AccueilLa migration des jeunes : quelles mobilités ? Quels ancrages ?

La migration des jeunes : quelles mobilités ? Quels ancrages ?

Young people and migration: what mobilities? What anchoring?

La place des liens familiaux et des relations intergénérationnelles

The place of family ties and intergenerational relations

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Publié le mercredi 07 mars 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L’analyse de la tension entre la mobilité géographique et l’ancrage territorial dans les parcours d’insertion sociale des jeunes est au coeur de cet appel de texte pour un numéro spécial de la revue Enfances, familles, générations. Nous invitons plus précisément à explorer la place des liens familiaux et des relations intergénérationnelles sur les parcours de mobilité-ancrage des jeunes.

Annonce

Argumentaire

Nous vivons dans une société dispersée où la multiplicité des lieux où nous avons à faire (travail, famille, consommation, …) impose de se déplacer, d’être mobile (Le Breton, 2005). Pour les jeunes, cette mobilité est souvent présentée comme positive et créatrice d’expériences valorisantes dans des logiques d’insertion sociale et professionnelle. La mobilité est devenue une norme sociale et fonctionne bien souvent comme une injonction. Plus profondément, la valorisation de cette mobilité géographique révèle la conception de la place et de la construction de l’individu dans nos sociétés contemporaines. Pour Cécile Van de Velde (2008), « dans une société valorisant la mobilité et le devenir, l’entrée dans la vie adulte tend à relever davantage d’une représentation de soi que d’acquis statutaires (…) Nos cheminements adultes tendent à s’éloigner des trajectoires linéaires auxquelles nous nous croyions destinées » (p1-2).

Les caractéristiques sociales des jeunes (genre, milieu social, niveau d’études, …) sont des variables significatives pour comprendre la variation des conduites et les façons de vivre les mobilités. Elles s’entremêlent pour construire des trajectoires de mobilité juvénile qu’il convient d’interroger pour mieux comprendre les parcours des jeunes vers l’âge adulte et l’insertion sociale.

Dans ce contexte, les relations à la famille et les rapports de génération sont également des entrées utiles à explorer. Comment jouent les relations à la famille sur ces parcours de mobilité des jeunes? Quels impacts ont-elles sur les façons d’habiter, d’envisager une mobilité géographique ou non? Dans quels termes familiaux les mobilités juvéniles sont-elles envisagés? Que nous apprennent-elles des relations familiales entretenues entre les jeunes et leurs parents? Sont-elles fondées sur un désir, socialement admis et attendu, d’acquisition de l’autonomie personnelle ou peuvent-elles être assimilées à des comportements de fuite d’un milieu jugé trop contraignant ? Quelle est l’influence de la dimension familiale sur les raisons (scolaires, professionnelles, conjugales…) qu’ont les jeunes de « bouger »? Comment jouent les expériences familiales de mobilité sur la mobilité des jeunes? Est-on plus mobile dans une famille mobile ou non? La mobilité s’apprend-elle?

La mobilité ne peut s’envisager sans son pendant : l’ancrage. Il s’agit ici d’interroger le sens des appartenances des jeunes, à explorer les rapports qu’ils entretiennent avec leur territoire habité. Le territoire habité est entendu ici comme un espace de pratiques sociales, porteur d’une multitude de sens, où se déclinent la mise en scène de soi et le rapport aux autres, où se construit un sentiment d’appartenance (Pétonnet, 1982). L’analyse de ce territoire habité permet de saisir les rapports qu’entretiennent les jeunes adultes avec les différents mondes sociaux dans lesquels ils sont inscrits, que ce soient la famille, les groupes des pairs, la formation professionnelle, les services d’accompagnement social, les associations. Dans le contexte de la mobilité géographique des jeunes aux Québec, plusieurs ouvrages collectifs récents (LeBlanc, Molgat, 2004 ; Gauthier, LeBlanc, 2008 : Gauthier, LaFlamme, 2009) questionnent le sentiment d’appartenance aux territoires, qu’ils soient d’origine ou d’accueil, en cherchant à approcher la signification de ces territoires locaux ou régionaux. À cet égard, une série de questions peut être posée : comment ce sentiment d’appartenance se construit-il? Quel est le rôle de la famille et des rapports de génération? Existe-t-il toujours des lieux d’ancrage familiaux? Existe-t-il une coexistence de lieux d’ancrage pour les jeunes (lieu familial, lieu des études, lieu professionnel, …) et quelles sont la place et la fonction des territoires familiaux dans cette multiplicité ?

De façon générale, notre appel à contributions souhaitent susciter des textes cherchant à comprendre les trajectoires de mobilité géographique et d’ancrage territorial des jeunes à l’aune des questions familiales et générationnelles.

Références bibliographiques :

  • Gauthier M. et LeBlanc P. (dir), Jeunes et dynamiques territoriales. Tome 1 : Migrations, Sainte Foy, Presses de l'Université Laval, 2008.
  • Gauthier M. et LaFlamme C. (dir), Jeunes et dynamiques territoriales. Tome 2 : Ancrage de l'identité et lieux de participation, Sainte Foy, Presses de l'Université Laval, 2009.
  • Le Breton E., Bouger pour s'en sortir. Mobilité quotidienne et intégration sociale, Paris, Armand Colin, 2005.
  • Pétonnet C. , Espaces habités, Paris, Edition Galilée, 1982.
  • Leblanc P. et Molgat M. (dir.), La migration des jeunes. Aux frontières de l'espace et du temps, Sainte Foy, Presses de l'Université Laval, 2004.
  • Van de Velde C. , Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe, Paris, PUF, 2008.

Modalités :

Date limite pour envoyer votre proposition : 1er mai 2012

Date limite pour envoyer votre manuscrit : 1er décembre 2012

Votre résumé (de 1500-2000 caractères, espace compris doit être envoyé à : emmanuelle.maunaye@univ-rennes1.fr

  • Les auteurs sont priés de se conformer aux règles d’éditions de la revue  (http://www.efg.inrs.ca/recommandation.html)
  • Tous les manuscrits sont acceptés ou refusés sur la recommandation du comité de rédaction et des responsables de ce numéro spécial de la revue, après avoir été évalués à l'aveugle par deux lecteurs externes ou plus.

Dates

  • mardi 01 mai 2012

Mots-clés

  • jeunesse, famille, relations intergénérationnelles, mobilité, ancrage

Contacts

  • Emmanuelle Maunaye
    courriel : emmanuelle [dot] maunaye [at] univ-rennes1 [dot] fr

Source de l'information

  • Emmanuelle Maunaye
    courriel : emmanuelle [dot] maunaye [at] univ-rennes1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La migration des jeunes : quelles mobilités ? Quels ancrages ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 07 mars 2012, http://calenda.org/207551