AccueilDeuxièmes biennales Durkheim / Mauss

Deuxièmes biennales Durkheim / Mauss

Second Durkheim/Mauss biennial

Société, cultures et religion

Society, culture and religion

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Publié le lundi 20 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Les biennales Durkheim / Mauss sont centrées sur une thématique – un « fait social » – que l’héritage durkheimien et maussien nous permet d’expliquer. Les premières biennales qui se sont déroulées les 25 et 26 juin 2010 ont porté sur la thématique « travail et dons ». Dans la voie tracée par Émile Durkheim et Marcel Mauss, les deuxièmes biennales s’intéresseront à la question de l’étude des conditions pratiques de « l’efficacité symbolique » à travers trois ateliers : n°1 – politique, représentations et émotions : les formes de construction du lien social ; n°2 – les pratiques religieuses aujourd’hui : tradition et modernité ; n°3 – consommation culturelle et pratiques artistiques : l’expérience du spectateur.

Annonce

Suite au Colloque international « Émile Durkheim, une jeunesse lorraine » qui a eu lieu du 28 au 30 mai 2008 à l’occasion du 150ième anniversaire du père de la sociologie française, la Société d’Émulation du Département des Vosges et le 2L2S (Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales) de l’Université Lorraine ont décidé de poursuivre leur collaboration en organisant des biennales Durkheim / Mauss à Epinal.

Présentation des biennales

Partant de l’origine géographique commune de l’oncle et du neveu, les biennales d’Epinal n’ont pas pour objectif d’accueillir des travaux d’érudition concernant les théories d’Émile Durkheim et de Marcel Mauss, mais invitent à puiser dans l’œuvre considérable qu’ils ont laissée, en croisant les regards disciplinaires, notamment ceux de la sociologie et de l’ethnologie française dont la paternité leur est reconnue. Aussi sont-elles centrées sur une thématique – un « fait social » – que l’héritage durkheimien et maussien nous permet d’expliquer. Les premières biennales qui se sont déroulées les 25 et 26 juin 2010 ont porté sur la question du travail ; elles ont donné lieu à la publication récente d’un ouvrage rassemblant 35 contributions.

Argumentaire

Le centenaire de la parution de Les formes élémentaires de la vie religieuse d’Émile Durkheim nous invite à interroger le triptyque « Société, cultures et religion » qui est au cœur de l’ouvrage. Bien avant leur publication, Émile Durkheim tout comme Marcel Mauss s’intéressent à la religion en ce qu’elle est « une chose éminemment sociale » . La perspective sociologique consistant à traiter des phénomènes symboliques en portant l’analyse sur leur caractère collectif est clairement durkheimienne. Définir, par ailleurs, la religion comme « un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale […] tous ceux qui y adhèrent » , c’est proposer une modèle d’analyse de la croyance collective, comme le souligneront successivement Marcel Mauss, Levi-Strauss, puis Pierre Bourdieu, applicable, au-delà de la croyance religieuse, à l’étude des systèmes culturels en général. Aussi dans la voie tracée par Émile Durkheim et Marcel Mauss, les deuxièmes biennales s’intéresseront-elles à la question de l’étude des conditions pratiques de l’efficacité symbolique.

Atelier n°1 – Politique, représentations et émotions : les formes de construction du lien social

Il s’agit, au-delà de l’étude (datée) du totémisme des tribus australiennes sur laquelle repose la démonstration d’Émile Durkheim, d’explorer la pertinence contemporaine des modes de construction du lien social qu’il dégage de l’analyse du culte religieux et de la manière dont il engage le corps des participants. L’étude de l’articulation des représentations collectives avec les émotions qui s’opère par l’intermédiaire des rites, l’analyse des formes de construction d’un sentiment d’appartenance collective par l’expérience individuelle de l’efficacité esthétique d’une croyance constituent un aspect encore vivant du livre de Durkheim, qui intéresse aussi bien la sociologie politique que l’histoire culturelle et l’anthropologie culturelle. Interroger la pertinence et l’actualité de cette œuvre de Durkheim ouvre ainsi sur le plan théorique à la reprise de la question de la magie, telle qu’elle a été reprise et approfondie par Marcel Mauss, de l’« Esquisse d’une théorie générale de la magie » aux « Techniques du corps ». Au plan pratique, elle appelle la confrontation d’études contemporaines de chercheurs en histoire sociale et culturelle, en sociologie de la culture, en anthropologie politique sur la question de la construction et de la transmission des émotions.

