AccueilLes asymétries de l'espace médiatique : porte-parole et construction des cadrages

Les asymétries de l'espace médiatique : porte-parole et construction des cadrages

The assymetries of media space: spokespeople and the construction of frames

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Publié le jeudi 24 mai 2012 par Julien Gilet

Résumé

Le travail de définition des acteurs sociaux à l’égard des rédactions constitue une clé pour comprendre comment se construisent les « actualités ». Il peut être le produit de la rencontre entre un ou plusieurs porte-parole et les besoins expressifs et professionnels spécifiques des journalistes. Cette journée d’études s’intéresse aux inégalités d’accès des groupes sociaux aux médias en présentant à la fois des groupes « organisés », disposant d’un capital institutionnel et d’un capital économique, et des groupes insuffisamment construits et cristallisés par leurs représentants. A travers la comparaison des résultats d’enquêtes réalisées sur différents terrains (mouvements sociaux, groupes professionnels, associations, partis et acteurs politiques) cette journée se propose de dégager des éléments structurants de la médiatisation et de comprendre la façon dont certaines ressources (économiques, linguistiques, institutionnelles) peuvent se convertir en droit à la parole publique et inversement.)

Annonce

Programme :

Jeudi 24 mai 2012, Salle Afrique

  • 14 h 30 : Accueil des participants 
  • 15 h 00 : Introduction
  • 15h15 : Olivier Baisnée (Mcf, IEP de Toulouse / LaSSP) : « ‘Les MOLEX’ : une mobilisation médiatique ‘exemplaire’ et pourtant improbable ? ».
    • Cette communication élargit un questionnement trop souvent enfermé dans une problématique étroite des « effets » pour s’interroger plus généralement sur ce que la médiatisation « fait » : à des individus (soudain présents dans les journaux télévisés), à une lutte (devenue « symbole »), à une localité (devenue « martyre »).
  • 15 h 45 : Francis Sanseigne (Doctorant, IEP de Lyon, GREPH) : « L’improbable irruption de la cause contraceptive en France à l’automne 1955. Retour sur les conditions sociales de possibilité d’un ‘coup’ ».
    • Cette communication revient sur les conditions d’apparition de la contraception sous la forme d’une cause en France au milieu des années 50.
  • 16 h 30 : Lise Jacquez (Doctorante, Université Lyon 2, Elico) : « Le difficile accès des sans-papiers à la parole dans les médias : l’exemple de l’incendie du centre de rétention de Vincennes de 2008 ».
    • À travers une analyse des discours produits par la presse quotidienne les jours suivant l’incendie du centre de rétention de Vincennes, cette communication réfléchit aux possibilités d’émergence et au statut de la parole des sans-papiers dans l’espace médiatique.
  • 17 h 15 : Stéphane Latté (Mcf, Université de Haute-Alsace / GSPE) : « Le témoignage individuel est-il un mode d’action collective ? Ce que le journalisme de catastrophe fait à la représentation des « victimes d’AZF » (et vice-versa) ».
    • Cette contribution analyse le témoignage individuel comme un mode d’action collective qui intervient, parfois en concurrence, mais aussi souvent en renfort du verbe représentatif qu’incarnent les mandataires associatifs ou syndicaux.
  • 18 h : Pot

