AccueilCultures temporaires et féodalités : les cycles culturaux dans l'Europe médiévale et moderne

Cultures temporaires et féodalités : les cycles culturaux dans l'Europe médiévale et moderne

Temporary cultures and feudalities: Cultural cycles in medieval and modern Europe

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Publié le mardi 26 juin 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

La friche est une façon ancienne de gérer l’exploitation des terres, qui fut décriée et méconnue par les modernes, mais très largement appréciée et pratiquée des sociétés que l’on disait traditionnelles. Ainsi, dans une très grande partie des campagnes de l’Europe médiévale et moderne, les terres cultivées un ou deux ans étaient ensuite laissées en pâtures ou en broussailles pendant trois, cinq, dix, vingt ou trente ans. Les recherches les plus récentes permettent de mesurer l’importance et la variété de ces pratiques de cultures temporaires ; leur confrontation permettra d’en préciser les chronologies et d’en redessiner les géographies.

Annonce

Présentation

La friche est une façon ancienne de gérer l’exploitation des terres, qui fut décriée et méconnue par les modernes, mais très largement appréciée et pratiquée des sociétés que l’on disait traditionnelles. Ainsi, dans une très grande partie des campagnes de l’Europe médiévale et moderne, les terres cultivées un ou deux ans étaient ensuite laissées en pâtures ou en broussailles pendant trois, cinq, dix, vingt ou trente ans.

Les recherches les plus récentes permettent de mesurer l’importance et la variété de ces pratiques de cultures temporaires ; leur confrontation permettra d’en préciser les chronologies et d’en redessiner les géographies. Partout, en effet, sur les landes britanniques comme dans les forêts nordiques, dans les maquis romains comme sur les monts galiciens, le succès de ces cycles culturaux interroge les logiques historiographiques. Car dans cette perspective, les défrichements n’apparaissent plus comme le geste fondateur d’une conquête définitive des sols : au contraire, les essartages, les écobuages et les défonçages de prairies se révèlent comme des pratiques courantes et répétitives. Pour autant, il ne s’agissait pas non plus de techniques archaïques et marginales : l’espacement des années d’emblavure fut souvent tardif, à rebours de ce qu’avance le schéma classique d’une intensification linéaire des cultures. C’est pourquoi, notamment, la productivité de ces usages doit être reconsidérée en fonction du rendement des semences et du travail paysan. C’est pourquoi, encore, leur productivité devrait être analysée également en tenant compte des techniques de fertilisation, de leurs atouts et de leurs contraintes. Ce travail préalable permettra sans aucun doute de mieux saisir, en l’occurrence, les stratégies des communautés paysannes dans l’allocation des ressources.

Les communautés paysannes, en effet, jouaient un rôle-clef dans la réallocation périodique des terres qui accompagnait souvent les pratiques de cultures temporaires. Cette redistribution n’était ni nécessaire, ni automatique, ni forcément dominante. Il n’en reste pas moins que les cultures intermittentes furent souvent conçues comme des appropriations incomplètes et passagères ; et qu’en contrepoint s’est développée l’idée d’une compétence de la communauté sur le terrain laissé en friche. Cette grammaire élémentaire de l’appropriation du sol s’est déployée en modèles aussi complexes et méconnus que les demani de l’Italie méridionale ou les runrigs d’Écosse. Les mieux connaître permettrait d’enrichir considérablement notre compréhension des structures féodales de la propriété européenne.

Toutes ces questions seront traitées par 15 communicants de 5 nationalités (7 étrangers, 8 français) pendant les 2 journées du colloque international, les 12 et 13 octobre 2012, à l’abbaye de Flaran. Les communications donnent lieu à une publication au sein d’une collection « Flaran » (PUM) ; le volume sort deux ans après le colloque.

