littéraire de la Semaine d’Art Moderne de São Paulo en 1922.

Exilé en France en 1936 le critique brésilien découvre l’histoire de la lutte ouvrière française du début du XXe siècle, dans les archives sur Almereyda consultées minutieusement à la Bibliothèque Nationale à Paris. Après avoir compris le cheminement de Vigo, père, le critique écrit la biographie du fils, Jean Vigo, cinéaste au destin tragique.

Cet ouvrage est un exemple de biographie historique mêlant aux analyses immanentes des films, l'interprétation des éléments extra-artistiques comme la politique, l’histoire sociale et culturelle de la France, entre les deux guerres. Jean Vigo, le livre, fut progressivement un modèle pour l’écriture de l'histoire du cinéma brésilien et est toujours une référence pour les études sur ce cinéaste d'avant-garde. Cet ouvrage nous a également servi pour comprendre la relation étroite entre Jean Vigo, le cinéma français, Salles Gomes et la cinéphilie brésilienne. Lors d'une étude sur Humberto Mauro (São Paulo 1974, cinéaste brésilien de la période du muet) Salles Gomes opte pour le style français de l'écriture biographique qu'il a contribué à promouvoir au Brésil.

Tout au long de son parcours intellectuel, Salles Gomes fut en avance sur son temps. Il se présente alors comme un "passeur" des connaissances qui ont largement contribué à comprendre le transfert culturel entre la France et le Brésil commencé par les mouvements littéraires nationaux dès la deuxième moitié du XIXème siècle.

Depuis son premier séjour en France, en 1937-1939 et jusqu’aux années 1970 au Brésil, Paulo Emilio Salles Gomes a favorisé les rencontres entre chercheurs brésiliens et français autour de la valorisation du cinéma comme objet culturel et document pour l’histoire. Dans la presse brésilienne, il dénonce les difficultés de la mise en place d'une cinématographie nationale dans un pays sous-développé. Pour sa largeur d’approche critique et sociale, l'œuvre de Salles Gomes est toujours l’objet de nouvelles réflexions universitaires.

La proposition de réaliser dans le Sud de la France un colloque permettant la rencontre de chercheurs en cinéma, littérature et histoire et d’autres domaines des arts du spectacle autour de deux personnalités à part pour la construction d’une histoire critique du cinéma, est en harmonie avec le parcours intellectuel de Salles Gomes et le parcours artistique de Jean Vigo. Le tout est en accord avec les objectifs des institutions universitaires et culturelles qui soutiennent ce projet: en France le centre RIRRA 21 de l’Université Paul Valéry, la Cinémathèque Euro Régionale de l’Institut Jean Vigo à Perpignan. Au Brésil: le Département de Letras Vernáculas de l’Université de São Paulo et la Cinémathèque Brésilienne. Aux États-Unis, le département d'Arts de l'Université de New York se joint à nous, démontrant la portée hors frontières de la cinéphilie et les liens entre la France et les Amériques. En outre, notre colloque prétend étudier les transferts entre le Brésil et la France et l’univers de la cinéphilie franco-brésilienne en les projetant dans les domaines de l’écriture critique et socio-historique.

Le colloque aura lieu dans les deux villes du Languedoc-Roussillon, Montpellier et Perpignan entre le 02 et le 04 octobre 2012 et le transfert entre les deux villes sera assuré par l’organisation. Se voulant pluridisciplinaire, le colloque propose quatre axes autour des réflexions ci-dessous:

  1. l'œuvre de Jean Vigo et l'univers cinéphile français,
  2. la dimension littéraire et cosmopolite de l'œuvre de Salles Gomes,
  3. Salles Gomes-Jean Vigo, France et Brésil: transferts culturels dans la construction du cinéma moderne.
  4. la génération critique de Salles Gomes et la lutte pour la préservation des archives des films, patrimoine pour l’histoire contemporaine.

Modalités de propositions :

Les propositions de communication, rédigées en français, avec 500 mots maximum, doivent être envoyées

avant le 30 Juin 2012,

accompagnées d'un bref CV, à l'adresse suivant: seblisfat@hotmail.com, à l’intention de Madame F. Sebastiana Gomes Lisboa.

Comité organisateur: 

  • Fátima Sebastiana G. Lisboa (Fundação CAPES-BR/UPV-RIRRA 21)
  • Adilson Mendes (Fundação Cinematéca Brasileira)
  • Francois Amy-de-la-Bretèque (Université Paul Valery-RIRRA 21)
  • Michel Cadé (Institut Jean Vigo)
  • Kees Bakker (Institut Jean Vigo)
  • Jean-Philippe Trias (Université Paul Valery-RIRRA 21)

Comité scientifique: 

  • François Amy-de-la-Bretèque (Université Paul Valery-RIRRA 21)
  • Carlos Waldel de Magalhães (Fundação cinematéca brasileira)
  • Michel Cadé (Institut Jean Vigo)
  • Marie-Eve Therenty (Université Paul Valery-RIRRA 21)
  • José Antônio Pasta Jr (Universidade de São Paulo-DLCV)
  • Fátima Sebastiana Gomes Lisboa (Fundação Capes-Br/UPV-RIRRA 21)
  • Kees Bakker (Institut Jean Vigo)
  • Adilson Mendes (Fundação cinematéca brasileira)
  • Sarah Sarzynski (Class-New York University)

Lieux

  • Montpellier, France
  • Perpignan, France

Dates

  • samedi 30 juin 2012

Fichiers attachés

Contacts

  • F. Sebastiana Gomes Lisboa
    courriel : seblisfat [at] hotmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Sebastiana Lisboa
    courriel : seblisfat [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Salles Gomes et Jean Vigo, cinéphilie, littérature et patrimoine cinématographique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 février 2012, http://calenda.org/207267