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À l'écoute de l'histoire : lecture des mutations et mobilités au sud de la Méditerranée

On listening to history: a reading of transformations and dynamics in the southern Mediterranean

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Publié le mardi 06 mars 2012

Résumé

Le présent des sociétés en devenir, au sud de la Méditerranée n'arrête d'interpeller l'histoire et les historiens.Observateurs avertis et analystes sont à la recherche d'éléments de compréhension de ce mouvement dont les principaux acteurs sont les forces vives appartenant essentiellement à la génération des TIC...Ce phénomène historique mérite d'être soumis à la loupe des chercheurs pour dégager, dans la longue durée, les origines de telles mutations bouleversant le cours de l'histoire immédiate de ces sociétés arabes qu'on croyait à tort ankylosées. Si l'an 1 des premières insurrections s'est déjà écoulé, partout le processus de rupture ne fait que commencer et de nouveaux défis présagent un avenir encore incertain...

Annonce

Argumentaire :

L'actualité brûlante des sociétés en devenir, au sud de la Méditerranée , celle des peuples arabes en marche à la rencontre de leur destin (rappelant le poème célèbre de Chebbi) n'arrête d'interpeller l'histoire et les historiens. Acteurs et observateurs sont à la recherche d'éléments de compréhension de cette histoire qui est en train d'être faite par des forces vives appartenant essentiellement à la génération des TIC, celle qui est née avec le phénomène de la mondialisation au cours des années quatre-vingts du siècle écoulé.

Le phénomène historique, unique dans son genre, parti de Tunisie et aspirant à l'universalité, est en train de gagner nombre de sociétés dans divers continents. Il mérite d'être soumis à la loupe des chercheurs, afin de dégager, dans la longue durée, les origines de telles mutations, pourtant silencieuses ou de telles métamorphoses qui ont bouleversé le cours de l'histoire immédiate de ces sociétés arabes qu'on croyait à tort ankylosées.

Les élites politiques et militaires qui ont conduit les destinées de leurs peuples, suite à la décolonisation, à partir des années cinquante et soixante, ont-elles vite sombré dans des postures politiques autocratiques substituant ainsi des dictatures locales à l'oppression coloniale. Ces pratiques ont rompu, par conséquent, l'élan de la société civile, issu des luttes de libération nationale et paralysé les velléités modernistes et progressistes des jeunes sociétés nouvellement indépendantes.

Une fois l'euphorie nationaliste postcoloniale passée, l'on se rend compte qu'une génération complète a été sacrifiée par des discours idéologiques paternalistes produisant plutôt des sujets, en dépit de l'extension de la scolarisation. La frustration de ne pouvoir accéder au rang ou au statut de citoyenneté, produite par la dépolitisation de la jeunesse, estudiantine notamment, a créé un désenchantement et un malaise général. Celui-ci a trouvé son expression chez la deuxième génération des années quatre-vingts, victime d'une mondialisation marginalisante, par un non conformisme, jugé, à tort, de "laxisme" par les aînés.

Familiarisée tôt avec les TIC, cette jeunesse, vibrant à l'appel de l'engagement citoyen, a formé le moteur des mutations qui se préparaient ou plutôt couvaient sous le poids du chômage de centaines de milliers de diplômés sans emploi, que les universités ont produits.

Dans la mobilisation des mouvements de rue, cette catégorie sociale a compté sur ses propres moyens d'information des réseaux sociaux, en brisant le monopole, la censure et l'obstruction de l'information des médias officiels. L'originalité historique dans l'observation de ces mouvements populaires, lors des journées révolutionnaires, s'explique par la nature de l'organisation qui a rompu avec les méthodes politiques classiques, connues jusque-là un peu partout dans le monde arabe, particulièrement.

