AccueilProphétismes ou discours de l'entre deux voix

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Publié le mercredi 04 avril 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Prophétismes ou discours de l'entre deux voix. Journée d'étude doctorale : francophonies africaines. Nous voudrions nous servir ici des prophètes littéraires comme lieu d'une hybridation méthodologique, d'une transdisciplinarité fructueuse. Cette approche permettra de questionner la singularité, supposée, du rapport au monde, au politique, à l'évènement et à la langue, au sein de productions francophones africaines.

Annonce

Prophétismes ou discours de l'entre deux voix. Journée d'étude doctorale : Francophonies africaines

Présentation

Étymologiquement, le prophète est tout autant celui qui dit que celui par lequel le discours d'un autre – voire du grand Autre – se dit. Détenteurs d'un discours critique à l'endroit du présent qui le détermine et annonciateurs d'un avenir, les prophètes, de Moïse à Mahomet, érigent la voix en Loi. Dans le cadre de cette journée d'étude doctorale, nous souhaitons considérer le prophétisme dans son sens le plus large, comme un phénomène qui « recouvre tout le vaste champ d'expériences humaines qui s'étend de la magie à la mystique » selon l'expression d'André Neher. Tantôt polysémique, tantôt polyphonique, le discours du prophète mêle sacré et politique, et, à ce titre, institue une parole de l'entre-deux.

Cette figure ambivalente apparaît de manière récurrente dans les littératures francophones d'Afrique, et ce, tant dans les espaces à dominante musulmane que dans les zones christianisées. La présence de ces personnages, qu'ils soient présentés comme des fous, des guides spirituels ou des charlatans, reflète par bien des aspects un environnement sociopolitique particulier, marqué par l'hybridité. Ainsi, au sein du roman ben jellounien Moha le fou, Moha le sage, le protagoniste est celui qui, « assailli de messages et d'informations », dit tout. Ici, la folie est en première instance assignée à un discours de vérité : Moha est le seul à entendre les paroles des muets et des morts et, à ce titre, à pouvoir les transmettre. Des personnages hauts en couleur comme « l'homme dit fou » de Florent Couao-Zotti ou « Sékhélé l'oeil sec » de Tchicaya U Tam'si exposent quant à eux un système corrompu et donnent également la voix aux plus faibles. L'Etat, par delà les décolonisations, nous est donné à lire par le prisme de toute une série de tensions. La tradition s'oppose à la modernité, dictature et théocratie servent de contrepoint à la démocratie, l'unité nationale se heurte à la pluralité des communautés, etc. Conséquemment à l'hybridité de ces structures et au rapport singulier qu'elles instituent avec l'individu, c'est bien la place de ce dernier qui est interrogée. Dissidence, blasphème, et écart se révèlent alors constitutifs de sa singularité et de sa construction identitaire.

Loin de déroger à l'hybridité ambiante, le discours prophétique révèle son caractère pluriel à différents niveaux. S'il est porteur d'une parole à l'interstice du sacré et du politique, il se soutient par ailleurs d'une langue où créolisation et diglossie participent de la tension qui le détermine. Dans l'espace pluriel des francophonies africaines, son fonctionnement est à l'image des poétiques prophétique et propagandiste qui s'entremêlent, se chevauchent, ou se concurrencent au sein de ces productions. Si le genre biographique de la Sîra ne manquait pas d'indiquer, notamment, le caractère interstitiel de cette parole prophétique, cette « bio-histoire fondée sur le paradigme de la vie du prophète en tant que modèle et référence auxquels l'altérité et les temporalités de l'histoire se trouvent subordonnées »  ne manque pas d'inspirer des productions plus récentes ; ainsi notamment du récit Le Silence de Mahomet, de Salim Bachi. Cette imbrication du religieux et du politique, présente dans le genre de la Sîra, a également été mise en évidence dans le domaine de l'anthropologie. De nombreux auteurs, comme Jean-Pierre Dozon dans La Cause des prophètes ou encore Joseph Tonda dans La guérison divine en Afrique centrale, ont mis en évidence ce lien, ainsi que l'importance des prophètes. Nous voudrions nous servir ici des prophètes littéraires comme lieu d'une hybridation méthodologique, d'une transdisciplinarité fructueuse. Cette approche permettra de questionner la singularité, supposée, du rapport au monde, au politique, à l'évènement et à la langue, au sein de productions francophones africaines.

Cette journée d'étude se propose de questionner les prophétismes comme discours de l'entre deux voix au sein de productions variées. Pour ce faire, les communications pourront aussi bien porter sur des textes littéraires (sans aucune restriction générique) que sur les arts plastiques, ou encore le cinéma, etc.

Modalités de soumission

Les propositions de communications (500 mots maximum) comporteront au moins trois mots-clefs soulignés et seront suivies d’une courte bio-bibliographie. Elles seront à envoyer à l'adresse : journeeprophetismes@gmail.com

avant le 1er juin 2012.

La sélection sera effectuée par les organisateurs

Organisateurs :

  • École doctorale 120 & Centre d’Études et de Recherches Comparatistes (CERC)
  • Tumba Shango Lokoho,
  • Louiza Kadari,
  • Pierre Leroux

Calendrier

  • 1 juin : date d'envoi des propositions
  • 30 juin : retour du comité d'organisation
  • Novembre 2012 : journée d'étude à l'Université Paris III Sorbonne-Nouvelle

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 01 juin 2012

Contacts

  • Louiza Kadari
    courriel : journeeprophetismes [at] gmail [dot] com
  • Pierre Leroux
    courriel : pleroux [at] uco [dot] fr

Source de l'information

  • Louiza Kadari
    courriel : journeeprophetismes [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Prophétismes ou discours de l'entre deux voix », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 04 avril 2012, http://calenda.org/207974