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Atelier des doctorants en danse : Danse et genre

Dance doctoral students workshop: Dance and gender

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Publié le jeudi 24 mai 2012 par Julien Gilet

Résumé

Pour clore cette saison 2011-2012, nous aurons le plaisir d'être accueillis par le centre national de la danse Lyon/Rhône-Alpes, le 31 mai 2012, pour questionner les rapports entre danse et genre. Alors que les études universitaires en danse se sont développées à l’origine au sein des gender studies, nous proposons de réfléchir à la pertinence aujourd’hui pour la recherche en danse de ce concept de genre (gender). Ce concept vise en effet à repenser les catégories sociales, politiques et les relations de pouvoir, à partir d’un questionnement sur l’identité sexuelle auquel, plus que tout autre art et parce que le corps est son moyen d'expression, il semble que la danse ne peut échapper.

Annonce

Programme : Jeudi 31 mai 2012

  • 9h30 : Accueil

    10h : Dorothy Smith, doctorante en philosophie, Universités Saint-Louis, Bruxelles / Centre Prospero - Centre Arts et Performances, « Isadora Duncan et Martha Graham. Enjeux philosophiques d'une nouvelle définition du féminin à partir de la tragédie grecque ».
    • Au carrefour de la philosophie, de l'anthropologie de la Grèce ancienne et des études de genre, et à travers la singularité des parcours chorégraphiques d'Isadora Duncan et de Martha
      Graham, nous envisagerons comment la question du féminin a occupé une place centrale dans leurs processus de création chorégraphique respectifs, et ce à même le réinvestissement de la tragédie grecque. Nous tenterons ainsi de considérer dans quelle mesure, la création d'un langage chorégraphique propre, chez Isadora Duncan et Martha Graham, a eu pour corollaire l'émergence de nouvelles significations du féminin.
  • 10h40 : Christine Leroy, docteur en esthétique de l’Université Paris I, « Affect et Genre en danse : Merleau-Ponty et la notion de “Mammaité” ».
    • Je souhaite présenter un concept explicatif découvert chez Merleau-Ponty, concept qui nécessite un approfondissement de la notion de "genre" sur un mode phénoménologique : le concept de "mammaïté". A travers ce concept en effet, il est possible de considérer l'empathie kinesthésique, c'est-à-dire la façon dont l'émotion se transmet du corps-vécu du danseur au corps-vécu du spectateur, en réfutant la traditionnelle dichotomie "masculin/féminin" sans pour autant nier le genre dans un "neutre universel".
  • 11h20-11h35 : Pause
  • 11h35 : Maica Gugolati, étudiante en Master d’anthropologie, EHESS (Paris), « Rool and control comme expression de l’ “être femme” ».
    • Le corps dansant chez la femme caribéenne de Trinité et Tobago est un moyen de communication, de résistance et de définition du statut social entre les genres. Le mouvement du corps du wining, mouvement fondamental de la danse urbaine nationale, propose une nouvelle icône de femme hors des canons colonisateurs qui devient un lieu possible de « rachat » social, personnel et du genre. Comme découverte de soi, ce mouvement amène à une connaissance épiphanique de son propre corps qui permet de revendiquer et de dépasser la position discriminée de la femme du passé dans la société d’aujourd’hui, pour un futur en construction.
  • 12h15 : Pauline Boivineau, doctorante en histoire, Université Angers, CERHIO, « Dialogue entre le féminin et le féministe en danse contemporaine : le cas de Cécile Proust ».
    • Lire la création chorégraphique contemporaine au prisme du féminisme s’avère complexe et suppose une perpétuelle re-définition ainsi que de s’intéresser au couple féminin /féminisme, entre coïncidence et mise à mal. Nous trouvons là un réel lieu de débat, sans oublier qu’avec la prise en compte en France des théories queer depuis les années 1990, la question de l’identité de genre se fait plus pressante. Est-ce pour autant du militantisme ? Nous étudierons le cas de la danseuse Cécile Proust qui se place volontairement au coeur de ces problématiques.
