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La ville inégalitaire : espaces contestés, gouvernances en tension

The unequal city: contested spaces, governance in tension

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Publié le mardi 26 juin 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

La fragmentation et l’hétérogénéité des territoires urbains conduisent à une compétition croissante des acteurs publics, privés et des citadins pour l’accès aux ressources. Des tensions éclatent aux différentes étapes de la construction de la ville, de la conception à la réalisation, notamment à l’occasion de projets d’aménagement. Afin de réduire les inégalités d’accès à la ville, face à ces tensions et à ces compétitions, des modes de gouvernance, institutionnelles ou non, se mettent en place. Le colloque, qui est consacré aux villes du Sud, accueillera des communications portant sur les dispositifs et les modalités de ces gouvernances (formelles et informelles) ainsi que sur les lieux contestés (opérations d’aménagement) et de contestation (scènes urbaines). Elles éclaireront les rapports entre les acteurs du « haut » et du « bas », les moments et les contextes des conflits et des résistances, les formes de participation et de mobilisation.

Annonce

Argumentaire

Dans un contexte de mondialisation des échanges conduisant à la mise en réseaux et en concurrence des villes entre elles, du débordement des Etats aux échelles locale et nationale et de la prégnance de visions libérales des modes de production et de gestion urbaine, une tension croissante sur l’accès aux richesses et ressources (foncières, services collectifs, etc.) des territoires urbains dans les pays du Sud est observée depuis plus d’une décennie par les chercheurs et praticiens s’intéressant aux questions d’aménagement urbain. De fait, les territoires urbains sont de plus en plus hétérogènes, socialement et économiquement différenciés et souvent désolidarisés par des systèmes de gestion autonomisés ; la montée des inégalités socio-territoriales dans des villes fragmentées nourrit des revendications de « justice spatiale » de citadins pauvres ou marginalisés.

Des concurrences et des tensions concernant les pratiques foncières et l’habitat, telles les situations de résistance ou de conflits sociaux sur des terrains occupés et attractifs proposés à des investisseurs, se manifestent à toutes les étapes de la fabrication urbaine, de la conception de « projet de ville » ou de la planification urbaine (plans d’urbanisme), des dispositifs et de leur mise en œuvre, à la ville construite bâtie. Ces tensions résultent notamment de conflits d’usage et d’intérêts entre les acteurs urbains et de l’évolution des projets urbains ou des opérations d’aménagement ; du décalage existant entre la ville projetée et la ville réalisée.

La focale de l’appel à proposition est mise sur les formes de gouvernance urbaine au sens large (institutionnelle et non institutionnelle) visant à réduire les inégalités d’accès à la ville et la ségrégation socio-spatiale. Les formes de gouvernance urbaine sont entendues comme « les mécanismes et les dispositifs de mise en œuvre de politiques et de projets urbains pour montrer l’extrême diversité de ces mécanismes, leur grande complexité, et leur capacité d’évolution » (1). 

Des exposés présentant des cas de concertation ou d’association multi-acteurs, voire de planification stratégique sont attendus, ayant valeur d’exemple (succès) ou de contre-exemple (échecs). Les nouvelles formes de mouvements sociaux et de médiations publiques visant à résister et à améliorer la situation de leurs protagonistes méritent également une attention particulière.

Les contributions attendues s’inscriront dans les deux entrées suivantes :

  1. Les dispositifs et modalités de gouvernance (institutionnelles et non institutionnelles), les réformes des cadres institutionnels, juridiques, des documents d’urbanisme ; les outils (ateliers ou budgets participatifs, conseils de quartiers, etc.) constituant des réponses originales à des impératifs locaux ; les formes de participation ou de mobilisation de la société civile : actions et initiatives citoyennes et habitantes ; les expériences participatives ; les initiatives locales (associations de quartier), les mouvements sociaux débouchant sur la contestation du pouvoir telles les révoltes politiques contre la dictature ou pour le droit au logement. Autrement dit, la gouvernance non institutionnelle considérée comme une des formes de régulation sociale et politique. Comment, à partir de ces expériences de formalisation ou d’institutionnalisation de la mobilisation, les problèmes locaux sont-ils résolus et les règles du jeu modifiées, ces modifications ayant des incidences sur les politiques publiques, les normes, les lois ? Il sera aussi question des formes de résistances locales, de confrontations, de négociations, de compromis entre tous les acteurs concernés face à des situations de conflits d’usage ou de conflits d’intérêts sur des questions d’accès aux domaines foncier ou immobilier ; des changements d’échelle : comment passe-t-on de modalités (innovantes) de gestion locale à des dispositifs de gestion de la ville dans son ensemble ?
  2. Les lieux contestés et les lieux d’expression. D’une part, l’analyse d’opérations d’aménagement particulières permettant d’appréhender les tensions existantes entre les acteurs et les modes de gouvernance urbaine ; d’autre part, les scènes urbaines d’expression du débat public, des conflits et de la concertation multi-acteurs (lieux de rencontres, de débat, d’expression de la contestation).

