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Villes, neolibéralisation et justice spatiale

Spatial justice, neoliberalization and the city

Revue Justice Spatiale/Spatial Justice

Justice Saptiale/Spatial Justice

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Publié le jeudi 08 mars 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le but de ce numéro spécial est de questionner les liens entre ville, justice spatiale et néolibéralisation. Au-delà du présupposé, souvent implicite, d’un lien mécanique entre injustice et néolibéralisation, et sans nier l’existence d’un tel lien, on souhaite s’interroger sur la manière dont la néolibéralisation accentue concrètement les injustices passées ou présentes en ville. En quoi constitue-t-elle une rupture, porteuse de plus d’injustices que les formes passées de gouvernement ? S’agit-il d’une aggravation quantitative de dynamiques injustes déjà engagées ou d’une rupture qualitative et systémique des formes d’injustices urbaines ? Les propositions d’article sont à envoyer pour le 15 septembre 2012 à contactJSSJ.org@gmail.com.

Annonce

Appel à articles pour la revue Justice Spatiale | Spatial Justice : Villes, néolibéralisation et justice spatiale

Coordination:

  • S. Fol, Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne, UMR Géographie - Cités
  • M. Morange, Université Paris 7 Denis Diderot, SEDET

Argumentaire

Le but de ce numéro est de questionner les liens entre ville, justice spatiale et néolibéralisation. Au-delà du présupposé, souvent implicite, d’un lien mécanique entre injustice et néolibéralisation, et sans nier l’existence d’un tel lien, on souhaite s’interroger sur la manière dont la néolibéralisation accentue concrètement les injustices passées ou présentes en ville. En quoi constitue-t-elle une rupture, porteuse de plus d’injustices que les formes passées de gouvernement ? Après tout, les villes n’ont pas attendu les années 1970-80 pour être injustes. S’agit-il d’une aggravation quantitative de dynamiques injustes déjà engagées (on pense par exemple à la gentrification qui préexistait à la néolibéralisation) ou d’une rupture qualitative et systémique des formes d’injustices urbaines ? Il ne s’agit donc pas ici de rassembler des contributions portant sur les modalités de la néolibéralisation en ville ou les relations entre néolibéralisation et ville en tant que telles. Ces dynamiques ont déjà été largement explorées dans la littérature critique et radicale notamment.

La référence au néolibéralisme est en effet devenue fréquente dans les études urbaines, que ce soit dans les pays anglophones du Nord où elle est surabondante, dans les villes du Sud soumises à une discipline économique globale, ou dans des villes où la néolibéralisation semble moins avancée (notamment en France) et où quoique plus discrète, elle commence néanmoins à se répandre. La néolibéralisation est associée à de multiples champs : études développementales et politiques de lutte contre la pauvreté ; politiques urbaines (services urbains, politiques du logement, régénération urbaine) ; gentrification ; renoncement à la planification spatiale au profit d’une approche managériale et nouveau régionalisme compétitif ; résistances des mouvements sociaux et émergence de contre-modèles et débats sur la ville post-néolibérale juste (voir le n°5 de JSSJ). Les travaux sur la néolibéralisation s’inscrivent en outre dans un champ théorique clairement balisé et qui a été défriché au début des années 2000 par Brenner et Theodore, dans un article désormais célèbre (numéro spécial de la revue radicale Antipode, volume 34, n°1, 2002). Il a inauguré les travaux sur « l’urbanisation du néolibéralisme » qui mettent l’accent sur les nouvelles modalités de l’action publique dans le cadre d’une gouvernance recomposée par l’essor des partenariats public-privé et des coalitions de croissance, l’expansion de la logique entrepreneuriale en ville et de la compétitivité urbaine, théorisée par D. Harvey dès 1989, le rôle des contextes locaux dans la diffusion et l’adaptation du néolibéralisme en ville, ou encore le succès de certains modèles ou imaginaires urbains internationaux, empruntés notamment à la ‘ville créative’ de Florida (2002), aux ‘charter cities’ ou aux modèles de régénération dits de ‘best practice’ et liés aux processus de « fast policy transfer » dans le cadre de la mondialisation.

Ces champs et ces approches pourront être mobilisés ici, ou discutés, à travers des contributions empiriques comme théoriques, à condition qu’elles enrichissent ces débats en explorant explicitement les relations entre ville, justice et néolibéralisation. On pourra par exemple s’interroger sur les questions suivantes : la néolibéralisation comme renoncement à des projets urbains justes et redistributifs, donc de renoncement à la justice sociale ; la reformulation des discours sur la justice et la ville (car les objectifs de justice sociale et spatiale sont rarement occultés brutalement, même dans les projets urbains néolibéraux les plus agressifs). Cela invite aussi à s’interroger sur les nouvelles normes et les nouveaux référents éthiques mobilisés pour penser la justice spatiale dans le contexte néolibéral. Par ailleurs, les processus participatifs ont permis une prise en compte des organisations communautaires et favorisé le développement des services sociaux locaux tout en étant compatibles avec une logique de management néolibérale. De même, certains auteurs soutiennent que les processus de néolibéralisation peuvent s’accommoder d’une amélioration de l’accès aux services pour les plus pauvres, fondées sur des formes de privatisation communautaire compatibles avec une certaine intégration sociale et donc d’un accroissement potentiel de certaines formes de justice spatiale. Cela pose donc la question de savoir comment sont articulées, dans ce nouveau contexte, justice, référents éthiques et valeurs néolibérales, si la néolibéralisation a poussé à un ajustement des conceptions et des discours sur la justice et la ville, en particulier sur le droit à la ville, et de quelle manière.

