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Méthodes d'enquête et expériences de recherche

Methods of investigation and research experiences

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Publié le mardi 24 avril 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Le réseau thématique « Normes, déviances et réactions sociales » (RT3) de l’Association française de sociologie (AFS) en partenariat avec l’université Bordeaux II (Centre Émile Durkheim), l’université Aix-Marseille (Laboratoire méditerranéen de sociologie, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, Observatoire de la délinquance et des contextes sociaux), l’Institut régional du travail social de PACA-Corse et l’Association des chercheurs des organismes de la formation et de l’intervention sociales (ACOFIS) lancent un appel à contribution pour les deux journées scientifiques qu'il organisent sur le thème « Méthodes d’enquête et expériences de recherche » : comment enquêter sur les déviances et leurs régulations ? (lundi 10 décembre 2012 à Bordeaux) ; quels enjeux scientifiques, politiques et déontologiques ? (vendredi 8 février 2013 à Aix-en-Provence)

Annonce

Argumentaire

Le réseau thématique « Normes, déviances et réactions sociales » (RT3) de l’Association Française de Sociologie (AFS) articule les problématiques relatives aux normes et aux déviances avec celles qui visent à penser la réorganisation du contrôle social et les logiques d’action des acteurs chargés de réguler les désordres, la délinquance et les violences individuelles et collectives dans les sphères de la vie sociale (police, prison, école, travail social, sport, etc.). Ces axes thématiques ouvrent un vaste champ d’étude empirique, riche de plusieurs décennies de recherches, croisant les différentes démarches et techniques d’enquête à disposition des sciences sociales. Dans tous les cas, qualitatives et/ou quantitatives, les approches adoptées interrogent le processus de production des savoirs et soulèvent des enjeux méthodologiques et déontologiques qu’il convient de débattre.

Suite aux deux derniers colloques organisés par le RT3 ayant permis à de nombreux chercheurs de présenter les résultats de travaux empiriques (1), il nous a semblé important de consacrer deux journées scientifiques aux méthodes d’enquête et expériences de recherche, qui se tiendront à l’université Bordeaux II le lundi 10 décembre 2012 et à l’université Aix-Marseille le vendredi 8 février 2013. En effet, le dernier colloque du RT3 spécifiquement consacré aux questions de méthodes a été organisé en 2005 (2).

L’objectif de ces journées est d’ouvrir un espace de réflexion et de débat sur les dispositifs méthodologiques mis en œuvre, les conditions pratiques de réalisation des recherches et les divers problèmes rencontrés, qu’ils soient communs à toute enquête en sciences sociales ou plus spécifiques aux objets qui concernent le RT3.

Il peut effectivement s’avérer délicat d’accéder et d’enquêter sur des milieux déviants, d’interviewer des personnes en situation d’illégalité, d’objectiver des sujets « sensibles », à l’instar des phénomènes de délinquance, de désordres et d’insécurité civile et sociale, souvent instrumentalisés dans les espaces politico-médiatiques. Ceci étant, en France, depuis Emile Durkheim, il existe une « tradition sociologique » sur les déviances et la délinquance mobilisant une diversité de méthodes d’enquête. On pense notamment aux approches quantitatives qui visent à mesurer et à analyser les phénomènes de déviance et de délinquance à partir de données chiffrées, sur la base de sources et de procédés multiples. S’agissant par exemple des faits de délinquance, les statistiques policières et judiciaires fournissent des indicateurs intéressants mais peuvent être difficiles d’accès et présenter de nombreux travers (3). C’est pourquoi, par-delà les données administratives, les sociologues peuvent s’appuyer sur des enquêtes en population générale (4), consistant à interroger un échantillon représentatif de personnes sur les infractions dont elles déclarent être les victimes (enquêtes de victimation) (5) ou les auteurs (enquêtes de délinquance auto-déclarées) (6).