  • 13h-14h30 : Déjeuner
  • 14h30 : Isabelle Nicot, doctorante en STAPS, Université Bordeaux II Victor Segalen, LACES,« La danse classique : outil se soumission ou de résistance à la domination masculine ? ».
    • Les études présentent en général la danse classique comme une activité féminine des milieux favorisés, visant à travailler un certain maintien. Or, ce lieu commun est finalement peu réinterrogé. Certes, les pratiquantes incorporent diverses pratiques, valeurs et normes sociales mais, plus étonnemment, auraient aussi accès à un instrument d’émancipation. En effet, pour certaines mères, proposer cette activité aux filles serait une manière de les doter d’atouts et d’une connaissance fine des attentes de notre société (stéréotypes de genre en vigueur). La
      présente recherche en anthropologie historique se penchera ainsi sur l’impact de la pratique concernée dans la construction de la féminité.
  • 15h10 : Natacha Estivie, doctorante en STAPS, Université de Rouen, CETAPS, « Genre et activités artistiques en EPS : engagement et jeu de normes »
    • Enseignante d’EPS, j’ai souhaité étudier, dans un cadre ethno-sociologique, la diversité des formes d’engagement des élèves dans les activités chorégraphiques en milieu scolaire. L’engagement dans la danse et le cirque, comme dévoilement, affirmation d’une certaine singularité, mais aussi exploration des limites et prise de risque, questionnerait-il les normes genrées ? Le jeu que la pratique artistique rend possible avec ces dernières pourrait-il modifier les représentations du féminin-masculin, tant dans les relations « visibles » entre élèves, professeurs-élèves, que dans un processus de relation à soi, plus invisible ?
  • 15h50 : Béatrice Boldrin, doctorante en philosophie, Université Paris 5 Descartes, « L'étude de la danse orientale entre symboles et stéréotypes : questions méthodologiques »
    • L’analyse des cours de danse orientale — aujourd’hui très répandus à Paris et dans le monde entier — représente une possibilité d’exploration empirique de la notion d’identité de genre et pose un certain nombre de questions liées à l’évolution des modèles contemporains de féminité. À travers la mise en mouvement du ventre et du bassin, les femmes qui pratiquent cette danse avivent-elles la perception des parties sexuées de leurs corps liées à la fonction sexuelle et procréatrice ? Et, plus généralement, qu’est-ce que représente la pratique de la danse orientale pour les femmes qui fréquentent ces cours aujourd’hui à Paris ?
  • 16h30-16h45 : Pause
  • 16h45 : Pauline Vessely, docteur en Sociologie de la Culture et membre du CERLIS, Paris Descartes-CNRS, retour sur la thèse : « Ballet National de Cuba : le féminin comme source de sacré dans la société révolutionnaire ».
    • Ce travail de thèse a eu pour dynamique la production d’une analyse à la croisée des disciplines des sciences humaines pour mettre en avant les enjeux de la construction du ballet cubain dans la rhétorique révolutionnaire. Le Ballet National de Cuba (nationalisé depuis 1959), en tant qu’institution, met en scène des mécanismes et des valeurs propres à la structure du pouvoir dans le régime castriste. Dans cette société, mue par une adaptation des théories marxistesléninistes, la distanciation vis-à-vis de la religion laisse envisager que d’autres croyances, d’autres pratiques ou d’autres images participent à la production d’une forme de sacré qui forge le lien social et l’identité de la société cubaine. Le ballet cubain peut donc être analysé comme un témoin privilégié de ces particularités, notamment dans le sort que lui et les autorités cubaines réservent à ses icônes féminines et à la diffusion de l’idéal de la danseuse romantique. Dans cette communication, nous reviendrons sur les enjeux théoriques de notre problématique mais nous nous attellerons également à souligner les difficultés méthodologiques que nous avons rencontrées.
  • 17h30 : Fin de la journée

