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Communication de crise et / ou crise de la communication?

Communication of crisis and/or crisis in communication?

Troisième numéro de la revue électronique ALEAS

3rd issue of the ALEAS digital journal

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Publié le vendredi 23 mars 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Si le concept de « crise » est générique, associé tant à l’économie qu’à la politique ou à la société, au religieux, aux valeurs, à la culture, à la démocratie, etc., nous souhaitons toutefois à travers cet appel à communication traiter d’une double mise en contexte de la crise : dans son caractère communicationnel, d’une part, et dans son caractère institutionnel, d’autre part. Nous souhaitons ici insister sur la double facette de la communication de crise : (1) une communication-information générale auprès de l’ensemble de la société, et (2) une communication opérationnelle pour le déroulement des services de secours.

Annonce

Argumentaire :

L’idée même de crise est endémique à nos sociétés passées et présentes. Sans remonter dans une histoire politique lointaine, les exemples ne manquent pas : la crise de 29, la crise de Cuba, la catastrophe de Tchernobyl, la crise liée aux attentats à New York du 11 septembre 2001, la crise liée à la triple catastrophe au Japon, etc.

Si le concept de « crise » est générique, associé tant à l’économie qu’à la politique ou à la société, au religieux, aux valeurs, à la culture, à la démocratie, etc., nous souhaitons toutefois à travers cet appel à communication traiter d’une double mise en contexte de la crise : dans son caractère communicationnel, d’une part, et dans son caractère institutionnel, d’autre part. Nous souhaitons ici insister sur la double facette de la communication de crise : (1) une communication-information générale auprès de l’ensemble de la société, et (2) une communication opérationnelle pour le déroulement des services de secours.
Dans les deux cas de figure, les autorités publiques sont en charge de la communication et doivent déployer des actions en parallèle qui ne sont pas de même nature. La communication interne, pour le devoir d’enquête, par exemple, ne peut être similaire à la communication externe que ce soit dans la manière de la divulguer ou dans la manière de considérer l’horizon temporel vis-à-vis des médias ou des familles des victimes, par exemple. Le rôle des autorités publiques est en ce sens relativement intéressant à étudier car celle-ci tente, par la communication de la crise, de canaliser, de maîtriser la transmission de l’information. Cela implique cependant un revers à la communication de crise que nous pouvons appeler la « crise de la communication » et qui serait assimilable à ce moment particulier de la crise où les instances ne maîtrisent plus l’information, à ce moment où le « filtre communicationnel institutionnel » ne fonctionne plus et où la bulle médiatique est envahie par des informations multiples et contradictoires, reformant constamment l’histoire et la trame de la crise. La crise serait, dans ce cas, propice à une forme de communication fuyante, un « instantané » constamment raconté, incertain et nourrissant tous les scénarios catastrophes possibles. Autrement dit, la communication des autorités publiques est toujours mise sous pression par tous les autres émetteurs potentiellement disponibles à un moment donné sur une thématique précise.

Partant, les propositions attendues pour ce numéro de la revue ALEAS devront s’inscrire dans l’un des cinq thèmes suivants :

  • Crise, légitimité et confiance

Qu’est-ce que la crise et qu’est-ce que la communication ? Communiquer est-ce synonyme de rassurer ? S’agit-il d’un outil de gestion de la société, de l’espace publique et de l’opinion dont dispose l’autorité publique et les instances décisionnelles ?
Les intervenants et responsables de la communication en période de crise sont souvent pris dans une tension entre, d’une part, communiquer rapidement sur le plan technique et, d’autre part, rassurer la population tandis que, pour la population, la première phase d’une crise est avant tout émotionnelle.
  • Communication de crise et ses différentes temporalités

La crise est aussi caractérisée par ce que nous nommerons cette « dictature » du temps. En effet, le temps de la gestion de la crise est différent du temps de la communication qui est autre que le temps politique, voire du temps des politiques publiques, et encore différent de l’immédiateté médiatique. Et pourtant dans la communication de crise ces différentes temporalités sont amenées à se confronter.
  • Évolution de la communication de crise et la place des réseaux sociaux.

L’« image », la médiatisation de la crise et le traitement de l’image sur Internet dans ce contexte interpellent et posent de nombreuses questions. Si la communication n’est pas immédiate, les pires scénarios peuvent être imaginés et les rumeurs de toute nature produites et diffusées peuvent engendrer des comportements de panique et contribuer à créer « une crise dans la crise ». À ce propos, la fusillade à Liège de décembre 2011 est un exemple évocateur de l’ampleur que peuvent prendre les rumeurs en période de crise.
  • Responsabilité des décideurs, principe de précaution et communication de crise.

