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L'autoritarisme en question et le Printemps arabe

Authoritarianism in question and the Arab Spring

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Publié le vendredi 06 avril 2012 par Elsa Zotian

Résumé

De manière constante, Michel Camau a interrogé les régimes autoritaires dans une optique largement comparatiste. L'autoritarisme demande, en effet, a être considéré – si on veut en comprendre les ressorts – non comme une pathologie mais comme une organisation possédant ses propres caractéristiques.

Annonce

Programme

L'idée de « consolidation autoritaire » nous a notamment permis de considérer celles-ci pour elle-même. En effet, un régime autoritaire n'est pas avant tout un régime démocratique dévoyé ou en transition vers autre chose. C'est un régime qui essaye de perdurer en tant que tel, tout en changeant ce qu'il semble nécessaire de changer pour y parvenir. De plus, ce régime n'est pas tant le négatif des régimes démocratiques qu'une forme d'organisation politique s'inscrivant dans le continuum de ce que Michel Camau a appelé : « la globalisation démocratique ». Si l'on considère la Libye de Kadhafi, sans doute voit-on plus de différences que de proximités entre le régime d'alors et les régimes démocratiques – encore que celui-ci se soit inscrit dans les préoccupations sécuritaire de la politique de l'Union européenne en Méditerranée. Mais, si l'on considère l'Égypte ou la Tunisie, il apparaît difficile de se placer uniquement dans le registre des contrastes. Bref, entre l'autoritarisme et la démocratie, il existe à la fois une distribution de similitudes et une irréductibilité de l'un à l'autre : une démocratie autoritaire ne sera jamais simplement une autocratie et une autocratie libérale ne sera jamais une démocratie. Cette manière de poser l'autoritarisme nous permet d'étudier sa singularité sans en exagérer la portée et le contenu. Cela nous permet de comprendre l'autoritarisme pour ce qu'il est empiriquement.

Ce qu'il est convenu d'appeler le Printemps arabe nous amène naturellement à confronter nos analyses de l'autoritarisme avec les faits. Il y a une mauvaise et une bonne manière de le faire. La mauvaise manière consiste à dire que la science politique n'a pas su prédire ce qu'il allait se passer. C'est confondre le travail des sciences sociales avec le travail des cartomanciennes. Nous n'avions pas prédire quoique ce soit, parce que notre rôle n'est pas de prédire mais d'analyser des mécanismes. Pour prédire une crise, il faudrait connaître les accidents et les successions d'action contextuelles qui sont à l'origine de celle-ci. Il ne suffit pas de dire que les conditions nécessaires étaient rassemblées. Une plusieurs voitures et une route sont les conditions nécessaires d'un accident de voiture, ce n'est pas pour autant que l'accident a lieu. Il faut des fautes de conduites qui n'ont lieu que dans le cours de l'action de conduire. Même si l'on fait l'hypothèse que le conducteur est mauvais ou qu'il a bu de l'alcool, ces conditions ne deviennent pas pour autant des causes d'accidents. Elles prédisposent à une erreur de conduite, mais elles ne sont pas l'erreur elle-même. En fait, la science politique et les travaux sur l'autoritarisme sont justifiés, non s'ils permettent de prédire ce qui va avoir lieu, mais s'ils permettent d'expliquer, de manière simple et convaincante, ce qui a eu lieu. Les travaux de Michel Camau paraissent, non seulement à même de passer ce test, mais d'éclairer plus que d'autres les dynamiques en cours.

Nous proposons aux participants au colloque d'utiliser directement certains de ceux-ci ou, plus spécifiquement même, certaines propositions de Michel Camau afin de décrire l'un des aspects des évolutions en cours dans la région. Nous souhaiterions surtout éviter l'aspect rétrospectif que peu prendre un hommage au détriment de l'utilisation de l'œuvre même dans l'analyse effective des phénomènes.

Le colloque, organisé par le Centre Jacques Berque et la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales d'Aïn Sbaa se tiendra dans la salle de réunion du Centre,

Participants

Amin Allal, CHERPA, IEP d'Aix-en-Provence et IREMAM
Téléologies révolutionnaires. Problématiques du changement en Tunisie

Mohamed Brahimi
Professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal

Michel Camau, Professeur émérite à l'IEP d'Aix-en-Provence

Virginie Collombier, Chercheur, Programme Postdoctoral Max Weber
Institut universitaire européen de Florence

Baudouin Dupret, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du CJB
Du constitutionnalisme prospectif au constitutionnalisme structurant: analyse des constitutions à partir de quelques considérations de M. Camau

Jean-Noël Ferrié, Directeur de recherche au CNRS, Directeur adjoint du CJB
De la démocratie dans l'autoritarisme et de l'autoritarisme dans la démocratie, où comment éviter le réductionnisme démocratique

