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La fabrique interdisciplinaire des savoirs

The interdisciplinary manufacture of knowledge

Colloque doctorants et jeunes docteurs

Doctoral student and young doctor conference

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Publié le vendredi 20 avril 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Ce colloque, qui se déroulera les 16 et 17 novembre 2012 à l’Université de Nice Sophia Antipolis, se propose de questionner les positionnements et les repositionnements des jeunes chercheurs et doctorants en lettres et en sciences humaines et sociales autour des modalités et des enjeux de la production de leurs sources dans une perspective interdisciplinaire. L’interrogation portera sur les implications théoriques et méthodologiques de l’approche interdisciplinaire et s’organisera autour de quatre grands axes thématiques. Ces derniers permettront d’interroger aussi bien les différentes notions qui occupent une place prépondérante chez les acteurs de la recherche que les pratiques disciplinaires qui y sont associés.

Annonce

Argumentaire

Parler d’interdisciplinarité engage le chercheur à se positionner autant sur des implications théoriques que pratiques dans la mesure où ce mode de fabrication des savoirs est appelé à être de plus en plus mobilisé dans la production de connaissances scientifiques. En effet, les frontières disciplinaires qui structurent le champ scientifique s’orientent inexorablement vers un dialogue entre les disciplines suite aux modifications de la production scientifique globale  ainsi qu’à la réorganisation des institutions d’enseignement et de la recherche.

Si l’on a peu de doute sur ce qui constitue la spécificité de nos recherches et sur leurs capacités à révéler ce qui de prime abord s’appréhende, plusieurs raisons nous poussent à interroger leur rôle par rapport aux autres sciences humaines et sociales ainsi que la place qu’elles tiennent dans ce que l’on appelle la « société de connaissance ». 

Les sciences humaines et sociales apportent des contributions différentes à la question «qu’est ce que l’Homme? » Faire apparaître les aspects multiples de cette réalité en les combinant et en les confrontant nous renvoie  à la complexité du réel, au lieu de l’ignorer. Au-delà de la diversité des concepts, des techniques et des méthodes d’analyse, le questionnement de nos disciplines permet de cerner des conditions du développement de nouveaux outils de production du savoir et de rendre compte de la nécessité d’un dialogue interdisciplinaire

Nous souhaitons nous interroger, dans un effort partagé et diversifié, sur les critères qui permettent de juger de la production de connaissances et qui favorisent les échanges de savoirs au sein des sciences humaines et sociales. Ouvert aux divers paradigmes théoriques, aux différentes manières de concevoir le travail de terrain mais aussi à la dimension interprétative et comparative de la recherche, ce questionnement interdisciplinaire vise aussi à envisager les frontières mouvantes entre nos disciplines et nous permet ainsi de soulever de nouvelles interrogations et de relever de nouveaux défis.

Prendre et rendre acte par la parole :

Que ce soit dans une conversation ordinaire, dans les discours rituels, dans la parole du patient ou encore dans la circulation et la mémoire des écrits, la parole reste un acte hautement signifiant. Tout à la fois phénomène physique et activité symbolique, la parole est mobilisée comme source et ressource de la connaissance par les chercheurs en sciences humaines et sociales. Cette première thématique s’intéressera au double statut de la parole comme une manifestation de la pensée d’un côté, et restitution d’une action par l’écriture de l’autre. Cet espace de travail commun pose ainsi la question du contexte et de la temporalité dans lesquels la parole et le geste se croisent. Peut-on, à partir d’une perspective croisée, jeter un regard nouveau sur la parole et le geste comme ressource de la connaissance ? Comment la recherche se situe-t-elle entre voix et voies de la connaissance ? Par quelles démarches l’acte de parole devient une donnée de savoirs et quelles sont ses limites ? 

Récit et retour sur le récit :

La mise en récit, dont l’écriture est un exercice central dans le processus de recherche, traduit la mise en mots d’une pensée déjà construite, dans les sociétés passées comme présentes, mais doit aussi permettre de jeter un regard critique sur le récit que l’on y attache. La distance entre le récit-source et le récit analytique du chercheur doit être prise en compte particulièrement lorsqu’il s’agit d’étudier les cultures et les sociétés du passé. Elles ne s’appréhendent qu’à travers les témoignages qu’elle a produits, et dont il ne reste plus que la trace écrite. Celle-ci obéit à des règles et à des références discursives qui participent du patrimoine culturel de la société passée qu’il convient de prendre en compte et de restituer dans son extranéité par rapport à nos propres références et modes d’expression.

Au-delà des exigences académiques et des prérogatives disciplinaires, l’écriture d’un texte en sciences humaines et sociales mobilise différentes formes de récit : la description et la restitution, l’analyse et l’interprétation, la narration et l’argumentation. Si c’est dans le récit et par le retour sur le récit que nous transformons nos matériaux empiriques en objets de connaissances, le récit en lui-même est objet de recherche pour certaines de nos disciplines, comme par exemple en littérature ou encore en histoire. Comment alors parler des autres, restituer leurs paroles et leurs actions sans les destituer de leur présent ? Quelle est la place de l’auteur dans la production d’un texte scientifique ? Et quelles sont les limites de la position réflexive de ce dernier sur son récit ? 

