Accueil« Le catch et… », mise en scène et passage des frontières

« Le catch et… », mise en scène et passage des frontières

"Professional Wresting and…", foregrounding borders, crossing borders

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Publié le mardi 20 mars 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Appel à communications pour un colloque international sur le thème : « Le catch et… », mise en scène et passage des frontières, à l' Université de Bordeaux 3, les 31 janvier et 1er février 2013.

Annonce

Argumentaire

Depuis  les Mythologies, les études culturelles ont bien perçu que le catch pouvait être plus qu’un choc frontal de deux masses musclées et huileuses sous le regard d’une foule partiale. Bien qu’il ait reçu l’attention de personnalités aussi diverses que Barthes (« Le monde où l’on catch », 1957), Henry Jenkins (« Never Trust a Snake. WWF Wrestling as Masculine Melodrama », 1997) ou Angela Carter (« Giants’ Playtime », 1976), et bien qu’il fasse l’objet d’une attention universitaire soutenue aux Etats-Unis, le catch n’a pourtant pas fait en France l’objet d’un travail qui en épuiserait les possibilités et les significations, sans se limiter à la tétralogie masculinité, popularité, excès et rituel.

Sport fiction, sport simulacre, le catch s’établit d’emblée sur une frontière entre deux univers. Dans les Amériques, cette notion du catch comme une interface outrancière articulant la rencontre de plusieurs modalités spectaculaires, de plusieurs courants culturels et de plusieurs identités ne saurait être exagérée. Ainsi, le catch professionnel aux États-Unis suscite-t-il en retour un regain d’intérêt pour son pendant mexicain, illustré par un film comme Nacho Libre (2006). Réciproquement, le catch mexicain s’est fait une spécialité de l’emprunt à la culture populaire américaine, rebaptisant le catcheur El Santo « Superman », ou donnant plus récemment à une équipe le surnom de « Justice League ». Ainsi encore, le catch propose-t-il à ses acteurs des passerelles vers le cinéma (Dwayne Johnson, « The Rock », vu par exemple dans Southland Tales (2006)) ou même vers la politique (Linda McMahon, candidate pour le Sénat des Etats-Unis, Jessie "The Body" Ventura, devenu gouverneur du Minnesota). Le catch est aussi un sujet fertile de représentations : que l’on pense à The Wrestler, de Daren Aronofsky (2008) , aux bandes dessinées de Jaime Hernandez (Love and Rockets, 1982- ) ou encore aux photographies de Dulce Pinzon (The Real Stories of Superheroes) mettant en scène des travailleurs mexicains aux États-Unis habillés en catcheur ou en super-héros. Ce colloque cherchera à identifier ce qui rend le catch si propice au développement de ces transitions, extensions et passage de frontières.

Il explorera pour cela d’une part le catch lui-même, son économie, sa forme et sa réception, mais aussi et surtout les multiples interfaces qu’il propose, dans une approche résolument pluridisciplinaire. « Le catch et… » Le catch et la qui accompagne chaque match, discours qui répondrait alors, sans surprise ou presque (rôle du cliché, des agencements forme-sens prototypiques), aux attentes d’un public ? frontière mexicaine, le catch et le cinéma, et le catch et les formes d’identités, le catch et l’art, le catch et la télévision, le catch et les autres sport-spectacles, etc. D’autre part, l’analyse de ce genre de discours, si particulier, que constituent les mots du catch pourra être abordée de diverses façons en linguistique tout autant qu’en stylistique. La plus évidente correspond à la mise en récit qui accompagne cette mise en scène. Quelle histoire nous est racontée ? Sur quels types de représentations culturelles et sur quelles stratégies discursives récurrents repose-t-elle ? L’étude des isotopies, au sein du lexique, tout autant que celle des figures de style peut apporter un éclairage supplémentaire sur les thèmes du colloque. Comment, par exemple, fonctionne le processus d’identification ? Existe-t-il un codage, lato sensu, du « discours du catch »

D’après le propos exposé plus haut et sans que cela soit exhaustif, nous proposons de traiter les axes suivants :

  • histoire culturelle et économique du catch dans les Amériques
  • stratégies d’exportation et spécificité de la réception française
  • le catch comme récit transmédiatique (incluant toutes circulations entre médias et problématiques de l’adaptation)
  • esthétique spectaculaire et représentation du corps, etc.

Modalités de participation

Ces pistes ne sont pas limitatives et toutes les ouvertures permettant d’éclairer notre problématique dans l’esprit pluridisciplinaire qui est le nôtre seront les bienvenues.

Les propositions de communication en français ou en anglais, de 300 mots environ, sont à adresser à : nicolas.labarre@u-bordeaux 3.fr ; david.diallo@u-bordeaux4.fr (qui procèderont à la sélection des propositions)

avant le 15 mai 2012

Lieux

  • Esplanade des Antilles (domaine universitaire)
    Pessac, France

Dates

  • mardi 15 mai 2012

Mots-clés

  • Catch, Ameriques, frontières, corps, États-Unis, Mexique, histoire culturelle, cultural studies

Contacts

  • Nicolas Labarre
    courriel : nicolas [dot] labarre [at] u-bordeaux3 [dot] fr
  • David Diallo
    courriel : david [dot] diallo [at] u-bordeaux [dot] fr

Source de l'information

  • David Diallo
    courriel : david [dot] diallo [at] u-bordeaux [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Le catch et… », mise en scène et passage des frontières », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 mars 2012, http://calenda.org/207679