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Figures de l’engagement des jeunes : continuités et ruptures dans les constructions générationnelles

Figures of youth commitment: continuity and rupture in generational constructions

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Publié le lundi 09 juillet 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Le colloque organisé dans le cadre de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine en avril 2013 entend se fixer trois objectifs : 1. confronter les acquis des deux premières années du programme quinquennal « La construction des jeunes générations en Europe (XIXe-XXIe siècles). Formes d’organisation et mobilités » Generatio (2011-2015) au regard des travaux et publications d’autres équipes de recherche en France ou dans quelques pays européens : objets de recherche, méthodes, résultats. 2. Établir autour de l’intitulé de ce colloque un état des lieux scientifique sur ses trois axes structurants : a) domaines, b) discontinuités et nouvelles déterminations, c) dynamiques et déploiements de l’engagement des jeunes et 3. impulser de nouveaux questionnements et de nouvelles recherches permettant d’approfondir le thème de l’engagement, en fonction d’un déficit de connaissances ou au niveau des méthodologies mises en œuvre et des modélisations interprétatives ou théoriques.

Annonce

Figures de l’engagement des jeunes : continuités et ruptures dans les constructions générationnelles, colloque international, 4 et 5 avril 2013, appel à communication

Argumentaire

La référence à l’engagement des jeunes est d’actualité, qu’il s’agisse de s’en féliciter, au titre de l’implication de cette « classe d’âge » dans la société, ou bien de déplorer un manque de conviction parmi les jeunes, ou encore de vouloir évaluer ce comportement chez les jeunes d’aujourd’hui par rapport à des situations antérieures qui appartiennent à l’histoire, les unes exceptionnelles, les autres non. Les sciences humaines et sociales ne sauraient se satisfaire de telles impressions subjectives, partisanes et parfois fausses. De façon élémentaire, la notion d’engagement fait référence à une obligation que s’impose l’individu ou qui s’impose à lui. Elle se décline dans des formes plus ou moins durables, structurées et collectives.

Des tendances sont susceptibles d’être mises en évidence, distinguant ou non des jeunes ou des groupes au sein d’une même classe d’âge, singularisant ou non des générations au cours du renouvellement démographique de la jeunesse. Des recherches, études et enquêtes, conduites sous l’angle de diverses disciplines universitaires, doivent permettre de clarifier ces aspects, de manière à bien caractériser des « figures de l’engagement des jeunes » et à apprécier leur importance, leur rôle au sein de la société.

On sait que les formes d’engagement et de reconnaissance intra-générationnelle ne reposent pas uniquement sur l’action collective ou une convergence des attitudes, en lien avec des valeurs, des normes, voire des idéaux. Pour autant, ces comportements ne sont pas exclusifs de rencontres intergénérationnelles.

En outre, la société tend à produire des stéréotypes culturels, des codes esthétiques ou autres, par la mode vestimentaire, la presse, le livre, les biens audio-visuels, les industries culturelles, etc., qui vont au devant de la jeunesse ou dont cette dernière se réclame. Des personnalités, en qualité de référents intellectuels, littéraires ou scientifiques, œuvrent aussi, et quelquefois à leur insu, à la formation des perceptions, représentations et interventions militantes. Il importe d’explorer ces dimensions, qui sont un facteur d’inspiration, et parfois de rejet, dans les processus de construction générationnelle. Enfin, la comparaison internationale, ouverte à l’échelle de l’Europe, permettra d’enrichir le débat.

Il s’agira ainsi de voir en quoi les différentes figures de l’engagement et leurs métamorphoses à des moments et des lieux diversifiés, dans une dimension multiscalaire, contribuent aux constructions générationnelles. Ces figures de l’engagement introduisent-elles des ruptures propices au renouvellement générationnel ou les continuités dans les constructions générationnelles l’emportent-elles ?

Le colloque organisé dans le cadre de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine en avril 2013 entend se fixer trois objectifs :

  1. confronter les acquis des deux premières années du programme quinquennal « La construction des jeunes générations en Europe (XIXe-XXIe siècles). Formes d’organisation et mobilités » Generatio (2011-2015) au regard des travaux et publications d’autres équipes de recherche en France ou dans quelques pays européens : objets de recherche, méthodes, résultats.
  2. Établir autour de l’intitulé de ce colloque un état des lieux scientifique sur ses trois axes structurants : a) domaines, b) discontinuités et nouvelles déterminations, c) dynamiques et déploiements de l’engagement des jeunes.
  3. Impulser de nouveaux questionnements et de nouvelles recherches permettant d’approfondir le thème de l’engagement, en fonction d’un déficit de connaissances ou au niveau des méthodologies mises en œuvre et des modélisations interprétatives ou théoriques.

Les trois axes retenus correspondent aux trois volets privilégiés par le colloque, en fonction desquels se déclineront des thèmes mais aussi des sous-thèmes définis selon les propositions de communications.

