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Human Inside

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Tête-à-tête review

Tête-à-tête review

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Publié le mardi 17 avril 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Revue Tête-à-tête, n°05 (printemps 2013) : Human inside. L’humanisme est-il une idée dépassée ? Peut-être pas. Tête-à-tête est une revue semestrielle d’art et d’esthétique exclusivement composée d’entretiens de fond réunis autour d’un thème commun. Sa ligne éditoriale a l’ambition d’aborder frontalement des questions exigeantes par le truchement d’une forme habitée par l’histoire du dialogue et de la rencontre. C’est en portant la parole d’un autre que les auteurs des entretiens formulent leurs propres postures et opinions sur le thème proposé par la revue. Inversement, les créateurs, artistes et penseurs qui font le sommaire de chaque numéro sont appelés à interroger leurs œuvres à l’aune de leur inscription dans l’actualité.

Annonce

L’humanisme est-il une idée dépassée ? Peut-être pas. N° 05 (printemps 2013), Human inside.

Argumentaire

La perception d’un monde soumis à des mécanismes désincarnés, dématérialisés, crée manifestement une angoisse du corps social qui s’exprime à travers la revendication, souvent vague, d’un « retour de l’humain ». L’économie dominante génère des frustrations et le sentiment d’une perte de contrôle sur l’ordre des choses. À force de ne plus penser à dimension humaine mais de tout envisager à travers chiffres, courbes, modélisations et abstractions, les instances qui structurent nos sociétés (pouvoirs, entreprises, institutions) ont oublié que l’homme était à leur principe et qu’elles se devaient d’être à son service.

À de multiples niveaux de la société commencent à se faire entendre des voix dissonantes qui expriment un besoin d’humanité. Le discours critique, en politique, en philosophie, en sociologie, en économie et en sciences de gestion, tend à se faire mieux entendre. Tandis que Jean Gadrey ou Jean-François Draperi prônent l’avènement d’une « économie sociale et solidaire » et d’une « responsabilité sociale des entreprises », le système économique lui-même, à lire Arrow, Giddens, Torre ou Marzano, ne semble pouvoir se refonder sans la restauration d’un lien de confiance qui remette l’homme au cœur des échanges de biens et d’idées. Le débat politique, fatigué de la prévalence économique et de l’écrasante rationalité des chiffres, tente de réinventer le keynésianisme autour du concept de société du care où dominent les « facultés d’attention » (Delsol). Quant à la communication, elle affirme chaque jour un peu plus un changement de paradigme qui pousse tout un chacun à préférer le lien horizontal, le bouche-à-oreille, la transmission virale de l’information, à une autorité verticale qui inspire résistance et défiance. Véritable changement de paradigme ou habile dispositif marketing, il n’en reste pas moins que la question de l’échelle humaine de nos activités sociales est posée. Sortir d’une vision de l’individu comme variable d’ajustement, comme centre de coût ou centre de profit, c’est affirmer le principe de notre humanité.

Dans ce nouveau mouvement critique, quelle est la spécificité du regard artistique, littéraire, du regard de tous ceux qui se mêlent de représentation, sur cette mutation à laquelle ils prennent ou peuvent prendre une part active ? Un mouvement se dessine qui revendique de révéler la matière humaine dans des lieux dont il semble qu’on l’a fait disparaître : tandis que le portrait s’affiche comme une arme contre la marche du monde, des visages se forment ainsi, sur les bidonvilles, sur les murs décrépits des mégalopoles, sur des milliers de post-it collés aux bureaux de la Défense, parfois par simple jeu, parfois pour réhumaniser les froides tours de verre. Silhouettes et visages anonymes prennent le pouvoir sur fond de cours de bourse. Et lorsque le cinéma ou la littérature décident de montrer le travail et l’entreprise, ils mettent en scène des individus en lutte contre une machine qui crée souffrance et violence au nom d’une pensée systémique qui se dit seule garante d’efficacité.

Briser l’armure, retrouver le chaud dans une société froide, retrouver le soft dans une société hard, tel est l’un des enjeux sociaux et artistiques les plus fondamentaux de notre époque. Derrière les panneaux, il y a des hommes.

Participation

Les projets seront rédigés selon les modalités suivantes :

  • a) Une proposition d’entretien argumentée, en relation directe avec le thème du numéro, ne dépassant pas 3000 signes ;
  • b) Une ébauche de questionnaire comportant une dizaine de questions donnant les principales orientations de l’entretien ;
  • c) Deux courtes bio-bibliographies (vous et la personne avec laquelle vous voulez faire l’entretien).

Les projets sont à envoyer par mail à l’adresse suivante : contact@revue-tete-a-tete.org

Date limite de réception du projet : 28 septembre 2012

Date limite de réception de l’entretien définitif après acceptation du projet : 14 janvier 2013

Informations pratiques

Tête-à-tête est animée par une équipe d’auteurs, d’artistes, de cinéastes, de graphistes, de comédiens et de chercheurs à l’université issus, pour partie, de la revue et de l’association La Voix du regard (www.voixduregard.org).

Directrice de la publication et de la rédaction :

  • Anna Guilló

Comité de rédaction :

  • Alexandra Aristidou
  • Karim Charredib
  • Christèle Couleau
  • Camille Deltombe
  • Jean Denizot
  • Véronique Dimicoli
  • Katrin Gattinger
  • Frédéric Leval
  • Jocelyn Maixent

Direction artistique et conception graphique :

  • Angéline Leroux

Dates

  • vendredi 28 septembre 2012

Mots-clés

  • Humanisme, représentations, art, esthétique

Contacts

  • Anna Guilló
    courriel : annaguillo [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Anna Gulló
    courriel : contact [at] revue-tete-a-tete [dot] org

Pour citer cette annonce

« Human Inside », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 avril 2012, http://calenda.org/208148