Les slogans partis de Tunisie et repris en chœur par la jeunesse en mouvement, d'un pays à l'autre, dans cette "Intifadha" sud méditerranéenne ou "Printemps des Peuples" sont en train de gagner ou conquérir d'autres espaces, d'autres régions de par le monde, grâce aux médias modernes rebelles à la censure. Ces mots d'ordres, prononcés en arabe littéraire, dans des mouvements de rue, relativement pacifiques, accompagnant souvent des cercueils de martyrs, reprennent en chœur des refrains de poèmes révolutionnaires, hymne à la gloire de la liberté. Ils rappellent curieusement un même référentiel révolutionnaire : celui des idées des Lumières dans leur permanence historique, celui du "peuple qui veut défaire le système despotique" et conquérir sa liberté et sa dignité, en vue de sa libre détermination… De tels mouvements sociaux de cette envergure, peuvent être comparés aussi à ceux que l'Europe de l'Est a connus au début des années quatre-vingt-dix du siècle écoulé, suite à la chute du Mur de Berlin.

Ce qui est remarquable enfin, dans ces mouvements populaires dans le monde arabe (Maghreb/Machrek) en marche pour l'édification de sociétés citoyennes, est la ressemblance à bien des égards, de la volonté populaire de l'organisation, des slogans et des publics assoiffés de liberté, de dignité et de démocratie. La différence reste, cependant, liée, comme pour les révolutions européennes qui se sont étendues sur deux siècles (XVIIIème-XXème), ou encore pour celles de l'Europe de l'Est des années 90 déjà évoquées, au contexte local de chaque pays et au tribut que ces peuples sont contraints de consentir pour leur émancipation d'Etats oppresseurs et usurpateurs de leur liberté.

Il s'agit finalement, pour le monde arabe, vivant l'an un de ses révolutions, de gagner son (ou ses) rendez-vous avec l'histoire. Ses élites intellectuelles, en tant qu'observateurs attentifs et acteurs sociaux, doivent-elles aussi renouveler leurs moyens d'investigation dans la lecture historique des conditions des mutations et mobilité, afin de pouvoir rendre l'imprévisible bien prévisible ?

A ce niveau de réflexion, les axes suivants sont privilégiés :

  • référentiel réformiste et rôle des élites dans la métamorphose des sociétés méditerranéennes contemporaines (du XIX ème siècle à nos jours),
  • les faits générationnels : la jeunesse des TIC et ses nouvelles représentations du culturel, du social et du politique, 
  • les nouveaux modes de mobilisation de rue et les slogans révolutionnaires des "Printemps des Peuples" : approche comparative,
  • Etat des lieux et perspectives des révolutions arabes.

Modalités :

Comité d’organisation :

Colloque International organisé par le Laboratoire ESICMED

  • Mokhtar Ayachi
  • Ahmed Jeday
  • M. S. Dahmani
  • Mohamed Massaoud Idris
  • Pr. Abdellatif Hannachi
  • Mohamed Abaza

Comité scientifique :

  • Mokhtar Ayachi
  • Ahmed Jeday
  • M.S. Dahmani
  • Mohamed Massaoud Idris
  • Pr. Abdellatif Hannachi
  • Mohamed Abaza
  • Majdi Fareh

Modalité de soumission des propositions à contributions:

  • Date limite de réception des propositions : 15 avril 2012
  • Réponse des organisateurs : 1er mai 2012
  • Tenue du colloque : 21 – 22 – 23 juin 2012 à Tunis (La Manouba)

Catégories

Lieux

  • Université de la Manouba
    Manouba, Tunisie

Dates

  • dimanche 15 avril 2012

Mots-clés

  • élites, révolutions, méditerranée, sociétés arabes

Contacts

  • Brahim JADLA
    courriel : esicmedlabo [at] yahoo [dot] fr
  • Mokhtar Ayachi
    courriel : mokhtar [dot] ayachi [at] minedu [dot] edunet [dot] tn

Source de l'information

  • Brahim JADLA
    courriel : esicmedlabo [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« À l'écoute de l'histoire : lecture des mutations et mobilités au sud de la Méditerranée », Colloque, Calenda, Publié le mardi 06 mars 2012, http://calenda.org/207509