AccueilLa Chine et le monde après le XVIIIe congrès du Parti communiste chinois

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Publié le jeudi 05 avril 2012 par Julien Gilet

Résumé

Colloque international bilingue organisé par l'Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal, Montréal, Québec, Canada les 21 et 22 février 2013. Date limite de soumission des propositions : 20 avril 2012.

Annonce

Version française

Thématique

2012 est une année cruciale pour la Chine. C'est à cette occasion que le XVIIIe Congrès du Parti Communiste Chinois (PCC) se réunira, et désignera officiellement la nouvelle équipe dirigeante. Différents prétendants devront se positionner en vue de leur élection, et de cette dernière dépendra l'avenir de la Chine. Neuf membres du Politburo présideront sur le continent, et pour les années à venir, les destinées d'un milliard trois cent millions de leurs compatriotes. Par ailleurs, du fait des importantes décisions adoptées lors des précédents congrès, comme celui de 2007 qui officialisa la stratégie de soft power de la Chine, cette échéance politique soulève de multiples interrogations sur les grandes orientations qui seront prises, tant en matière de politique intérieure que sur le terrain de la politique étrangère.

Si les indicateurs sont dans l'ensemble au vert, l'avenir de la Chine – et par extension du monde entier – reste soumis à de multiples incertitudes qui sont autant de facteurs potentiels de rupture. Des facteurs endogènes (problèmes des mingong, inflation, bulle spéculative immobilière, pollution, tarissement des nappes phréatiques, etc.) et exogènes peuvent, ainsi, provoquer un véritable séisme politique et géopolitique. Cette situation impose bien entendu une attention toute particulière portée sur l'état de l'économie chinoise. Hier désireux de la voir s'effondrer, les États-Unis ont aujourd'hui pris la mesure de l'importance de maintenir la croissance chinoise, en raison des interdépendances de plus en plus fortes. Un peu à la manière de l'américanisation qui fut en son temps assimilée à la mondialisation, l'économie mondiale est désormais intimement liée à l'économie chinoise, et cette dernière ne peut par conséquent manquer à ses obligations. Malgré des efforts qui méritent d'être mentionnés, la Chine n'est cependant pas à l'abri de révoltes dans les immenses territoires qui tardent à voir la croissance économique se traduire en développement, ou encore dans les zones urbaines où les écarts de richesses créent des frustrations inédites dans le régime communiste, malgré la montée en puissance progressive des classes moyennes. Mentionnons aussi les revendications sociales de plus en plus fermes, l'explosion d'Internet avec une difficulté accrue de le contrôler entièrement, ou encore les problèmes liés à l'eau (que ce soit l'irrigation, ou le phénomène de désertification dans certaines provinces). On peut également imaginer le scénario de revendications autonomistes plus vives, ou encore d'une difficulté plus grande pour la Chine à exporter ses biens de consommation en raison de la crise qui frappe les principales économies de la planète. Les défis sont non seulement multiples, mais la liste semble s'allonger jour après jour, rançon de la gloire pour un pays qui s'est progressivement invité dans le cercle des puissances, au point de devenir un véritable pôle de l'activité économique internationale. Le moindre signe de rupture de cette harmonie si chère aux dirigeants pourrait conduire le pays tout entier à la catastrophe. Et comme la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale, c'est le monde qui tremble à l'idée de voir l'empire du Milieu entrer en crise.

C'est cependant surtout l'impact des relations sino-américaines qui va déterminer à la fois l'avenir de la société chinoise et celui du monde en général. Toutefois, ce qui change dans la nature même de ces relations, c'est que la Chine, ses élites semblent tourner le dos aux humiliations passées avec la conscience aiguë que le centre de gravité de l'économie mondiale a basculé vers l'Est.

