AccueilHistoire et langage colonial

Histoire et langage colonial

Colonial history and language

Questions sur la décolonisation du langage

Questions on the decolonisation of language

*  *  *

Publié le lundi 11 juin 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Journée d'études ayant comme objectif d'interroger dans une approche transdisciplinaire et comparative, l’usage des concepts, termes, mots et toponymies, catégorisations sociales et géopolitiques qui pérennisent ou entretiennent en des termes lin- guistiques et discursifs, les marques du racisme. Partant de leurs formations respectives, les participants se concentreront sur la représentation du « Nègre » dans les langues de source latine, anglo-saxone, africaine, caribéenne et arabo-magrébine, voire orientale.

Annonce

Présentation

Le langage est un vecteur de la communication humaine, qui se manifeste par différents modes de transmission, notamment le médium de la langue. La langue est caractérisée par l’utilisation de signes ou de symboles ver- baux pour l’expression de ce qui est perçu, senti et pensé. Elle remplit à la fois, les fonctionnalités : de collecteur d’informations, de mémoire collective, de diffuseur et de révélateur des structures sociales et culturelles, mais aussi de constructeur de stéréotypes. Dans le contexte de l’Afrique et au-delà de ses espaces, ces clichés vont inscrire d’une part, dans la mémoire collective, une représentation inférieure des personnes d’origine et d’ascendance africaine. D’autre part, la représentation de « Nègre », fort et virulent, doté dans le domaine artistique ou du sport, était aussi une imaginaire produite autour de ces langages coloniaux. Plusieurs expressions nées de la traite négrière, de l’esclavage, de la colonisation et de l’apartheid participent de cette représentation.

La décolonisation du langage n’a pas eu lieu, car ces métaphores reflètent ou révèlent encore aujourd’hui, les représentations et pratiques d’antan. Une tentative de déconstruction s’opère durant la période de l’entre-deux guerres, avec le mouvement de Renaissance de Harlem, qui se met en place avec les précurseurs que furent W.E.B Dubois et Hughes Langston. Claude McKay, Richard Wright. Cette première Négritude forgée par les afro-descendants des Etats-Unis et de la Caraïbe, inspirera les pères fondateurs du concept de la Négritude.

Il s’agit d’interroger dans une approche transdisciplinaire et comparative, l’usage des concepts, termes, mots et toponymies, catégorisations sociales et géopolitiques qui pérennisent ou entretiennent en des termes linguistiques et discursifs, les marques du racisme. Partant de leurs formations respectives, les participants se concentreront sur la représentation du « Nègre » dans les langues de source latine, anglo-saxone, africaine, caribéenne et arabo-magrébine, voire orientale. Cette journée d’études s’articulera autour de trois axes principaux de réflexion :

I- Histoire et rémanence des stéréotypes coloniaux dans le langage

Nombre d’expressions courantes sont les vestiges des rapports de domination qui sont nés de l’esclavage et de la colonisation. Les questionnements visent à saisir les raisons de sa perpétuation, malgré les transformations sociales. La permanence de cet héritage linguistique n’est-elle pas une marque de ce continuum historique ? Cet anachronisme n’atteste-t-il pas du racisme qui reste lisible dans nos sociétés ?

II- Rapports de domination, lieux et vestiges linguistiques

La question des rapports sociaux permettra de mettre en relief, les échelles spatio-temporelles d’analyse pour souligner l’influence négative, conservée dans les langues usitées dans les espaces du commerce des captifs africains, de manière à ce que le sujet soit abordé sous d’autres angles.

III- Impacts politique, économique et socio-culturel

Aujourd’hui, l’héritage linguistique témoigne encore de cette stigmatisation, en divers points du globe où les inégalités sociales, culturelles donnent quelques clés de lecture. Aussi de nouvelles questions se présenteront aux intervenants, notamment dans le domaine des termes économiques de la coopération.

Programme

Mot de bienvenue : 09h00
Jean-Paul Colleyn, directeur du Centre d’études africaines
Jean Hébrard, directeur du Centre d’études contemporaines du Brésil

Conférence inaugurale: 09h30

  • Elikia M’Bokolo, historien, directeur d’études, CEAf-EHESS/IRD

Axe I – Histoire et rémanence des stéréotypes coloniaux

Modératrice :
Caterina Madeira, historienne, maître de conférences, CEAf-EHESS/IRD

Intervenants :
  • 10h00 : Myriam Cottias, historienne, directrice de recherche, CNRS-CIRESC Mayotte Capecia : Stéréotype, histoire et biographie
  • 10h30 : Jan Lundius, anthropologue et historien, chargé de programme à l’UNESCO Rôle et influence de la religion
  • 11h00 : Blondin Cissé, docteur en philosophie politique, Université Paris VII La construction intellectuelle de la notion de race au19eme siècle Débat/Pause

Axe II – Rapports de domination, lieux et vestiges

Modérateur :
Lazare Ki-zerbo, Philosophe, Responsable de projet à l’O.I.F

Intervenants :
  • 12h00 : Dieudonné Gnammankou, historien et philologue slavisant, Docteur de l’EHESS-Paris Etude terminologique et recherche historique sur les Africains en Russie
  • 12h30 : Sylvie Challaye, anthropologue des représentations coloniales, directrice de l’Institut d’études théâtrales, Université Paris III Ces mots réducteurs de tête
  • 13h00 : Alain Kiyindou, professeur en sciences de la communication, Université Bordeaux III Technologies de l’information et de la communication : nouveaux vecteurs de la colonisation ?
Pause déjeuner

Axe III - Impacts politique, économique et socio-culturel

Modérateur :
Franck Salin, rédacteur en chef d’A+ Magazine, écrivain.

Intervenants :
  • 14h30 : Alain Hazoumé, avocat à la cour de Paris, écrivain Entretien avec Joanes Louis, Doctorant en droit privé, Université Paris XIII.
  • 15h00 : Ngalasso Mwatha Musanji, sociolinguiste, deirecteur du Centre d’études linguistiques et littéraires francophones et africaines, Université Bordeaux III Décoloniser le langage en Afrique
  • 15h30 : Kae Amo, doctorante en anthropologie, CEAf-EHESS/IRD Du « décolonialisme » à la patrimonialisation culturelle.
Débat / Pause

Modérateur :
Romuald Fonkoua, Professeur de littérature française et africaine, Strasbourg II Rédacteur en chef de présence africaine

Intervenants :
  • 16h10 : Jacques Sapir, économiste, directeur d’études, IRSES-MSH/EHESS Entretien avec Edgar Hazoume, Économiste et Ecrivain
  • 17h00 : Christine Chivallon, anthropologue et géographe, LAM-CNRS, Bordeaux III Patronymes coloniaux décolonisés à la Martinique
  • 17h30 : Edwige Gbaguidi, consultante en politiques culturelles, Master 2, CEAf-EHESS/IRD Synthèse des communications
Débat général

Conclusion :
Roland Colin, anthropologue, économiste et responsable associatif

Lieux

  • 105 bd Raspail (EHESS, Amphithéâtre Furet)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 15 juin 2012

Mots-clés

  • décolonisation, Afrique, langage, racisme

Contacts

  • Aline dell'Orto
    courriel : aline-dellorto [at] live [dot] com

Source de l'information

  • Aline dell'Orto
    courriel : aline-dellorto [at] live [dot] com

Pour citer cette annonce

« Histoire et langage colonial », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 11 juin 2012, http://calenda.org/208932