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Questions sur nos collections

Libraries and Religious Legacies

Un colloque sur les « déplacements de populations de livres »

A conference on "displaced populations of books"

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Publié le mardi 12 juin 2012 par Elsa Zotian

Résumé

De nombreuses organisations religieuses ont choisi de confier à des institutions publiques la conservation, la gestion et l’inventaire de leurs bibliothèques et de leurs collections de documents, d’objets ou œuvres d’art. Le colloque propose a pour but d’explorer les enjeux et les implications de ce changement de mains, non seulement pour ces collections mais aussi pour l’héritage culturel et religieux qu’elles représentent. Alors que leur rôle n’est plus de fondation ni d’autorité, comment ces collections deviennent-elles elles-mêmes documents d’archives ? Comment témoignent-elles de l'histoire de leurs premiers propriétaires et lecteurs ? Comment disent-elles une vie religieuse ? En formulant par ce colloque les nouveaux contextes des « populations déplacées » de livres nous élaborerons ensemble les outils méthodiques, théoriques et pratiques pour comprendre et choisir notre construction comme citoyens et héritiers.

Annonce

Argumentaire

Un colloque sur les collections patrimoniales, la mémoire et l’identité

La présence et le statut des institutions religieuses au Canada ont été profondément transformés dans les dernières décennies : voici que ces organisations, notamment les groupes chrétiens traditionnels, semblent avoir perdu la place prédominante qui fut la leur et se trouvent dan l’obligation de se séparer de leurs collections patrimoniales. Quel est le sort de ces livres et objets ?  Faute de personnel, de compétence, ou plus simplement de ressources financières, de nombreuses organisations ont choisi de confier à des institutions publiques la conservation, la gestion et l’inventaire de leurs bibliothèques et de leurs collections de documents,  d’objets ou œuvres d’art. Le colloque proposé a pour but d’explorer les enjeux et les implications de ce changement de mains, non seulement pour ces collections mais aussi pour l’héritage culturel et religieux qu’elles représentent. Alors que leur rôle n’est plus de fondation ni d’autorité, comment ces collections deviennent-elles elles-mêmes documents d’archives ? Dans une société profondément séculaire, nos modernes musées et bibliothèques en assurent-ils la mémoire ou bien, paradoxalement, l’oubli ?

Les bibliothèques jouent un rôle essentiel dans la constitution et la transmission de nos patrimoines textuels. Ensemble avec les chercheurs, les étudiants, les professeurs et avec les communautés civiles, elles ont pour fonction légitime de préserver la mémoire et de proposer des clés pour comprendre le présent. Or, comment penser l’articulation entre tradition et  discours sur la société actuelle lorsque certaines collections semblent avoir perdu intérêt et pertinence pour le lectorat moderne ?  La provenance, la rareté, l’ancienneté suffisent-ils à justifier valeur et conservation ? Ces collections, dans la documentation de leurs origines et usages,  témoignent justement de l’histoire de leur composition, circulation et utilisation ; elles racontent également l’histoire des individus et institutions qui les ont assemblées et maintenues.  Ainsi, les livres de bibliothèques patrimoniales acquièrent le statut second de documents : au-delà des textes qu’ils portent, ils sont la trace des actions et transactions de leurs propriétaires successifs. En cela, ils font doublement partie de la mémoire collective des communautés civiles.

La nouvelle mission publique, civique, des archives canadiennes redéfinit ainsi le rôle des bibliothèques. Dans les salles de réserve de nos universités et archives, s’invente ainsi un nouvel usage du “patrimoine religieux”, qui ouvre, pour des collections désormais privées de leurs destinataires initiaux, la dimension d’une mémoire publique et partagée. Le colloque proposé est conçu comme un dialogue sur le sort des collections patrimoniales religieuses, entre la communauté des chercheurs et celle des conservateurs,  bibliothécaires et archivistes ; il recueillera, formulera et fera connaître les discours et pratiques de ces différents groupes face au transfert avéré de ces fonds. Placé juste après une rencontre entre légataires et légateurs des communautés catholiques de Victoria —rencontre qu’il complémente et continue —, le colloque se donne pour objet de renouveler, par le dialogue  et l’enquête, la définition des mandats de conservation et de dissémination dans les contextes canadiens actuels, et plus largement en Amérique du Nord.

