AccueilTraces et traçabilité – Enjeux politiques, culturels, éthiques et communicationnels

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Publié le lundi 20 février 2012 par Julien Gilet

Résumé

Pour sa prochaine parution, COMMposite invite les jeunes chercheurs et chercheures en communication à soumettre une proposition d'article autour des problématiques liées au concept de trace et à ses enjeux politiques, culturels, éthique et communicationnels. Les textes doivent être soumis via notre site web au plus tard le 30 mai 2012.

Annonce

Fondée en mai 1997, COMMposite est une revue scientifique publiée électroniquement par de jeunes chercheurs francophones dans le domaine de la communication. Elle se consacre exclusivement au développement et au rayonnement de la relève, tout en assurant la qualité des articles publiés grâce à un processus de révision par les pairs. COMMposite œuvre à faire connaître et reconnaître le dynamisme, la vitalité et la qualité de la recherche sur la communication des étudiants de maîtrise et de doctorat ainsi que des jeunes docteur-es*. Pour plusieurs de ces collaborateurs, il s’agit d’une première rencontre avec le monde de la publication, une occasion de se familiariser avec les exigences et les différentes étapes de cet aspect de la recherche universitaire. En ce sens, la revue innove en proposant une approche adaptée à la réalité  des jeunes chercheurs tout en modelant de nouvelles façons de penser, produire et diffuser la recherche scientifique. Pour une diffusion élargie des connaissances, les recherches publiées dans COMMposite sont accessibles gratuitement par Internet.

Présentation de la thématique :

Pour son prochain numéro, l’équipe de COMMposite invite les jeunes chercheurs* à réfléchir autour du concept de trace. Importé de la sémiotique et de l’anthropologie, le concept de trace est complexe et imbriqué dans une constellation conceptuelle où l’on retrouve des éléments issus du langage, de l’ontologie et de la métaphysique. Pour le philosophe Jacques Derrida, la trace « n'[est] pas une présence mais le simulacre d'une présence qui se disloque, se déplace, se renvoie, n'a proprement pas lieu » et dont la structure est caractérisée par l’effacement (1972).  De fait, la trace renvoie généralement à quatre grandes significations : a) l’idée d’une quantité infime ; b) celle, classique, d’une empreinte, qui témoigne d’un acte ou d’un passage, comme des pas dans la neige ; c) celle de la marque ou d’un indice qui témoigne d’un événement passé ; d) finalement, l’interprétation qu’en fait la géométrie, soit celle d’un lieu d’intersection (Serres, 2002).

Lorsque déployé dans le contexte des pratiques numériques, le concept de trace renvoie à une idée supplémentaire, soit celle d’un marqueur attaché aux données qui circulent en ligne et lié aux logiques de traçabilité des systèmes informatiques, à commencer par l’adresse IP et le cheminement des usagers sur Internet. Ainsi, comme le note Merzeau : « Dans la culture numérique, le signe, le message et le document sont appelés à être subsumés dans la catégorie des traces. Celle-ci ne désigne pas un nouveau type d’objet, mais un mode inédit de présence et d’efficacité, lié aux caractéristiques techniques et sociales des réseaux. » (2009).

C’est donc en trame des appellations populaires comme « database culture » et «Web sémantique » que se retrouve l’idée selon laquelle le réseau des réseaux permet de détacher le contenu de la forme des informations qui circulent pour les réassembler de multiples manières. Désarticulées, ces données sont ainsi agencées au fil des usages et des demandes, facilement transférables d’un blogue à un site Facebook, à Twitter et ainsi de suite, laissant des traces au fur et à mesure qu’elles sont sollicitées.  Ces traces numériques ouvrent à des problématiques en termes de surveillance en ligne, de « sous-veillance », du brouillage entre vie privée, professionnelle et publique, de même qu’au niveau de la complexité des usages médiatiques.

Appel à textes :

Dans ce contexte, ce numéro de COMMposite invite les auteurs à penser les problématiques suivantes : Comment interpréter les évolutions de ces traces et de cette traçabilité? Quelle épaisseur sociologique, sémiologique, médiatique ou anthropologique prennent-elles? Quelles sont les implications politiques, sociales, culturelles ou technologiques du détachement des données de leur forme et de leur contexte d’origine? Comment la constellation conceptuelle autour de la trace contribue-t-elle à penser des problèmes en communication, notamment en termes de surveillance, de droit à la vie privée, de négociation de l’anonymat, de pratiques transplateformes et de sociologie des usages médiatiques?

Toujours en rapport avec les études en communication, d'autres problématiques pourraient porter, sans s’y limiter, sur les thématiques suivantes :

  • Les processus de production et de consommation médiatique et la culture populaire.
  • Les politiques de la mémoire (en droit, en histoire culturelle, etc.), de l’oubli et des traces.
  • L’historiographie et l’archéologie des médias.
  • Les problématiques de la traçabilité dans la production et les transports.
  • Les controverses relatives à la traçabilité des individus : médiatisation des crimes et de la criminalité, enjeux liés à l’hygiène publique, à la santé, à la vie quotidienne et aux périodes de crise.
  • L’urbanisme et l’espace urbain, le design et les arts visuels (wayfinding, orientation et planification.
  • La commercialisation de la traçabilité et de la mobilité médiatique (cloud computing, informatique physique et réseaux d’objets).

Ainsi, le présent appel à communication vise à regrouper des contributions sur ces thématiques et tout objet ou problématique qui y serait liés. Les textes à visée théorique ou méthodologique, de même que la présentation de résultats de recherche sont les bienvenus. Les participants sont libres de jouer avec le concept pour rendre compte de dimensions du concept de trace qui n’auraient pas été abordées dans cet appel.

Conformément à sa vocation, la revue COMMposite accueille également des textes hors-thème et encourage la soumission de notes de lecture sur des contributions récentes au domaine de la communication. Nous vous invitons d’ailleurs à consulter une liste de titres suggérés pour une note de lecture critique dans la section Articles de notre page Facebook :https://www.facebook.com/COMMposite .

Le comité de rédaction se réserve alors le droit d’inclure les notes de lectures et les textes hors-thématique dans une section « Varia » ou de les conserver en vue d’une publication dans un numéro ultérieur.

Consignes de soumission :

Articles et résumés doivent être soumis sur le site web de la revue (commposite.org) avant le 30 mai 2012. Une réponse sera remise à l’auteur vers la mi-juin 2012.

Les politiques éditoriales, les détails de la procédure d'évaluation et du format des textes sont disponibles à l’adresse : http://commposite.org/index.php/revue/about/editorialPolicies

*COMMposite est ouvert aux jeunes chercheurs et chercheures étudiants ou ayant obtenu leur diplôme depuis un maximum de deux ans.

Au plaisir de vous lire!

Le Comité  éditorial

Références :

  • Derrida, J. 1972. La différance, in Marges – de la philosophie, Paris : Éditions de Minuit.
  • Merzeau, L., 2009. « Du signe à la trace : l’infomation sur mesure », Hermès, (53), p.23-29.
  • Serres, A. 2002. Quelle(s) problématique(s) de la trace?, séminaire CERSIC, Université de Rennes 2, France, 13 décembre.

Catégories

Dates

  • lundi 30 mai 2011

Mots-clés

  • Communication, traces, traçabilité

Contacts

  • Comité éditorial
    courriel : comit-editorial [at] ticetsociete [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • COMMposiste #
    courriel : revuecommposite [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Traces et traçabilité – Enjeux politiques, culturels, éthiques et communicationnels », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 février 2012, http://calenda.org/207332