On pense aussi aux nombreux travaux qualitatifs consacrés à diverses formes de déviances, à commencer par les monographies de l’Ecole de Chicago (7). Références incontournables de la sociologie urbaine, elles combinent les méthodes d’investigation, mêlant interviews, observations in situ, analyses documentaires, données statistiques, cartographie, etc. Le travail de terrain y est central et transparaît au travers d’un style d'écriture qui fait la part belle aux extraits d'entretiens et aux notes d’observation, aux témoignages des enquêtés (récits de vie) (8) et aux témoignages des enquêteurs eux-mêmes (observation participante).

Si pertinente la démarche ethnographique soit-elle pour étudier les groupes déviants, encore faut-il parvenir à les pénétrer et user à cet effet des ficelles du métier (9). Pour s’y introduire et s’y faire accepter, l’enquêteur peut mobiliser ses réseaux personnels, s’appuyer sur des informateurs privilégiés, nouer des relations de confiance avec les enquêtés dont les travaux désormais classiques de F. Trasher, W.F. White, H.S. Becker ou E. Liebow (10), tout comme des recherches récentes (11) fournissent l’exemple. Parfois même, l’enquêteur doit mener le travail d’observation incognito, au risque d’être rejeté s’il était découvert. Il peut alors user de sa familiarité immédiate avec le milieu, à l’image de N. Anderson qui fut lui-même hobo pendant une quinzaine d’années (12), ou endosser un rôle, comme P. Cressey et ses collègues qui jouèrent les clients de taxi-dancing (13), ou L. Humphreys qui se fit passer pour un voyeur afin d’observer sans les troubler les pratiques homosexuelles anonymes dans les pissotières américaines des années 1960 (14).

Enquêter sur les milieux déviants et délinquants ne va donc pas de soi et soulève immanquablement des questions éthiques et déontologiques liées au positionnement de l’enquêteur, à son expérience des relations avec les enquêtés, aux incidences qu’elle peut avoir sur sa vie personnelle, etc. Un travail d’objectivation et de distanciation s’impose, en particulier lorsque le chercheur vit au quotidien dans l’environnement étudié (tel Ph. Bourgois enquêtant sur les dealers de crack d’un quartier de East Harlem où lui et sa famille se sont installés) (15) ou lorsqu’il y a grandi (à l’image d’une nouvelle génération de sociologues issus des quartiers populaires français dont ils étudient les pratiques déviantes d’une partie de la jeunesse) (16).

Par-delà les éventuelles connexions personnelles avec le milieu, les choix méthodologiques reflètent la posture de l’enquêteur vis-à-vis des enquêtés en même temps qu’ils la conditionnent. C’est très net s’agissant des méthodes de groupe telle « l’intervention sociologique » : le discours des acteurs entrecroise les analyses des chercheurs, le travail est co-construit et vise autant à produire des savoirs sociologiques qu’à renforcer les capacités réflexives et d’action des personnes enquêtées17. Initialement forgée par A. Touraine (18), « l’intervention sociologique » a notamment été utilisée pour étudier les jeunes des banlieues et les familles des quartiers populaires (19).

S’il n’est pas toujours aisé de travailler sur les phénomènes de déviance et de délinquance, il peut être tout aussi difficile d’enquêter sur les dispositifs et les acteurs visant à les réguler, quel que soit le champ d’intervention concerné (éducation, travail social, médiation, institutions pénales, sport, etc.). En particulier, il peut s’avérer délicat de conduire des entretiens auprès de hauts responsables maîtres de leur communication sur ces sujets sensibles (20) ou de pénétrer des institutions relativement fermées qui, telle la police ou la prison, cultivent une certaine culture du secret. Pourtant, là encore, force est d’insister sur la somme des recherches menées en ces domaines.

