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Les sources de la mondialisation : pour une approche réflexive

Globalization and its “sources”: towards a reflexive approach.

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Publié le mardi 03 juillet 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Thématique émergente des sciences humaines et sociales il y a encore une vingtaine d’années, la mondialisation est devenue une interrogation majeure de l'ensemble de leurs disciplines. Question à la fois récente et transversale, son étude a ainsi donné lieu à une pluralité d’approches, car ce sont des disciplines anciennement constituées qui en ont pris en charge l'analyse, chacune privilégiant ses méthodes, ses questionnements, ses niveaux de compréhension, etc. Économistes, sociologues, anthropologues ou historiens ont ainsi découpé « l'objet mondialisation » selon les catégories que leur fournissait l'histoire de leurs disciplines. Cette diffraction se complexifie, par ailleurs, si l'on met en regard différents champs scientifiques nationaux : l'analyse de la mondialisation y est non seulement menée par des disciplines aux traditions différentes, mais aussi en fonction des principes propres qui structurent chaque espace national.

Annonce

Présentation en français

Thématique émergente des sciences humaines et sociales il y a encore une vingtaine d’années, la mondialisation est devenue une interrogation majeure de l'ensemble de leurs disciplines. Question à la fois récente et transversale, son étude a ainsi donné lieu à une pluralité d’approches, car ce sont des disciplines anciennement constituées qui en ont pris en charge l'analyse, chacune privilégiant ses méthodes, ses questionnements, ses niveaux de compréhension, etc. Economistes, sociologues, anthropologues ou historiens ont ainsi découpé « l'objet mondialisation » selon les catégories que leur fournissait l'histoire de leurs disciplines. Cette diffraction se complexifie, par ailleurs, si l'on met en regard différents champs scientifiques nationaux : l'analyse de la mondialisation y est non seulement menée par des disciplines aux traditions différentes, mais aussi en fonction des principes propres qui structurent chaque espace national. Un sociologue allemand, indien ou français verra sa compréhension de la mondialisation orientée par certaines caractéristiques de la sociologie allemande, indienne ou française ; mais aussi de la place de la sociologie dans son pays, du rôle qu’elle a pu avoir dans l'étude des phénomènes globaux par rapport à d’autres disciplines, de l'existence ou non d’espaces interdisciplinaires du type globalization studies, etc.

Objet diffracté, la mondialisation appelle cependant une compréhension unifiée et moins segmentée. A question globale analyse globale, pourrait-on dire, la mise en lumière des angles morts qu’implique le double biais disciplinaire et national revêtant ici une importance plus grande. C’est à une telle réflexion sur la pluralité des perspectives sur la mondialisation, mais aussi sur les moyens de les reconfigurer et de les dépasser, qu’invite le colloque. En associant des chercheurs relevant de différentes disciplines et de différents espaces scientifiques, il entend interroger les implications de cette pluralité d’approches en partant d’une réflexion sur les manières concrètes de mener la recherche. On propose en particulier d’interroger ce qui constitue les sources d’une étude sur la mondialisation : quels objets sont jugés pertinents ? Par quels media le chercheur y a-t-il accès ? Quels méthodes et niveaux d’analyse déploie-t-il ? Quels résultats peut-il obtenir mais aussi de quels points aveugles hérite-t-il ?

Ce n’est cependant pas à une analyse méthodologique, mais bien réflexive, qu’invite le colloque. Il cherche à ressaisir les choix qui sont effectués dans le cours de la recherche, en les inscrivant parmi d’autres choix possibles : pourquoi privilégier une optique micro ou macro ? Pourquoi s’intéresser à la mondialisation par le haut ou par le bas ? Pourquoi étudier tels acteurs et non tels autres ? etc. A travers l'interrogation sur les sources de la mondialisation, on entend ainsi demander aux intervenants d’expliciter ce qui a fait l'originalité de leur positionnement, dans leur discipline et dans l'espace scientifique de leurs pays, et de mettre ainsi en lumière quelles approches concurrentes ou complémentaires étaient possibles. Par-là, tout autant que ce que nos recherches peuvent dire des faits globaux, c’est à ce qu’elles ne peuvent pas dire ou ont du renoncer à dire du fait d’un certain nombre de contraintes et de déterminations, que l'on s’intéressera.