A l’intérieur de ce cadre, l'analyse des rapports entre acteurs et des contextes politiques apporteront des précisions sur des méthodes ou des éclairages :

  • Les rapports entre les acteurs du « haut » et du « bas » : types de relations et de rapports de force entre décideurs politiques, opérateurs (publics et privés), acteurs de la coopération, habitants, nouveaux acteurs de l’économie sociale et solidaire, etc.
  • Les moments et contextes de la mobilisation et de la résistance, les opportunités saisies, les contextes de crise et d’incertitude favorisant l’émergence de mouvements sociaux – ces mouvements pouvant participer à la construction de la démocratie - ou la mise en place de nouveaux dispositifs de gouvernance.

Il conviendra d'examiner l’échelle locale dans sa confrontation aux autres échelles (mondiale, nationale, régionale, intra-urbaine, etc.) impliquées dans les actions et fonctions de développement et/ou de gouvernement urbain comme, du reste, dans les tensions qui se manifestent à l'échelle locale.

Note

1 Annik Osmont, Charles Goldblum, Jean-François Langumier, Emile Le Bris, Claude de Miras, Clément Musil (rédacteurs), La gouvernance urbaine dans tous ses états. Analyses et propositions du groupe de réflexion sur la gouvernance urbaine, Paris : Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, 2008, 67 p. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Gouvernance_urbaine.pdf

INFORMATION :

Institutions d’accueil :

La conférence est accueillie en France par l’UMR 8586 PRODIG (Pôle de Recherche pour l’Organisation et la Diffusion de l’Information Géographique) et le GEMDEV (Groupement d’Intérêt Scientifique pour l’Étude de la Mondialisation et du Développement)

Calendrier :

Les propositions de communication doivent parvenir le 31 juillet 2012 au plus tard à l’adresse suivante : sec.naerus2012@ird.fr

  • Les auteurs seront avisés par le comité scientifique le 31 août 2012.
  • Les contributions définitives devront être envoyées au plus tard le 10 novembre 2012 à l’adresse suivante : sec.naerus2012@ird.fr
  • La conférence se déroulera du 22 au 24 novembre 2012.

Format des soumissions :

  • Les propositions de communication doivent contenir entre 150 et 250 mots, et être envoyées au format .rtf ou .doc.
  • Les propositions de communication peuvent être rédigées en français, en anglais ou en espagnol.
  • Les résumés doivent impérativement :
    • a) présenter le sujet traité ;
    • b) en définir le contexte ;
    • c) mettre en avant les arguments essentiels.

Un projet de publication des meilleures contributions est prévu.

Financement :

Un soutien financier limité sera disponible pour permettre la participation de quelques chercheurs ou praticiens d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine dont les propositions seront retenues en vue d'une présentation dans le cadre de la conférence. Les candidats sont invités à préciser, lors de la remise de leurs résumés, s'ils souhaitent bénéficier d'une aide financière.

Hébergement et coûts :

  • Une liste de logements ainsi que des informations complémentaires seront publiées sur le site Internet de la conférence.
  • Une participation de 30 euros sera demandée (documentation ; collation ; excursion pédagogique).

Les organisateurs :

  • L’équipe organisatrice en France :
    Karine PEYRONNIE, Alexis SIERRA, Serge ALLOU, Renata BORGES, Catherine CHOQUET, Gabriel FAUVEAUD, Cecilia MONTOYA (UMR 8586 PRODIG ; GEMDEV).
  • L’équipe de coordination du réseau N-AERUS :
    Eva ALVAREZ DE ANDRES, Viviana D’AURIA, Luisa MORETTO, Javier MARTINEZ.

Les deux équipes sélectionneront les propositions.

Toutes questions ou demandes d’informations complémentaires devront parvenir à cette adresse : sec.naerus2012@ird.fr

Catégories

Dates

  • mardi 31 juillet 2012

Mots-clés

  • gouvernance, pays en développement, citadin, territoire, fragmentation, tension sociale

Contacts

  • Gabriel Fauveaud
    courriel : sec [dot] naerus2012 [at] ird [dot] fr

Source de l'information

  • Gabriel Fauveaud
    courriel : sec [dot] naerus2012 [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La ville inégalitaire : espaces contestés, gouvernances en tension », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 juin 2012, http://calenda.org/209087