AccueilL'interprétation en sciences humaines et sociales

L'interprétation en sciences humaines et sociales

Séminaire doctoral d’épistémologie et de méthodologie dans les SHS

*  *  *

Publié le lundi 09 juillet 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Appel à contribution pour le séminaire interdoctoral de méthodologie et d'épistémologie des écoles doctorales LETS (Université de Franche-Comté) et LISIT (Université de Bourgogne). Ce séminaire aura pour thématique l'interprétation en sciences humaines et sociales.

Annonce

Argumentaire

Qu’il s’agisse d’expliquer, de rendre clair, de traduire ou de donner un sens à un signe, un fait, un évènement, l’interprétation semble être un processus intellectuel assez général, d’après les définitions usuelles.

On doit à Paul Ricœur d’avoir fait de l’interprétation un objet central de sa réflexion épistémologique et méthodologique sur les sciences humaines, d’abord par sa lecture phénoménologique de l’œuvre de Freud [De l’interprétation, Seuil 1965], puis par sa reprise de la distinction opérée par Dilthey entre une explication qui serait propre aux sciences de la nature et une compréhension qui serait propre aux sciences humaines : compréhension de l’Autre qui a déposé des informations dans des signes, sur la base d’une interprétation qui apparaît dès lors comme un procédé. Considérant que les méthodes structurales ajoutaient une valeur explicative à l’analyse textuelle, Ricœur a proposé de refonder la compréhension dans les sciences humaines, à la fois sur une explication structurale des signes et sur une interprétation conçue comme « appropriation » d’un sens, lui-même perçu comme « chemin de pensée » [Du texte à l’action, Seuil 1986].

Pour autant, d’une part la valeur explicative des structures est toujours à reconsidérer dans sa réalité comme dans ses possibilités, tandis que le sens ne peut sans doute plus être réduit à une métaphore philosophique ; et d’autre part, les sciences sociales présentent une grande diversité de points de vue sur la question de l’interprétation, qu’elle soit perçue de façon neutre comme accès à un sens aux contours complexes ou comme un procédé marqué par la subjectivité et le risque d’erreur ou d’imprécision.  De plus on pourra également interroger la différence d’extension sémantique qui s’observe entre certaines sciences sociales, qui utilisent le terme interprétation pour la plupart des traitements d’objets, c'est-à-dire comme un synonyme du terme analyse, et d’autres comme la linguistique, qui tendent à limiter son usage et son acception à l’action de saisie du sens d’un signe clairement identifié comme signifiant et non comme indice.

 Offrant une prise, tant à l’approche épistémologique qu’à l’approche méthodologique, le thème de l’interprétation a été choisi par le Conseil Scientifique du séminaire Sciences Humaines en Dialogues pour servir de fil conducteur aux activités de l’année 2012-2013.

 Du point de vue de l’épistémologie, l’interprétation pourra être questionnée dans sa réalité et son objet : S’agit-il d’un procédé conscient ou d’un processus inconscient ? Quelle est l’importance de l’interprétation dans les sciences sociales, comme dans toute activité humaine ? Est-elle construction d’une vérité ou (re)production d’une évaluation du monde ? Qu’est-ce que la subjectivité de l’interprétation : une déformation du réel ou une prise en charge du procédé par le sujet qui interprète ? Plus généralement, les faits humains nécessitent-ils une interprétation de nature différente ?

 Du point de vue de la méthodologie, l’interprétation pourra être questionnée dans sa pratique : Est-elle inévitable, contournable ? Du recueil d’informations à l’analyse de données, des outils permettent-ils d’en renouveler l’usage ? Par exemple, comment l’interprétation peut s’appuyer sur l’utilisation de l’informatique pour l’analyse, la modélisation, la visualisation (outils techniques), ou s’articuler avec des approches réflexives (outils « cognitifs »), à la fois pour leur intérêt heuristique mais aussi au risque de biais qu’elles pourraient susciter ? Quel est le rapport entre l’interprétation, l’argumentation et/ou la démonstration ? Comment passe-t-on du subjectif à l’objectif, du fait interprété à la preuve ?  Face à deux interprétations divergentes sur un même objet, quels sont les critères de validation permettant de décider de la plus grande pertinence de l’une ou de l’autre ?

Pour proposer une communication :

  • Votre proposition devra indiquer le titre de votre intervention, accompagné d’une quinzaine de lignes de présentation (ne pas excéder  2000 signes).
  • Merci de préciser dans quel axe (méthodologique ou épistémologique) votre proposition s’inscrit.

Renvoyer votre proposition à edlisit@u-bourgogne.fr

avant le 15 septembre 2012.

  • Les communications seront sélectionnées par le Comité scientifique du séminaire.
  • Seront privilégiées les propositions émanant de doctorants.

Comité scientifique du séminaire Sciences Humaines en Dialogues, 2012-2013

Coordination générale du comité scientifique :

  • Morgan Poggioli, secrétaire scientifique de l’ED LISIT, docteur en Histoire et chercheur associé au Centre Georges Chevrier : edlisit@u-bourgogne.fr

Liaison entre le comité scientifique et les écoles doctorale LETS et LISIT :

  • Samuel Gaston Amet, responsable du bureau doctoral de l’Université de Franche-Comté. Doctorant en philosophie à l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire de Recherches philosophiques sur les Sciences de l'Action
  • Ludovic Jeannin, responsable administratif de l’Ecole Doctorale LETS

Coordination de l’axe épistémologie :

  • Bernard Lyonnet, doctorant en sciences du langage de l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire de Sémio-Linguistique et Didactique (ELLIAD)
  • Armando Torres Fauaz, doctorant à l’Université de Bourgogne, membre d’ARTeHIS (UMR Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés)

Coordination de l’axe méthodologie :

  • Boris Urbas, doctorant en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Bourgogne, membre de CIMEOS
  • Franck Dubois, doctorant en histoire contemporaine à l'Université de Bourgogne, membre de l’UMR THeMA et membre associé du CREDESPO

Lieux

  • Esplanade Erasme (MSH - Université de Bourgogne)
    Besançon, France

Dates

  • samedi 15 septembre 2012

Mots-clés

  • sciences humaines et sociales, méthodologie, épistémologie, interprétation

Contacts

  • Morgan Poggioli
    courriel : edlisit [at] u-bourgogne [dot] fr

Source de l'information

  • Morgan Poggioli
    courriel : edlisit [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'interprétation en sciences humaines et sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 juillet 2012, http://calenda.org/209198