AccueilLes « mardi après-midi » du Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain, LIED (2012)

Les « mardi après-midi » du Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain, LIED (2012)

"Tuesday afternoons" at the Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain, LIED (2012)

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Publié le lundi 20 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le LIED (Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain) organise ses premiers séminaires thématiques : éfficacité énergétique et modes de consommation (28 février 2012) ; les échelles des territoires (13 mars 2012) ; politiques publiques des énergies (20 mars 2012).

Annonce

Présentation

Le Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain (LIED) et son réseau international PIERI (Paris 7 Interdisciplinary Energy Research Institute) ont été conçus dans le contexte de la croissance continue des besoins énergétiques mondiaux, couplée aux problèmes environnementaux, englobant la question climatique. Ils répondent à la nécessité d'une approche globale, rarement prise en compte, des problèmes posés dans toute leur complexité. Sa singularité est en effet de fédérer étroitement, autour des questions soulevés au niveau national et international, des membres des secteurs Sciences (Biologie, Chimie, Informatique, Mathématiques,  Physique, Sciences de l'ingénieur, Sciences de la Terre) et Sciences Humaines et Sociales (Anthropologie, Economie, Géographie, Histoire, Philosophie, Sciences politiques, Sociologie), qu'ils soient universitaires ou venant d'entreprises.

Le LIED (Laboratoire Interdisciplinaire des Énergies de Demain) organise ses premiers séminaires thématiques.

Efficacité énergétique et modes de consommation (28 février 2012)

De 14 à 17 heures, salle Klee (454 A) du bâtiment Condorcet.

  • 14h Hassan Peerhossaini (Polytech Nantes) : Quelles sciences pour faire évoluer les modes de consommation ?
    Les questions liées à l'efficacité énergétique sont elles du domaine réservé des sciences pour l'ingénieur ? Qu’ont-elles à y faire les sciences dites fondamentales ? Et qu'attendre d'un dialogue avec les chercheurs du secteur sciences humaines et sociales? Ces questions seront brièvement introduites pour guider les débats attendus par la suite.
  • 14h15  Jean-Paul Gourlia (TOTAL) : L'efficacité énergétique est-elle uniquement technologique ?
    L’efficacité énergétique, considérée comme un enjeu majeur dans le cadre de la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre,  est l’objet de nombreux débats ; entre autres, des objectifs ont été définis au niveau de l’union européenne. Mais quel secteur économique doit-il accentuer ses efforts ? L’industrie, le transport, le tertiaire ? La solution réside certainement dans chacun d’entre eux, encore plus dans le comportement individuel et collectif.
  • 14h40 Jean-Pierre Rognon (G2Elab) : L’électrification dispensera-t-elle de la sobriété énergétique?
    L'électricité occupe une place croissante dans le mix énergétique. L'électrification de certaines fonctions permet des gains importants d'efficacité, donnant l'espoir de relaxer des contraintes de sobriété. Des marges de progrès existent à tous niveaux de la chaîne électrique, de la production aux usages en passant par la distribution. Les développements dans ce domaine porteront sur les constituants et leur contrôle mais aussi sur les architectures de réseaux et la gestion des flux. Mais pourra-t-on se dispenser de l’implication des producteurs et des consommateurs par rapport à l’objectif de sobriété ?

15h15 Pause café

  • 15h45  Bernard Saincy (GDF-Suez) : Innovation sociétale et lutte contre la précarité énergétique
    1,3 milliard de personnes n’ont pas accès à l’énergie dans le monde. En Europe près d’un quart de la population est en situation de précarité énergétique. Comment réduire ces fléaux ? Quels rôles peuvent jouer gouvernements, institutions internationales, monde associatif et entreprises pour relever le défi de l’accès à l’énergie durable pour tous? L’innovation sociétale est au cœur des réponses à ces défis. De nouveaux modèles d’affaires apparaissent centrés sur la réponse aux besoins des populations vulnérables de la « Base de la pyramide » et dans des logiques de création de valeur partagée. Ces modèles fondés sur des partenariats publics privés innovants, sur un dialogue sociétal organisé donnent lieu à des expérimentations. Quelle évaluation peut-on en faire?
  • 16h10 Aurélia Michel (SEDET) : Accès à l'énergie et développement : un regard non européo-centré
    Le lien entre consommation et production d'énergie et développement est envisagé par les historiens, le plus souvent, à partir du modèle de développement industriel occidental. Or, l’histoire des sociétés des Suds permet de montrer des logiques et des réponses différentes face aux ressources énergétiques dans leur ensemble. D’autant plus dans des contextes de rareté énergétique, les modes de consommation expriment l’organisation des sociétés autour de l’accès et de la gestion des ressources. A travers un exemple mexicain, on montrera l’efficacité « sociale » particulière qui articule accès à l’énergie et consommation.