Dans le champ de la sociologie de la police par exemple, les travaux de D. Monjardet illustrent bien cette diversité méthodologique : recherches de terrain (entretiens, observations) dans des commissariats et des unités de maintien de l’ordre (21), enquête longitudinale sur la base d’un questionnaire fermé administré à une promotion de gardiens de la paix dès leur entrée en école puis à divers moments de leur carrière (22), observation participante en qualité de conseiller technique au sein de l’institution (23). Pionnières en France, les recherches de D. Monjardet sur les forces de l’ordre ont ouvert la voie à bien d’autres travaux, le plus souvent qualitatifs, dont certains se distinguent par leur parti pris méthodologique. Parmi eux, on peut notamment citer des travaux récents sur les modes d’intervention de la police, en particulier ceux qui reposent sur une approche ethnographique ou impliquée des unités spécialisées de terrain (24) ou bien qui s’intéressent aux pratiques des contrôles d’identité à partir de dispositifs d’observation en situation réelle fondés sur la comparaison systématique entre les personnes contrôlées et la population de référence sur les sites étudiés (25), ou encore qui recourent aux méthodes qualitatives d’instrumentation des images (26).

Mais plus généralement, il s’agit de questionner les protocoles et méthodes d’enquête mobilisés pour étudier la régulation/répression des déviances et des phénomènes de délinquance dans une diversité de champs (travail social, police, éducation, médiation, sport, prison…) tant du côté du système et de l’acteur. En effet, des travaux soulignent que contrairement à certaines idées reçues, dans la société postindustrielle, nous n’assistons pas à une augmentation des processus d’anomie et de désorganisation sociale mais plutôt à un redéploiement des dispositifs politico-institutionnels et des modes d’intervention d’une multitude d’acteurs sociaux chargés d’assurer la régulation et le contrôle social. Ainsi, comme l’illustre la multiplication et la diversification des dispositifs, des techniques (vidéosurveillance, biométrie, résidentialisation…) et des acteurs de la socialisation du risque (médiateurs, adultes relais, gardiens, agents de surveillance et de sécurité…), l’espace de la régulation sociale des désordres apparaît être en recomposition. Dans cette perspective, des travaux ethnographiques sur les mutations de la régulation sociale dans les quartiers populaires soutiennent la thèse que la société du risque ne se caractérise pas par la décomposition du contrôle social mais par sa diversification et sa recomposition (27). Ainsi, dans les territoires urbains ségrégués, le contrôle social ravivé repose sur le développement de logiques traditionnellement mises en mouvement par des institutions spécialisées (police, école, religion, aide sociale, associations…) ou classiques (famille, communautés culturelles et ethniques, groupes sociaux) instituées ou émergentes mais également associées à des logiques propres conduites par des acteurs sociaux évoluant au sein de ces institutions ou ayant un « intérêt » à coopérer avec elles. Le contrôle ou la régulation sociale s’effectue donc à travers la combinaison et l’alliance paradoxale de logiques garantissant la reproduction ou le maintien de l’ordre social avec celles assurant la construction de la subjectivité des acteurs.

Pour enquêter sur les déviances et leurs régulations, les supports audiovisuels peuvent effectivement servir d’outils d’observation (voir les méthodes émergentes de sociologie filmique ) (28) mais aussi à restituer les résultats de la recherche, au travers de photographies ou de films documentaires, y compris de documentaires-fictions. Par exemple, le film « Bronx-Barbès » de l'anthropologue et cinéaste E. de Latour est issu d’une étude sur les gangs de rue d’Abidjan et s’inspire de faits réels qui interrogent les pratiques de recueil de données dans des territoires « sensibles », voire dangereux. Autre exemple, le film du documentariste Christian Poveda (« La vida loca ») assassiné par les membres d’un gang qu’il avait filmé sur une longue période au Salvador : projeté et débattu lors du colloque du RT3 en octobre 2010 à Rouen, ce film apporte des éléments de compréhension sociologique sur les phénomènes de gang et de ghettoïsation. C’est aux nouvelles technologies d'information et de communication que tiennent aussi les innovations méthodologiques en sciences sociales : questionnaires en ligne, logiciels d’analyse statistique et textuelle, modélisations et simulations informatiques des systèmes sociaux (sciences sociales computationnelles), etc. En complément des méthodes traditionnelles, ces différents outils ouvrent autant de possibilités pour l'enquête en sciences sociales.

