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Des hommes, des femmes

Men and women or gender ?

Inerties et métamorphoses anthropologiques

An interdisciplinary symposium in an anthropoligical perspective

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Publié le lundi 21 mai 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le triomphe du mot et d’une théorie du genre, passée d’une interrogation problématique du féminisme américain à un emploi sociologique quasi unanime sinon au statut de dogme sanctionné, étonne, ou pire, n’étonne plus. L' analyse du sexe social, semble devenue institution d'une toute-puissance individuelle sur l '« orientation sexuelle », les formes de vie, la génération, les corps même, alignés sur l’offre des techno-sciences chirurgicales et du marché. Réinterroger l’humanisation dans des catégories hommes / femmes matricielles de la langue, de l’esprit, de la parenté, de la culture, de l’art… miroirs de l’altérité, semble désormais incongru sinon tabou. C’est l’objectif de ce colloque interdisciplinaire où le questionnement tant des sciences sociales et du droit que des pratiques et des identifications dans le présent et le passé des sociétés, accepterait la transversalité anthropologique. Le colloque se tiendra à Nantes du jeudi 28 juin 2912 à 14 heures au samedi 30 à 13 heures.

Annonce

Argumentaire

N’est-il pas étrange, que les sciences sociales si promptes à se  poser en dénonciatrices des pouvoirs, des impositions normatives, ne s’inquiètent pas, voire concourent à un  programme qui passe déjà à l’acte de rééducation de sociétés entières et du remodelage de la pensée des enfants interpellés hors de leur famille et de tout système de valeur transmis, comme si avant eux et hors d’eux il n’y avait eu que sauvagerie. Ce retour d’un Surveiller et punir, son obsession du sexe et des rapports de force, impose une ré-interrogation des enjeux tant juridico-politiques,  qu’anthropologiques : Il y a, à l’inverse, dans la crise actuelle du monde, urgence à solliciter avec respect les hommes et les femmes réels, dans l’authenticité de leur représentation d’eux-mêmes et celle des modalités toujours à reconstruire de leurs relations et de leurs rapports ?

N’y a-t-il pas à réaffirmer au-delà de l’ubris déconstructiviste, des formes civilisationnelles, certains fondamentaux du sujet sexué - ce support naturel, symbolique, imaginaire, de l’altérité augurale – comme seule alternative encore humaine au narcissisme du même et à la clôture des ego ?

Peut-on rester dans l’anthropologie en refusant de hiérarchiser les nécessités fonctionnelles et fictionnelles de la pérennité de l’expérience humaine (G. Devereux), peut-on d’ailleurs rester humain en rêvant comme les tyrans fous de l’histoire à une trans humanité ? Peut-on imposer aux milliards d’hommes et de femmes des sociétés actuelles, une théorie et une sanction du genre qui prennent comme norme la si problématique exception transsexuelle ?

Les nœuds et délimitations du féminin et du masculin ne sont-ils pas toujours polémiques, toujours d’actualité et ce même si la thématique omniprésente de l’égalité des droits semble avoir balayé tout doute à ce propos ? Sans chercher à essentialiser des identités, le maintien d’une approche dialogique des façons sexuées de naître et d’être au monde comme sujet sensible, social, cognitif, créatif, ne reste-t-il pas toujours heuristique ? A vouloir au nom d’un souverain « construit social » gommer la différenciation masculin /féminin, n’est-ce pas, en particulier, toute la part refoulée de l’ambivalence de chacun, toute la part impensée de la féminité de l’espèce, la part minorée d’un féminin civilisationnel qui se trouve, ruse perverse de l’histoire, à nouveau mise hors logos - tant au point de vue des mœurs qu’au niveau de l’élaboration des savoirs - ?  L’infantilisation, la victimisation des femmes par la théorie hégémonique de la domination masculine (pour ne prendre que ce paradigme) ne va-t-elle pas en ce sens ?