En effet, la métamorphose récente de nombreux fonds religieux en collections ouvertes au public a profondément changé leur statut. Ces fonds, à l’origine privés, furent le plus souvent assemblés pour répondre aux besoins spécifiques d’une organisation religieuse: par exemple, on y trouve dossiers personnels, rapports des paroisses, congrégations et missions, renseignements spirituels ou matériels sur la pratique religieuses, expansion ou déclin des groupes etc. Leur accès était limité aux ordres commanditaires et aux lecteurs recommandés par ces ordres. Des réductions de ressources matérielles ainsi que de personnel ont imposé leur transfert auprès d’institutions publiques. La conservation et la mise à disposition de ces collections commence ainsi par la reconnaissance du contexte historique et de l’ethos qui présidèrent à leur constitution. Par ce moyen, devenu méthode, les chercheurs et lecteurs pourront accéder aux documents et objets tout en respectant et comprenant les intentions de premiers et précédents propriétaires.

Or les fondations culturelles transmises par les bibliothèques d’institutions religieuses définissent notre mémoire collective mais aussi notre identité contemporaine : leur transfert est alors le pivot où nous pouvons trouver notre par la connaissance et la reconnaissance de nos héritages. Il est facile d’imaginer de nouvelles lectures pour les fonds patrimoniaux: histoire de l’art, bibliologie, muséologie fournissent de nouveaux contextes et de nouveaux formats comme les cours, ateliers, expositions qui renouvelleront les publics perdus.  Cependant ces ouvertures ne sauraient ignorer la question de la nouvelle légitimité: dans ces nouveaux contextes qui, de facto, contrôle ou choisit la pertinence et le sens de ces collections ? Ces décisions engagent responsabilités et voies de transmission : il est urgent que nous en débattions, ensemble, et avec rigueur, tout comme il est urgent que ces bibliothèques orphelines et maintenant adoptées sortent des cartons et reçoivent les soins de restauration, organisation, description et présentation qui leur garantiront lectorat et sens.

En formulant et recueillant par ce colloque les modalités de l’accueil et de la mise en contexte des « populations déplacées » de livres au Canada et plus largement en Amérique du Nord, nous élaborerons et partagerons les outils méthodiques, théoriques et pratiques pour comprendre et choisir notre construction comme citoyens et héritiers.

Le colloque invite des sessions et communications sur :

  • Le destin des collections religieuses adoptées par les bibliothèques publiques / universitaires
  • Les bibliothèques de tradition catholique dans les collections d’Amérique du Nord
  • Quels partenariats institutionnels pour la conservation des fonds patrimoniaux ?
  • Initiatives pour faire connaître et faire vivre les collections auprès de nouveaux lecteurs
  • Quelles nouvelles légitimités penser pour transmettre l’héritage culturel ?
  • Les nouveaux rôles des bibliothèques : au centre des collaborations entre institutions
  • Comment penser, et selon quels discours, la sécularisation de collections religieuses ?

Conditions de soumission

  • Les propositions de communications (20 minutes) ou de sessions (3 communications) doivent parvenir aux organisateurs

avant le 15 août 2012. 

  • Elles peuvent être faites sur la page http://conferences.uvic.ca/index.php/library/LiRL/ (après le 20 juin) ou être envoyées par courriel à l’adresse hcazes@uvic.ca

Elles doivent comporter les renseignements suivants:

  • Nom (Nom de famille, Prénom, Initiales)
  • Organisation (donner le nom officiel en entier)
  • Département/Faculté
  • Pays
  • Adresse électronique
  • Diplômes, en précisant la discipline, en commençant par le plus récent (8 lignes max.)
  • Postes récents ou en rapport avec le colloque, en commençant par le plus récent (10 lignes max.)
  • Publications récentes ou en rapport avec le colloque, (15 lignes max.)
  • Titre de la communication (150 signes max.)
  • Résumé de la communication (150 mots max.)

University of Victoria, British Columbia –29-31 mai, 2013

(Précédé par deux jours sur “Catholic Legacies in Victoria” en partenariat avec la communauté, dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l’Université de Victoria 50th ; suivi par le congrès Annuel de la Fédération Canadienne des Sciences Humaines)

Comité scientifique

  • Jonathan Bengtson (Head Librarian, University of Victoria)
  • Paul Bramadat (Director of the Centre for Studies in Religion and Society, University of Victoria)
  • Judith Rice Henderson (Professor, Department of English, University of Saskatchewan)
  • Claude La Charité (Chaire de Recherche en Histoire du Livre/IMAQ, Professeur, Université du Québec à Rimouski)
  • Hélène Cazes (Associate Professor,Département de Français, University of Victoria)

Lieux

  • Canada), University of Victoria
    Victoria, Canada

Dates

  • mercredi 15 août 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • bibliothèques, patrimoine, collections, catholicisme, missions, colonialisme

Contacts

  • Hélène Cazes
    courriel : hcazes [at] uvic [dot] ca

Source de l'information

  • Hélène Cazes
    courriel : hcazes [at] uvic [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Questions sur nos collections », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 juin 2012, http://calenda.org/208945