Vendredi 25 mai 2012, Amphithéatre

  • 9 h 30 : Jérémie Nollet (Mcf, IEP de Toulouse / LaSSP) : « Capital et dispositions ‘médiatiques’. Réflexions à partir de l’exposition médiatique des agents politiques liés à la ‘vache folle’ ».
    • L’accès aux médias ne peut s’expliquer par la seule inégalité de capitaux (politique ou médiatique), les dispositions et les intérêts politiques (variables selon les agents) à investir dans des stratégies d’accès aux médias devant être pris en compte.
  • 10 h 15 : Samir Hadj Belgacem (Doctorant, Centre Maurice Halbwachs, ETT [ENS / EHESS]) « Défendre l’image des quartiers populaires. La création d’un ‘journal des habitants’ comme réponse au traitement médiatique des ‘émeutes de novembre 2005’ dans une ville de la banlieue parisienne ».
    • À travers l’analyse d’un journal de quartier, il s’agit de comprendre la mobilisation survenuedans une ville de la banlieue parisienne, touchée par les émeutes de 2005 et médiatisée.
  • 11 h 00 : Pause
  • 11 h 15 : Hélène Dufournet (Docteure en sociologie, ENS Cachan, ISP) : « Le monopole de la dénonciation. Retour sur la campagne médiatique d’Handicap International France pour l’interdiction des armes à sous-munitions ».
    • En se penchant sur le déploiement de la campagne menée en France par Handicap International contre les armes à sous-munitions, cette communication met en lumière la façon dont l’association bénéficie d’un accès privilégié à l’espace médiatique et les ressources qu’elle en retire dans le bras de fer qui l’oppose aux autorités publiques françaises.
  • 12 h 00 : Caroline Frau (Doctorante, Université Paris 1 CRPS / CESSP) : « Intérêts corporatistes ou défense du lien social ? De la couverture médiatique des actions des buralistes face à l’interdiction de fumer dans les lieux publics à leur cadre d’interprétation ».
    • À travers l’analyse de la stratégie et des tactiques utilisées par la Confédération des buralistes de France pour occuper l’espace médiatique, cette communication vise à montrer dans quelles conditions les différents médias (presse écrite, télévision, radio) ont une posture distante et critique vis-à-vis du cadrage de cette organisation et, au contraire, dans quelle configuration ils sont contraints dans leur travail d’écriture à reprendre partiellement la rhétorique de cette source.
  • 12 h 45 : Déjeuner
  • 14 h : David Pichonaz (Doctorant, Université de Fribourg, CMH) : « Ce que le discours de la police à propos de la ‘délinquance’ doit aux intérêts et enjeux propres à ce groupe professionnel ».
    • Cette présentation est consacrée au rôle joué par la police dans la construction du problème public de la délinquance, en particulier celle des jeunes, en Suisse.
  • 14 h 45 : Jacques Le Bohec « José Bové dans la nasse médiatique ».
    • À travers la campagne pour les élections présidentielles menée par le syndicaliste paysan José Bové, cette contribution s’interroge sur les circuits de légitimation et de clôture du champ politique qui incluent les journalistes dominants ainsi que d’autres catégories d’agents (sondeurs, politologues, communicants).
  • 15 h 15 : pause
  • 15 h 30 : Nicolas Kaciaf (Mcf, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, CERAPS /VIP) : « La discipline de parole. Les conditions d’efficience d’une ressource communicationnelle ».
    • Analysant la médiatisation de certaines activités politiques d’un côté et footballistiques de l’autre, cette communication montre comment l’avantage stratégique des acteurs dominants tient en partie à leur capacité à maintenir une discipline de parole dans leurs organisations et/ou leurs espaces d’action respectifs.
  • 16 h 15 : Omar Haffaf (doctorant, IEP de Toulouse / LaSSP ) : « L’institutionnalisation de la communication au Parti socialiste : la monopolisation contrariée de l’usage médiatique du label partisan ».
    • Cette contribution étudie les stratégies d’accès aux médias initiées suite à la création d’un « département de la communication » en 2009, pour imposer l’équipe dirigée par Martine Aubry, comme la source principale des journalistes.
  • 17 h : Conclusion de la journée

Catégories

Lieux

  • 5 Allée du Général Rouvillois
    Strasbourg, France

Dates

  • jeudi 24 mai 2012
  • vendredi 25 mai 2012

Mots-clés

  • Asymétries, espace médiatique, porte-parole, cadrages

Contacts

  • Julie Sedel
    courriel : julie [dot] sedel [at] misha [dot] fr
  • Philippe Juhem
    courriel : philippe [dot] juhem [at] misha [dot] fr

Source de l'information

  • Julie Sedel
    courriel : julie [dot] sedel [at] misha [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les asymétries de l'espace médiatique : porte-parole et construction des cadrages », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 24 mai 2012, http://calenda.org/208665