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Agriculture et ville

Agriculture and the City

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Publié le lundi 14 mai 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Ce numéro d’Espaces et Sociétés veut revenir sur les enjeux liés au rapport entre agriculture et ville. En effet l’engouement actuel pour les fermes urbaines, les jardins partagés, etc., ainsi que le développement des circuits-courts alimentaires témoignent d’un lien potentiellement renouvelé. On souhaite un examen des effets induits sur l’urbain et sur l’agriculture elle-même, que ce soit en termes d’organisation, d’évolution des pratiques et des techniques, d’allocation des espaces, de mutations économiques et sociales, d’aménagement et d’organisation spatiale et territoriale.

Annonce

Argumentaire

La question de l’agriculture urbaine revient sur l’agenda public et dans le débat scientifique. On observe en effet dans la plupart des villes d’Europe et d’Amérique du Nord un nouvel engouement pour les jardins partagés, les mini-potagers sur les balcons, l’apiculture sur les toits, les fermes urbaines, etc. Ces retrouvailles d’un lien perdu avec la nature, s’expriment notamment par le développement des circuits-courts alimentaires alternatifs (vente de paniers, associations de producteurs-consommateurs, ventes à la ferme, etc.). Elles actualisent trois fonctions : nourricière par l’approvisionnement urbain en produits agricoles de proximité ; environnementale avec l’agriculture biologique (réserve de biodiversité, protection des eaux, low energy et low carbon, etc.) ; mais également, et de manière sans doute moins reconnue, sociale. Ainsi les jardins ouvriers allemands sont devenus des sortes de résidences secondaires simplifiées de fin de semaine.

Avec les plans d’urbanisme, le développement des jardins publics, puis des espaces verts, avait condamné les potagers, en rendant publics les espaces non bâtis au profit des loisirs et des jeux d’enfants. On n’a d’ailleurs guère de recul sur l’évolution des espaces non bâtis à l’intérieur des résidences, ni sur la sociabilité de voisinage que leurs usages peuvent susciter. Or c’est peut-être au moment où la culture méprisée des potagers et des jardins ouvriers disparaissait qu’on a retrouvé une valeur paysagère aux carrés bêchés et aux arbres fruitiers. En même temps, certaines villes ont racheté des fermes en périphérie pour lutter contre le ‘mitage’ mais aussi pour montrer la campagne aux petits citadins.

Mais va-ton vraiment vers la production de nourriture ? Dans les villes qui cherchent à revégétaliser les rues et les terrasses pour contrer les effets du changement climatique, quelle place fera-t-on demain aux légumes et aux fruits, à l’élevage de poissons ou aux poulaillers ? Au-delà du paysage, des loisirs et de l’éducation, l’agriculture en ville pourrait en effet aider à lutter contre la paupérisation des temps de crise, comme par le passé. Allant plus loin, certains défendent le maintien d’une agriculture au milieu des extensions urbaines, afin d’auto-produire localement ensemble l’eau, l’alimentation et l’énergie (le fameux nexus).

Ce numéro d’Espaces et Sociétés « Agriculture et Ville » est ouvert aux contributions portant sur les enjeux liés au nouveau lien entre les deux :

  • l’évolution de cette relation à travers le temps, notamment dans la pratique de ventes directes d’agriculteurs, parfois venus d’assez loin, mais en pied d’immeuble ;
  • le développement et le maintien de l’agriculture urbaine et péri-urbaine au travers notamment du déploiement des circuits courts de distribution ;
  • les problématiques foncières et territoriales associées ;
  • les mutations des exploitations (en particulier les petites), des filières agricoles et des stratégies professionnelles, en termes technique, économique et sociale ;
  • les acteurs institutionnels, privés, associatifs impliqués, et les politiques publiques ;
  • les formes spatiales qu’elle suscite, les implications sur les organisations existantes, et des dispositifs institutionnels éventuellement associés ; 
  • l’aménagement urbain, en particulier des espaces verts et non-bâtis, y compris les espaces privés (des pelouses et piscines à la place des potagers) ;
  • la place essentielle de l’agriculture urbaine dans les pays en voie de développement.

Coordination du dossier

  • Leïla Kebir
  • Bernard Barraqué

Calendrier

  • 10 novembre 2012 : date limite de remise des articles

  • 15 janvier 2013 : informations aux auteurs
  • Adresse pour la correspondance, de préférence en version électronique par courriel : leila.kebir@unine.ch et bernard.barraque@engref.agroparistech.fr
  • Ou par voie postale en quatre exemplaires : Bernard Barraqué, AgroParisTech – ENGREF, 19 avenue du Maine 75732 Paris Cedex 15

Attention :

  • Dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.

  • Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.
  • Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr/conseils.html

Comité de rédaction :

  • Jean-Yves Authier,
  • Christian Azaïs,
  • Bernard Barraqué,
  • Catherine Bidou-Zachariasen,
  • Maurice Blanc,
  • Florence Bouillon,
  • Alain Bourdin,
  • Olivier Chadoin,
  • Anne Clerval,
  • Jérôme Dubois,
  • Jean-Pierre Garnier,
  • Joëlle Jacquin,
  • Leïla Kebir
  • Albert Lévy,
  • Jérôme Monnet,
  • Stephane Nahrath,
  • Frédéric Pousin,
  • Jean Remy,
  • Thomas Sauvadet,
  • Stéphanie Vermeersch 

Correspondants :

  • Malika Ahmed Zaid-Chertouk (Tizi Ouzou, Algérie),
  • Maria Encarnação Beltrão Sposito (São Paulo),
  • Nicolas Bernard (Bruxelles),
  • María A. Castrillo Romón (Valladolid, Espagne),
  • Morched Chabbi (Tunis),
  • Caroline Desbiens (Québec),
  • Angela Giglia (Mexico),
  • Pierre Hamel (Montréal),
  • Carsten Keller (Berlin),
  • Beatriz Nates Cruz (Manizales, Colombie).

Agriculture and the City (English version)

The issue of urban agriculture is back on the public agenda and in the scientific debate. In Europe and North America at least, a new movement favours allotted family gardens, mini-kitchen gardens on balconies, beekeeping on roofs, urban farms, etc. This return to a lost tie with nature is also expressed through the rise of alternative local food chains (vegetable baskets subscriptions, producer-consumer associations, farm products pick-and-go, etc.). It updates 3 functions: feeding the city with local products; environmental protection through organic farming (biodiversity and water conservation, low-energy and low-carbon way of life…); and also social, even though this function is less recognized: the German Schreiber Gartens have now become simplified second homes for week-ends.

Along the 20th century, town planning supported the development of public parks and other collective green spaces for leisure and children playgrounds, at the expense of more traditional kitchen gardens. There is indeed little knowledge of the evolution of open spaces within residences, and on the neighbour relations aroused by their uses. But precisely when the downturned culture of kitchen and allotted gardens was disappearing, a new landscape value of dug lots and fruit trees seems to have risen. At the same time, several cities bought farms in their periphery, not only to control urban sprawl, but also to educate urban kids to the countryside.

But Is this really leading to food production? In cities which support the greening of streets, roofs, walls and terraces to alleviate the effects of climate change, what room will be devoted to vegetables, fruits, fish or poultry farming? Beyond landscape, leisure and education, urban agriculture could also alleviate the effects of crisis times impoverishment, as was the case in the past e.g. during world wars I and II). Innovating further, some support the integration of urban agriculture in new urban extensions so as to self-produce most of the water food and energy needed (the nexus).

This projected issue of Espaces & Sociétés on Agriculture and the City calls for contributions addressing the stakes in the renewed links between both:

  • Evolution of this relationship over time, e.g. farmers coming from some distance to sell their products directly on local markets or downstairs condominiums;
  • Upkeep and development of urban and suburban agriculture thanks to the rise of close selling loops;
  • Related land use and territorial impacts, and land control/pricing issues;
  • Change in (small) farming structure, and in the related economic and social industry organisation;
  • Institutional, private actors and NGO involved, and related public policies;
  • New organisational structures, impacts on former ones and eventual institutional consequences;
  • Urban planning, in particular concerning open space and parks, including private land transformation (e.g. from kitchen garden to lawn and pool);
  • The essential role of urban agriculture in developing countries.

Co-ordination of this issue

  • Leïla Kebir
  • Bernard Barraqué

Deadlines

  • 10.11.2012: reception of full papers

  • 15.01.2013: feedback to the authors
  • Correspondence address by e-mail (most convenient): Leila.kebir@unine.ch and Bernard.barraque@engref.agroparistech.fr
  • Per post (4 copies): Bernard Barraqué, AgroParisTech – ENGREF, 19 avenue du Maine 75732 Paris Cedex 15

Notes:

  • Only full papers are assessed.

