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La grève enseignante, en quête d’efficacité

The teachers' strike: the pursuit of efficiency

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Publié le vendredi 06 avril 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Les enseignants sont réputés pour la récurrence et la force de leurs grèves. Pourtant, ils doutent régulièrement de l'efficacité de cet outil. Ce débat ancien met en cause les formes particulières d'action secrétées par le milieu (grèves de 24 heures préparées à froid, grèves d'examen...), sans parvenir pour l'instant à proposer des alternatives. Ce colloque réunit historiens sociologues et militants pour analyser et confronter des expériences de lutte échelonnées entre 1920 et 2010, à tous les degrés d'enseignement.

Annonce

Argumentaire

Les enseignants expriment depuis longtemps des critiques sur les grèves impulsées par leurs syndicats. Ils en discutent l’efficacité, se déclarent quelquefois prêts à faire d’hypothétiques grèves longues, mais pas la prochaine grève courte. Comment les responsables syndicaux ont-ils affronté ces questionnements? Faut-il changer aujourd’hui l’approche de la grève?

En effet, les mouvements sociaux des enseignants, souvent qualifiés de « gréviculteurs », sont régulièrement vilipendés par le pouvoir et la presse. Il est vrai que les enseignants font beaucoup plus souvent grève que les salariés du privé. Pourtant, cette profession réputée prompte à l’action collective s’est longtemps placée en retrait sur ce terrain, parce qu’elle considérait que cesser le travail nuisait à son rôle d’éducation de la jeunesse. La grève fut donc longtemps réservée au syndicalisme ouvrier. Comment expliquer ce changement ? Le phénomène non gréviste annonce-t-il une évolution inverse ? La répression étatique (règle du trentième indivisible, service minimum dans le premier degré…) est-elle insurmontable ?

S’ils s’investissent dans les journées d’action de leurs syndicats ou de la Fonction publique, les enseignants sont plus réticents à participer à des luttes plus larges. L’écart avec les modes d’action ouvriers persiste. En s’appropriant la grève, les enseignants ont inventé des pratiques militantes adaptées à leur situation de fonctionnaire. Très vite, ces pratiques ont suscité le débat au sein du syndicalisme enseignant. La grève de 24 heures se résumerait-elle à un rituel ? Peut-on se lancer dans des mouvements de grève plus longs ?

Dès le début du XXe siècle, les enseignants ont cherché des formes d’action alternatives, ancrées dans la réalité de leur métier, comme les grèves d’examen ou la grève administrative. Quel bilan tirer de ces expérimentations ?

Programme

9 h : Accueil des participants, café

9 h 15 : Ouverture

  • Bernadette Groison (secrétaire générale de la FSU)

9 h 20 : Introduction

  • Laurent Frajerman (historien, institut de recherches de la FSU)

9 h 35 « Faire la grève, une bonne idée ? »

Président Danielle Tartakowsky (professeure d’Histoire, université de Paris 8)

  • Loïc Le Bars (historien) : « La genèse de la grève vue par les instituteurs syndicaliste-révolutionnaires : débats de 1920 et 1938. »
  • Yves Verneuil (historien, IUFM de Reims) : « L’appropriation de la grève par les professeurs, 1919-1939. »
  • Nada Chaar (sociologue, institut de recherches de la FSU et CURAPP) « Les non grévistes, anatomie d’un phénomène récurrent »
  • Jean-Michel Drevon (secrétaire national EE de la FSU 2001-2010, bureau de l’institut de recherches de la FSU) : « Quel écho de ces débats syndicaux au XXIe siècle ? »

11 h : Table ronde: « la grève de 24 h, toujours critiquée, encore pratiquée »

Animée par Laurent Frajerman (historien, institut)

  • Michel Deschamps (secrétaire général de la FSU, 1993-1999),
  • Laurent Cadreils (secrétaire du SNUipp Haute-Garonne),
  • Monique Vuaillat (secrétaire générale du SNES, 1984-2002 et de la FSU, 2000-2002),
  • Bernadette Groison (secrétaire générale de la FSU), Marianne Baby (secrétaire générale adjointe du SNUipp),
  • Frédérique Rolet (co-secrétaire générale du SNES).

12 h 30 : repas

14 h : « Les alternatives à la grève classique : une recherche typiquement enseignante ? »

Président Julien Fretel (Professeur de science politique, CURAPP Amiens)

Projection d’une vidéo de Sophie Richardot, sur le mouvement de 2009

  • Alain Dalançon (historien, président de l’IRHSES) : « Une alternative à la grève classique : la grève administrative SNES -SNET de 1965 »
  • Bertrand Geay (sociologue, CURAPP, université d’Amiens) : « Le rapport à la grève des enseignants-chercheurs mis à l’épreuve : le mouvement du printemps 2009 »
  • Alain Ponvert (CDFN de la FSU et secrétariat du S3 du SNES de Rouen) « Une expérience de lutte interprofessionnelle, le Havre 2010 »
  • Baptiste Giraud (politiste, INRA) « Les grèves enseignantes sont-elles spécifiques ? »

15 h 30 « La grève, oui mais combien de temps ? »

Président René Mouriaux (directeur de recherches honoraire en sciences politiques, CEVIPOF)

  • Robert Hirsch (historien) « originalité et postérité de la grève des instituteurs parisiens de 1947 »
  • Bernard Boisseau (ex co-secrétaire général du SNES), « la grève des enseignants de Seine-Saint-Denis en 1998, une lutte locale porteuse de leçons nationales »
  • Gérard Aschieri (secrétaire général de la FSU, 2001-2010, président de l’institut) : « la grève de 2003, leçons d’un traumatisme »

17 h Conclusion

André Robert (sociologue, université de Lyon II)

Lieux

  • 46 avenue d’Ivry (SNES-FSU)
    Paris, France

Dates

  • jeudi 11 octobre 2012

Mots-clés

  • grève, enseignants, engagement, conflit social

Contacts

  • Laurent Frajerman
    courriel : laurent [dot] frajerman [at] institut [dot] fsu [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurent Frajerman
    courriel : laurent [dot] frajerman [at] institut [dot] fsu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La grève enseignante, en quête d’efficacité », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 06 avril 2012, http://calenda.org/208049