AccueilÉtudes animales

Études animales

Animal Studies

Congrès AISLF

AISLF conference

*  *  *

Publié le lundi 19 mars 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Dans le cadre du prochain congrès AISLF qui se tiendra à Rabat (Maroc) en juillet 2012, le GT «Études Animales» propose un appel à communications. La date limite de dépôt des propositions est fixée au 10 avril.

Annonce

Le thème de ce XIXème congrès fait admirablement écho à la situation dans laquelle se trouve un GT qui débute son activité, et qui plus est lorsque ce GT se donne pour objet une thématique émergente, encore embryonnaire, qui tâtonne et cherche ses marques. Les « Etudes Animales » font partie des sujets qui sont encore dans l’incertain, et qui doivent conjuguer avec lui ou malgré lui. Si nous considérons plutôt l’incertain comme une chance, un bien précieux à conserver au-delà de la phase séminal du développement d’une thématique, nous entendons également la contrainte qu’il fait peser sur la possibilité de d’engager les recherches. Ce sont ces deux aspects qui seront au centre de cette première session du GT « Études Animales ». Avec comme ambition générale de dresser un état des lieux des recherches actuelles sur les relations humains/animaux en sociologie dans l’espace francophone, il s’agira de lister les contraintes mais aussi les félicités que la nouveauté de la thématique engendre nécessairement.
Deux axes seront privilégiés :
  • l’incertitude liée à l’ontologie des animaux dans les recherches en sociologie
  • l’incertitude méthodologique qui les accompagne.

Argumentaire :

De l’ontologie incertaine des animaux…

Le sociologue qui n’a jamais été confronté aux relations humains / animaux n’a pas nécessairement besoin de se questionner sur le statut ontologique des êtres qu’il étudie : il s’agit d’êtres humains avant tout ; et ce quelque soit leur statut social, leur âge, leur genre, leur conformité physique. Remettre en question cette base ontologique pourrait être considéré comme un manque d’éthique et de déontologie flagrant. Alors que la question se pose assez souvent pour le chercheur qui tient à rendre compte des relations entre humains et animaux : qu’observe-t-il ? Des relations certes, mais entre quoi/qui et quoi / qui ? Pour s’engager dans l’enquête, lui est-il indispensable de définir les ontologies de ceux qu’il observe ? Et si oui, quels termes choisir ? « non-humains » ? « animaux » ? « vivants » ? « hybrides » ? Est-ce que la sociologie fournit des outils suffisants pour statuer au préalable sur ces ontologies ? Doit-on en référer aux terminologies des sciences de la nature, et parler d’« espèces », de « lignées » voire de « races » ? Ou au contraire, n’est-ce pas à la démarche sociologique de s’intéresser aux mécanismes sociaux qui produisent ces ontologies (dans la tradition de la sociologie pragmatique des épreuves) ? Se faisant, doit-on se satisfaire d’une polarisation entre des animaux « subjectivés » et des animaux « objectivés » ? Est-il possible d’affiner ces catégories en fonction des contextes sociaux dans lesquels humains et animaux évoluent ? Et de fait, doit-on reprendre les terminologies utilisées par les acteurs humains, sans en faire une généalogie préalable : animaux « de compagnie », « de rente », « sauvage », « familier », « domestique », « naturalisé » ?

Les communications proposées pourront ainsi interroger la nécessité de statuer préalablement sur les ontologies pour pouvoir se lancer dans l’enquête, et sur les effets, bénéfiques ou problématiques, d’une certaine incertitude ontologique sur le savoir sociologique. On pourra également s’intéresser aux effets sociaux de l’incertitude concernant l’ontologie des animaux. L’indigence ontologique des animaux a été soulignée par de nombreux auteurs, en ce qu’elle a un rôle essentiel dans le devenir des animaux dans les sociétés : le flou et la flexibilité des contours ontologiques de l’animalité autorisent des traitements différentiels entre certaines catégories d’êtres, suivant certains contextes. Cette indétermination permet que des êtres appartenant à la même espèce biologique connaissent des sorts relativement hétérogènes selon les cultures, les groupes sociaux, les époques. Le rat : nuisible ou animal de laboratoire, le chien : viande ou compagnon ; les insectes : porteurs de microbes ou nouvelle source de protéine… Il serait donc pertinent de faire l’inventaire des usages sociaux de l’indigence ontologique des animaux, et d’essayer d’en déterminer finement les fonctions.

… aux incertitudes méthodologiques des sociologues

Ces incertitudes ontologiques ne sont pas sans placer les sociologues s’intéressant aux questions relatives à l’animal en société face à certaines difficultés méthodologiques tout aussi complexes qu’enthousiasmantes et novatrices. Quelle place accorder aux animaux dans la conduite de l’enquête sociologique ? Comment rendre compte empiriquement de la manière dont ces derniers participent à la composition et à la recomposition des modalités contemporaines de « faire société » ? « Socio-anthropologie », « phénoménographie », « anthropozoologie », « humanimalités », « multispecies ethnography », etc. : l’observation et l’analyse des relations entre humains et animaux engendrent des innovations méthodologiques multiples dont il s’agit de mesurer la diversité et la portée. Mais doit-on pour autant tourner le dos aux méthodologies usuelles de la sociologie qui n’ont que très peu eu l’occasion de faire leurs preuves sur la question ? Si les « études animales » tendent à se constituer comme un domaine relativement autonome avec l’émergence d’outils conceptuels et méthodologiques propres, « la question animale » s’invite également de plus en plus dans de nombreux champs plus institués de la sociologie pour en réinterroger parfois les cadres. De la sociologie du travail à la sociologie de la famille, en passant par la sociologie de la ville, de l’imaginaire, de la santé, de l’environnement, de la communication, des sciences, etc., les animaux traversent la discipline de part en part.

Le congrès de Rabat sera l’occasion de contribuer à brosser un état des lieux de la grande diversité des paradigmes et des approches sociologiques que suppose et engendre l’analyse des relations humaines/animaux. Partant d’études de cas, les communications proposées pourront rendre compte des incertitudes méthodologiques auxquelles les sociologues se trouvent confrontés quand ils ont à faire aux animaux : Comment les animaux surgissent dans l’enquête sociologique ? Quelles nouvelles questions cela pose à l’enquêteur ? Comment ce dernier construit alors sa propre approche ? Comment il compose avec les contraintes académiques et disciplinaires ? Dans une perspective plus théorique, les communications pourront également contribuer au développement d’une analyse réflexive sur la place des animaux dans la sociologie classique et contemporaine.

 Informations :

Les propositions de communication (1500 signes) sont attendues au plus tard pour le 10 avril 2012.

Elles sont à soumettre directement à Antoine Doré (dore.antoine@yahoo.fr) et Jérôme Michalon (jerome.michalon@gmail.com) (sans passer par la procédure en ligne sur le site officiel du congrès).

Équipe animatrice chargée de la sélection des propositions :

  • Antoine Doré : Chercheur associé au Laboratoire SEED – Université de Liège, Belgique; Centre de sociologie des organisations – Sciences Po, France
  • Jérôme Michalon : Ater, Centre Max Weber – Université de Saint-Étienne, France
  • Emmanuel Gouabault : Haute École spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO), Suisse

Catégories

Lieux

  • Rabat, Maroc

Dates

  • mardi 10 avril 2012

Mots-clés

  • Etudes animales, relations humains-animaux, sociologie, AISLF

Contacts

  • Antoine Doré
    courriel : dore [dot] antoine [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Antoine Doré
    courriel : dore [dot] antoine [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Études animales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 19 mars 2012, http://calenda.org/207739