Quelles que soient les techniques adoptées, la méthode n’est jamais neutre et conditionne les données produites. Comme le résument Ph. Blanchard et T. Ribémont, elle « résulte d'un choix (du grec methodos : route, direction vers un but) » et elle « est partie prenante de l'administration de la preuve. Elle n'est ni vraie ni fausse, elle est pertinente ou non pertinente donc, le plus souvent discutable » (29).

Discuter des méthodes d’enquête et des expériences de recherche sur les normes, déviances et réactions sociales : tel est l’objectif des deux prochaines journées scientifiques organisées par le RT3. Par-delà les discours convenus sur la méthode, les chercheurs reviendront sur leurs pratiques effectives. A partir d’exemples concrets, ils exposeront les conditions réelles de réalisation des enquêtes, les difficultés rencontrées et leurs diverses incidences. Ils expliciteront leurs choix plus ou moins contraints et soulèveront les questions méthodologiques et déontologiques liées à la préparation, au déroulement et à la diffusion d’une recherche.

Autrement dit, il s'agira de présenter la « cuisine interne » et non seulement les résultats de l’analyse sociologique, dans une perspective réflexive à la fois critique et constructive. A cet effet, le RT3 lance deux appels à communication.

  • Enquêter sur les déviances et leurs régulations : quels choix méthodologiques ?

Première journée scientifique le lundi 10 décembre 2012, organisée par le RT3 de l’AFS en partenariat avec le département de sociologie de l’Université Victor Segalen Bordeaux 2

Cette première journée scientifique portera sur les dispositifs méthodologiques en tant que tels, leurs implications, leurs portées, leurs limites et le type de résultats qu’ils produisent. En effet, quel intérêt les différentes méthodes employées présentent-elles (quantitatives et/ou qualitatives, approche statistique, monographique, ethnographique, socio-historique, comparative, quasi-expérimentale, etc.) ? Quels types de résultats entend-on produire (recherche exploratoire, descriptive, explicative, prédictive, etc.) ? Quelles techniques mobiliser (questionnaires, entretiens individuels ou collectifs, récits de vie, focus groupes, intervention sociologique, observation passive ou participante, ouverte ou clandestine, analyse textuelle, méthodes visuelles, etc.) ? A quels types de difficultés faire face ? Quels liens réciproques existent-ils entre le dispositif méthodologique, l’objet d’étude, le terrain d’enquête, la problématique et le cadre théorique ? Dans quelle mesure le dispositif méthodologique influence-t-il le rapport de l’enquêteur au terrain et son expérience des relations avec les enquêtés (et inversement) ? Quelles incidences le dispositif méthodologique, les choix dont il répond, les difficultés sur lesquels il bute, ont-ils sur les résultats produits ?

  • Enquêter sur les déviances et leurs régulations : quels enjeux scientifiques, politiques, éthiques et déontologiques ?

 

 

Deuxième journée scientifique le vendredi 8 février 2013, organisée par le RT3 de l’AFS en partenariat avec le département de sociologie de l’Université Aix-Marseille

Cette seconde journée scientifique portera plus spécifiquement sur les positionnements des chercheurs enquêtant sur les déviances et leurs régulations, les problèmes éthiques et déontologiques que cela soulève, etc. Les sociologues sont régulièrement mobilisés par des « commanditaires » (pouvoirs publics, décideurs politiques, médias…) qui tendent à les positionner dans un rapport « d’expertise », attendant d’eux qu’ils apportent rapidement une réponse informée et pragmatique à une situation problématique, au risque que cette réponse soit déconflictualisée et dépolitisée (30). Dans ce contexte, les chercheurs n’ont-ils pas la responsabilité de s’interroger sur les finalités et l’instrumentalisation possible de leur travail ? Comment se jouent les rapports des chercheurs à leurs commanditaires (pouvoirs publics, décideurs politiques, etc.) et aux enquêtés ? Avec quelles contraintes et avec quelles attentes les chercheurs doivent-ils composer ? Comment assument-ils ou non une certaine part de conflictualité pour faire comprendre et reconnaître ce que recouvre la complexité du travail scientifique ? Comment les chercheurs composent-ils avec les règles économiques, politiques et administratives dans les dispositifs et appels à projets de recherche, d’études, de diagnostics, etc., sur des sujets « sensibles » (normes, déviances et réactions sociales), tout en maintenant une exigence d’objectivité scientifique ? Dans la pratique, comment les chercheurs négocient-ils la tension classique entre « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité » ? Comment négocient-ils les conséquences parfois inconfortables des attentes d’une production sociologique experte (dégagement de bonnes pratiques, tentatives d’instrumentalisation, etc.) ?

