AccueilLe corps de l’enseignant : gestes, voix et postures

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Publié le lundi 16 avril 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Appel à contributions, Synergies France n° 11. Le numéro 11 de Synergies France portera sur le corps de l’enseignant : gestes, voix et postures. Les contributions pour ce numéro de la revue Synergies France devront traiter du corps et / ou de la voix de l’enseignant. Les contributeurs provenant de disciplines comme la didactique et les sciences de l’éducation sont bien sûr les bienvenues ainsi que d’autres disciplines telles que la médecine, l’orthophonie, la phonétique, la psychologie, les études de la gestuelle, etc. Il sera question de la formation des enseignants mais aussi, plus généralement du corps dans la classe. Les études visant à décrire la voix et / ou la gestuelle didactique sont encouragées ainsi que les études plus expérimentales sur l’impact de la voix ou de la gestuelle sur la transmission et l’apprentissage.

Annonce

Appel à contributions, Synergies France n° 11 : “Le corps de l’enseignant : gestes, voix et postures”

« […] l’enseignement n’est pas qu’une question de savoir. Les mots sont dits par une personne qui s’adresse à d’autres personnes. Ils sont portés par une voix, une intention et une présence physique. Le savoir n’est pas le seul élément constituant de l’enseignement qui est, ne l’oublions pas, une forme orale non détachée de la personne qui l’énonce. » (Cicurel, 2011 : 6).

Argumentaire 

Tout comme le comédien, l’enseignant utilise son corps et sa voix comme outils de travail, à la fois en tant que stratégie de transmission et en tant qu’outil d’animation. Cependant, le corps de l’enseignant et en particulier les techniques de la voix et de la gestuelle constituent un “angle mort” des recherches en éducation et en didactique. En formation des maitres comme à l’université, les heures accordées à la formation sur ce thème sont souvent assurées par des intervenants dont la voix est certes un outil privilégié (chanteurs, acteurs…) mais qui n’ont qu’une connaissance limitée du milieu d’exercice des enseignants. En conséquence, il subsiste un décalage entre leurs propositions de formation et la réalité des situations professionnelles. La gestuelle, quant à elle, est souvent considérée à tort comme accessoire. Or, son impact sur la compréhension en langue maternelle comme étrangère, sur l’apprentissage et sur la mémorisation est tel (Tellier, Alibali, Hostetter) qu’il est regrettable qu’elle n’occupe pas une place plus importante en formation.

Les contributions pour ce numéro de la revue Synergies France devront traiter du corps et/ou de la voix de l’enseignant. Les contributeurs provenant de disciplines comme la didactique et les sciences de l’éducation sont bien sûr les bienvenues ainsi que d’autres disciplines telles que la médecine, l’orthophonie, la phonétique, la psychologie, les études de la gestuelle, etc.

Il sera question de la formation des enseignants mais aussi, plus généralement du corps dans la classe. Les études visant à décrire la voix et/ou la gestuelle didactique sont encouragées ainsi que les études plus expérimentales sur l’impact de la voix ou de la gestuelle sur la transmission et l’apprentissage.

Les différents axes proposés sont les suivants (ils peuvent bien entendu être combinés entre eux) :

1. Voix de l’enseignant : caractéristiques et pathologies

1.1- La voix de l’enseignant et ses caractéristiques prosodiques et acoustiques

L’INSERM (2006 : 139) définit la voix didactique comme une voix projetée (65 à 80 dB), mise en place lorsque le locuteur a l’intention d’agir sur l’auditeur (intéresser, faire passer un message, expliquer, convaincre, enthousiasmer…). En situation de classe, l’enseignant est amené à projeter sa voix de façon prolongée (Rantala et coll., 1998 ; Sapienza et coll., 1999). Les caractéristiques prosodiques de la voix de l’enseignant varient en fonction du public à qui il s’adresse, en fonction de la disposition de l’auditoire et des conditions environnementales particulières.

Dans cet axe, les contributions porteront sur la description de la voix didactique dans différentes conditions (par exemple : modulations de la voix d’un même individu dans des conditions sonores différentes) ou dans différentes fonctions pédagogiques (voix lors de la gestion de classe vs dans la délivrance de consignes vs dans l’explication…).

1.2- L’effort vocal et les pathologies de la voix chez l’enseignant

L’effort vocal est une des caractéristiques évidentes de la profession d’enseignant à la fois du point de vue de la durée d’utilisation de la voix et de l’intensité vocale requise. Les problèmes de voix de l’enseignant sont fréquents et ils génèrent une forme de souffrance au travail. Les arrêts de travail consécutifs aux troubles de la voix représentent ainsi un réel enjeu de santé publique (Inserm, 2007).