16h35 Discussion animée par Laurence Raineau et Eduardo Wesfreid

Les échelles des territoires (13 mars 2012)

De 14 à 17 heures, salle Klee (454 A) du bâtiment Condorcet.

  • 14h Patricia Bordin (IRC) : La carte est-elle le bon modèle pour représenter les territoires ?
    La géomatique se situe dans un entre-deux : elle propose de modéliser des informations géographiques en données qui peuvent ensuite être analysées dans des approches informatiques et physiques. Cette modélisation est contrainte par l’origine et la structure des outils utilisés, les systèmes d’information géographique (SIG). La modélisation multi-échelle introduit un peu de souplesse dans cette caricature des territoires qu’est la carte. Cela ne nous affranchit cependant pas d’un travail minutieux de co-modélisation avec les géographes, sociologues, aménageurs, environnementalistes,…
  • 14h25 Stéphane Douady (MSC) : La modélisation des villes, comment croiser regard physiques et urbanistiques ?
    Est-il possible de résumer les observations et connaissances des urbanistes dans un modèle physique ? Est-il possible de faire accepter un modèle extrêmement simplificateur (physique simple) a des spécialistes de la complexité humaines (urbanistes) ? Qu'est-ce que ce croisement nous apprend sur notre différence d'approche, et finalement sur l'objet d'étude ?

14h50 Pause café

  • 15h20 Jean-Pierre Orfeuil (IUP) : Modeliser la mobilité: enjeux et limites.
    Les comportements de mobilité sont des comportements de choix de destination, de moyen, d’itinéraire au moment d’un déplacement, mais ils s’organisent à différentes échelles, tant temporelles (la journée, la semaine, l’année) que spatiales (logiques différentes sur longues et courtes distances, problématiques du dernier kilomètre, etc.), si bien qu’ils font système. On a néanmoins besoin d’approches partielles sur un champ déterminé pour avancer dans la connaissance. On s’attachera donc ici, à partir d’exemples concrets,  à identifier les difficultés, besoins de données, pièges, etc.  qu’on peut rencontrer, c'est-à-dire à examiner les zones de pertinence des modèles, aussi bien du point de vue de la compréhension des phénomènes (mobilité) que de ses conséquences (énergie notamment).
  • 15h45 Arnaud Passalacqua (ICT) : L'histoire donne-t-elle une quatrième dimension fiable aux trois géométriques ?
    En tant que discipline, l'histoire est elle-même confrontée aux choix d'échelle spatiale – de la microhistoire à la world history –, aux choix d'échelle temporelle et au positionnement des focales afin d'apporter des éléments de réponses à des questionnements préalables. L'interaction entre choix des sources et choix des échelles est au cœur du travail de l'historien. Confrontée aux autres disciplines, l'histoire introduit donc la nécessaire inscription temporelle des dynamiques territoriales. Sa vertu est ainsi probablement de rappeler le poids des continuités ou de souligner celui des ruptures. Par les différentes échelles de temps qu'elle introduit, l'histoire peut ainsi éclairer les raisonnements produits sur les territoires, en les ramenant bien souvent à une inertie, qui ne peut être négligée, même dans les phénomènes qui semblent les plus dynamiques.

16h10 Discussion animée par José Halloy et Pauline Lavagne d'Ortigue

16h45 Quelles séances à prévoir pour la suite du cycle ?

Politiques publiques des énergies (20 mars 2012)

De 14 à 17 heures, salle Klee (454 A) du bâtiment Condorcet.