Eric Gobe, Chargé de recherche au CNRS, CJB
Syndrome autoritaire et profession en Tunisie : les avocats entre tutelle et émancipation

Abdallah Labdaoui, Professeur à l'Université Hassan II de Mohammedia
Président de séance – Discutant

Luis Martinez, Directeur de recherche à la FNSP, CERI
Président de séance - Discutant

Abderrahim El Maslouhi, Professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal
Abdallah SAAF, Professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal

Frédéric Vairel, Professeur adjoint, Ecole d'études politiques, Université d'Ottawa
Décrire la réforme autoritaire marocaine : discours des acteurs et théorie sociale

Programme

Matinée du 2 février

1ère séance : 9 h 30 – 10 h 30

Ouverture du colloque : Baudouin Dupret, directeur de recherche au CNRS, directeur du CJB

Introduction : Abdallah Labdaoui, professeur, vice-doyen de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales d'Aïn Sbaa & Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint du CJB

  • Abderrahim Manar Esslimi, professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal
    Les écrits de Michel Camau dans la science politique marocaine

Pause : 10 h 30 – 11 h 00

2ème séance : 11 h 00 – 12 h 30

Président de séance : Abdallah Labdaoui, professeur, vice-doyen de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales d'Aïn Sbaa

  • Michel Camau, professeur émérite à l'IEP d'Aix-en-Provence
    Automne de l'autoritarisme et printemps de la démocratisation
  • Abdallah Saaf, professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal
    Capacités de réformes et possibilités de changement des systèmes politiques arabes
  • Baudouin Dupret, directeur de recherche au CNRS, directeur du CJB
    Du constitutionnalisme prospectif au constitutionnalisme structurant : analyse des constitutions à partir de quelques considérations de M. Camau

12h 00 – 12 h 30 : Discussion

12 h 30 – 14 h 30 : Déjeuner au CJB

Après-midi du 2 février

1ère séance de 14 h 30 à 15 h 45

Président de séance : Mohamed Cherkaoui, directeur de recherche au CNRS, GEMASS, Paris

  • Abderrahim El Maslouhi, professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal
    Penser le changement en contexte autoritaire : considérations sur la dynamique bottom-up
  • Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint du CJB
    De la démocratie dans l'autoritarisme et de l'autoritarisme dans la démocratie, ou comment éviter le réductionnisme démocratique

15 h 15 – 15 h 45 : Discussion

Pause : 15 h 45 – 16 h 15

2ème séance de 16 h 15 à 17 h 30

Président de séance : Abdallah Saaf, professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal

  • Mohamed Brahimi, professeur à l'Université Mohammed V Rabat-Agdal
    Le traitement marocain du Printemps arabe
  • Frédéric Vairel, professeur adjoint, École d'études politiques, Université d'Ottawa
    Décrire la réforme autoritaire marocaine : discours des acteurs et théorie sociale

17 h 00 – 17 h 30 : Discussion

Matinée du 3 février

Séance unique : 10 h 00 – 12 h 15

Président de séance : Luis Martinez, directeur de recherche à la FNSP, CERI, Sciences-Po, Paris

  • Virginie Collombier, chercheur, Programme Postdoctoral Max Weber, Institut universitaire européen de Florence
    L'Égypte en 2011. Divisions du leadership, transformations sociales et mobilisations multisectorielles : un régime qui ne parvient plus à s'adapter
  • Eric Gobe, chargé de recherche au CNRS, CJB
    Syndrome autoritaire et profession en Tunisie : les avocats entre tutelle et émancipation

Pause : 10 h 45 – 11 h 15

Président de séance : Luis Martinez, directeur de recherche à la FNSP, CERI, Sciences-Po, Paris

  • Amin Allal, CHERPA, IEP d'Aix-en-Provence et IREMAM
    Téléologies révolutionnaires. Problématiques du changement en Tunisie

11 h 40 – 12 h 15 : Discussion

12 h 30 – 14 h 30 : Déjeuner au CJB

Lieux

  • 35 avenue Tarik Ibn Ziad (Centre Jacques Berque)
    Rabat, Maroc

Dates

  • jeudi 02 février 2012
  • vendredi 03 février 2012

Mots-clés

  • printemps arabe, globalisation démocratique, régime autoritaire

Contacts

  • Jean-Noël Ferrié
    courriel : jeannoel [dot] ferrie [at] cjb [dot] ma

Source de l'information

  • Aurélie Flamant
    courriel : aflamant [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'autoritarisme en question et le Printemps arabe », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 06 avril 2012, http://calenda.org/208036