On peut définir l’effort vocal de façon globale comme une tentative d’adaptation de l’enseignant à l’ensemble de ces contraintes ; le forçage vocal peut lui être défini comme un effort excessif associé à un risque de complication (Garnier, 2007).

Dans cet axe, les contributions porteront sur les caractéristiques de l’effort vocal et l’impact de certains paramètres (stress, bruit ambiant) sur cet effort.

2. Posturo-Mimo-Gestuelle de l’enseignant : aspects, fonctions, impacts

2.1- Le geste pédagogique

Le geste pédagogique (ou GP), au sens où nous l’entendons, est principalement un geste des bras et des mains (mais il peut aussi être composé de mimiques faciales) utilisé par l’enseignant dans un but pédagogique (Tellier, 2008).

La matière enseignée peut avoir un impact sur la quantité de gestes produits, sur la taille de l’espace gestuel utilisé tout comme sur l’iconicité des gestes (Tellier, 2008 ; Mahut et al., 2005 ; Alibali et al., 1997 ; Goldin-Meadow, 1999 ; Singer et al., 2005 ; notamment).

Dans cet axe, les contributions pourront porter sur la fonctionnalité du GP, sur des comparaisons de la gestuelle d’un enseignant dans différentes conditions ou sur la gestuelle de différents enseignants dans la même condition. Les études expérimentales sur l’impact du geste de l’enseignant sur la compréhension et la mémorisation des savoirs par l’apprenant seront également les bienvenues.

2.2- Les postures, la gestion de l’espace classe

Ces différents aspects du non-verbal en classe ont été décrits dans divers travaux sur l’éducation en général déjà anciens (Grant et Grant Hennings, 1971 ; De Landsheere et Delchambre, 1979, parmi d’autres). Dans les années 80, plusieurs chercheurs semblent s’intéresser à la communication non verbale en classe de langue. Les manifestations étudiées sont vastes et revêtent des appellations différentes. Ainsi Ferraõ Tavares (1985) parle d’« interactions comportementales » ou de « comportements kinésiques », Foerster (1990) étudie les comportements proxémiques et leurs rôles fonctionnels dans la classe.

Dans cet axe, les contributions pourront porter sur les déplacements de l’enseignant, l’utilisation du tableau, les différentes postures en fonction des tâches pédagogiques, etc.

2.3- Le visage de l’enseignant

Le visage de l’enseignant est un élément encore trop peu étudié.

Beattie (1977) reconnait l’apport du geste dans les interactions entre enseignant et apprenants et explique comment l’enseignant peut encourager silencieusement (sourire, acquiescement, contact visuel, etc.) l’élève en train de produire un énoncé oral en langue cible. Péchou et Lange (1988) argumentent en faveur de la mimique faciale ; plus largement ce qu’elles appellent le mimo-gestuel (sourires, acquiescements du regard, hochements de la tête mais aussi froncements des sourcils, visage fermé, négation de la tête…), qui traduit l’humeur de l’enseignant et a une influence considérable sur les apprenants et leur participation en classe. Ces signaux, que l’on nomme signaux de feedback ou de backchannel en linguistique, jouent un rôle déterminant sur le déroulement d’une interaction et traduisent l’adhérence ou l’absence d’adhérence de l’interlocuteur aux propos du locuteur.

Dans cet axe, les contributions pourront porter sur une typologie fonctionnelle des expressions faciales de l’enseignant, sur la façon dont le regard coordonne les tours de parole, sur le fonctionnement général des signaux de feedback.

3- Le geste et/ou la voix en formation de formateurs

Un enseignant à l’aise avec sa voix et avec son corps et qui n’est pas en situation de forçage est plus à l’aise dans sa pratique et est plus agréable à écouter. Il serait vain de croire que l’enseignant novice possède naturellement des qualités pédagogiques, qu’il sait d’instinct utiliser sa voix sans l’abimer et mouvoir son corps de manière appropriée. La formation initiale s’en préoccupant peu, tout porte à croire que la « fée pédagogique » (Tagliante, 1994 : 63) s’est penchée sur le berceau du futur enseignant et lui a transmis le don d’utiliser sa voix et ses gestes à bon escient. Or, il apparait fondamental d’agir en amont, c’est-à-dire au niveau de la formation de formateurs et notamment de la formation initiale (Cadet et Tellier, 2007).

