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Étrangers en Tunisie, Tunisiens à l’étranger

Foreigners in Tunisia, Tunisians Abroad

Les politiques publiques à l’épreuve de la société civile, de l’indépendance à nos jours

Public Policies and Challenges for Civil Society

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Publié le lundi 04 juin 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Aujourd’hui, la politique tunisienne de gouvernance migratoire est en pleine mutation, dans la mesure où le processus révolutionnaire impose de nouveaux rapports avec les migrants. Ce changement est lié aussi bien aux transformations politiques qu’au foisonnement des corps intermédiaires. Ceci appelle à des réflexions aussi bien sur la quête et l’usage « des matériaux de la connaissance » que sur les paradigmes. L’analyse des politiques publiques menées à l’égard des migrants en Tunisie (immigrés et émigrés) et des Tunisiens dans les pays d’accueil est un objectif principal de cette rencontre. Il importe également de dresser un état des lieux de l’action des associations qui opèrent auprès des migrants en Tunisie et dans les pays d’accueil. Le colloque aura lieu les 11, 12 et 13 octobre 2012.

Annonce

1. Contexte de l’appel à proposition

Les questions inhérentes aux mouvements de migrations concernent les politiques menées par les États du pourtour de la Méditerranée mais également les individus, leurs proches, et l’action associative. Pendant longtemps la politique migratoire extérieure de la Tunisie a été dictée par les pratiques des régimes dictatoriaux, utilisant la question migratoire à des fins diplomatiques, notamment avec les pays voisins, dont ceux de l’Union européenne. En outre, l’État tunisien a imposé, durant des décennies, une logique policière et clientéliste à ses émigrés installés à l’étranger.

Aujourd’hui, la politique tunisienne de gouvernance migratoire est en pleine mutation, dans la mesure où le processus révolutionnaire a imposé de mettre au premier plan la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux. Cette nouvelle orientation a été consolidée par un véritable foisonnement des corps intermédiaires qui - à travers le développement du tissu associatif en particulier de soutien aux migrants - conforte les nouvelles dispositions de l’État tunisien.

Ce rapport - inédit en Tunisie - entre les instances institutionnelles et les organes nés de la mobilisation d’individus, incite à développer une réflexion tant sur les modalités des formes d’action que sur leurs conséquences à court et moyen terme. Afin de consolider une politique migratoire cohérente qui prenne en considération aussi bien le respect des droits de l’Homme que les équilibres sociaux, économiques et politiques du pays, une évaluation sur le long terme de l’expérience nationale en matière de gouvernance migratoire et une présentation du rôle joué par la société civile s’imposent.

2. Portées

Cet exercice fournira des éléments permettant de préciser les politiques migratoires de la Tunisie et ses rapports avec ses partenaires étrangers (européens principalement). D’autre part, l’entreprise consiste à donner plus de visibilité aux liens existants ou en train de se tisser avec la société civile. Cette démarche se présente également comme une ouverture de la réflexion locale sur les expériences étrangères, afin d’établir des comparaisons et de fournir des ressources tant théoriques que pratiques, nécessaires à une gouvernance optimale, donc respectueuse des droits fondamentaux de la personne.

Nous ne pouvons isoler cette rencontre de son contexte scientifique. Les travaux relatifs aux migrations - depuis et vers la Tunisie - dans la période post-coloniale restent, aujourd’hui, le parent pauvre des recherches universitaires. En effet, jusqu’à l’an passé, les enquêtes de terrains étaient soumises à de nombreuses restrictions et les archives administratives tunisiennes inaccessibles aux chercheurs. Par ailleurs, les études commanditées par des organismes, aussi bien gouvernementaux qu’intergouvernementaux, demeurent trop ponctuelles et souvent tributaires de schémas d’interprétation dominants. Cette rencontre, donnera l’occasion de lancer une dynamique permettant de renforcer les liens entre l’administration, les structures universitaires, les chercheurs et le tissu associatif.

3. Axes

C’est pourquoi, cette rencontre, donnera l’occasion de lancer une dynamique permettant de renforcer les liens entre les institutions, les structures universitaires et les corps intermédiaires de la société tunisienne.

Une présentation d’un état des lieux des recherches relatives aux migrations vers la Tunisie et à la situation des immigrés tunisiens à l’étranger est, par conséquent, indispensable tant dans la dimension temporelle que spatiale. Une analyse des enquêtes réalisées par les experts représente également un objectif principal de cette rencontre scientifique. Il va de soi que l’identification des dépôts d’archives et l’étude des perspectives de valorisation de la mémoire des migrants font partie des pistes privilégiées. Ceci appelle à des réflexions aussi bien sur la quête et l’usage « des matériaux de la connaissance » que sur les paradigmes.

L’analyse des politiques publiques menées à l’égard des migrants en Tunisie (immigrés et émigrés) et des Tunisiens dans les pays d’accueil sur une période relativement longue est indispensable à l’heure où l’Etat tunisien identifie ses propres repères, afin de réorienter sa politique vis-à-vis de ses nationaux et des étrangers installés sur son territoire. Le bilan portera sur les aspects économiques, sociaux, politiques et juridiques de la question.

Il importe également de dresser un état des lieux du tissu associatif (ONG) qui opère auprès des migrants, afin de l'aider à prendre un rôle plus important dans la gestion de la mobilité des individus. Cette thématique tirera des enseignements du passé, prendra en considération la dynamique de la société civile dans la période post-révolutionnaire et se projettera dans l’avenir avec l’ambition de promouvoir les droits humains et la démocratie.

Les propositions pourront prendre en considération l’une des thématiques soulignées plus haut ou tenter de répondre, dans une démarche transversale, à l’imbrication entre la circulation des hommes en tant que stratégie individuelle et familiale ; les politiques publiques et l’action de la société civile.

Modalités de soumission

Les propositions d’interventions (2000 caractères espaces compris) sont à adresser au coordinateur du colloque Riadh BEN KHALIFA (ben.khalifa.riadh@gmail.com)

avant le 30 juin 2012.

  • Les auteurs des propositions seront informés de la réponse du comité scientifique, avant le 10 juillet 2012.
  • Le colloque aura lieu les 11, 12 et 13 octobre 2012.

Comité scientifique :

  • Riadh BEN KHALIFA (Maître-assistant / Université de Tunis)
  • Hassen BOUBAKRI (Professeur/ Université de Sousse)
  • Piero-Dominique GALLORO (Maître de conférences/Université de Lorraine)
  • Jean-Pierre CASSARINO (Professeur/Centre Robert Schuman de l’Institut Universitaire Européen)
  • Yvan GASTAUT (Maître de conférences/Université de Nice)
  • Hassène KASSAR (Maître de conférences/Université de Tunis)
  • Kamel KETEB (Chargé de recherches/INED)
  • Zouhair TRIMECH (Maître-assistant/Université de Jendouba)
  • Hocine ZEGHBIB (Maître de conférences/Université Paul Valéry Montpellier III)

Organisateur : Secrétariat d’État à l’immigration et aux Tunisiens à l’étranger

Lieux

  • Tunisie), 27 bd Bab Bnet (Secrétariat d'Etat à l'immigration et aux Tunisiens à l'étranger)
    Tunis, Tunisie

Dates

  • samedi 30 juin 2012

Mots-clés

  • Migrations, politiques publiques, société civile, Tunisie

Contacts

  • Riadh Ben Khalifa
    courriel : ben [dot] khalifa [dot] riadh [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Riadh Ben Khalifa
    courriel : ben [dot] khalifa [dot] riadh [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Étrangers en Tunisie, Tunisiens à l’étranger », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 04 juin 2012, http://calenda.org/208792