Les différents intervenants sont ainsi invités à présenter concrètement ce qui a constitué les étapes d’une recherche sur l'un des objets de la mondialisation, et à expliciter les choix théoriques et méthodologiques qui ont été opérés par rapport à d’autres possibles. Tout autant que le cœur de leurs recherches, ils en aborderont les à-côtés, préciseront l'histoire de leurs disciplines et les principes qui structurent les champs scientifiques nationaux auxquels ils appartiennent, pour donner à voir ce qui a orienté leur démarche.

English presentation : Globalization and its “sources”: towards a reflexive approach.

Globalization is a relatively new question for the social sciences: a rather marginal issue two decades ago, it only emerged as a fully legitimate research area during the 1990s. This recent history is not without consequences on the way globalization is accounted for. Whether historians or sociologists, anthropologists or economists, scholars have not followed the same theoretical pathways: consciously or not, they have tended to study this phenomenon through categories and questions rooted in their own specific disciplines. Another source of diversity is that in spite of their object, globalization studies are still dependent on the intellectual field they are carried out into -- which is most of the time national. German, Indian or French sociological accounts of the global, accordingly, have been shaped by the singular history of sociology in Germany, India or France on the one hand, and by the place of sociology in each country’s academic field on the other. Histories and geographies of disciplines have resulted to a scattered understanding of globalization.

This conference will seek to address the epistemological implications of this pluralism by reflecting on the consequences of this multiplicity of scientific points of views: what they cast light on with regard to globalisation and, conversely, what they tend to conceal? To do so, it will bring together scholars belonging to various disciplines and national scientific fields, and seeks to promote a comparative and reflexive approach of the way they study globalization. Rather than focusing primarily on results and conclusions, we intend to gain a better understanding of the concrete process through which globalization is investigated: What are the objects regarded as relevant? How are data colleted? How are methodological and theoretical choices made? What are the results, but also the epistemological shortcomings these singular processes lead to? In other words, we wish to engage in a reflection about what we call the sources of globalization in order to better appreciate what factors shape our knowledge on this question.

The conference has a primarily reflexive focus. We are interested in understanding the choices scholars make when they analyze global issues but also the other possible options that they finally dismiss of neglect. For instance, what makes one elect to study globalization “from above” or “from below”? What individual or institutional actors are deemed significant or not? Why is a macro- or a micro-analysis considered more relevant? Etc. Participants to the conference are therefore asked to give a reflexive account of their work, exploring what led them to select one approach as well as highlighting what other analytical choices would have been possible. Contrarily to usual academic expectations, we are less interested in actual findings than, so to say, in alternative results and lines of reasoning.

Papers presented at the conference are expected to tackle these questions by showing the different steps, options and factors that shape globalization studies. Participants are invited to highlight what theoretical choices they made at various stages of their investigation but also what other choices they were led to dismiss. They should especially try to bring to light how their own discipline and the academic field they belong to have structured the different options available, and how they have concretely impinged on their work.

Programme

Mercredi 19 Septembre

9h30-10h00 : accueil des participants et ouverture du colloque

Le mot du vice-président du conseil scientifique de l’UVSQ, Christian Delporte, et du directeur du laboratoire Printemps, Jérôme Pélisse.

Introduction : Lamia Missaoui (PRINTEMPS), Olivier Roueff (PRINTEMPS), et Thomas Brisson (LABTOP)

10h30-12h30 : Mondialisation et normes

  • Yves Dezalay (CESSP, CNRS): L’internationalisation des marchés d’expertise professionnelle comme clef d’entrée dans la mondialisation des ‘luttes de palais’
  • Gilles Lhuilier( Prof. Droit à l’Université de Bretagne sud) : « Normative spaces ». La localisation mondiale des lois par les acteurs privés
  • 11h30-11h40 pause
  • Didier Demaziere (CSO, CNRS) : Comment interroger l’évidence d’une mondialisation du chômage ? Une démarche de comparaison internationale compréhensive
  • Isabelle Giraudou ( Maison franco-japonaise (Tokyo),CNRS-MAEE) : Les Principles of Asian Contract Law (PACL) : objet d’une recherche de droit global ?