I. Domaines de l’engagement : pratiques, organisations et représentations

Il est indispensable de considérer les domaines de l’engagement des jeunes. Le renouvellement des connaissances trouve là des terrains de recherche importants. La complexité de ces domaines, d’hier ou d’aujourd’hui, l’intérêt porté à des aspects jusque-là négligés ou ignorés, donnent la possibilité d’ouvrir de nouvelles approches. Ces domaines d’engagement plus ou moins institutionnalisés selon les lieux et les époques sont des foyers de socialisation, d’expression et d’acquisitions de savoirs et de savoir faire, mais aussi de mobilisation pour des causes jugées urgentes et nobles. Il faut distinguer les divers types et modes de participation : au niveau associatif, socio-éducatif, syndical, politique, citoyen… Sans négliger des engagements plus individuels (chanson, caricature…).

Dans l’engagement des jeunes, ce sont également des constructions identitaires qui sont à l’œuvre, avec une singularisation des jeunes en tant qu’ils appartiennent à un groupe et une différentiation générationnelle vécue comme telle ou non. Pour autant, des nuances doivent être apportées par l’étude des pratiques, des organisations investies et des représentations. Le cas échéant, il conviendra d’insister sur des nuances, des spécificités qui peuvent être expliquées par des variables comme le niveau de formation, le sexe, le milieu social, l’origine urbaine ou rurale, les moments et les lieux considérés.

L’engagement des jeunes se fait aussi à l’épreuve de la diversité, dans des sociétés marquées par des flux migratoires anciens ou récents, et en fonction de prises de position générationnelles et d’affirmation identitaire. Celles-ci peuvent être une réponse à des discriminations vécues. Ajoutons que sur ces aspects, la réalité européenne est pour le moins contrastée.

Différentes démarches peuvent se compléter : monographies et études comparatives, biographies, prosopographies et histoire des institutions, enquêtes qualitatives et enquêtes extensives.

II. Discontinuités, ruptures et nouvelles déterminations dans l’engagement

Bien des études mettent l’accent sur les phénomènes de continuité, sur la stabilité, voire la répétition qui caractérisent certaines formes d’engagement juvénile. D’autres, au contraire, considèrent comme décisives les discontinuités, les moments de crise, les conflits, les ruptures qui s’accompagnent parfois d’un déclin provisoire ou définitif d’un modèle d’engagement, ou tout simplement d’une certaine confidentialité, au bénéfice de formes émergentes, plus ou moins stabilisées, novatrices et visibles. De nouvelles déterminations expliquent de tels changements, à la fois des déterminations structurelles, socio-culturelles, politiques et des déterminations psychologiques, portées par des jeunes (leader charismatique, groupe organisé, mouvement informel).

La situation économique actuelle tend à fragiliser l’intégration des jeunes. La précarité, le pessimisme, les fractures générationnelles accentuent des mécanismes d’exclusion. La « galère », des « violences urbaines », les mouvements d’indignation collective sont autant de manifestations d’un potentiel protestataire sur fond de crise.

À la charnière du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, des mouvements de jeunesse – et des mouvements pour la jeunesse –, de type affinitaire, ont été à la fois le réceptacle et le creuset de formation de militants sensibles aux enjeux incluant des dimensions éducatives, hygiénistes, idéologiques, confessionnelles, politiques, dans des proportions variables… Ces mouvements concurrents, antagonistes, à prétention exclusive ont été balayés ou contraints par d’autres formes de participation et d’implication dans lesquelles les relations intra-générationnelles l’emportaient sur les relations inter-générationnelles. Les groupes de pair se sont considérablement élargis, les ancrages local et national se prolongeant souvent au niveau international. Le principe de participation l’emporte parfois sur l’esprit du militantisme.

La littérature, la presse, le film de cinéma, la chanson, la BD, par exemple, bénéficient d’études critiques qui attestent de certaines ruptures. L’histoire, la sociologie, l’anthropologie sociale, la science politique, entre autres, dans le prolongement de leurs propres analyses et contributions, peuvent ouvrir un dialogue fécond.

III. Dynamiques de l’engagement : modalités de circulation, de diffusion et transferts

En complément d’une part de l’étude des domaines d’engagement et, d’autre part, de celle des discontinuités sociales, spatiales ou temporelles des formes d’engagement, il importe de s’intéresser plus précisément aux dynamiques de l’engagement de jeunes. Ces dynamiques, qu’elles soient subordonnées ou non à des supports qui leur préexistent (unions, syndicats, partis politiques, associations, mouvements de jeunesse et d’éducation populaire…), mobilisent-elles des modalités pour partie communes à des époques différentes, pour partie nouvelles ? Tantôt les idées forgent des caractères, tantôt des individus formulent et propagent des idées débouchant sur des circulations et des transferts de modèles d’organisation. De même la mobilisation en mouvements organisés européens ou internationaux de la jeunesse peut se combiner aux mobilités spatiales et donner lieu, dans le cadre d’interactions et d’échanges internationaux, à la construction de nouvelles générations militantes. Les mobilités quelles que soient leurs formes ont ainsi pu contribuer à la circulation et à la diffusion des idées mobilisatrices.