Conditions de soumission

  • Les propositions de communication s’appuieront sur les expériences de recherche des auteurs, quelles que soient les méthodes d'enquête utilisées.
  • Elles devront indiquer : nom, prénom, adresse électronique et institution d’attache du ou des auteur.e.s.
  • Elles devront être rédigées en français ou en anglais et ne devront pas excéder 1500 signes (espaces compris).
  • Les propositions devront également préciser la journée scientifique durant laquelle le communicant souhaite intervenir (Bordeaux ou Aix-en-Provence).
  • Néanmoins, il est possible de faire plusieurs propositions de communication. Les propositions de communication devront parvenir sous format word à claire.lebailbonnard@ids.fr

au plus tard le 6 juillet 2012.

  • Les avis du comité de sélection seront transmis aux auteurs le 14 septembre 2012.

Comité d’organisation :

  • Manuel Boucher (Responsable RT3 AFS – LERS – IDS - ACOFIS)
  • Eric Macé (Université Bordeaux II – Centre Emile Durkheim)
  • Laurent Mucchielli (CNRS – LAMES - ORDCS)
  • François Sentis (Institut Régional du Travail Social PACA-CORSE)
  • Konstantinos Delimitsos (RT3 AFS – Université de Nancy)
  • Emmanuel Langlois (Université Bordeaux II – Centre Emile Durkheim)
  • Candice Martinez (RT3 AFS – EHESS - ACOFIS)
  • Thierry Oblet (Université Bordeaux II – Centre Emile Durkheim)

Comité scientifique :

  • Mohamed Belqasmi (LERS – IDS – ACOFIS)
  • Claudio Bolzman (Haute Ecole de Travail Social de Suisse Occidentale)
  • Samuel Bordreuil (CNRS - LAMES)
  • Michel Chauvière (CNRS)
  • François Dubet (Université de Bordeaux II – EHESS)
  • Didier Lapeyronnie (Université Paris IV – Sorbonne)
  • Virginie Malochet (RT3 AFS - IAU-IDF - CESDIP)
  • Hervé Marchal (LASTES - Université de Nancy)
  • Eric Marlière (Université de Lille III - ACOFIS)
  • Gérard Mauger (CNRS – CSE)
  • Marwan Mohammed (CNRS – CMS – ERIS)
  • Régis Pierret (ITSRA – LRI)
  • Marie-Laure Pouchadon (IRTS Aquitaine – ACOFIS)
  • Céline Regnard (Université Aix-Marseille)
  • Philippe Robert (CNRS - CESDIP)
  • Alain Vulbeau (Université Paris X – Nanterre)

1 Colloque intitulé « Regards croisés sur la régulation sociale des désordres » co-organisé par le réseau thématique 3 « Normes, déviances et réactions sociales » en partenariat avec le réseau thématique 21 « Mouvements sociaux » de l’Association Française de Sociologie (AFS) et le Laboratoire d’Etude et de Recherche Sociales (LERS) de l’Institut du Développement Social (IDS-IRTS) de Haute-Normandie, les 26 et 27 octobre 2010 à Rouen ; Colloque international intitulé « L’Etat social dans tous ses états. Quelles rationalisations, épreuves et réactions de l’intervention sociale ? » co-organisé par le réseau thématique 3 « Normes, déviances et réactions sociale » de l’Association Française de Sociologie, l’Association des Chercheurs des Organismes de la Formation et de l’Intervention Sociales (ACOFIS) et l’Institut Régional du Travail Social PACA-Corse, les 8 et 9 décembre 2011 à Marseille.

