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Penser l'émancipation

Thinking emancipation

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Publié le jeudi 29 mars 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Comment comprendre les logiques du capitalisme et en formuler une critique globale ? Face à la crise actuelle du système, il est nécessaire de reprendre le débat théorique sur les contours d’une alternative d’ensemble. Pour participer ensemble à l’émergence d’une politique de l’émancipation, nous aimerions réunir des contributions qui interrogent les systèmes de domination et les résistances face à ceux-ci, qui en montrent leurs développements et perspectives.

Annonce

Argumentaire

Le capitalisme n’avait jamais jusqu'à aujourd'hui exercé une domination aussi étendue sur notre planète, tant sur ses ressources naturelles que sur ses différentes formes d’organisation sociale. Et pourtant, cette réalité coïncide avec l’exacerbation et la conjugaison de plusieurs crises majeures, auxquelles les représentants des classes dominantes répondent par l’exploitation accrue du travail, la généralisation des politiques d’austérité, le déni des contraintes écologiques ou la mise en cause des conquêtes démocratiques.

Pourtant, la crise, qui a éclaté en 2007-2008, remet également à l'ordre du jour les formes de résistance et les alternatives potentielles à l'emprise du capital. L’année 2011 a été marquée ainsi par une série d’événements qui dénotent le retour en force des révoltes et mobilisations de masse sur la scène politique : révolutions dans le monde arabe où les élites bien installées de Tunisie et d'Égypte ont été jusqu’ici incapables de contenir durablement les aspirations démocratiques et sociales de leurs peuples; montée des résistances à l'austérité en Europe; extension du mouvement « Occupy » aux États-Unis. Et ce n’est qu’un début... Que l'on évoque à ce propos l’irruption d’une nouvelle séquence révolutionnaire ou, plus sobrement, d’un « temps des émeutes », il est désormais manifeste que l'insoumission et les désirs d'émancipation sociale sont de nouveau à l’ordre du jour.

Cette actualité politique ne rend que plus légitime le besoin de comprendre les logiques du capitalisme et d’en formuler une critique globale. Elle fonde aussi la nécessité de reprendre le débat théorique sur les contours d’une alternative d’ensemble. Elle exige enfin d’interroger les fondements des stratégies et des pratiques sociales qui visent à sortir de l’ordre actuel du monde. Elle appelle enfin l’approfondissement, la confrontation, mais aussi la coopération des diverses théories et pratiques, critiques et/ou révolutionnaires, qui émergent à nouveau et que nous souhaiterions voir dialoguer.

Nous sommes convaincus que la théorie émancipatrice est en retard sur la réalité politique et économique. Les crises du système questionnent toute une série de conceptions et mettent à jour les impensés du discours radical. Or, on assiste à la recomposition d’espaces de théorisations critiques, après une longue période d’éclipse, de dispersion, voire même de régression. Cet espace est ouvert, pluriel : la crise elle-même n’affecte pas les sociétés et les populations de façon homogène. C’est pourquoi nous sollicitons des contributions qui puissent rendre compte des dominations et des résistances dans leur généralité la plus globale, comme dans leurs spécificités géographiques et historiques les plus singulières.

Parmi les nombreuses questions à l’ordre du jour à l’échelle internationale, les nouveaux impérialismes et leur recomposition tiennent une place significative : ils donnent à voir une nouvelle géographie mondiale, aux équilibres précaires, ainsi que l’émergence de nouvelles puissances dont l’impact sur le règne sans partage du monde occidental reste incertain. Une approche de plus en plus complexe de la lutte des classes est également primordiale : la racialisation des groupes sociaux, les luttes féministes, comme les résistances sur le terrain des sexualités, ainsi que les nouvelles compositions de classe et le renouvellement des organisations du travail, encouragent à prendre congé des modèles canoniques du prolétariat et à repenser la nature d’un projet contre-hégémonique.
Cette question de l’hégémonie est également au cœur des débats qui traversent les mouvements révolutionnaires dans le monde. Elle pose le problème plus vaste d’un changement de civilisation, tournant nécessaire pour faire face aux défis posés par la crise écologique : le réchauffement climatique, mais aussi la privatisation croissante de toutes les ressources naturelles et le démantèlement des communs. Tels sont quelques uns des défis qu’un projet émancipateur se doit de relever. Ces chantiers, comme ceux qui ont trait à l’histoire des mouvements révolutionnaires et du socialisme, aux analyses de la crise économique, au rôle de l’utopie et d’une culture émancipatrice, ou encore aux liens entre philosophie et révolution, sont autant de pistes à suivre – et non les seules – pour refonder un projet émancipateur à partir d’un travail collectif large.