Atelier n°2 – Les pratiques religieuses aujourd’hui : tradition et modernité

Dans la mesure où elle a pu être facilitée par la diffusion de la sociologie durkheimienne, la reconnaissance contemporaine, dans les sociétés démocratiques, de la notion de « culture religieuse » nous situe au cœur des enjeux de l’étude des pratiques religieuses aujourd’hui. Dans un contexte de globalisation qui favorise, par l’intermédiaire de l’immigration et de la « diaspora des publics », la confrontation entre différents modes de socialisation, « traditionnels » et « modernes », cet atelier privilégiera les travaux empiriques de chercheurs en sciences de l’éducation, psychologie sociale, sociologie sur la transmission de la culture religieuse en Europe.

Atelier n°3 — Consommation culturelle et pratiques artistiques : l’expérience du spectateur

La reprise et l’approfondissement de l’œuvre d’Émile Durkheim par Marcel Mauss, ainsi que ses propres travaux, l’ont conduit à esquisser conjointement une anthropologie de la technique et une anthropologie du don aujourd’hui reconnues comme des outils d’analyse de la modernité culturelle. Cet atelier sera consacré à l’exploration des aspects émotionnels de la consommation culturelle et la manière dont l’œuvre de Durkheim, reprise et approfondie par Marcel Mauss, peut aider à mieux cadrer la démarche du chercheur, en réintroduisant la prise en compte de la dimension corporelle de l’expérience esthétique dans l’analyse des formes de sacralisation de cette expérience. Cet atelier sera l’occasion de discuter les observations — par des sociologues, mais aussi des ethnologues et des historiens de l’art — de situations artistiques innovantes, notamment dans les arts du spectacle.

Modalités de participation

Les propositions de communication prendront la forme d’un résumé de 3000 signes maximum (espace compris) en faisant figurer le titre de la communication, votre nom, votre appartenance institutionnelle et votre adresse email.

Elles sont à envoyer à lionel.jacquot@univ-lorraine.fr et charles.kraemer@univ-lorraine.fr

avant le 2 mai 2012

Elles doivent obligatoirement s’inscrire dans un des trois ateliers cités ci-dessus. Le texte final de la communication, d’une longueur maximale de 35 000 signes (espace compris), devra nous parvenir au plus tard le 21 septembre 2012 (les consignes de présentation vous seront présentées ultérieurement).

Les deuxièmes biennales feront l’objet d’un ouvrage collectif. Un tarif unique de 50 € vous sera demandé pour les frais de restauration du midi qui aura lieu sur place.

Comité scientifique :

Charles-Henri Cuin, Antoine Hennion (sous réserve), Lionel Jacquot, Charles Kraemer, Xabier Itcaina, Jean-Marc Leveratto, Simona Tersigni, Virgine Vinel.

Comité d’organisation : 

Ali Boulayoune, Jean-Pascal Higelé, Lionel Jacquot, Charles Kraemer, Nathalie Iste, Alexandre Laumond, Vincent Lhuillier, Virginie Vathelet.

Lieux

  • Épinal, France

Dates

  • mercredi 02 mai 2012

Mots-clés

  • société, cultures, religion, Mauss, Durkheim, sociologie

Contacts

  • Lionel Jacquot
    courriel : lionel [dot] jacquot [at] univ-nancy2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Lionel Jacquot
    courriel : lionel [dot] jacquot [at] univ-nancy2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Deuxièmes biennales Durkheim / Mauss », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 février 2012, http://calenda.org/207305