Qu’en est-il de la responsabilité des acteurs (décideurs politiques, intervenants, etc.) dans les situations de crise, et plus précisément en termes de communication de crise ? Comment concilier et coordonner les obligations et les devoirs des différents acteurs en termes de communication, par exemple, lorsque certaines informations sont protégées par le secret d'instruction ?
  • La communication de crise et le rôle des principaux acteurs qui en sont responsables.

À chaque fois, la situation de crise est caractérisée par une perte de repères. Dès lors, comment agir en termes de communication face à une situation d’incertitude ? Que convient- il de communiquer et de conserver « secret » ? Quels sont les moyens disponibles et adaptés afin de communiquer ? Enfin, si la communication est fonction de la nature du risque et que nous vivons des crises très différentes (une pandémie n’est pas une catastrophe naturelle), comment dès lors communiquer sur des risques de nature très différente ?

Échéancier :

Les propositions d’abstracts (4.000 signes, maximum) devront être envoyées à Aline Thiry (aline.thiry@ulg.ac.be) et à Grégory Piet (gregory.piet@ulg.ac.be) ainsi qu’une courte biographie du ou des auteurs

pour le 6 mai 2012 au plus tard.

La sélection des contributions se fera rapidement et une réponse sera adressée dans le courant du mois de mai 2012 aux auteurs.

Pour les contributions sélectionnées, une version finale devra être envoyée au plus tard pour le 31 août 2012 aux directeurs du numéro.
Les contributions ne devront pas excéder 45.000 signes (espaces compris).
Les différentes contributions seront ensuite évaluées par deux évaluateurs externes à la revue et un évaluateur interne à la revue.

Direction du numéro :

  • Aline Thiry (chargée de recherches et assistante, Spiral, Département de Science politique, Université de Liège, Belgique)
  • Grégory Piet (boursier de doctorat ARC, Spiral, Département de Science politique, Université de Liège, Belgique)

Présentation de la revue ALEAS :

La revue ALEAS, créée en 2012, est une revue scientifique interdisciplinaire de sciences politiques, de sciences sociales et de sciences humaines dont les articles sont soumis aux règles usuelles d’évaluation interne et externe par un comité de pairs. Elle a pour objectif d’assurer la promotion de recherches et d’analyses scientifiques portant sur des questions relatives à l’évaluation et la gestion des risques, aux changements de paradigme du risque, à l’épistémologie du risque et à l’étude des catastrophes et des désastres. La revue ALEAS visera à publier des recherches originales et critiques. La langue de publication pourra être le français ou l’anglais.

Les domaines de recherches concernés par la revue ALEAS couvrent de manière non- exhaustive : la gestion des risques que ceux-ci soient spatialement localisés ou globaux, la gestion des catastrophes naturelles, la gestion des risques urbains, les risques climatiques, etc., ainsi que l’analyse des mesures ou des changements du paradigme du risque (société vulnérable, temps des catastrophes, incertitudes, etc.), la perception des risques, les politiques publiques relatives aux risques, la communication des risques.
L’objectif général de la revue ALEAS sera de travailler aux développements des connaissances en matière de risque et de leur gestion, en lien avec les acteurs de terrain et les autorités publiques, ainsi qu’au partage de ces connaissances.
Ce faisant, la revue ALEAS défendra l’accès libre à ses numéros et préconisera une version électronique pour un accès plus direct et plus rapide à l’information et aux partages de connaissances.

La revue ALEAS sera également ouverte aux jeunes chercheurs ainsi qu’aux professionnels des risques qui, en collaboration avec des scientifiques, souhaitent valoriser leur expérience de terrain. Aussi, si cette revue sera orientée tout d’abord vers les milieux universitaires, elle cherchera également à ce que les travaux qu’elle diffuse touchent les secteurs publics et privés, les instances internationales, la société civile (comme les associations, les ONG, etc.) et les citoyens intéressés et concernés par les questions de risques et de crises.
Enfin, la revue ALEAS aura pour objectif de développer un réseau scientifique international entre des intervenants francophones et anglophones sur les recherches et analyses des risques, des catastrophes et des crises, tout en conservant une approche critique et multidisciplinaire.

Direction de la revue :

  • Catherine Fallon (Spiral, Département de Science politique, Université de Liège, Belgique)
  • Pierre Ozer (Département des Sciences et Gestion de l’Environnement, Université de liège, Belgique)
  • Frédéric Claisse (Spiral, Département de Science politique, Université de Liège, Belgique)

Dates

  • dimanche 06 mai 2012

Mots-clés

  • communication de crise, autorité publique, médias, temporalité, risque, réseaux sociaux, NTIC

Contacts

  • Grégory Piet
    courriel : fructis [at] ulg [dot] ac [dot] be
  • Aline Thiry
    courriel : aline [dot] thiry [at] ulg [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Grégory Piet
    courriel : fructis [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Communication de crise et / ou crise de la communication? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 23 mars 2012, http://calenda.org/207841