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Le tragique et la tragédie

Tragedy and the Tragic

Autour de « La Violence et le sacré »

Exploring "Violence and the Sacred"

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Publié le lundi 14 mai 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Ce colloque tentera un bilan critique de la lecture que René Girard fait de la tragédie grecque dans La Violence et le Sacré (1972). ). Il s’agissait pour lui d’analyser le mécanisme victimaire à travers le prisme de l’Œdipe-Roi de Sophocle et des Bacchantes d’Euripide. Nous nous demanderons comment René Girard, grand lecteur de Hölderlin et de Simone Weil, s’inscrit dans le cadre de la réflexion philologique du XIXe et XXe siècles, qui vise à faire du modèle grec une figure égale, sinon supérieure au modèle biblique. Le livre de Pierre Judet de la Combe, Les Tragédies grecques sont-elles tragiques ? (2010) apporte à cette perspective des éléments d’analyse philologiques du plus grand intérêt, dont il nous importera de tenir compte.

Annonce

Présentation

Le but de cette journée sera de tenter un bilan critique de la lecture que René Girard fait de la tragédie grecque dans La Violence et le Sacré (1972). Il s’agissait pour lui d’analyser le mécanisme victimaire à travers le prisme de l’Œdipe-Roi de Sophocle et des Bacchantes d’Euripide. Cette lecture attentive lui permettait de dégager les traces d’une « crise sacrificielle », d’une confusion des violences légale et illégale à l’origine de l’institution du sacrifice : témoignant d’un progrès décisif dans l’intelligence du rituel, la tragédie grecque mimerait la contagion des désirs rivalitaires, ceci jusqu’à l’expulsion du pharmakos.

Cette reconstruction du religieux archaïque avait une autre fonction, que révéla le troisième livre de René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978) : proposer une analyse de la révélation judéo-chrétienne comme révélation de la victime innocente. Sur l’auto-transcendance des sociétés « primitives », capables d’extérioriser leur violence sous la forme du sacré, vient alors se greffer une autre transcendance : celle d’un Dieu étranger à la violence des hommes et se révélant au coeur du mécanisme victimaire. Il y a là une manière originale de reconduire les schèmes de l’analyse typologique, en faisant de l’archaïque dans son ensemble une préfiguration du judéo-christianisme.

C’est ce montage dont nous voudrions éprouver la validité autour de l’exemple de la tragédie grecque. Le livre de Pierre Judet de la Combe, Les Tragédies grecques sont-elles tragiques ? (2010) apporte à cette perspective des éléments d’analyse philologiques du plus grand intérêt, dont il importera de tenir compte. Nous nous demanderons ainsi comment René Girard, grand lecteur de Hölderlin et de Simone Weil, s’inscrit (ou ne s’inscrit pas) dans le cadre de la réflexion philologique des XIXe et XXe siècles, qui vise à faire du modèle grec une figure égale, sinon supérieure au modèle biblique.

Programme

  • 9.30 - 10.00 Benoît Chantre (docteur ès lettres, « fellow » de la fondation Imitatio et président de l’Association Recherches Mimétiques avec René Girard) : « René Girard et la tragédie grecque : une introduction. »
  • 10.00-10.30 François Athané (philosophe) : « On égorge une enfant. Cinq thèses de René Girard à l’épreuve de L’Orestie d’Eschyle. »
  • 10.30-11.00 Lucien Scubla (agrégé de philosophie, docteur en anthropologie et membre du Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée de l’École polytechnique) : « La crise sacrificielle dans la tragédie grecque, d’après les analyses complémentaires de Walter Burkert et de René Girard. »
11.00-11.45 Débat
  • 11.45-12.15 Jean-Christophe Goddard (professeur des Universités à l'Université de Toulouse le Mirail)  : « Hölderlin ou le rythme impossible. »
12.15-13.00 Débat— suivi de la pause déjeuner
  • 14.30-15.00 Pierre Judet de la Combe (directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales) : « Tragique et tragédie, le moment 1800 »
  • 15.00- 15.30 Jean-Michel Rey (professeur émérite des universités à Paris VIII, département de littérature française) : « Sur quelques thèmes de René Girard »

  • 15.30-16.00 Patrice Loraux (maître de conférences à l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne) : « Une tragédie grecque est aussi un irréductible »
16.00 - 17.00 Débat et conclusion de la journée

Inscription

Entrée libre dans la limite des places disponibles, réservation sur le site ARM conseillée.

Lieux

  • 5 rue Vivienne (Bibliothèque nationale de France, site Richelieu)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 01 juin 2012

Mots-clés

  • tragique, tragédie, René Girard, Eschyle

Contacts

  • Chantre Emmanuelle
    courriel : recherches [dot] mimetiques [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuelle CHANTRE
    courriel : recherches [dot] mimetiques [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le tragique et la tragédie », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 14 mai 2012, http://calenda.org/208504