Notre réseau réunit des chercheurs et chercheuses, des éditeurs et éditrices, des acteurs et actrices du mouvement social, qui entendent contribuer à développer dans le monde francophone, un espace de réflexion et de discussion ouvert et respectueux des différences, sans pour autant se départir du débat et de la confrontation. Il s’agit pour nous de permettre aux recherches et élaborations théoriques, comme aux pratiques sociales, de participer à l’émergence d’une politique d’émancipation riche, exigeante, et à même de répondre aux défis du temps présent.

Pour ce faire, nous organiserons un colloque international que nous envisageons comme le premier d’une série de colloques organisés en Suisse, en France, en Belgique et au Québec.

Pour ce premier colloque du réseau « Penser l’émancipation » qui se tiendra à Lausanne, du jeudi 25 au samedi 27 octobre 2012, nous sollicitons vos contributions autour des thématiques suivantes :

  • Histoire des révolutions
  • Impérialismes
  • Crise du capitalisme et critique de l’économie politique
  • Race et capitalisme
  • Quel agenda féministe ?
  • Les sexualités en mouvement : débats stratégiques et hégémonie occidentale
  • Pratiques politiques et stratégies transformatrices
  • Luttes contemporaines pour l’émancipation
  • Revanche des « superstructures » ? Idéologie, religion, culture
  • Crise écologique
  • Travail, exploitation et capitalisme contemporain
  • Philosophie et révolution/émancipation
  • Fétichisme, critique de la valeur et domination sociale

Modalités de soumission

Ce colloque se tiendra du jeudi 25 au samedi 27 octobre 2012 à l’Université de Lausanne, en Suisse.

La date limite pour soumettre une proposition de communication est le 15 mai 2012.

Les propositions, d’environ 2000 signes, sont à envoyer à l’adresse électronique suivante : penserlemancipation2012@gmail.com

  • Les frais de voyage et d’hébergement ne pourront être pris en charge par les organisateurs et organisatrices que de façon exceptionnelle.
  • La priorité sera donc donnée à des participants et participantes ne disposant que de très faibles moyens.

COMITE SCIENTIFIQUE (29 février 2012): 

