AccueilLes élections de la révolution : de la rue aux urnes

Les élections de la révolution : de la rue aux urnes

The elections of the revolution: from the street to the ballot box

Numéro spécial de la revue Égypte monde arabe

Égypte monde arabe journal special issue

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Publié le mardi 03 juillet 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Depuis la révolution du 25 janvier, les Égyptiens ont pu faire entendre leurs voix dans les urnes à plusieurs reprises. Les élections organisées en 2011 et 2012 ont représenté autant d'occasions pour les différents courants politiques de concourir pour obtenir des mandats électifs et influencer la vie politique, mais aussi pour mesurer leur poids dans la société. Du fait du contexte post-révolutionnaire, ce numéro d'Égypte monde arabe se situera à la fois dans le prolongement et dans la rupture par rapport aux études précédentes portant sur les élections égyptiennes. Dans leur prolongement, car elles ont fourni les instruments théoriques nécessaires à la compréhension des opérations électorales en Égypte, notamment en ce qui concerne le choix des députés à l'Assemblée du peuple. Dans la rupture, car les élections de 2011-2012 se sont tenues dans des conditions radicalement différentes de celles qui avaient été organisées dans le passé.

Annonce

Argumentaire

L'ouvrage collectif consacré aux élections législatives de 1995 par Sandrine Gamblin a montré que pour être élus les candidats devaient disposer à la fois d'un ancrage local et de liens avec le pouvoir politique . Pour être élus, les candidats mobilisent en effet leurs `asabiyât tout en pourvoyant des services collectifs à la communauté. Dans le prolongement de ces travaux, Sarah Ben Néfissa et `Alâ al Dîn Arafat ont montré dans leur étude des élections législatives de 2000 que les pratiques clientélistes n'excluaient pas totalement une certaine politisation du vote, en faveur notamment des Frères musulmans , mais aussi des candidats « indépendants sur les principes du Parti national démocratique », au détriment des candidats officiels de ce parti. Parallèlement, d'autres travaux se sont intéressé aux formes de la participation politique dans les quartiers informels et populaires . Enfin, sans remettre en cause ce cadre théorique, le numéro d'Égypte monde arabe consacré aux élections de 2005 élargit la perspective en direction d'acteurs des élections jusqu'alors négligés : les médias et les juges.

Si la révolution du 25 janvier n'a pas fait disparaître du jour au lendemain les `asabiyât, ni les représentations dominantes du rôle du député, elle a néanmoins profondément modifié le contexte juridico-politique dans lequel se sont déroulées les élections. La multiplication de nouveaux partis politiques – conjonction d'un désir de participation consécutif aux manifestations de 2011 et de la réforme de la loi des partis (28 mars 2011) –, les nouvelles règles électorales, la quasi-disparition de la police, la baisse du sentiment d'impunité concernant la fraude et les violences électorales, l'augmentation enfin de la participation ont fait de ces élections des élections de rupture avec « l'ancien régime ».

Seront privilégiés les contributions portant sur une étude de cas (une circonscription, un parti, un candidat, un type d'acteur etc.) et reposant sur un matériel empirique (qualitatif et/ou quantitatif). Outre les élections législatives (assemblée du peuple et/ou assemblée consultative), les contributions portant sur les élections présidentielles de 2012 et sur le référendum de mars 2011 sont également les bienvenues. L'examen des similarités et des différences entre ces trois types de scrutins nous semble en effet indispensable pour élargir la réflexion sur le vote en Égypte.

Trois axes d'étude seront privilégiés dans ce numéro :

  1. Le rôle des notables dans les élections législatives doit évidemment être examiné dans ce numéro, en lien avec celui des partis politiques. Quelle est la sociologie des candidats et des élus ? En quoi diffère-t-elle de ce qui a pu être constaté lors des précédentes élections du même type ? Comment les partis ont-ils remplis leurs fonctions de formulation des programmes, de sélection des candidats et de mobilisation des électeurs ? Quels liens les candidats et les partis ont-ils entretenus avec différents groupes organisés (`asabiyât, mais aussi réseaux religieux, associations, syndicats, etc.) ? Ces deux dernières questions peuvent d'ailleurs faire l'objet de contributions portant sur les élections présidentielles de 2012.
  2. Quelles ont été les stratégies de mobilisation mises en œuvre dans ces différentes élections (usage des médias, services à la population, matériel militant, arguments et réseaux religieux) ?
  3. Enfin, ce numéro entend mettre l'accent sur les acteurs et les procédures. Il s'agit de s'intéresser aux électeurs, aux candidats et aux partis bien sûr, mais aussi aux médias, et à l'ensemble des acteurs chargés de la bonne marche de l'opération électorale : juges, assesseurs, observateurs, appareil de sécurité, etc. Les contributions pourront ainsi porter aussi bien sur une ethnographie des bureaux de vote que sur l'examen des règles juridiques encadrant l'opération électorale.

Modalités de participation

Les projets de contribution (1 page max.) doivent être envoyés à elham@cedej-eg.org et à clement@steuer.fr.

au plus tard le 15 juillet

Nous acceptons les contributions en Français, Anglais ou Arabe.

Comité éditorial de la revue

http://ema.revues.org/index1716.html

Dates

  • dimanche 15 juillet 2012

Mots-clés

  • Égypte, élections, révolution, parlement

Contacts

  • Clément Stueur
    courriel : clement [at] steuer [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Giedre Sabaseviciute
    courriel : Giedre [dot] Sabaseviciute [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les élections de la révolution : de la rue aux urnes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 03 juillet 2012, http://calenda.org/209162