Entre les deux modèles, celui de la femme-objet - où surfe notamment l’hyper-sexualisation décomplexée des très jeunes adolescentes - et celui de la masculinisation de tout comportement valorisable, quelle marge de jeu reste encore ouverte à l’expression, à l’expérience, à la stylisation d’une féminité inédite ? Á côté de la thèse reconnue d’une féminisation de la société, n’est-ce pas également celle d’une paradoxale et mutilante disparition de la féminité qu’il faut remettre au centre du débat ? Si ces deux mouvements de masculinisation et féminisation de la société existent bien, demandons-nous comment ils se manifestent, sur quel registre de tensions, de contradictions peut-on les observer. Cherchant à parer au danger, à l’injustice des statuts hiérarchisés entre hommes et femmes n’est-on pas en train de nourrir secrètement l’autre menace : celle de l’effacement de l’irréductible différend entre les sexes, vecteur d’une perte de l’humain, désymbolisé dans l’indifférenciation et l’homogène. Au regard de l’ébranlement historique des identifications sexuées, quelles sont les mutations positives de la masculinité et de la féminité qui ont pu, qui peuvent, qui pourraient perdurer ou voir le jour ? Sur quels terrains, en quelles pratiques émergent des métamorphoses ? Fait nouveau, sidérant de la mondialisation et de ses oligarchies, comment ces réappropriations identitaires de temps long, ces acculturations lentes à résonnances intimes se retrouvent-elles sous injonction totalitaire d’un biopouvoir - relayé par les sciences sociales - de refaire en toute immodestie, un « humain nouveau » en rupture totale, délirante avec le sens commun de l’humanisation, en l’occurrence la raison ? (P. Legendre)

Malgré l’inflation des discours désormais convenus sur le genre, ce colloque se donne l’ambition de débattre le plus librement possible des thématiques suivantes qui ne sont données là qu’à titre indicatif :

  • Souveraineté de l’ascendance (de la famille), de l’Etat, ou d’appareils privés oligarchiques sur la socialisation sexuée de l’enfance.
  • Une féminité non victimaire (figures du passé, figures du présent)
  • Maintien ou transformations de modèles idéaux de l’être masculin.
  • Groupes sociaux, cultures masculines cultures féminines
  • Transformisme et idéologie du transsexualisme
  • Logiques sociales, juridiques, de l’égalité abstraite
  • Féminin masculin dans l’art, la science, la religion…
  • Sciences sociales, sexuation et diffusion centrale mondialisée d’un nouveau totalitarisme.

Modalités de participation

Les propositions de communications, autour de mille signes, sont à adresser conjointement à joelle.deniot@wanadoo.fr et jacky.reault@wanadoo.fr;

avant le 10 juin

Toutes les communications (30 minutes dont dix pour la discussion) se déroulant, par position de principe des Etés du Lestamp en séances plénières d’égal statut, un numerus closus sans préavis interviendra dans l’ordre des réponses retenues à cet appel. La sélection sera rendue publique au soir du 7 juin. Ce colloque sera édité après acceptation des articles post festum.

Comité scientifique d’orientation et de sélection

  • Joëlle-Andrée Deniot, professeur des Universités, Nantes, anthropologie, ex. membre du CNU;
  • Pierre Cam Maître de Conférence émérite, Nantes, Directeur de l’OVE, (droit, sociologie);
  • Claude Javeau, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles –sociologie  ;
  • Bruno Lefebvre, professeur des Universités, LISE CNRS (anthropologie) ;
  • Antigone Mouchtouris, professeur des Universités (sociologie),  Metz ;
  • Jacky Réault, agrégé d’histoire, ex .directeur du GIRI CNRS, Lestamp,. M de C, de sociologie retraité  Université de Nantes.

Lieux

  • Quai de la Fosse (Amphithéâtre Jules Valllès, Espace Jacques Demy)
    Nantes, France

Dates

  • dimanche 10 juin 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sexe, genre, hommes, femmes, sciences sociales, orientation sexuelle, transsexualité, anthropologie, histoire, sociologie, philosophie, raison

Contacts

  • Jacky Réault
    courriel : jacky [dot] reault [at] wanadoo [dot] fr
  • Joëlle Deniot
    courriel : joelle [dot] deniot [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Jacky Réault
    courriel : jacky [dot] reault [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des hommes, des femmes », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 21 mai 2012, http://calenda.org/208487