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(In)visibles cités coloniales

(In)visible colonial cities

Stratégies de domination et de résistance du XIXe siècle à nos jours

Domination and Resistance Strategies from the end of the XIXth century until today

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Publié le vendredi 24 février 2012 par Julien Gilet

Résumé

Ce colloque est organisé dans le cadre du programme de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme-Alsace (MISHA) « villes invisibles et écritures de la modernité : vers une nouvelle géographie de l’identité ». Il se propose de mettre en lumière les relations entre processus de colonisation et d’urbanisation à travers les notions de visibilité / invisibilité. La colonisation fait intervenir systématiquement des rapports de pouvoir et la substitution d’un ordre par un autre de façon plus ou moins violente ou radicale. Il s’agira non seulement d’étudier les pratiques urbanistiques qui se caractérisent par une forme de domination, de cécité, d’incompréhension par rapport à un territoire urbain, mais également les résistances à cette domination et leurs manifestations culturelles (usages, événements…) et objectales (spatiales et architecturales).

Annonce

 Programme :

Jeudi 29 Mars

  • 12h-13h Accueil des participants autour d’un buffet
  • 13h : Ouverture du colloque, mot d’accueil de la directrice de la MISHA, Christine Maillard
  • 13h30 : Catherine Repussard, Laurence Granchamp : Introduction

1ère session : Les villes strates : superpositions spatiales et temporelles

La ville visible se présente comme une surface reposant sur diverses couches ou strates temporelles. Elle n’est jamais une dans l’instant, « synchrone avec elle-même » (Marcel Roncayolo, La Ville et ses territoires, 1990), car l’espace « se verticalise » dans le temps. Le lieu urbain étant « un feuilleté d’Histoire » (Henri Lefebvre, La production de l’espace, Paris, 1974), l’identité d’une ville réside dans la profondeur, dans la diachronie qui s’exprime dans les strates historiques, réelles, imaginaires ou symboliques, qui fondent les lieux. Or, les processus de colonisation dénient la présence de strates invisibles sous ou dans la ville visible : la ville coloniale se construit sur un lieu (ou non loin d’un lieu) déjà occupé précédemment, lui déniant toute épaisseur, profondeur historique et diversité sociale.

  • 14h : Nassim Amrouche (Université de Provence), Du non-lieu à la non-histoire : un travail d’oubli à Tizi Ouzou
  • 14h30 : Abdelkrim Bitam (Université de Blida), Héritage des tracés français en Algérie
  • 15h : Hugo Vermeren (Université de Paris-Nanterre), Peupler avec des Français ; construire avec des étrangers : la formation d’une ville coloniale : Bône (1832-années 1930)
  • 15h30 : Discussion
  • 16h00 : Pause
  • 16h15 : Ron Leask (Université de Strasbourg), Les époques de Christchurch
  • 16h45 : Maryse Staiber (Université de Strasbourg), Der einzige Ort de Thomas Stangl
  • 17h15 : Annamaria Motrescu (Université de Cambridge), The invisible architecture of imperial imagination and colonial cities in inter-war amateur films
  • 17h45 : Discussion
  • 18h15 : Fin de la première journée
  • 20 h : Repas au restaurant La Victoire

Vendredi 30 mars

2ème Session : Stratégies de résistance

Dans tous les cas, la colonisation cherche à transformer l’existant, à l’englober, à le recomposer selon l’ordre établi par les colons. Elle génère l’invisibilité dans la ville par la fusion ou par l’occultation, voire le camouflage des populations autochtones. L’on pourra s’interroger sur les rapports de domination et de résistance entre les colons et les autochtones, sur la place accordée à ces derniers au sein de l’espace physique, géographique et social : en périphérie, dans les interstices, hors des limites de la ville ? L’on pourra également questionner les stratégies de résistance à la mise en conformité coloniale élaborées par ces derniers, ainsi que les directions et les formes diverses qu’elles ont pu prendre.

  • 9h : Isabel von Holt (Freie Universität Berlin), Die Repräsentation São Paulo in Mario de Andrades Macumima
  • 9h30 : Chouadra Saïd, Bousnina Monia (Université de Sétif), Le centre colonial de Sétif comme lieu de résistance à la mutation
  • 10h : Isabelle Hidair (Université des Antilles-Guyane), L’espace urbain cayennais : un champ de construction identitaire
  • 10h30 : discussion
  • 11h : pause
  • 11h15 : Romeo Terral (Université des Antilles-Guyane), Extension urbaine de Pointe à Pitre au XXe siècle
  • 11h45 : Catherine Repussard (Université de Strasbourg), Les Doualas du Cameroun face à leur expropriation par l’Allemagne au début du XXe siècle
  • 12h15 : discussion
  • 12h45 : repas

3ème Session : Laboratoires d’idées nouvelles et projections utopiques

La ville coloniale peut également être abordée comme une projection utopique qui se prend dans le rêve de la cité idéale : les représentations de l’espace urbain se superposent alors à l’élaboration de modèles sociaux. Ainsi, les « fronts pionniers », compris comme un mouvement de colonisation d’une société à l’intérieur de ses propres frontières politiques, impliquent la conquête d’un espace tenu pour neuf et « vierge » et la négation des cultures existantes. Ces terres que l’on cherche à s’approprier servent de surface de projection à des villes imaginées/imaginaires, dont la réalisation effacera toute réalité antérieure. A l’invisibilité d’un espace perdu, se superpose l’invisibilité de la ville en devenir, bâtie parfois seulement dans le rêve des pionniers. Toutes ces villes en devenir ne sont pas promises au futur brillant qu’ambitionnent pour elles leurs bâtisseurs. Si certaines parviennent à se structurer et perdurer, d’autres végètent, voire tendent à devenir des « villes-fantômes », comme celles de l’Ouest américain.

  • 13h30 : Laurence Granchamp Florentino (Université de Strasbourg), Ville pionnière et projections utopiques en Amazonie brésilienne
  • 14h : Clémence Audreys (Université de Lyon-Lumière), Construction visuelle. Urbanisme de Qingdao, colonie allemande en Chine
  • 14h30 : Emmanuelle Recoing (Université de la Sorbonne nouvelle), La ville coloniale créole entre réel et Mythe dans Texaco de Patrick Chamoiseau
  • 15h : discussion
  • 15h30 : pause
  • 15h45 : Anne Sophie Brasch (Université de Bonn), Unsichtbare (Kolonial)städte und reformierte Moderne.
  • 16h15: Christian Luckschreiter (Université de Berlin), Minsk (alb)Traum einer idealen Stadt.
  • 16 h 45 : Colin Dilnot (Liverpool), Liver-Bund/Shang-Pool
  • 17h15 : Discussion et clôture du colloque

Catégories

Lieux

  • 5 allée du général Rouvillois
    Strasbourg, France

Dates

  • jeudi 29 mars 2012
  • vendredi 30 mars 2012

Mots-clés

  • Villes, colonisation, architecture, histoire, sociologie

Contacts

  • Laurence Granchamp Florentino
    courriel : citescoloniales [at] misha [dot] fr
  • Catherine Repussard
    courriel : citescoloniales [at] misha [dot] fr

Source de l'information

  • Laurence Granchamp Florentino
    courriel : citescoloniales [at] misha [dot] fr

Pour citer cette annonce

« (In)visibles cités coloniales », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 24 février 2012, http://calenda.org/207415