Modalités

Les propositions d’article sont à envoyer à contactJSSJ.org@gmail.com

pour le 15 octobre 2012

Les propositions seront sélectionnées par le comité de rédaction de la revue après évaluation par des lecteurs extérieurs.

Bibliographie

  • Brenner Neil, Theodore Neil (2002), Cities and the geographies of ‘actually existing neoliberalism’, Antipode, vol. 34, n°3, pp. 349–79.
  • Florida Richard (2002), The Rise of the Creative Class, New York, Basic Books.
  • Harvey, D. (1989) “From managerialism to entrepreneurialism: the transformation in urban governance in late capitalism”, Geografiska Annaler, vol. 71b, n°1, pp. 3-17.

Composition des comités 

Rédacteur en chef | Managing Editor

  • Philippe GERVAIS-LAMBONY, Université de Paris Ouest Nanterre.

Rédacteurs en chef adjoints | Editors

  • Frédéric DUFAUX, Université de Paris Ouest Nanterre
  • Claire HANCOCK, Université de Paris 12 Val-de-Marne, France
  • Sonia LEHMAN-FRISCH, Université de Cergy-Pontoise
  • Sophie MOREAU, Université Paris Est-Marne-La-Vallée

Secrétariat de rédaction | Scientific Secretary

  • Miguel Rodriguez, Université de Paris Ouest Nanterre
  • Karine Ginisty, Université de Paris Ouest Nanterre

Comité Scientifique | Scientific Board

  • Marie-Hélène BACQUE, Université d'Evry, France
  • Bernard BRET, Université Lyon 3, France
  • Christine CHIVALLON, CEAN/CNRS, France
  • Susan S. FAINSTEIN, Harvard University, Etats-Unis
  • Alan MABIN, Université du Witwatersrand, Afrique du Sud
  • Andrew MAC LARAN, Trinity College Dublin, Irlande
  • Peter MARCUSE, Columbia University, Etats-Unis
  • Erminia MARICATO, Université de Sao Paulo, Brésil
  • Alain MUSSET, EHESS-Paris, France
  • Usha RAMANATHAN, Centre for the Study of Developing Societies, Inde
  • Alain REYNAUD, Université de Reims, France
  • Jennifer ROBINSON, The Open University, Grande-Bretagne
  • Jean-Michel SALANSKIS, Université de Paris Ouest Nanterre, France
  • Edward SOJA, University of California Los Angeles, Etats-Unis

Comité de rédaction | Editorial Board

  • Claire BENIT-GBAFFOU Université du Witwatersrand, Afrique du Sud
  • David BLANCHON, Université de Paris Ouest Nanterre, France
  • Béatrice COLLIGNON, Université de Paris 1, France
  • Pierre CORNUT, Université Libre de Bruxelles et Université de Mons-Hainaut, Belgique
  • Sophie DIDIER, Institut Français d’Afrique du Sud
  • Mustafa DIKEC, Royal Holloway, University of London, Grande-Bretagne
  • Teresa DIRSUWEIT, Université du Witwatersrand, Afrique du Sud
  • Sylvie FOL, Université de Paris 1, France
  • Jean GARDIN, Université de Paris 1, France
  • Liette GILBERT, York University, Toronto, Canada
  • Myriam HOUSSAY-HOLZSCHUCH, Ecole Normale Supérieure LSH Lyon
  • Frédéric LANDY, Université de Paris Ouest Nanterre, France
  • Dominic LAPOINTE, Université du Québec, Canada
  • Olivier MILHAUD, Université de Paris 4, France
  • Marianne MORANGE, Université de Paris 7 Denis Diderot, France
  • Pascale PHILIFERT, Université de Paris Ouest Nanterre, France
  • Aurélie QUENTIN, GRET - Université de Paris Ouest Nanterre, France
  • Oren YIFTACHEL, Ben Gurion University of the Neguev, Israël

Catégories

Dates

  • lundi 15 octobre 2012

Mots-clés

  • ville, justice spatiale, néolibéralisation

Contacts

  • Sylvie Fol
    courriel : sfol [at] univ-paris1 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sylvie Fol
    courriel : sfol [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Villes, neolibéralisation et justice spatiale », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 08 mars 2012, http://calenda.org/207580