  • Matéo Alaluf, professeur, Université Libre de Bruxelles;
  • Etienne Balibar, professeur émérite, Paris Ouest Nanterre-La Défense;
  • Jean Batou, professeur, Université de Lausanne; Pierre Beaudet, professeur, Université d’Ottawa;
  • Marlène Benquet, chercheuse, CMH-ENS-EHESS, Paris;
  •  Félix Boggio Éwanjé-Épée,
  • comités éditoriaux de La Revue des livres et de Contretemps,
  • Paris; Stephen Bouquin, directeur de la revue mondes du travail, professeur de sociologie, Université d’Evry;
  • Emilie Bovet, maître d'enseignement et de recherche, Université de Lausanne;
  • Sébastien Budgen, éditeur pour les éditions Verso, Paris;
  • Hadrien Buclin, assistant, Université de Lausanne;
  • Marie-Claire Caloz-Tschopp, Collège international de philosophie, Genève;
  • Alexis Cukier, doctorant, Université Paris-Ouest / éditions La Dispute;
  • Jérôme David, professeur, Université de Genève;
  • Cédric Durand, maître de conférences, Université Paris 13;
  • Jules Falquet, maîtresse de conférences, Paris VII-Denis Diderot;
  • Jean-François Fayet, maître d'enseignement et de recherché, Université de Genève;
  • Romain Felli, chercheur FNRS, Lausanne, Université de Lausanne;
  • Christakis Georgiou, doctorant, Université de Montpellier;
  • David Flacher, maître de conférences, Paris 13;
  • Bernard Friot, professeur, Paris Ouest Nanterre, Réseau salariat ;
  • Martin Gallié, professeur, Université du Québec à Montréal (UQAM);
  • Isabelle Garo, philosophe, auteure de Marx et l’invention historique (2012); Paris;
  • Franck Gaudichaud, maître de conférences, Université StendhalGrenoble 3;
  • Philippe Gottraux, maître d’enseignement et de recherches, Université de Lausanne;
  • Sébastien Guex, professeur, Université de Lausanne;
  • Hugo Harari-Kermadec, maître de conférences, ENS Cachan;
  • Eva Hartmann, postdoctoral fellow, Université de Kassel;
  • Charles Heimberg, professeur, Université de Genève, Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier;
  • Anselm Jappe, Revue Lignes;
  • Danièle Kergoat, directeur de recherche émérite CNRS, Genre, travail, mobilités (GTM), Paris;
  • Razmig Keucheyan, maître de conférences, Université Paris IV-Sorbonne;
  • Cynthia Kraus, maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne;
  • Thierry Labica, maître de conférences, Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense;
  • Dany Lang, maître de conférences, Paris-13;
  • Philippe Légé, maître de conférences, Université d'Amiens;
  • Michael Löwy, directeur de recherche émérite, CNRS & EHESS, Paris;
  • Isabelle Lucas, assistante, Université de Lausanne;
  • Stella Magliani-Belkacem, secrétaire éditoriale aux éditions La fabrique, Paris;
  • Pauline Milani, assistante-docteure, Université de Fribourg,
  • Silvia Mancini, professeure, Université de Lausanne;
  • Jérôme Meizoz, maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne;
  • Stéfanie Prezioso, professeure, Université de Lausanne;
  • Pierre Raboud, assistant, Université de Lausanne;
  • Janick Schaufelbuehl, professeure, Université de Lausanne;
  • Pierre Salama, professeur émérite des universités, Paris;
  • Catherine Samary, maître de conférences, Paris-Dauphine;
  • Lucien Sève, philosophe, auteur notamment de Penser avec Marx aujourd’hui (2004 & 2008) ;
  • Daniel Tanuro, ingénieur agronome, auteur de L’impossible capitalisme vert (2010), Charleroi;
  • Bruno Tinel, maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  • André Tosel, professeur émérite, Université de Nice Sophia-Antipolis;
  • Eleni Varikas, directrice adjointe de l’équipe ‘Genre, Travail, Mobilités’ au CNRS et professeure Université Paris 8;
  • Nicolas Viellescazes, Directeur des éditions Les Prairies Ordinaires, Paris;
  • Annie Vinokur, Université Paris Ouest Nanterre; Jean Vogel, chercheur, Institut Marcel Liebman;
  • Sophie Wahnich, chargée de recherches, CNRS, Paris;
  • Daniel Zamora, chercheur, Université Libre de Bruxelles.

Lieux

  • Université de Lausanne
    Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • mardi 15 mai 2012

Mots-clés

  • capitalisme, résistance, domination

Contacts

  • Pauline Milani
    courriel : pauline [dot] milani [at] gmail [dot] com
  • Jean Batou
    courriel : Jean [dot] Batou [at] unil [dot] ch
  • Silvia Mancini
    courriel : Silvia [dot] Mancini [at] unil [dot] ch
  • Sébastien Guex
    courriel : sebastien [dot] guex [at] unil [dot] ch

Source de l'information

  • Pauline Milani
    courriel : pauline [dot] milani [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Penser l'émancipation », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 29 mars 2012, http://calenda.org/207906