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Écrire l'histoire de l'Algérie indépendante

Writing the history of independent Algeria

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Publié le lundi 04 juin 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d'étude « Écrire l'histoire de l'Algérie indépendante » s'inscrit dans le calendrier scientifique du cinquantenaire de l'indépendance algérienne. Elle donne la parole à de jeunes chercheurs en sciences sociales qui, soit de façon directe, soit en aval de leur objet d’étude, travaillent sur l’Algérie contemporaine. Il s’agit, par delà les multiples commémorations, de ménager un espace de débat et de réflexions sur le champ historiographique encore peu balisé de l’Algérie indépendante.

Annonce

Présentation

Jusqu’ici les commémorations du cinquantenaire de 1962 ont été l’occasion de célébrer l’anniversaire de l’indépendance et de la fin de la guerre, et ce, peut-être, au détriment d’un retour sur la naissance de l’Etat algérien contemporain et sur les cinquante années écoulées.
Toujours sujette à polémiques, la période de la guerre d’indépendance algérienne a été très travaillée et trouve pleinement sa place dans le champ académique. L’histoire de l’Algérie coloniale est, quant à elle aujourd'hui, en plein renouvellement, tant par sa connexion au champ international des études coloniales et impériales que par un travail sur le temps long de la colonisation.
En revanche, écrire l’histoire de l’Algérie indépendante demeure à ce jour un défi trop rarement relevé. Après l’indépendance, les publications concernant l’histoire de l’Algérie, de part et d’autre de la Méditerranée, ont d’abord été le fait de sociologues et d’économistes, ou encore de juristes et d’anthropologues, avant que les années 1990, à travers l’analyse de l’ « islamisme » et du « terrorisme », ne la désignent comme objet pour les sciences politiques. Les historiens, marqués par le reflux académique et scientifique qui suivit l’indépendance, et guidés par les exigences politiques de la construction d’un récit national, firent de l’étude de la période impériale et de son sanglant épilogue, une priorité, soutenus dans cette démarche par l’ouverture progressive des archives coloniales.
Par cette journée d’étude, nous souhaiterions donner la parole à de jeunes chercheurs qui, soit de façon directe, soit en aval de leur objet d’étude, travaillent sur l’Algérie contemporaine. Il s’agit, par delà les multiples commémorations, de ménager un espace de débat et de réflexions sur le champ historiographique encore peu balisé de l’Algérie indépendante et d’échanger autour de premiers résultats de recherches.

Des chercheurs tentent en effet aujourd’hui en France de restituer à l’Algérie son histoire contemporaine. La remise en cause de 1962 comme une rupture dans tous les domaines apparaît alors comme un premier axe d’interrogations fécond : certains phénomènes politiques, sociaux ou culturels perçus comme propres à l’Algérie indépendante étaient déjà à l’œuvre en Algérie colonisée. De façon symétrique, l’appareil administratif et étatique algérien ne sortit pas tout casqué de l’indépendance. Ainsi, les processus de structuration sociale et les stratégies identitaires qui sont en jeu dans l’élaboration de la nation ne peuvent être appréhendés dans la seule année 1962.
Au delà des problématiques de la rupture et de la transition, le regard de l’historien se doit également d’embrasser ce demi-siècle dans sa globalité. Emancipée de la domination française, comment l’Algérie s’est-elle positionnée dans le jeu des relations internationales ? Comment mesurer l’impact des réformes économiques et sociales menées sous l’ère du parti unique ? Les séquences de 1988 et de la « décennie noire » invitent par ailleurs à une étude de la structuration de l’appareil d’Etat, des modalités de la vie partisane, des régionalismes et enfin des violences effectives et symboliques qui sont à l’œuvre dans ces processus.
Nous souhaiterions, dans une perspective épistémologique, échanger autour du « terrain algérien » et en interroger les spécificités : Quelles conséquences pratiques les usages politiques de l’histoire ont-ils sur l’enquête historienne ? Quelles alternatives à une approche institutionnelle envisager alors, notamment via les archives privées et les sources orales ? Comment mettre en place une démarche pluridisciplinaire féconde ? Telles seront les questions qui guideront cette journée.

Organisateurs :

  • Julie Champrenault (CHSP-Sciences-Po Paris)
  • Augustin Jomier (CERHIO-Université du Maine)

Programme

9h : accueil et introduction par les organisateurs.

Julie Champrenault (CHSP-Sciences Po) et Augustin Jomier (CERHIO-Université du Maine).

9h30 - 12h30 : Rupture ou transition ? 1962 en questions

Présidente : Fanny Colonna (CNRS).

  • Annick Lacroix (ISP-ENS Cachan) : « La transition administrative : les coopérants techniques dans le secteur des Postes et Télécommunications (1962-1971) ».
  • Julie Champrenault (CHSP-Sciences Po) : « La transition culturelle en Algérie indépendante : des scènes coloniales au Théâtre national ».
  • Jan C. Jansen (Université de Konstanz) : « Gérer l’héritage mémoriel – "rapatrier" ou "algérianiser" la mémoire ? ».
  • Augustin Jomier (CERHIO-U du Maine) : « La République au Mzab (1962-1969) ».

12h30 – 14h : déjeuner.

14h – 17h30 : Pour une histoire de l’Algérie indépendante

Président : Jean-Pierre Séréni (Le Monde Diplomatique).

  • Pierre-Jean Le Foll-Luciani (CERHIO-Université Rennes 2) : « Quelques pistes sur l’histoire du communisme algérien après l’indépendance ».
  • Tristan Leperlier (CESSP-EHESS) : «Littérature algérienne : histoire d’une catégorisation ».
  • Fanny Gillet (CHSIM-EHESS) : « La création artistique en Algérie après l’indépendance : origine de la modernité et régime du symbolique ».
  • Farida Souiah (CERI-Sciences Po) : « L’émigration-immigration algérienne ».
  • Malika Rahal (IHTP-CNRS) : « Pour une histoire de l'Algérie contemporaine : entre-soi et paroxysme ? »

17h30 : Conclusions Julie Champrenault et Augustin Jomier.

Lieux

  • 96 Boulevard Raspail (IISMM)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 15 juin 2012

Mots-clés

  • histoire, Algérie, indépendance, transition

Contacts

  • Julie Champrenault
    courriel : juliechamprenault [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Julie Champrenault
    courriel : juliechamprenault [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Écrire l'histoire de l'Algérie indépendante », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 04 juin 2012, http://calenda.org/208786