AccueilLes musiciennes professionnelles en France aux XVIIe et XVIIIe siècles

*  *  *

Publié le jeudi 24 mai 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Qu’elles soient visibles ou invisibles, les musiciennes professionnelles sont bien présentes dans la France moderne. Si la pratique musicale féminine reste alors principalement privée et amateure, si les grandes institutions comme la musique du roi opposent des obstacles persistants à l’entrée des femmes dans leurs rangs (les chanteuses exceptées), la professionnalisation des musiciennes se développe néanmoins de façon assez significative au cours du XVIIIe siècle pour préparer le passage, au siècle suivant et pour reprendre les termes de Florence Launay, du statut de « pionnière adulée » à celui de « concurrente redoutée ».

Annonce

Neuvièmes rencontres de la SIEFAR : samedi 16 juin 2012, à 14h, Université de Columbia, Centre Reid Hall, 4 rue de Chevreuse 75006 Paris

Présentation

La SIEFAR organisera avec le soutien de PLM (Patrimoines et Langages Musicaux, EA 4087, Université Paris-Sorbonne) et le concours du CReIM (Cercle de Recherche Interdisciplinaire sur les musiciennes) une demi-journée d’études consacrée aux musiciennes des XVIIe et XVIIIe siècles le samedi 16 juin 2012, de 14h.

Qu’elles soient visibles ou invisibles, les musiciennes professionnelles sont bien présentes dans la France moderne. Compositrices, chanteuses, instrumentistes virtuoses occupent les scènes des théâtres lyriques ou l’estrade des concerts publics. Leurs œuvres ou leurs interprétations sont largement commentées dans la presse, leurs noms sont connus, leurs portraits conservés. Plus obscures, d’autres musiciennes sont appointées par des mécènes pour des concerts privés, œuvrent comme organistes dans l’ombre des tribunes provinciales ou se consacrent à l’enseignement. Celles-ci n’ont laissé de traces, parfois seulement un nom, que dans des archives encore peu exploitées. Si la pratique musicale féminine reste alors principalement privée et amateure, si les grandes institutions comme la Musique du roi opposent des obstacles persistants à l’entrée des femmes dans leurs rangs (les chanteuses exceptées), la professionnalisation des musiciennes se développe néanmoins de façon assez significative au cours du XVIIIe siècle pour préparer le passage, au siècle suivant et pour reprendre les termes de Florence Launay, du statut de « pionnière adulée » à celui de « concurrente redoutée ».

Nous aurons le plaisir de compter parmi nous :

  • Raphaëlle Legrand est professeure de musicologie à l’Université Paris-Sorbonne et membre de l’équipe de recherche Patrimoines et Langages Musicaux. Siégeant au Comité de direction et au Conseil d’orientation de l’Institut Émilie du Châtelet, elle est co-fondatrice du CReIM (Cercle de Recherche Interdisciplinaire sur les Musiciennes). Ses recherches portent sur la musique française du XVIIIe siècle, principalement lyrique (opéra et opéra-comique) et notamment sur la fonction des chanteuses dans l’économie du spectacle. Raphaëlle Legrand est également accordéoniste dans le groupe de chant féministe les Voix rebelles.
  • Théodora Psychoyou : Née à Athènes, Théodora Psychoyou est maîtresse de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (EA Patrimoines et Langages Musicaux), chercheuse associée au Centre de Musique Baroque de Versailles et membre du CReIM. Elle a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis (2005–2007) et membre de l’équipe du Répertoire International des Sources Musicales (RISM : manuscrits musicaux anciens) à la Bibliothèque nationale de France (1997–2005). Ses travaux portent sur l’histoire de la théorie musicale au XVIIe et début du XVIIIe siècle, sur ses stratégies discursives et sur ses systèmes de représentation. Ils portent aussi sur l’économie et le statut des sources musicales et théoriques, et sur la musique religieuse au XVIIe siècle, notamment celle de Marc-Antoine Charpentier.
  • Sylvie Granger est maîtresse de conférences en Histoire moderne à l’Université du Maine, chercheuse au Centre de Recherches Historiques de l’Ouest (UMR 6258) et membre du CReIM. Spécialiste de la prosopographie des métiers de la musique et de la danse dans les provinces françaises au XVIIIe siècle, elle étudie les circulations et transmissions des pratiques culturelles et des répertoires d’un milieu social à l’autre, d’un genre à l’autre. Elle a publié Musiciens dans la Ville, 1600-1850 (Belin, 2002) et prépare un ouvrage sur les musiciens d'Église à la fin de l'Ancien Régime. Elle s'attache à faire sortir de l'invisibilité historique les musiciennes des provinces.
  • Florence Launay est membre associé à l’équipe Patrimoines et Langages Musicaux de l’Université de Paris-Sorbonne et co-fondatrice du CReIM. Elle est l’auteure d’une thèse de doctorat, Les Compositrices françaises de 1789 à 1914, réalisée sous la direction de Marie-Claire Mussat (Université de Rennes 2, mars 2004) et publiée chez Fayard en 2006. Depuis cette publication, elle a élargi le champs de ses recherches aux activités des musiciennes du XVIIe siècle à nos jours, en se penchant plus particulièrement sur leur accès pionnier, par rapport aux autres femmes, aux professions à haute qualification et à la sphère publique, un aspect encore pratiquement ignoré par l'histoire des femmes elle-même. Florence Launay est également chanteuse lyrique. Elle a derrière elle un parcours courant pour une chanteuse professionnelle: bac musique, études musicales au Conservatoire de Toulouse et aux universités de Toulouse et de Strasbourg, cours de chant en privé, deux ans d'études à l'Opera School du Royal College of Music de Londres, suivis de nombreux engagements comme soliste avec des chœurs et orchestres français et étrangers, des rôles de "soubrette d'opéra" dans différents théâtres.

Programme

Présidente de séance : Raphaëlle Legrand

14h00 : Raphaëlle Legrand (Université Paris-Sorbonne) : Introduction

  • 14h10 : Théodora Psychoyou (Université Paris-Sorbonne) : « Cette Musique estoit si bonne... » : Marc-Antoine Charpentier et les chanteuses de mademoiselle de Guise
  • 14h50 : Sylvie Granger (Université du Maine) : Les musiciennes d’Église à la veille de la Révolution

15h30 : Pause

  • 15h50 : Florence Launay (Mannheim) : Les compositrices en France au XVIIIe siècle

16h30-17h00 Concert : Romances et nocturnes de Sophie Gail et Hélène de Montgeroult Par Florence Launay (soprano), Michael Cook (piano)

À 17h00, des rafraîchissements seront servis dans le jardin de Reid Hall.

La conférence sera précédée le matin à 10h de l’Assemblée générale annuelle de la SIEFAR.

Lieux

  • 4 rue de Chevreuse (Université de Columbia, Centre Reid Hall)
    Paris, France

Dates

  • samedi 16 juin 2012

Mots-clés

  • musiciennes, Ancien Régime, XVIIe, XVIIIe, femmes, profession, musique

Contacts

  • Aurore Evain
    courriel : contact [at] siefar [dot] org

Source de l'information

  • Aurore Evain
    courriel : contact [at] siefar [dot] org

Pour citer cette annonce

« Les musiciennes professionnelles en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 24 mai 2012, http://calenda.org/208640