  • 14h Joseph Szarka (Université de Bath) : Politiques publiques et énergies renouvelables: entre l’économique et le social ?
    A partir de l’exemple de la diffusion de l’éolien, la présentation passe en revue les principaux instruments de politique publique en direction des ENR (appels à l’offre, tarifs d’achat, certificats échangeables) pour démontrer les difficultés à prévoir les effets sociaux des mesures essentiellement économiques. En effet, l’étude comparative révèle que les interactions entre l’économique et le social varient non seulement en fonction de l’instrument choisi, mais aussi en fonction des pays. L’analyse du  fonctionnement des politiques publiques envers les ENR nécessite donc le remplacement de l’approche dominante de la période récente –  à savoir une entrée par les sciences économiques – par une approche pluridisciplinaire.
  • 14h20 Alain Nadaï (CIRED) : Politiques éoliennes et paysage : une comparaison Allemagne, France, Portugal
    Cette présentation compare les politiques et le développement éolien dans trois pays européens – France, Allemagne et Portugal – qui ont tous adopté le tarif d’achat pour soutenir le développement de l’énergie éolienne. L’analyse met en avant le rôle des pratiques paysagères dans l’émergence de réseaux sociaux intéressés à porter le développement éolien et distingue trois configurations de transition énergétique à partir de cette comparaison : l’actualisation (la continuité à partir de l’existant) en Allemagne ; la recherche d’un ré-équilibrage entre les niveaux local et national au Portugal ; l’enjeu d’une double décentralisation énergétique et paysagère en France, passant le plus souvent par la mise en échec des formes degestion existantes.
  • 14h45 Hubert Flocard (CSNSM) : Qu'apporte l'éolen à notre dispositif énergétique ? Un regard sur les données.
    L’opposition locale au déploiement de l’éolien (sur terre et près des côtes) se focalise presqu’exclusivement sur son impact esthétique (effet NIMBY) ou sur les dommages qu’il pourrait causer à la faune. Or, ces aspects pèseraient bien peu si une pénurie électrique durable touchait le pays et si l’éolien avait la capacité d’y apporter une réponse efficace même partielle. Ce ne ce sont donc pas eux que nous allons aborder dans cet exposé. Partant des caractéristiques techniques de l’approvisionnement électrique d’une nation et d’un continent nous essayerons de montrer que, sur un territoire disposant d’une capacité d’interconnexion, l’éolien fournit une réponse qui aux plans énergétique, économique ou écologique ne justifie guère l’engouement qu’il suscite auprès du public et des médias en général et par voie de conséquence auprès des politiques.

15h10 Pause café

  • 15h40 Ariane Debourdeau (IGEAT) : L’énergie solaire, promesse ou utopie ? Controverses et problématisations du photovoltaïque en France
    L’histoire de l’énergie solaire photovoltaïque est jalonnée d’oscillations entre enthousiasme et désaffection voire, actuellement, mise à l’index. En effet, depuis une dizaine d’années, le solaire photovoltaïque a connu une expansion sans précédent à la faveur des tarifs d’achat. Les controverses récentes sont à la mesure de cet essor et pointent du doigt le coût collectif jugé « insurmontable » des dispositifs de soutien au développement du solaire. Or, une approche comparée des instruments de politique publique mis à nu par cette controverse donne à voir les enjeux de « bien commun » et les errements attachés à un certain mode de problématisation du photovoltaïque.
  • 16h05 Josquin Debaz (GSPR) : Entre résilience et déplétion : politiques énergétiques et sociologie des controverses
    Après un bref retour sur les outils sociologiques applicables à l’analyses des controverses, nous nous pencherons sur les enjeux d’une politique des choix énergétiques. Illustrés ici par les cas de l’éolien et du photovoltaïque, ces choix impliquent dans leur calcul tant la question de l’économie que celles du climat, de l’environnement et de la santé environnementale, de la concertation, etc. La montée des tensions autour de ces enjeux, parfois fulgurante comme dans le dossier des gaz de schiste, repose non seulement sur l’urgence de l’objet lui-même mais aussi sur la diversité des causes locales et internationales qui s’interconnectent dans le dossier, mettant en opposition différentes visions du futur et différentes hiérarchies des problèmes.

16h30 Discussion animée par Mathieu Arnoux et Laurent Limat

Lieux

  • 4 rue Elsa Morante
    Paris, France

Dates

  • mardi 20 mars 2012
  • mardi 13 mars 2012
  • mardi 28 février 2012

Mots-clés

  • Énergie, échelles, politiques publiques, imaginaire, consommation

Contacts

  • Luc Valentin
    courriel : lvalentin91 [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marta Severo
    courriel : marta [dot] severo [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les « mardi après-midi » du Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain, LIED (2012) », Cycle de conférences, Calenda, Publié le lundi 20 février 2012, http://calenda.org/207296