  • Paper maximum length is 42 000 signs, including text, spaces, footnotes, references and appendices (abstracts are not taken into account in the paper length).
  • Advice to authors and manuscript presentation norms are on the website: http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr/conseils.html

Agricultura y ciudad (versión español)

La cuestión de la agricultura urbana vuelve a la agenda de los organismos públicos y al debate científico. En la mayoría de ciudades de Europa y América del Norte, se observa, en efecto, una nueva moda de jardines o huertos públicos cultivados y gestionados por asociaciones, mini-huertos en balcones, apicultura en las azoteas, granjas urbanas, etc. En particular, estas recuperaciones de un vínculo perdido con la Naturaleza se expresan en el desarrollo canales de distribución alimentaria directos y alternativos (venta de cestas de frutas y verduras ecológicas, asociaciones de productores-consumidores, ventas en la finca, etc.). Con ellos, se actualizan tres funciones: alimenticia (por el aprovisionamiento urbano de productos agrícolas de proximidad), medioambiental (por la agricultura ecológica: conservación de la biodiversidad, protección del agua, low-energy y low-carbon, etc.) y también social, aunque ésta, sin duda, de manera mucho menos reconocida. Así, por ejemplo, los huertos obreros alemanes se han convertido en una especie de segunda residencia simplificada para los fines de semana.

Con la planificación de las ciudades, el desarrollo de los jardines públicos y de los espacios verdes parece haber ido condenado los huertos, convirtiendo a menudo los terrenos no edificados en espacios públicos para el ocio y los juegos infantiles. Por otro lado, está poco estudiada la evolución de los espacios no edificados dentro de parcelas y conjuntos residenciales y la sociabilidad de vecindad que su uso puede generar. Y, sin embargo, quizá, cuando desaparecía la cultura menospreciada de las huertas y los huertos obreros, se comenzaba a encontrar un valor paisajístico a los cuadros arados y los árboles frutales. Y, al tiempo, algunas ciudades compraban fincas agrarias en la periferia no sólo para luchar contra la dispersión urbana sino también para mostrar el campo a los niños de la ciudad.

Pero ¿se va verdaderamente hacia a la producción de alimentos? En ciudades que buscan repoblar de vegetación sus calles y cubiertas para contrarrestar los efectos del cambio climático, ¿qué lugar podrá haber para frutas y verduras o para la cría de peces o de aves de corral? Más allá del paisaje, del ocio y de la educación, la agricultura urbana podría ayudar efectivamente a luchar contra el empobrecimiento de los tiempos de crisis, como en el pasado. Yendo más lejos, algunos abogan por el mantenimiento de la agricultura en medio de las áreas de crecimiento urbano, a fin de auto-producir localmente el agua, los alimentos y la energía (el famoso water-energy nexus).

Este monográfico de d’Espaces et Sociétés está abierto a contribuciones que traten sobre cuestiones relacionadas con los nuevos vínculos que se establecen hoy entre agricultura y ciudad:

  • la evolución en el tiempo de la relación entre ambas, especialmente en la práctica de los agricultores que, a veces llegados desde bastante lejos, van vendiendo directamente por las puertas o a pie de inmueble;
  • el desarrollo y mantenimiento de la agricultura urbana y peri-urbana, en particular a través canales de distribución directos;
  • las problemáticas inmobiliarias y territoriales asociadas;
  • los cambios técnicos, económicos o sociales en las explotaciones agrarias (especialmente las pequeñas), en el sector agrícola o en las estrategias profesionales;
  • los agentes institucionales, privados o asociativos implicados, y las políticas públicas desarrolladas;
  • las formas espaciales que se generan, las implicaciones sobre las organizaciones existentes y las creaciones o adaptaciones institucionales que eventualmente pueden darse;
  • la ordenación urbana, especialmente de los espacios verdes, incluidos los privados (céspedes y piscinas en lugar de huertas);
  • el papel esencial de la agricultura urbana en los países en vías de desarrollo.

Coordinación del monográfico

  • Leïla Kebir
  • Bernard Barraqué

Calendario

  • 10 noviembre 2012: fecha límite de recepción de artículos

  • 15 enero 2013: información a los autores
  • Dirección para la correspondencia preferentemente en formato digital por correo electrónico leila.kebir@unine.ch y bernard.barraque@engref.agroparistech.fr
  • O por correo postal, enviando cuatro copias :Bernard Barraqué, AgroParisTech – ENGREF, 19 avenue du Maine 75732 Paris Cedex 15

Atención:

  • La revista ya no recibe proposiciones de artículos. Deben remitirse directamente artículos completos y acabados.

  • Los artículos no tendrán más de 42000 signos (espacios incluidos) contando texto, notas, referencias bibliográficas y anexos, pero sin contar resúmenes.
  • Las normas de presentación y los consejos a los autores están disponibles en la página web de la revista: http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr/conseils.html         

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 10 novembre 2012

Mots-clés

  • agriculture, ville, rétro-innovation, mutations

Contacts

  • Joëlle Jacquin
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Joëlle Jacquin
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Agriculture et ville », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 14 mai 2012, http://calenda.org/208454