2 Ce colloque était intitulé : « Travailler sur la déviance. Problèmes méthodologiques et déontologiques des recherches en sciences sociales », organisé en partenariat avec le Centre d’Etudes Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP), à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines date de 2005. Une partie des actes a été publiée dans un dossier coordonné par Laurent Mucchielli in Socio-logos, Revue de l’Association Française de Sociologie, 1/2006. URL : http://socio-logos.revues.org/2

3 Bien mis en évidence par les recherches qualitatives portant sur les institutions qui les produisent. A ce sujet, voir : Matelly Jean-Hughes, Mouhanna Christian, Police : des chiffres et des doutes, Paris, Michalon, 2007.

4 Robert Philippe, Zauberman Renée, Mesurer la délinquance, Paris, Presses de Sciences Po, 2011.

5 Zauberman Renée (dir.), Victimations et insécurité en Europe. Un bilan des enquêtes et de leurs usages, Paris, L’Harmattan, 2008.

6 Roché Sébastian, La délinquance des jeunes. Les 13-19 ans racontent leurs délits, Paris, Seuil, 2001 ; Zauberman Renée (dir.), Les enquêtes de délinquance et de déviance autoreportées en Europe, Paris, L’Harmattan, 2009.

7 Coulon Alain, L'École de Chicago, Paris, PUF, 1992 ; Chapoulie Jean-Michel, La Tradition sociologique de Chicago, Paris, Seuil, 2001.

8 Shaw Clifford, The Jack-Roller. A delinquent boy’s Own Story, Chicago, University of Chicago Press, 1930; Sutherland Edwin, Le voleur professionnel, Paris, SPES, 1963 (1930).

9 Becker Howard S., Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris, La Découverte, 2002.

10 Thrasher Frederic, The Gang, University of Chicago Press, Chicago, 1927; Whyte William F., Street Corner Society. La structure sociale d'un quartier italo-américain, Paris, La Découverte, 1995 (1943) ; Becker Howard S., Outsiders. Études de sociologie de la déviance, Métailié, 1985 (1963) ; Liebow Elliot, Tally's corner. A study of Negro Streetcorner Men, Boston Toronto London, Little Brown Company, 1967.

11 Voir Venkatesh Sudhir, Dans la peau d’un chef de gang, Paris, École des loisirs, 2011 ; Mauger Gérard, Les Bandes, le milieu et la bohème populaire - Etudes de sociologie de la déviance des jeunes des classes populaires (1975-2005), Paris, Belin, 2006 ; Boucher Manuel, Les internés du ghetto. Ethnographie des confrontations violentes dans une cité impopulaire, Paris, L'Harmattan, coll. « Recherche et transformation sociale », 2010.

12 Anderson Nels, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, Paris, Nathan, 1993 (1923).

13 Cressey Paul, G., The Taxi-dance hall. A Sociological Study in Commercialized Recreation and City Life, Chicago, University of Chicago Press, Chicago, 1932.

14 Humphreys Laud, The Tearoom Trade, 1970, (trad. fr. Le commerce des pissotières. Pratiques homosexuelles anonymes dans l'Amérique des années 1960), Paris, La Découverte, 2007.

15 Bourgois Philippe, En quête de respect : le crack à New York, Paris, Seuil, 2001.

16 Marlière Eric, jeunes en cité. Diversité des trajectoires ou destin commun ?, Paris, L’Harmattan, coll. « Débats Jeunesses », 2005 ; Renahy Nicolas, Les gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale, Paris, La Découverte, 2005 ; Sauvadet Thomas, Le capital guerrier, Paris, Armand Colin, 2006 ; Mohammed Marwan, La formation des bandes, Paris, PUF, 2011 ; Tafferand Nasser, Le « Bizness », une économie souterraine, Paris, PUF, 2007.