Journée en présence de :

  • Hélène Marquié est maîtresse de conférence au Centre d'Études de genre de l'Université de Paris 8, où elle enseigne sur « Arts et genre », et au laboratoire CRESPPA-GTM. Elle est membre du comité scientifique de l'Institut Émilie du Châtelet (Institut pour le développement
    et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre, en Île-de-France). Ses travaux de recherche concernent les études de genre et études culturelles dans le domaine de la danse, plus particulièrement l'histoire culturelle et esthétique de la danse (XIXe-XXIe siècles), ainsi que les représentations contemporaines du genre et des sexualités dans le spectacle vivant. Récemment, elle a publié « Sources et fondements d'une essentialisation féminine de la danse », Penser l'origine II, Claude COHEN-SAFIR, Gerald PREHER (Dir.), Résonances 12, octobre 2011, pp. 65-83 ; « Jeux de genre(s) dans la danse contemporaine », Les Rapports de sexes sont-ils solubles dans le genre ?, Annie BENVENISTE, Adelina MIRANDA (Dir.), Journal des Anthropologues 124-125, 2011, pp. 287-309 ; « Le genre, un outil épistémologique pour l'historiographie de la danse », in Les Arts de la scène à l'épreuve de l'histoire – Les objets et les méthodes de l’historiographie des spectacles produits sur la scène française (1635-1906), Roxane MARTIN, Marina NORDERA (Dir.), Paris, Honoré Champion, 2011, pp. 211-222.
  • Claudia Palazzolo est maître de conférence en Arts du Spectacle (théâtre-danse), à l'Université Lyon 2 Lumière. Responsable des enseignements en danse, dans le cadre de Licence Art du spectacle- Parcours scène - Etudes de théâtre et danse, elle assure les cours d’histoire, esthétique, analyse d’oeuvre ainsi que les séminaires en danse du L1 au M2. Ses recherches portent sur l'étude de la représentation dans la danse, l'histoire culturelle de la danse envisagée sous l'angle de la réception critique, et plus récemment, l'intertextualité en danse. Membre de l'équipe de recherche Passage XX XXI, dans son cadre, elle a codirigé en 2010 la journée d'études « Résonance. Du regard à l'oeuvre, autour de la réception en danse », dans le cadre de la Biennale de la danse, dirigé avec Emmanuelle André, Emmanuel Siety, Des Mains modernes : cinéma, danse, théâtre, photo, Collection Arts et Sciences de l’Arts IDEAT l'Harmattan. Elle a aussi codirigé avec Myriam Bloédé Pippo Delbono : Mon Théâtre, Actes Sud, 2004, « Pippo Delbono, à la recherche d’un théâtre qui danse », dans Théâtre et danse. Un croisement moderne et contemporain, Études théâtrales, 49, 2010, « Cantieri, la matière, le temps, l’espace. Un témoignage » dans Irène Filiberti, Mémoires passantes, coédition CND/L'Oeil d'or, 2010. « Du Studio à L’écran : le processus de création de Pina Bausch face à la caméra » dans Filmer la création, PUR (à paraître en septembre 2012).
  • Pauline Vessely est docteur en Sociologie de la Culture et membre du CERLIS, Paris Descartes-CNRS. Elle enseigne au sein du cursus de Médiation Culturelle de l’Université Paris 3- Sorbonne Nouvelle. Ses recherches portent essentiellement sur les thématiques croisées de la danse, du genre, du corps et ses représentations. Elle a récemment publié « Danse avec la révolution. Enjeux sociaux et politiques du Ballet Cubain », in Actes du colloque Opus, « L’art, le politique et la création. Frictions et fictions socio-anthropologiques » (L’Harmattan, Paris, 2011) et « Ballet National de Cuba : quand la danse fixe les normes genrées », in Grenier-Torres (sous la dir.) L’identité genrée au coeur des transformations : du corps sexué au corps genré, (L’Harmattan, coll. Logiques sociales, Paris, 2010).

Modalités :

Réservation obligatoire :
01 41 83 98 98
reservation@cnd.fr
Nous sommes à votre disposition pour plus d'information
du lundi au vendredi de 10h à 19h.

L’équipe de l’Atelier des doctorants en danse :

  • Stéphanie Gonçalves, doctorante en histoire contemporaine, Université libre de Bruxelles.
  • Audrey Gouy, doctorante en histoire de l’art antique, École pratique des Hautes Études, Paris, et Université Ca’ Foscari, Venise.
  • Camille Paillet, doctorante en danse, Université de Nice-Sophia Antipolis.
  • Delphine Vernozy, doctorante en littérature française, Université Paris-Sorbonne, Paris 4.
  • L’Atelier des doctorants en danse est organisé avec le soutien du Centre national de la danse.

Contacts :

Se rendre à l'atelier :

Accès en transports en commun :

  • Métro ligne A, station Perrache ou Ampère Victor-Hugo
  • Bus : 8, 31, 32, 46, 49, 55, 63, 73, 96, 182, 184, station Perrache
  • Tramway : lignes 1 et 2, station Perrache

Catégories

Lieux

  • 40 ter rue Vaubecour (Centre national de la danse)
    Lyon, France

Dates

  • jeudi 31 mai 2012

Contacts

  • Atelier des doctorants en danse
    courriel : doctorantsendanse [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Atelier des doctorants en danse
    courriel : doctorantsendanse [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Atelier des doctorants en danse : Danse et genre », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 24 mai 2012, http://calenda.org/208650