Reste une interrogation majeure, pour laquelle 2012 pourrait apporter quelques éléments de réponse : à quoi ressemblera la puissance chinoise dans les prochaines années ? Officialisé à l'occasion du XVIIe congrès du PCC de 2007 (mais déjà fortement suggéré dès 2002), le soft power chinois est une stratégie politique, mais s'agit-il d'une réalité sur le long terme ? Tandis que 2012 pourrait voir éclore de nouvelles orientations de politique étrangère et de stratégie d'influence, cette question prend tout son sens, et tous les regards seront tournés vers la nouvelle équipe dirigeante, et sur son attitude sur la scène internationale. Derrière le discours officiel, la Chine se montre en effet de plus en plus active, voire parfois arrogante, sur la scène diplomatique. De même, la montée en puissance militaire et les implications politiques soutenues, propres à un régime autoritaire qui n'accepte pas qu'on le critique, nous conduisent à penser que le soft power chinois est une stratégie louable et qui fut marquée par des victoires éclatantes au cours des dernières années, mais qui n'éclipse pas les réalités d'une Chine qui joue sur plusieurs tableaux à la fois pour accélérer sa montée en puissance. Enfin, l'autre question majeure concerne la mise en place d'un véritable modèle que Pékin chercherait à proposer à d'autres nations, les pays en développement en tête. Pour l'heure, on voit que la tentation de la Chine de proposer un « consensus de Pékin » qui se substituerait au « consensus de Washington » reste peu présente dans la stratégie du soft power. Mais les choses pourraient évoluer rapidement. Avec l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants en 2012, et forte d'une puissance économique et désormais culturelle qu'elle n'a jamais connu, la Chine pourrait chercher à prendre la tête des pays en développement. Les positions de Pékin exprimées lors du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique en décembre 2009, et le soutien que la Chine a alors reçu de pays comme l'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud, sont des indicateurs qui vont dans ce sens.

L'avenir de la Chine pourrait ainsi s'écrire en grande partie en 2012, et s'affiner dans les cinq années suivantes, jusqu'au XIXe Congrès du PCC de 2017, à l'occasion duquel les changements amorcés dès à présent seront examinés et, dans l'hypothèse de succès, érigés au rang de stratégie officielle. Ainsi s'opère la montée en puissance de la Chine, tant en ce qui concerne la consolidation et les mutations de sa société que l'affirmation de sa puissance sur la scène internationale. Un pragmatisme parfois cynique, des réformes plutôt qu'une révolution, et des objectifs qui chaque jour s'affirment un peu plus, et dessinent les contours d'un monde dans lequel Pékin jouera, qu'elle le veuille ou non, le premier rôle.

L'objectif de ce colloque est de proposer des débats bilingues (français et anglais) sur les orientations de la Chine, en faisant intervenir les meilleurs experts du sujet, et en mettant l'accent sur trois angles :

  • Les défis intérieurs
  • La politique de voisinage de la Chine et les enjeux politico-stratégiques
  • La politique internationale de la Chine, dans ses aspects politiques, stratégiques et économiques

modalités de soumission

Les propositions de communication doivent absolument utiliser le formulaire disponible à l'adresse suivante : www.dandurand.uqam.ca (et attaché à l’annonce)

Une cinquantaine de communications, en séance plénière ou en séances thématiques, sera retenue. Les communications scientifiques retenues feront l’objet d’une publication sous la forme d’un ouvrage collectif.

Elles devront parvenir à colloque.chine2013@gmail.com (un accusé réception vous sera envoyé)

au plus tard le 13 mai 2012

Les communicants disposeront de 20 minutes.

Les propositions seront examinées en avril-mai 2012 par le comité scientifique du colloque.

Les auteurs des propositions recevront l’avis de ce comité au plus tard à la tard mi-juin 2012.

Conseil scientifique

  • Eric Mottet, professeur au département de géographie, UQAM, directeur de l’observatoire de géopolitique à la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, et directeur de la collection Géopolitique (éditions du Septentrion).
  • Barthélémy Courmont, professeur au département de science politique, Hallym University (Chuncheon, Corée du Sud), directeur-associé, sécurité et défense, à la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, et rédacteur en chef de la revue Monde chinois, nouvelle Asie (Choiseul Éditions).
  • Frédéric Lasserre, professeur au département de géographie, Université Laval (Québec, Canada), chercheur associé de l’observatoire de géopolitique à la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, et directeur de la collection Asies contemporaines (PUQ).
  • Guillaume Giroir, professeur des universités au département de Géographie, Université d'Orléans (France), directeur du laboratoire CEDETE et chercheur associé à l’observatoire de géopolitique à la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.
  • Émmanuel Lincot, professeur à l'Institut catholique de Paris, titulaire de la Chaire de la Chine contemporaine, vice-doyen de la faculté de sciences sociales, et co-rédacteur en chef de la revue trimestrielle Monde chinois, nouvelle Asie (Choiseul Éditions).