17 Cousin Olivier, Rui Sandrine, L'intervention sociologique. Histoire(s) et actualité d'une méthode, Rennes, PUR, 2010.

18 Touraine Alain, La voix et le regard, Paris, Seuil, 1978.

19 Voir notamment : Dubet François, La galère. Jeunes en survie, Paris, Fayard, 1987 ; Wieviorka Michel (dir.), La France raciste, Paris, Seuil, 1992, Violence en France, Paris, Seuil, 1999 ; Boucher Manuel avec Belqasmi Mohamed, Martinez Candice, Pouchadon Marie-Laure, Eloi Mélina, Gouverner les familles. Les classes populaires à l’épreuve de la parentalité, Paris, L'Harmattan, coll. « Recherche et transformation sociale », 2011.

20 Laurens Sylvain, « "Pourquoi" et "comment" poser les questions qui fâchent ? Réflexions sur les dilemmes récurrents que posent les entretiens avec des ‘imposants’ », Genèses, 2007/4, n° 69, p. 112-127.

21 Monjardet Dominique, Chauvenette Antoinnette, Chave Daniel, Orlic Françoise, La police quotidienne, éléments de sociologie du travail policier, CNRS, GST et CEMS, Paris, 1984 ; Monjardet Dominique, Chauvenet Antoinette, Orlic Françoise, Sociologie du travail policier – II. Les CRS, GST et CEMS, Paris, 1986.

22 Monjardet Dominique, Gorgeon Catherine, La socialisation professionnelle des policiers, étude longitudinale de la 161ème promotion des élèves gardiens de la paix, Paris, CNRS, Université Paris X et IHESI, tome 1, « La formation initiale » ; tome 2, « La titularisation » ; tome 3, « La banalisation » ; tome 4, « La cristallisation ».

23 Pour une vue d’ensemble : Monjardet Dominique, Ce que fait la police. Sociologie de la force publique, Paris, La Découverte, 1996.

24 Fassin Didier, La force de l'ordre, Paris, Seuil, 2011 ; Boucher Manuel, « Portrait d’un policier de la brigade anti-criminalité dans une « cité ghetto » française/Portrait of a policeman of the brigade anti-criminality in a french « city ghetto » in Champ Pénal/Penal Field., Nouvelle revue internationale de criminologie (http://champpenal.revues.org/), [En ligne], Vol. IX | 2012, mis en ligne le 30 janvier 2012, Consulté le 31 janvier 2012. URL : http://champpenal.revues.org/8214 ; DOI : 10.4000/champpenal.8214.

25 Goris Indira, Jobard Fabien, Lévy René, Police et minorités visibles. Les contrôles d’identité à Paris, Open Society Justice Initiative, 2009.

26 Meyer Michaël, Pour une sociologie visuelle de la police. Regards, visibilité et médiatisation de la police lausannoise, thèse de sociologie, Nantes, Lausanne, 2011.

27 Boucher Manuel, Turbulences. Comprendre les désordres urbains et leur régulation, Préface Michel Wieviorka, Paris, Téraèdre, 2010, Oblet Thierry, Défendre la ville, Paris, éd. Puf, 2008.

28 Par exemple, voir les travaux de Jurczyszyn Lukasz, "Violences urbaines. Une comparaison : France, Russie, Pologne", thèse de sociologie, EHESS/CADIS, 2011.

29 Blanchard Philippe; Ribémont Thomas, Méthodes et outils des sciences sociales. Innovation et renouvellement, Paris, L'Harmattan, 2002.

30 Cf. Manuel Boucher, « La recherche, la politique et les dispositifs de lutte contre l’insécurité », Socio-logos. Revue de l'association française de sociologie [En ligne], 1 | 2006, mis en ligne le 19 avril 2006, Consulté le 10 février 2012. URL : http://socio-logos.revues.org/24

Lieux

  • Bordeaux, France
  • Aix-en-Provence, France

Dates

  • vendredi 06 juillet 2012

Mots-clés

  • méthodes d'enquête, expériences de recherche, normes, déviances, régulations

Contacts

  • Le Bail Bonnard Claire
    courriel : claire [dot] lebailbonnard [at] ids [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Claire Le Bail Bonnard
    courriel : claire [dot] lebailbonnard [at] ids [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Méthodes d'enquête et expériences de recherche », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 avril 2012, http://calenda.org/208256