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L'altérité

Otherness

L'autre est-il ailleurs?

Is Otherness Elsewhere?

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Publié le vendredi 24 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L’autre est-il ailleurs ? Certaines formes d’altérité et de catégories portent explicitement un lien à l’espace. La bizarrerie du sauvage, de l’exotique, des étrangers, des sans domicile fixe, des touristes ou des extra-terrestres passe d’abord par leur inscription spatiale. Mais elle se glisse aussi de manière plus discrète, dans les découpages de genre, de classes sociales, de ‘race’ ou d’espèces (humain/animal)… Comment l’espace participe-t-il de la construction de l’altérité ? Composé d’une à deux séances introductives, ce séminaire sera ensuite l’occasion d’entendre et de discuter avec des invités venant d’un champ large.

Annonce

Les séances ont lieu à l'ENS, 45 rue d'ULM, 75005 PARIS

Programme des séances

JEUDI 6 octobre

SALLE WEIL, 14h

Altérité et distance (1)

  • Jean ESTEBANEZ, ENS

JEUDI 3 novembre

SALLE WEIL, 14h

Altérité et distance (2)

  • Jean ESTEBANEZ, ENS

JEUDI 1 décembre

SALLE WEIL, 14h

Femmes orientales et photographes commerciaux. La construction d’un imaginaire dans la production photographique des années 1860-1880

  • Lionel GAUTHIER, Département de géographie et environnement, Université de Genève

Entre les années 1860 et les années 1880, des centaines de photographes professionnels photographient l’Orient. Figurant des paysages, des monuments, des types humains, etc., leurs clichés auront un impact déterminant sur la (re)production d’un imaginaire de l’Orient en Europe.
Dans la production de ces photographes, les femmes orientales occupent une place particulière. Elles incarnent à la fois la désirabilité de l’Orient et sa prétendue infériorité.
Dans cette conférence, on détaillera d’abord l’image des femmes orientales construite par les photographes des années 1860-1880, en la comparant notamment avec celle des hommes orientaux, mais aussi avec celle des femmes européennes ou des femmes océaniennes. On expliquera ensuite la construction de cette image en décortiquant les procédés utilisés par les photographes, en analysant les contraintes pesant sur ceux-ci, et en mettant en exergue le rôle des acheteurs de ces photographies. Enfin, on s’interrogera sur la durabilité de cette image.

MERCREDI 8 février

La jungle : l’invention occidentale d’un paysage de l’altérité tropicale

Salle CAVAILLES, 45 rue d’Ulm, 18h30

  • Elsa VIEILLARD-BARON, Geographie-Cités

L’image que l’on se fait de la jungle est celle d’un paysage de forêt tropicale humide, caractérisé par une végétation luxuriante, une faune sauvage et une humanité primitive. Cet imaginaire, développé dès l’enfance grâce aux succès du Livre de la jungle ou des mises en scène de Tarzan, s’est désormais diffusé dans la quasi-totalité du monde. Pourtant, le mot jungle renvoyait à des paysages bien différents dans son acception originelle : en hindi, il renvoyait à des paysages secs et ouverts, proches de la steppe ou du désert. De plus, les paysages de jungles fantastiques et exotiques mis en scène par les artistes se révèlent presque toujours n’être que de simples montages d’une nature réinventée. L’objectif de cette séance consistera à dépister la fabrication progressive de notre imaginaire exotique de la jungle à travers une analyse de textes et d’images.

JEUDI 1 mars

SALLE DES ACTES, 45 rue d’Ulm, 14h

La prison de l’autre : Espace carcéral et fabrique d’altérité

  • Olivier MILHAUD, Département de géographie, PARIS IV, ENeC

Cette séance reviendra sur le langage spatial séparatif que met en place l’incarcération, qui fait de la prison une véritable fabrique d’altérité. Le détenu, lors de son incarcération, traverse toute une série de discontinuités spatiales et symboliques (entrée en prison, fouille à nu, dépossession d’objets divers, remise d’un numéro d’écrou) qui le retranchent de l’espace commun. à partir de là, il apparaît comme un étranger, un exclu du monde social, alors même que les spécialistes de sciences sociales ne cessent de rappeler la banalité des gens incarcérés et combien la prison est ouverte sur l’extérieur.

VENDREDI 6 avril

SALLE DES ACTES, 45 rue d’Ulm, 14h

L’altérité animale

  • Dominique LESTEL, Département d’Etudes Cognitives, ENS

JEUDI 3 mai

salle WEIL, 45 rue d’Ulm, 14h

Le terrain, un ailleurs où rencontrer l’altérité ? 

  • Yann CALBERAC, IUFM de Paris, ENeC

Le but de cette séance est de mettre en évidence le statut particulier et le fonctionnement du terrain, ce lieu autre dans lequel se produit la rencontre avec l’altérité, et qui est autant le support que le construit de la recherche. Cette rencontre se produit en substituant à la « réalité » un espace construit qui permet justement de rendre cette « réalité » intelligible et appréhendable par le chercheur. Le travail de terrain consiste donc d’une part à réduire l’altérité en mettant en ordre les éléments qui la composent (cosmétique) et d’autre part à mobiliser ces éléments afin de leur donner une cohérence nouvelle (cosmologie), ce qui questionne en retour le statut de l’altérité ainsi rencontrée.

JEUDI 7 juin

salle WEIL, 45 rue d’Ulm, 18h30

L’écran de l’altérité : Joséphine Baker et Anna May Wong

  • Jean-François STASZAK, Département de géographie et environnement, Université de Genève

Joséphine Baker et Anna May Wong sont deux exceptions à la règle de l’hégémonie des Blancs dans le show business occidental. Nées en 1905 et 1906, elles devinrent dans les années 1920 les premières stars afro-américaine et sino-américaine, non pas malgré leur appartenance ethnique mais du fait de celle-ci. Leur carrière et leur succès étaient fondés sur leur exotisation. L’exotisme de J. Baker et A.M. Wong n’avait pas seulement à voir avec la "race". Leurs danses exotiques, sur scène ou à l’écran, étaient des spectacles érotiques, qui jouaient indissociablement sur le sexe, la genre et la "race". Interpréter le travail de J. Baker et d’A.M. Wong en termes de performance et d’interesectionalité permet sans doute de mieux comprendre la nature de celui-ci et de mieux saisir l’agentivité des deux actrices, ainsi que ses limites.

Lieux

  • 45 rue d'Ulm (Ecole Normale Supérieure)
    Paris, France

Dates

  • jeudi 01 mars 2012
  • vendredi 06 avril 2012
  • jeudi 03 mai 2012
  • jeudi 07 juin 2012
  • jeudi 06 octobre 2011
  • jeudi 03 novembre 2011
  • jeudi 01 décembre 2011
  • mercredi 08 février 2012

Mots-clés

  • Altérité, ailleurs, exotisme, sauvage, catégories

Contacts

  • Jean Estebanez
    courriel : Jean [dot] Estebanez [at] ens [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean Estebanez
    courriel : Jean [dot] Estebanez [at] ens [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'altérité », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 24 février 2012, http://calenda.org/207421