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Comment cartographier les récits documentaires et fictionnels ?

Mapping Methodologies : Factual and Fictional Texts

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Publié le mardi 12 juin 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d’études, organisée le 16 novembre 2012, s’inscrit dans le cadre du programme LIDO (« Des lieux, des œuvres ») de la MSH de Clermont-Ferrand. Elle a pour objectif d’explorer diverses méthodes permettant de « traduire » en langage cartographique le langage textuel (œuvres de fiction, récits documentaires ou discours historiques) et conduire des réflexions sur les relations entre narrations et cartes. Cette rencontre scientifique se déroulera en parallèle de la treizième édition du « Rendez vous du carnet de voyage ».

Annonce

Argumentaire

Cette journée d’études, organisée le 16 novembre 2012, s’inscrit dans le cadre du programme LIDO (« Des lieux, des œuvres ») de la MSH de Clermont-Ferrand.

La cartographie, terme né à la fin du XIXe siècle, renvoie aujourd’hui à toute une série de pratiques pluridisciplinaires. Selon Turnbull, cartographier signifie en général « assembler des savoirs locaux », savoirs qui sont de nature fondamentalement géographiques. Ainsi, cartographier les villes, les campagnes, les mers et les paysages, les lieux et les espaces contribuent à l’élaboration de géographies réelles et fictionnelles qui exercent une influence politique et économique, sociale et culturelle. Ainsi, relève Casti, la cartographie est aussi devenue « une théorie des actes cognitifs et des technologies par lesquels l’homme réduit la complexité environnementale et s’approprie intellectuellement le monde ». La cartographie est donc aussi un « instrument d’interprétation du monde », un langage, mobilisé tant pour essayer de rendre compte du réel (cartes documentaires des voyageurs, des géographes) que de l’imaginaire (cartes jointes à des romans, des bandes dessinées).

Nous tenterons lors de cette journée de proposer des méthodologies pour « traduire » en langage cartographique le langage textuel des œuvres littéraires, des récits documentaires ou les discours historiques (relayé par exemple dans les musées, les expositions, les circuits touristiques). En ce qui concerne l’écrit, la question que pose Shrayer est tout à fait pertinente : comment représenter avec une précision optimale un espace en trois dimensions au travers de mots imprimés sur une page en deux dimensions ? On peut également se demander comment cartographier le discours historique tel qu’il est exprimé dans des lieux touristiques et patrimoniaux, dans les musées et les expositions?

Bien souvent nourri par un imaginaire de lieux, l’écrit littéraire a partie liée avec la géographie. Daniels et Rycroft avancent l’hypothèse que la forme littéraire est géographique de façon inhérente car le monde du roman est fait d’emplacements et de milieux, de territoires et de frontières, de perspectives et d’horizons. Des espaces et des lieux sont investis et imaginés . Westphal quant à lui développe la géocritique, une méthode d’analyse qui mobilise « la théorie littéraire, la géographie culturelle et l'architecture » . Qu’elles s’ancrent plus ou moins fidèlement dans des lieux réels ou dépeignent des univers fictionnels, les narrations sont donc aussi des instruments de connaissance permettant, par le détour de l’imaginaire, d’appréhender le réel. En retour, si la démarche scientifique qui consiste à explorer les fictions pour en donner une lecture des sociétés est peu courante en France, comme l’a souligné Musset , quelques essais précurseurs avaient cependant ouvert la voie (Frémont cartographiant l’espace vécu de Madame Bovary , Lacoste redessinant le cadre géopolitique du Rivage des Syrtes , …) ; ces approches actuellement renouvelées par des expériences novatrices de cartographie et de modélisation des œuvres de fiction qui en démontrent tout l’intérêt au plan heuristique (par exemple Semmoud et Troin ou Brosseau ). Dans cette perspective, nous attendons des propositions de communications ou de posters permettant d’enrichir la gamme des méthodes possibles pour « mettre en cartes » diverses formes de narrations (romans, poésies, bandes dessinées, chansons…)