Cultures temporaires et féodalité. Les cycles culturaux et l’appropriation du sol dans l’Europe médiévale et moderne, 34e journées internationales d’histoire de Flaran, 12-13 octobre 2012

Direction scientifique :

Roland Viader et Christine Rendu (CNRS, UMR Framespa, Toulouse)

Programme

Vendredi 12 octobre

9h30 - 12h30

  • Roland VIADER (CNRS) (R.), Les cultures temporaires dans l’Europe des féodalités. Rapport introductif
  • Christine RENDU (CNRS) (C.), Les cultures temporaires. Des modèles ethnographiques aux questions archéologiques
  • Sandro CAROCCI (Universita di Roma « Tor Vergata ») (R.), Ius serendi, demani, beni comuni : culture collective, communauté rurale et pouvoir seigneurial dans l’Italie centrale et méridionale (XIIe-XVIe siècle)
  • Marc CONESA (Université de Montpellier III) (C.), Les cultures temporaires dans les Pyrénées de l’Est (Cerdagne, XVIe-XVIIIe s.), sources, rythmes, dynamiques

15h00 Visite de l’abbaye/ Assemblée générale de l’Association des Journées Internationales d’Histoire de Flaran

16h00 - 19h00

  • Annie ANTOINE (Université de Rennes II) (R.), Cycles culturaux, usages et appropriation de l'espace rural (France, fin du Moyen Âge-Époque moderne). Les enjeux d'une comparaison avec le modèle anglais
  • Karl-Erik FRANDSEN (Université de Copenhague) (C.), Rotations culturales et modèles d'openfield régulier au Danemark et en Suède au XVIIe siècle
  • Audrey BAUDOUIN (Université de Rennes II) (C.), Les îles Shetland : laboratoire d’une comparaison entre les systèmes agraires de Norvège et d’Écosse, XVe-XIXe siècles
  • Pegerto SAAVEDRA (Universidade de Santiago de Compostela) (C.), El pan de monte. La culture des montagnes communales en Galice (XVIIe-XXe siècle)

Samedi 13 octobre

9h30 - 12h30

  • Jean-Pierre DEVROEY (Université Libre de Bruxelles) (R.), Mise en valeur du sol et cycles culturaux dans le système domanial (VIIIe-Xe siècles) entre Seine et Rhin
  • Nicolas POIRIER (Université de Toulouse II-Le Mirail) (C.), Dynamiques spatiales des terroirs et indices archéologiques d'intensification agraire
  • Didier GALOP (CNRS), Damien RIUS (Université de Toulouse II-Le Mirail) (C.), Conquête agraire, fronts pionniers et développement des terroirs agricoles : apports de la paléoécologie à la connaissance des dynamiques agraires en montagne pyrénéenne
  • Marie-Pierre RUAS (CNRS) (C.), Cultures temporaires ? Exemples et questions carpologiques

14h30 - 17h00

  • Juan José LARREA (Universidad del País Vasco) (R.), Les cultures temporaires dans l’Espagne médiévale
  • Roberta CEVASCO (CAST-Università degli Studi del Piemonte Orientale) (C.), Cultures temporaires entre longue durée et chronologie fine : traces des pratiques dans les sols, la végétation et les textes (montagne ligure, nord-ouest de l’Italie)
  • Nicolas SCHROEDER (Université Libre de Bruxelles) (C.), Les cultures temporaires en Ardenne belge du Moyen Âge au XIXe siècle

Lieux

  • Abbaye de Flaran
    Valence-sur-Baïse, France

Dates

  • vendredi 12 octobre 2012
  • samedi 13 octobre 2012

Mots-clés

  • histoire rurale, cultures temporaires, friches, exploitation des terres, communautés paysannes, Europe médiévale et moderne

Contacts

  • Jean-Loup Abbé
    courriel : abbe [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Josiane Capot
    courriel : contact [dot] valencesurbaise [at] tourisme-tenareze [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean-Loup Abbé
    courriel : abbe [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Cultures temporaires et féodalités : les cycles culturaux dans l'Europe médiévale et moderne », Colloque, Calenda, Publié le mardi 26 juin 2012, http://calenda.org/209099