AccueilCrises critiques

Crises critiques

Un sujet, une posture, une écriture en dialogue

*  *  *

Publié le lundi 11 juin 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Pour la troisième année consécutive, les doctorants de l’Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC, CNRS-EHESS) organisent des journées doctorales en décembre 2012 à Paris. Le thème de la crise animera notre rencontre avec le désir de la penser en un sens critique. Comme sujet, elle interviendra selon un angle économique, social et culturel. Il s’agira d’interroger « La Crise » à travers les dynamiques qu’elle induit et les nouveaux terrains qu’elle produit. En un sens méthodologique, nous évoquerons aussi les crises de terrains vécues et travaillées par les jeunes chercheurs. Pour mettre en avant le processus d’écriture et l’interdisciplinarité, nous invitons chaleureusement des contributions montrant l’effort de faire dialoguer diverses disciplines.

Annonce

Appel à contributions 3ème journées doctorales de l'iiAC : CRISES CRITIQUES.  Un sujet, une posture, une écriture en dialogue

Argumentaire

Pour la troisième année consécutive, les doctorants de l’Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain (IIAC, CNRS-EHESS) organisent des journées doctorales dans l’objectif de partager entre jeunes chercheurs des questions soulevées par la réalité sociale et scientifique contemporaine. L’IIAC fédère cinq laboratoires de recherche autour de la question du contemporain : le Centre Edgar Morin (CEM), le Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (LAHIC), le Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS), l’équipe Anthropologie de l’écriture et le Laboratoire d’anthropologie urbaine (LAU).

En héritant des travaux nombreux et variés de chaque équipe, nous désirons cette année souligner les crises critiques à travers deux thématiques et un angle épistémologique. Il y a 36 ans, Edgar Morin et André Béjin, dans un numéro de Communications dédié entièrement à la notion de « crise » (1976, n°25), soulignaient l’importance d’expliquer ce concept devenu une notion d’application très générale. Dans les réalités des crises du temps présent, nous revenons avec cette notion forgée et utilisée dans plusieurs disciplines, afin non pas de débattre sur son ambivalence, mais de discuter sa polyvalence. La crise sera ainsi traitée sous l’angle des dynamiques sociales, culturelles, économico-politiques qu’elle engendre et elle sera mobilisée afin d’échanger sur l’expérience, parfois problématique, perçue et travaillée par les jeunes chercheurs sur le terrain et dans le dialogue que l’apprenti-chercheur engage avec d’autres disciplines.

Deux thématiques :

1. Un sujet :

Dans un contexte de « crise » sociale, économique et politique annoncée et répétée au niveau mondial, il serait question de prendre la « crise » non comme une fracture figée mais au contraire un moteur/générateur de dynamiques qui met à l’épreuve la capacité d’adaptation et de réappropriation des acteurs à toutes échelles confondues. Au niveau des mouvements sociaux, les transformations des modalités d’action (autogestion, dé-/re-territorialisations, nouvelles revendications,…), des motifs et des modes de regroupement mais aussi du thème révolutionnaire pourront guider nos pas. Au niveau économique, que dire des nouveaux terrains ouverts sur les économies souterraines en marge d’un marché aux règles parfois intenables ou des économies dites « alternatives » mais encadrées par des institutions locales, nationales ou internationales ? Au niveau institutionnel, nous pourrons insister sur les dynamiques « bottom up » et « top down ». Ceci invitera à montrer le rôle des fonctionnaires et employés au sein des actions institutionnelles et des différents systèmes de gouvernance à des niveaux multiples (de la commune au supra-national). Micro comme macro-ethnographies sont les bienvenues.

2. Une posture méthodologique:

Tout jeune apprenti chercheur s’interroge sur les liens qu’il noue avec son terrain. Il a connu ou connaît des situations problématiques, ambiguës et parfois conflictuelles dans la production et la réalisation de son terrain. C’est souvent l’occasion de s’interroger sur les relations, les méthodes et les démarches à déployer avec ses informateurs et toutes les structures rencontrées au cours de son enquête. Quelques questions en guise d’exemples : Comment construire et penser son engagement ou non pour la cause de ses enquêtés quand on commence à peine dans le métier de chercheur ? Quels sont les enjeux de la circulation des matériaux parmi celles et ceux que le jeune chercheur étudie et avec qui il travaille ? Quels outils pratiques établir ou non avec ses informateurs (lettres-accords pour les entretiens, formalisation d’un lien avec l’institution qui accueille une recherche sur elle-même, etc.) ?

