AccueilLe temps du spectateur : temporalités du rapport à l'œuvre d'art visuel

*  *  *

Publié le mercredi 30 mai 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Dans le cadre du programme Tempus de l'HICSA, équipe d'accueil en histoire de l'art de Paris I, l'on étudiera la temporalité induite par le rapport à l'œuvre d'art visuel, fixe et dynamique.

Annonce

  • Université de Paris I Panthéon-Sorbonne
  • HICSA (« Histoire culturelle et sociale de l’art »)
  • ISP (« Institutions, savoirs, poétiques »)
  • Programme Tempus

LE TEMPS DU SPECTATEUR : TEMPORALITES DU RAPPORT A L’ŒUVRE D’ART VISUEL

Samedi 26 mai, INHA, salle Vasari

Programme

9h00 Etienne Jollet, université de Paris I Panthéon-Sorbonne : « Le temps du spectateur : mise en perspective historiographique »

  • 9h30 Valentina Sapienza, université de Tours-CESR et Università Ca’Foscari, Venise : « Pour une réflexion autour des ‘peintures invisibles’ : les Histoires de la Passion de l’église de San Zulian à Venise »
    L’église San Zulian à Venise abrite un cycle de toiles représentant les Histoires de la Passion, exécuté dans les années 1580 par un groupe d’artistes parmi lesquels on retiendra principalement les noms de Jacopo Palma le Jeune, Leonardo Corona, Giovanni Fiammingo et peut-être Domenico Tintoretto. Ce cycle présente une véritable "anomalie" quant à son statut : les peintures, positionnées sur la partie haute des murs de la nef carrée, sont véritablement invisibles. A toute heure du jour, en toute saison et quelles que soient les conditions (naturelles) d’éclairage, la plupart de ces toiles ne se voient pas. A partir de ce cas-limite et dans ce contexte précis, je vous propose de réfléchir autour des mécanismes et des temps de jouissance de la « peinture invisible », à savoir un décor dont la vision est pour le moins problématique.

10h30 Pause

  • 10h45 Colette Nativel, université de Paris I Panthéon-Sorbonne : « Les deux temps de la lecture du tableau dans le De Pictura Veterum » (1694) de Franciscus Junius »
    Se fondant sur la théorie de la réception cicéronienne, Junius propose une théorie de la lecture du tableau qui nourrira la pensée des théoriciens français du second XVIIe siècle. 
  • 11h45 Johannes Grave, université de Bielefeld : « L’esthétique de la réception et la temporalité du regard »
    Inspirés par des théoriciens de la littérature (H. R. Jauss et W. Iser), des historiens de l’art, notamment Wolfgang Kemp, ont développé une méthode qui se focalise sur la relation entre le tableau et le spectateur : la « Rezeptionsästhetik » (l’esthétique de la réception). Cette approche cherche à analyser la manière dont le spectateur est dirigé par l’œuvre même. Tandis que l’esthétique de la réception s’est largement concentrée sur la relation spatiale entre image et spectateur, la manière dont l’œuvre influence le processus de réception dans sa temporalité n’a pas été vraiment questionnée. Nous tacherons d’aborder, a travers l’étude de quelques œuvres romantiques, cette temporalité du regard du « spectateur implicite ».

12h45 repas

  • 14h Raphaël Rosenberg, université de Vienne : “La temporalité de l’œil du spectateur : métaphores littéraires et réalités empiriques »
    Pour décrire une œuvre d’art plastique il faut ranger les phrases d’un texte, ligne par ligne. Il faut décider ce qui va d’abord et ce qui suit. De nombreux auteurs ont alors fait recours à des logiques de narration temporelles. L’une des plus courantes est la description de la temporalité du spectateur.
    Dans son salon de 1767 Diderot oppose longuement les deux grands retables pour le transept de St. Roc des peintres Vien et Doyen. Il plaide la supériorité de Vien et la justifie par sa ligne de composition qui conduit l’œil agréablement en de larges circonvolutions d’un bout à l’autre du tableau. De telles analyses détaillées de la composition sont rares au 18e siècle. Elles deviennent courantes depuis la deuxième moitié du 19e, lorsqu’il s’agit d’une méthode de choix de l’histoire de l’art devenue matière universitaire dans les universités de langue allemande. De nombreux auteurs pensent alors que la raison d’être de la composition est de conduire la vue du spectateur. Les mouvements de l’œil sont évoqués autant comme cause du plaisir esthétique que comme symptôme de son époque ou encore de la nation de l’artiste.
    Mon intervention va se concentrer sur la vérification expérimentale de l’activité de l’œil du spectateur. Je démontrerai que contrairement aux hypothèses de Diderot l’on ne peut percevoir un tableau par des mouvements continus, ni encore courbes, mais que l’œil doit, pour voir, fixer coup à coup, détail par détail et que de brusques saccades relient les fixations. De plus contrairement à une hypothèse courante dans la littérature artistique le balayage visuel ne va jamais de façon systématique d’un bout à l’autre du tableau. L’œil saute de ci et de là, il répète cependant au cours du temps certains chemins et trace ainsi un parcours privilégié qui, en moyenne, équivaut étonnamment  aux descriptions de Diderot et de maints d’autres. Ce constat est rassurant pour l’historien de l’art et il ouvre un nouveau champ de recherches.
  • 15h 30 Kevin Parker, université de Manchester : “The Passing of the Visual Event : Tsai Ming-liang’s Fixed Camera Long Take »
     The paper will consider the pictorialism inherent in the fetishization of the cut in traditional  film theory, will draw on vision science and offer a Whiteheadean take on the thicknesses of visual awareness.

16h 30 Pause

  • 16h45  Raymond Bellour, Ecole des hautes études en sciences sociales : «Corps du spectateur, corps du film, corps du cinéma : problèmes de temporalités » 
    Les relations entre le corps du spectateur et le « corps du film », qui constituent le « corps du cinéma », seront étudiées au double plan micro-temporel et macro-temporel.
  • 17h45  Pascal Rousseau, université de Paris I Panthéon-Sorbonne : « Temporalités de l’immersion : privation sensorielle et perception dans les pratiques contemporaines »
    Analyse d’un corpus d’œuvres, des années 1960 à nos jours,  proposant des dispositifs expérimentaux où l’expérience de « privation sensorielle » induit une série de distorsions temporelles (suspens hallucination négative/positive, anticipation, etc..) qui touchent directement à la question d’une « extension de la vison ». 

17h45 discussion générale

Lieux

  • 2 rue Vivienne (INHA, salle Vasari)
    Paris, France

Dates

  • samedi 26 mai 2012

Mots-clés

  • temps, temporalités, art visuel

Contacts

  • Etienne Jollet
    courriel : ejollet [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Etienne Jollet
    courriel : ejollet [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le temps du spectateur : temporalités du rapport à l'œuvre d'art visuel », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 30 mai 2012, http://calenda.org/208710