Langues / Languages

  • Les propositions peuvent être faites en français ou en anglais.
  • Proposals may be made in French or English (live translation will be available for the conference)

Calendrier / Calendar

  • 20 avril 2012 : date limite d’envoi des propositions de communication
  • 15 juin 2012 : sélection des propositions et réponse aux auteurs
  • 17 février 2013 : remise des textes par les auteurs pour transmission aux commentateurs
  • 21 et 22 février 2013 : tenue du colloque à Montréal

English version

Theme

2012 is a crucial year for China. This fall, during the XVIII National Congress of the Communist Party in China (CPC), new leaders will be designated. Various candidates will position themselves for the 2012 election, and its result will help determine China’s future. The nine Politburo members will chair the country for years to come and lead their one billion three hundred million compatriots’ destiny. Because of the significant decisions taken during previous meetings like this one – such as the 2007 Congress which saw the formalization of the soft power strategy – this high level political event raises many questions about decisions that will be taken both in the domestic and in the foreign policy fields.

Therefore China’s future draws much attention and uncertainties, while the world watches, anticipates and adapts to an emerging world power. Indeed, potential breaking points need to be looked at as part of the whole equation: First, endogenous elements like the mingong issue, inflation, the real estate bubble, pollution, depletion of groundwater, etc.), and second, the exogenous elements (such as the US Foreign Policy, global issues and the international economic crisis). A combination of those elements cause major political and geopolitical earthquakes. Situations emerging from China’s rapid and complex evolution(s) require our full, notably the Chinese economy and its potential impacts on world affairs.

While the United States had previously seemed to be eager to see the Chinese economy “collapse”, Washington has now understood the importance of maintaining China's growth: both countries’ economies are more than ever interdependent.

Similar to the post-WWII interconnected processes of Americanization and Globalization, the world economy is now intimately linked to China’s market. Therefore, Beijing cannot fail to meet its responsibilities. Nevertheless, despite political efforts that deserve recognition, China is not immune from internal unrest: vast territories still await anticipated economic development and growth, while urban areas dramatically feel growing wealth inequalities, generating unprecedented social tensions.

Furthermore, Chinese are now increasingly demanding social improvements. Like never before, an ever-growing number of nationals are connected to the Internet, thus challenging censorship from Chinese authorities who find it more difficult today to control on-line contents. Problems pertaining to water pollution – either irrigation or desertification – are additional sources of growing uneasiness and potential social tensions.  

One can also anticipate scenarios where autonomy demands increase, or where China struggles to export consumer goods because of the international economic crisis that still hits other major economies. The list of challenges is not only exhaustive, but growing – as if it was the price to pay for a country that has progressively invited itself into the club of great powers with perceived acceptance that it has become an unavoidable hub for international economic affairs. Any disruption of this “harmony” so precious to the country’s leaders could lead it to disaster. As China is emerging as a leading global power, the world looks with anxiety at any sign of possible collapse of the Middle Kingdom. While the future of U.S.-China relations will perhaps have major impacts on the emerging Chinese society, this bilateral relationship has new meanings in contemporary geopolitics. Indeed,  China and its elites see the fact that the global economy’s center of gravity has shifted to East-Asia as a return of history.

However, a major question remains: what will Chinese power look like in the coming years? Established as an official foreign policy principle at the XVIII CNCPC in 2007, soft power is indeed a political strategy, but can this strategy last in the long run? As 2012 could mark the beginning of new foreign Policy strategies and orientations, all China-watchers will turn their eyes on the new leading team and its behavior on the international stage.