Par ailleurs, la tradition ethnographique invite souvent à s’éloigner de son institution d’attache. Ces situations problématiques paraissent parfois plus ardentes quand le jeune chercheur se trouve très isolé et loin. Nous invitons donc à partager ces expériences de solitude physique et méthodologique ainsi que les solutions trouvées sur place.

Toutes ces situations induisent aussi une démarche d’écriture complexe lors de la rédaction de la thèse ou de publications. Peut-on tout écrire mais surtout tout publier ? Comment peut-on éluder sans trahir ? Comment être à l’aise avec toutes ces questions pour laisser libre cours à sa pensée ?

Une réflexion épistémologique sur l’écriture en dialogue :

Dans le cadre des deux thématiques précédentes nous sommes intéressés par des communications qui mettront en avant un processus de réflexion et d’écriture autour du dialogue entre les disciplines. Des parcours transversaux caractérisent en effet de plus en plus la réalité scientifique contemporaine. On voit apparaître au fur et à mesure des revues thématiques ou des colloques ouvrant des échanges entre chercheurs provenant des disciplines les plus disparates. Des formations interdisciplinaires visent également à former les nouveaux chercheurs autour du dialogue entre disciplines, seuls ou collectivement. Le doctorant tente ainsi de faire travailler plusieurs voix, plusieurs approches, plusieurs manières de penser la/les réalité/s socioculturelle/s qu’il étudie. Pourtant, à l’heure où il rend sa thèse, il doit montrer qu’il peut être un chercheur spécialisé en anthropologie, en sociologie, en histoire, en psychologie, etc. Comment construire ces dialogues et ces échanges, surtout quand on débute et que le milieu académique s’apprête à juger un travail de thèse ? Nous invitons ainsi à soumettre des propositions intégrant des exemples précis de processus d’écriture, de soutenance ou de publication.

Ainsi, dans cette rencontre à vocation interdisciplinaire, les propositions intégrant de manière explicite les axes de réflexion proposés avec une mise en avant du travail de liaison des matériaux empiriques et des éléments de réflexion théorique et méthodologique seront très appréciées. Il s’agit ici d’inviter à discuter et débattre sur la construction de nos travaux comme de nos positions épistémologiques et critiques dans un souci de partage et d’enrichissement. Une attention particulière sera effectivement apportée au résultat de la recherche doctorale afin de donner quelques contributions concrètes au champ d’étude auquel chaque intervenant appartient. 

Références:

  • Morin, E. (1968), « Pour une sociologie de la crise », Communications, n°12 : 2-16.
  • Morin, E. et Béjin, A. (eds.) (1976), Communications. La notion de crise, n°25.

Modalités de soumission

Merci d’envoyer un résumé de 300 mots à l’adresse mail jdoctoralesiiac2012@gmail.com

pour le 30 juillet au plus tard.

  • La sélection des propositions sera communiquée aux auteurs vers fin juillet. Un texte plus long sera demandé aux personnes sélectionnées un mois avant les journées doctorales.
  • Les journées d’études auront lieu à Paris le 12 et le 13 Décembre 2012.

Comité d'organisation:

Marina Ciceron, Giulia Colavolpe Severi, Giada Danesi, Maria Kokkinou, Lucille Lisack, Cécile Livenais, Noémie Merleau-Ponty, Miorintsoa Razafindrakoto et Fong Ming Yang.

Dates

  • lundi 30 juillet 2012

Mots-clés

  • crise, critique, contemporain, écriture interdisciplinaire, terrain.

Contacts

  • Giada Danesi
    courriel : jdoctoralesiiac2012 [at] gmail [dot] com
  • Noemi Merleau-Ponty
    courriel : jdoctoralesiiac2012 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Giada Danesi
    courriel : jdoctoralesiiac2012 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Crises critiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 11 juin 2012, http://calenda.org/208882