Texte, contexte, contenu :

Si la volonté d’un texte scientifique est de communiquer des résultats, le processus suivra, le plus souvent, deux grandes étapes. La première consiste en la constitution d’un corpus bibliographique permettant d’inscrire le texte dans un réseau disciplinaire. La seconde implique la restitution et la justification des données collectées  et produites lors du travail de recherche. Le contenu du texte est pertinent pour la compréhension du contexte, or ces ressources de la connaissance sont sélectionnées, réorganisées et remobilisées dans le texte. Ces conditions de construction du texte et de restitution de son contenu sont étroitement liées aux enjeux de sa contextualisation. Comment un texte scientifique mobilise-t-il les sources et les données de la connaissance ? Comment se fait la production du savoir et de la connaissance ? Par quels processus l’un s’érige-t-il en tant que donnée propre à une discipline tout en se fondant sur l’autre ?

Collecteurs de traces, producteurs de mémoires :

Ici s’articulent les dimensions réflexives et épistémologiques liées à la production de connaissance nouvelle. Prenant pour point de départ les témoignages oraux, les traces mnésiques, les pratiques coutumières, les manifestations artistiques, les écrits littéraires ou encore les formes de culture et de savoir pérennisées par les écrits et les artefacts, la collecte de données sur nos terrains ou nos supports permet de restituer la mémoire ou l’histoire d’une société à un moment donné. Mais si ce travail de restitution s’avère être pour une part un travail de création, il est aussi le produit de l’inter-subjectivité.

Dès lors, cette fonction créatrice dépend de la  posture adoptée par le chercheur face à ses données, et à l’inscription de ces dernières dans une dimension mémorielle partagée entre lui et ses co-informateurs. Comment, et dans quelle mesure des lieux, des réalisations architecturales et des productions documentaires, sont-elles (à toute époque) consciemment investies d’une volonté mémorielle et ont par conséquent une fonction « monumentale » au sens étymologique (monumentum, qui fait mémoire) ? Par quelles opérations les mots que nous collectons deviennent une mémoire scientifique, prise entre le présent de leur élocution et le passé de leur restitution ? Quel est l’apport de cette réinterprétation des traces dans nos champs disciplinaires ? Comment se place le chercheur dans cette activité plurielle de restitution intersubjective ?  

Modalités de soumission :

  • Les propositions de communication sont attendues

pour le 17 juin 2012, délai de rigueur,

  • Elles devront être simultanément adressées à Meriem Alaoui Btarny et Tiphaine Duriez.
  • Les doctorants et jeunes docteurs désireux de participer au colloque devront fournir un argumentaire d’un minimum de 2000 signes et d’un maximum de 5000 signes, accompagné d’une brève bibliographie et d’un C.V.
  • Les évaluations des écrits seront effectuées en double aveugle et les réponses vous seront communiquées au plus tard le 10 juillet 2012.   

Conseil Scientifique :

  • Monsieur Beaurepaire (Histoire contemporaine; CMMC)
  • Madame Bertone (Etudes italiennes; LIRCES)
  • Monsieur Dimitriejivic (Ethnologie ; LIRCES)
  • Monsieur Fischbach (Philosophie ;  CRHI)
  • Monsieur Ftaïta (Ethnologie ; LIRCES)
  • Madame Fusaro (Etudes italiennes; LIRCES)
  • Madame Gannier (Littérature française et comparée; CTEL)
  • Monsieur Gonzalez Villaescusa (Archéologie; CPAM)
  • Monsieur Gutleben (Etudes anglaises; LIRCES)
  • Monsieur Ham (Psychologie ; LIRCES)
  • Monsieur Jansen (Histoire Médiévale ; Directeur de l’Ecole Doctorale LSHS de Nice)
  • Madame Anna Jaubert (Lettres modernes; BCL)
  • Monsieur Marti (Études hispaniques ; LIRCES).

Organisation

  • Mlle Meriem Alaoui Btarny (Doctorante en Ethnologie, LIRCES).
  • Mlle Tiphaine Duriez (Doctorante en Ethnologie, LIRCES).

Mots clés :

Énoncés, interlocution, récit, dialogisme, sources, interdisciplinarité, inter-subjectivité.

Lieu :

Université de Nice Sophia-Antipolis, Campus Carlone : 98, boulevard Edouard Herriot, BP 3209, 06000 NICE

Contacts:

  • Meriem Alaoui Btarny: alaouibtarny@gmail.com
  • Tiphaine Duriez: durieztiphaine@gmail.com

 

Lieux

  • 98 bd Edouard Herriot (Campus Carlone, Université de Nice-Sophia Antipolis - UFR LASH)
    Nice, France

Dates

  • dimanche 17 juin 2012

Mots-clés

  • énoncés, interlocution, récit, dialogisme, sources, interdisciplinarité, inter-subjectivité

Contacts

  • Tiphaine Duriez
    courriel : durieztiphaine [at] gmail [dot] com
  • Meriem Alaoui Btarny
    courriel : alaouibtarny [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Solen Cozic
    courriel : cozic [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La fabrique interdisciplinaire des savoirs », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 20 avril 2012, http://calenda.org/208222