Behind the official discourse, China shows a more active and sometimes arrogant attitude in the diplomatic field. In the same way, the growing military and the enduring characteristics of an authoritarian regime that does not accept criticism lead us to think that the soft power Policy is a laudable strategy and has even been marked by significant victories, but that these success cannot hide the fact that China is going in overdrive to accelerate its rise.

Finally, another major question when looking at China’s future concerns the implementation of a specific model that China would propose/offer to other countries, and especially developing countries: the Beijing Consensus. But does China want to export a model? For now, the temptation for China to propose a "Beijing consensus" that would replace the "Washington consensus" is not present in the strategy of soft power. But things could change quickly. With a new leading team, encouraged by the country’s status of economic and cultural power, China could try to take the helm of developing countries. The new policies started in 2012 would then be evaluated and, if proven successful, established as official strategies.

These appear as major themes currently shaping China as a rising power, both on the domestic and international level. Beijing seems to favor a pragmatic approach to organize its influence in world affairs, which can sometimes be perceived as cynical, privileging reforms rather than revolution, and objectives that are getting more assertive each day. Nevertheless, Beijing is progressively establishing its mindset of world affairs and international relations where Chinese leaders will certainly occupy a dominating role. Therefore, the aim of this international symposium at the University of Quebec at Montreal is to stimulate and further the debates in North America about China’s future orientations. This meeting will take place in both French and English languages and will draw recognized academics and experts on the three main issues listed below:

  • Economic and social challenges
  • China’s regional Policy: political and strategic implications
  • China’s international Policy

Proposed papers for this conference should deal with one or more of these three thematics.

Deadline for Proposals: 13 May, 2012

Scientific Committee

  • Eric Mottet, Professor, Department of Geography, UQAM (Montreal, Canada), Director of the Center for Geopolitical Studies of the Raoul-Dandurand Chair of Research, Director of the collection Géopolitique (Septentrion).
  • Barthélémy Courmont, Professor, Department of Political Science, Hallym University (Chuncheon, South-Korea), Associate director, Security&Defense, Raoul-Dandurand Chair of Research, Editor in Chief, Monde chinois, nouvelle Asie.
  • Frédéric Lasserre, Professor, Department of Geography, Laval University (Québec, Canada), Associate researcher of the Center for Geopolitical Studies of the Raoul Dandruand Chair of Research, Director of the Collection Asies contemporaines (PUQ).
  • Guillaume Giroir, Professor, Department of Geography, University of Orléans (France), Director of CEDETE Laboratory, Associate researcher of the Center of Geopolitical Studies of the Raoul Dandruand Chair of Research.
  • Émmanuel Lincot, Professor, The Catholic University of Paris, Chairman teacher Chair of Contemporary Asia, Vice-Dean of the Faculty of Social Sciences, Co-Editor in chief, Monde chinois, nouvelle Asie (Choiseul Éditions).

Practical Information

Submitted papers must follow the presentation guidelines available at: www.dandurand.uqam.ca

Approximately 50 papers will be selected and will be considered for an upcoming edited book.

Papers should be sent to colloque.chine2013@gmail.com (Authors will be notified when papers are recieved by organizors)

no later than April 20th, 2012 

At the conference, speakers will have a maximum of 20 minutes to present their papers.

Please note that the scientific committee will examine the paper proposals in April and May 2012. Selected authors will be notified in mid June 2012 by email.

Calendar

  • April 20th, 2012 : Paper proposal deadline
  • June 15th, 2012 : Selected authors will be notified
  • February 17th, 2013 : Papers should be sent to panel Chairs
  • February 21st and 22nd, 2013: 2 day Symposium in Montreal, Quebec, Canada

Catégories

  • Asie (Catégorie principale)

Dates

  • dimanche 13 mai 2012

Contacts

  • Eric Mottet
    courriel : mottet [dot] eric [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Eric Mottet
    courriel : mottet [dot] eric [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« La Chine et le monde après le XVIIIe congrès du Parti communiste chinois », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 05 avril 2012, http://calenda.org/207969