La vie scolaire et universitaire peut être considérée comme une matrice importante de communication et d’échanges, en particulier à l’échelle de l’Europe. Cette expérience de l’altérité (mode de vie, habitudes scolaires, cuisine, loisirs) est à l’origine de bien des vocations (cursus de formation, métier envisagé, destination de vacances, etc.). Dans certains quartiers dits « sensibles », d’autres modalités de mobilisation, de circulation et de diffusion opèrent, mais dans des conditions difficiles d’expression de la solidarité.

La popularisation des moyens techniques de communication comme Internet et les réseaux qui utilisent ce vecteur tend à renouveler la dynamique de l’engagement. Pour autant, bien des regroupements déclenchés par le « net » et l’usage du téléphone portable, ponctuels, ludiques et festifs, ne constituent pas nécessairement des formes d’engagement. Au contraire, des manifestations de protestation, sur des questions de société ou liées à l’actualité nationale, internationale et par delà le périmètre européen, illustrent le processus de renouvellement des types et modes d’engagement des jeunes.

Cet axe permettra de dégager les changements significatifs observables au niveau de l’inscription spatio-temporelle, nationale et/ou transnationale des phénomènes d’engagement des jeunes, en fonction des domaines ou des thèmes mobilisateurs. Ces constructions générationnelles, quant au fond, sont-elles principalement subordonnées à des formes technologiques d’information et de diffusion ? Certains spécialistes parlent même d’un détournement – et non d’un transfert - des fonctions initialement prévues pour les TIC. L’amplification médiatique est-elle un facteur de réussite et d’efficacité ? De nouveaux champs d’études se précisent.

Comité scientifique

  • Nicolas Bancel, Histoire, Université de Lausanne.
  • Ludivine Bantigny, Histoire, Centre d’histoire de Sciences Po Paris.
  • Thierry Berthet, Sciences politiques, CNRS/Spirit.
  • Hans Peter Brandl-Bredenbeck, Sciences du sport, Université d’Augsbourg.
  • Vincenzo Cicchelli, Sociologie, Université de Paris-Descartes/GEMASS.
  • Christiane Connan-Pintado, Littérature, IUFM d’Aquitaine-Bordeaux IV.
  • Patrizia Dogliani, Histoire, Université de Bologne.
  • Gilles Ferreol, Sociologie, Université de Franche-Comté.
  • Luc Greffier, Géographie sociale, IUT-Bordeaux 3.
  • Francis Marcoin, Littérature, Université d’Artois.
  • Fabien Sabatier, Sciences du sport, Université de Bordeaux 2.
  • Christine Bouneau, Histoire, Université Michel de Montaigne-Bordeaux3, co responsable du programme MSHA-GENERATIO.
  • Jean-Paul Callède, Sociologie, CNRS/GEMASS, co-responsable du programme MSHA-GENERATIO.

Modalités de soumission

Les propositions de communications soumises pour le colloque du mois d’avril 2013 sont attendues pour la fin du mois de septembre 2012 au plus tard.

Les auteurs veilleront à inscrire leur contribution dans l’un ou l’autre des axes suivants, ou encore à l’articulation de deux d’entre eux, tant il est vrai que certains chevauchements sont inévitables.

Soit une ou plusieurs « figures de l’engagement des jeunes » à comprendre plutôt ou principalement sous l’angle des Domaines d’expression, des Discontinuités, ruptures et nouvelles déterminations, des Dynamiques et déploiements.

Les auteurs seront informés de l’acceptation de leur proposition et du programme général du colloque mi-octobre 2012.

Caractéristiques des résumés : 2 500 signes, 5 mots clés

Consignes de présentation : nom, prénom, laboratoire ou centre de recherche de rattachement, adresse postale et adresse mail.

Contacts : Christine Bouneau (christine.bouneau@free.fr) et Jean-Paul Callède (jpc@msha.fr)

Lieux

  • 10 esplanade des Antilles (Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine – Domaine universitaire)
    Pessac, France

Dates

  • dimanche 30 septembre 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • engagement, jeunes, juvénile, jeunesse, génération, construction, modèle, continuité, rupture, mouvement, crise, groupe, individu, politique, citoyen, identité, manifestation, association, syndicat, école, université, technologie, communication, d

Contacts

  • Jean-Paul Callède
    courriel : Jean-Paul [dot] Callede [at] msha [dot] fr
  • Christine Bouneau
    courriel : Christine [dot] bouneau [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Marion Daubanes
    courriel : Marion [dot] Daubanes [at] msha [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Figures de l’engagement des jeunes : continuités et ruptures dans les constructions générationnelles », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 juillet 2012, http://calenda.org/209193