Les contributions pour cet axe porteront sur la présentation de dispositifs de formation sur la gestuelle et/ou la voix, sur des retours d’expériences, sur les résultats de formations professionnelles spécialisées, etc.

Coordination du numéro :

Lucile Cadet (Laboratoire Structures Formelles du Langage, UMR 7023/ Université Paris 8) et

Marion Tellier (Laboratoire Parole et Langage, UMR 7309 / Université d’Aix-Marseille)

  • Les articles seront prioritairement rédigés en langue française.
  • Les doctorants et jeunes chercheurs sont cordialement encouragés à proposer des articles.

Modalités de soumission

Les auteurs sont invités à envoyer leurs propositions de contributions (article complet) par courrier électronique à la rédaction (synergies.france@gmail.com)

avant le 15 aout 2012.

Les propositions devront comporter les références institutionnelles et scientifiques des auteurs, un titre explicite, un résumé significatif présentant notamment la démarche de recherche suivie et ses principaux résultats, de 3 à 5 mots-clés ainsi qu’une bibliographie permettant d’identifier le cadre théorique.

Chaque article sera évalué anonymement par deux membres du comité de lecture et un retour sera communiqué à tous les auteurs de propositions. Pour celles recueillant au moins un avis favorable, des consignes complémentaires sur le format de soumission des articles et des demandes d’éventuelles modifications seront indiquées aux auteurs et l’article dans sa forme définitive devra être envoyé à la rédaction pour début le printemps 2013 au plus tard. Il subira alors une seconde évaluation en double anonymat avant avis définitif sur sa publication.

La parution du numéro est prévue pour juin 2013.

Pour la rédaction des articles, les auteurs seront priés de bien vouloir se conformer dès l’envoi des propositions aux Spécifications rédactionnelles ci-après.

Comme de plus en plus de revues francophones, Synergies France applique les rectifications orthographiques proposées en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française, recommandées par l’Académie dans sa dernière édition. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site : http://www.orthographe-recommandee.info/

Comités Synergies France

Constitution de l’équipe

  • Rédacteurs en chef : Dominique Ulma et Francis Yaiche
  • Secrétaire de rédaction : Claudine Bassou-Chpak

Comité scientifique

  • Évelyne Bérard (Directrice du CLA, Besançon)
  • Claude Condé (PU, Université de Franche-Comté)
  • Jean-Pierre Cuq (PU, Université de Nice Sophia Antipolis, Pdt de la FIPF)
  • Jean-Louis Dufays (PU, Université Catholique de Louvain, Belgique)
  • Salah Mejri (PU, Paris XII)
  • Muriel Molinié (MCF, Université de Cergy-Pontoise)
  • Teresa Muryn (PU, Université Pédagogique de Cracovie, Pologne)
  • Alain Rabatel (PU, Université de Lyon)
  • Jean-Paul Roumegas (CNOUS, Paris)
  • Laurence Siberry (MCF, Stranmillis University College, Belfast, Irlande du Nord)
  • Dominique Ulma (MCF, Université d’Angers)
  • Francis Yaiche (PU, Université Paris V)

Comité de lecture permanent

  • Cécile Bruley (Université Paris III)
  • Claudine Chpak (CLA, Besançon)
  • Claude Cortier (ENS LSH, Lyon)
  • Jean-Pierre Cuq (FIPF)
  • Fred Dervin (Université d’Helsinki, Finlande)
  • Jean-Louis Dufays (Université Catholique de Louvain, Belgique)
  • Chantal Forestal (Université d’Aix-Marseille l)
  • Greta Komur (Université de Haute Alsace)
  • Jacqueline Lafont-Terranova (Université d’Orléans)
  • Aleksandra Ljalikova (Université de Tallinn, Estonie)
  • Teresa Muryn (PU, Université Pédagogique de Cracovie, Pologne)
  • Alain Rabatel (PU, Université de Lyon)
  • Muriel Molinié (Université de Cergy-Pontoise)
  • Valérie Spaëth (Université de Franche-Comté)
  • Dominique Ulma (Université d’Angers)
  • Monica Vlad (Université Ovidius Constanta, Roumanie)
  • Francis Yaiche (Université Paris V)

Dates

  • mercredi 15 août 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • gestes, corps, voix, enseignant, enseignement, formation

Contacts

  • Marion Tellier
    courriel : marion [dot] tellier [at] lpl-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Marion Tellier
    courriel : marion [dot] tellier [at] lpl-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le corps de l’enseignant : gestes, voix et postures », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 avril 2012, http://calenda.org/207983