Les auteurs d’écrits documentaires tels que les récits de voyages sont animés en premier lieu par le besoin et le désir de cartographier les espaces parcourus. En quoi l’imaginaire, voire même ce que nous appelons le plagiat aujourd’hui, peuvent-ils nourrir la réflexion cartographique ? Au XVIIIe siècle par exemple, les explorateurs maritimes partaient en mer avec les moyens référentiels du bord, notamment des récits de voyages et des atlas. L’auteur du journal de bord s’inspirait largement de la lecture des récits en sa possession et le reconnaissait dans ses pages. En était-il de même pour les cartes ? En quoi une nouvelle carte ressemblait-elle à celles qui l’avaient précédée dans des publications antérieures? De plus, le nombre de cartes insérées dans les carnets de voyage et les journaux de bord n’est parfois pas à la mesure du nombre de pages écrites. Comment l’ensemble de ces écrits, qui rend compte des itinéraires divers, peut-il à son tour être rendu de façon cartographique afin de compléter les représentations?
En 2002, Neil Safier soulignait que la recherche actuelle tend à présenter le texte descriptif par un rendu cartographique par le biais de moyens informatiques. Comment cette piste peut-elle être exploitée ? Quels autres types de récits seraient susceptibles d’une traduction en langage cartographique ? Comment par exemple proposer une mise en carte des con/textes patrimoniaux et produire des cartes qui montreraient les liens entre espaces et discours patrimoniaux locaux, nationaux et internationaux ?

Prévue pour le 16 novembre, cette journée d’études s’inscrit dans le cadre d’un programme pluridisciplinaire de la Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand ; le programme MSH-LIDO « Des lieux, des œuvres. Représentations cartographiques, littéraires et iconographiques des lieux et des territoires », coordonné par Mauricette Fournier (CERAMAC), Stéphane Gomis (CHEC), Sylviane Coyault (CELIS) et Sandhya Patel (EHIC).
Elle sera suivie les 17 et 18 novembre par le colloque : « L’écriture qui voyage ». Conditions de production des récits de voyages maritimes et fluviaux véritables, coordination scientifique Sandhya Patel, EHIC, en partenariat avec SELVA (www.sites.univ-provence/SELVA), et le Rendez Vous du Carnet de Voyage (http://www.rendezvous-carnetdevoyage.com/).
Ces rencontres scientifiques se dérouleront en parallèle de la 13e édition du Rendez Vous du Carnet de Voyage à laquelle les participants sont invités.

Comité d’organisation

  • Mauricette Fournier (CERAMAC
  • Sandhya Patel (EHIC)

Comité scientifique

  • Sylviane Coyault (CELIS)
  • Lionel Dupuy (SET)
  • Odile Gannier (CTEL)
  • Mauricette Fournier (CERAMAC)
  • Stéphane Gomis (CHEC)
  • Anna Madoeuf (CITERES)
  • Sandhya Patel (EHIC)
  • Jean-Yves Puyo (SET)
  • Muriel Rosemberg (Géographie-Cités)
  • Florence Troin (CITERES)
  • Bertrand Westphal (EHIC)

Modalités de soumission

Les propositions de communication et/ou de poster devront être envoyées par courrier électronique (en fichier attaché sous le format « .doc »)  à:
  • mauricette.fournier@univ-bpclermont.fr
  • sandhya.patel@univ-bpclermont.fr

avant le 31 juillet 2012

  • Outre le nom, les coordonnées et l’institution du ou des auteurs, elles devront comporter le titre et un résumé en français de 500 mots environ.
  • Le document portera votre nom sous la forme « initiale du prénom.nom.doc (exemple j.martin.doc).
  • Le comité scientifique sera en charge de la sélection des communications. Une réponse à chacune des propositions sera envoyée début septembre 2012.
  • Langues : les présentations orales et les articles pourront se faire en français ou en anglais.
  • Lieu du colloque : Clermont-Ferrand (salle à préciser).

Lieux

  • 4 rue Ledru (Maison des Sciences de l’Homme)
    Clermont-Ferrand, France

Dates

  • mardi 31 juillet 2012

Mots-clés

  • carte, représentations, lieux, récit, narration, fiction, voyage, imaginaire, documentaire

Contacts

  • Mauricette Fournier
    courriel : Mauricette [dot] FOURNIER [at] univ-bpclermont [dot] fr
  • Sandhya Patel
    courriel : Sandhya [dot] Patel [at] univ-bpclermont [dot] fr

Source de l'information

  • Mauricette Fournier
    courriel : Mauricette [dot] FOURNIER [at] univ-bpclermont [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Comment cartographier les récits documentaires et fictionnels ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 juin 2012, http://calenda.org/208947