14h30-17h30 : Catégoriser/Quantifier la Mondialisation

  • Jean-Yves Mollier (CHSCS, UVSQ): « Quelques réflexions sur la circulation des imprimés dans le monde (XVe-XXIe siècles) »
  • Ioana Popa (ISP, CNRS) : Processus d’internationalisation culturelle et scientifique pendant la Guerre froide : comment les observer là et quand on ne les attend pas
  • 16h-16h10 pause.
  • Gisele Sapiro ( CESSP, EHESS ) : La mondialisation dans le domaine de la production culturelle : le cas du marché du livre et de la traduction
  • Stephane Dufoix (SOPHIAPOL, Université Paris Ouest Nanterre) : Comment les mots viennent au monde... Socio-sémantique historique et mondialisation
  • Stéphanie Treillet (CEMOTEV-UVSQ)) et Dominique Mertens-Santamaria (CEMOTEV-UVSQ): La mondialisation en économie, entre stratégie des firmes et politiques des Etats

Jeudi 20 Septembre

10h-12h30 : les Economies de la Mondialisation

  • Alain Tarrius (LISST, Université Toulouse Le Mirail) : Un carrefour de la mondialisation des migrations : la Mer Noire comme "moral area" (R.E. Park) de l'économie mondiale du "poor to poor".
  • Carlos Alba-Vega (Centre d'études internationales, Colegio de Mexico) : Globalisation par le bas et enjeux politiques à Mexico
  • 11h-11h10 pause
  • Olivier Pliez (LISST, CNRS): Suivre des routes discrètes de la mondialisation, une approche géographique multisituée
  • Helene Le Bail (Maison franco-Japonaise de Tokyo, CNRS-MAEE) : Mobilités transnationales dans un contexte de récessions démographique et économique : le cas des Chinois au Japon
  • Hélène Pellerin : (Ecole d'études politiques, Université d'Ottawa) Regard critique sur la mondialisation : la mobilité des personnes comme forme d’internationalisation des firmes

14h30-17h30 : Lieux et Echelles de la Mondialisation

  • Gustavo Sora (CONICET, Université nationale de Cordoba) : Défis d’une ethnographie du centre du monde éditorial à partir de ses rapports avec l’Amérique Latine
  • Romain Lecler ( CESSP, Université Panthéon-Sorbonne) : Circulez ! Il n’y a rien à voir. Méthodologie d’une enquête sur la mondialisation des images."
  • 16h-16h10 pause
  • Frédéric Keck (LAS, CNRS ) : Titre à préciser
  • Mathieu Hauchecorne (PRINTEMPS, UVSQ): Théories sans frontières ? Circulation transnationale des idées et mondialisation

Conclusion du colloque :

Peter Wagner (ICREA Research Professor at UB (Universitat de Barcelona) Social & Behavioural Sciences) : Vers une Sociologie- monde de la modernité.

Informations

Organisation scientifique :  

Laboratoire PRINTEMPS (Professions-temporalités-institutions) Lamia Missaoui, Olivier Roueff et Thomas Brisson.

Le colloque est organisé grâce au soutien de l’UVSQ, de la Délégation Régionale Ile de France Ouest et Nord du CNRS, de la Communauté d’Agglomérations de Saint-Quentin-en-Yvelines et de l’UFR sciences sociales.

Lieux

  • 47 Boulevard Vauban
    Guyancourt, France

Dates

  • mercredi 19 septembre 2012
  • jeudi 20 septembre 2012

Mots-clés

  • mondialisation, méthodologie réflexive, théories, comparaisons internationales, normes, catégories.

Contacts

  • Lamia Missaoui
    courriel : lamia [dot] missaoui [at] libertysurf [dot] fr
  • Olivier Roueff
    courriel : o [dot] roueff [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Lamia Missaoui
    courriel : lamia [dot] missaoui [at] libertysurf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les sources de la mondialisation : pour une approche réflexive », Colloque, Calenda, Publié le mardi 03 juillet 2012, http://calenda.org/209173