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Comparer le sport. Usages et controverses

Comparing sport: Practices and controversy

Septième congrès de la Société de sociologie du sport de langue française

Société de sociologie du sport de langue française seventh congress

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Publié le lundi 09 juillet 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Depuis la fin des années 1980, on assiste à un foisonnement d’études comparatives produites par des organismes internationaux (OCDE, UNESCO, OMS, Union européenne, Commission européenne, Conseil de l’Europe, …) qui nous porte à croire en la suprématie du comparatisme. La comparaison – ici internationale – contribue à mieux comprendre les effets respectifs du contexte politico-institutionnel (local, national ou européen) et des cultures des groupes sociaux sur le fait social étudié (par exemple, la sociabilité sportive, les inégalités d’accès au sport, la pratique sportive, l’engagement sportif, la gouvernance des organisations sportives, le travail sportif, …). En ce sens, la méthode comparative permet de rendre étrange l’évident par la confrontation avec les manières de penser et d’agir inhabituelles des uns, qui constituent pourtant l’ordinaire des autres. Ainsi, en sciences sociales du sport, cette démarche semble acquise à la fois comme mode de raisonnement et comme outil méthodologique de confrontation de temporalités et spatialités disparates. Or, le développement des recherches comparées contraste avec le peu de réflexion sur les conditions d’usage et d’élaboration de la comparaison.

Annonce

Le congrès bisannuel de la Société de sociologie du sport de langue française (3SLF) revient à l’équipe de recherche « Sport et sciences sociales » (EA1342 de l’Université de Strasbourg dirigée par William Gasparini).
Le thème de ce septième congrès porte sur la comparaison dans le domaine des sciences sociales du sport. Comme à chaque congrès, nous souhaitons promouvoir les recherches dans la thématique générale. Mais le congrès reste ouvert à toutes les propositions, quelles qu’elles soient.
Un effort particulier sera fait cette année en direction des doctorants et chercheurs francophones non Français : nous espérons une participation significative en provenance du Québec, de la Belgique, de la Suisse, des pays du Maghreb et d’Afrique centrale, et bien sûr aussi des francophones de tous les pays...

Argumentaire

Depuis la fin des années 1980, on assiste à un foisonnement d’études comparatives produites par des organismes internationaux (OCDE, UNESCO, OMS, Union européenne, Commission européenne, Conseil de l’Europe, …) qui nous porte à croire en la suprématie du comparatisme. Plus les sociétés se mondialisent, plus elles ont recours aux études comparant des espaces, pays ou des aires culturelles différentes. La comparaison – ici internationale – contribue à mieux comprendre les effets respectifs du contexte politico-institutionnel (local, national ou européen) et des cultures des groupes sociaux sur le fait social étudié (par exemple, la sociabilité sportive, les inégalités d’accès au sport, la pratique sportive, l’engagement sportif, la gouvernance des organisations sportives, le travail sportif, …). En ce sens, la méthode comparative permet de rendre étrange l’évident par la confrontation avec les manières de penser et d’agir inhabituelles des uns, qui constituent pourtant l’ordinaire des autres. Ainsi, en sciences sociales du sport, cette démarche semble acquise à la fois comme mode de raisonnement et comme outil méthodologique de confrontation de temporalités et spatialités disparates. Elle encourage le chercheur à relativiser ses résultats par les contrastes mis au jour et à prendre davantage de distance par rapport à ses propres a priori culturels. En sciences sociales du sport, la comparaison consiste à rendre comparables des « unités » d’analyse profondément ancrées dans des histoires, catégories et langues nationales singulières. Or, le développement des recherches comparées contraste avec le peu de réflexion sur les conditions d’usage et d’élaboration de la comparaison.

  • Dans quelle mesure les politiques sportives des pays de l’Union Européenne, d’Afrique ou d’Amérique du Sud sont-elles comparables ?
  • La comparaison des pratiques sportives issues d'exercices corporels et de jeux traditionnels (lutte, acrobatie, arts martiaux, jeux équestres, jeux taurins, etc.) dans différents espaces continentaux est-elle pertinente ? Dans quelle mesure des snowboarders et des skateurs sont-ils comparables ?
  • Peut-on comparer les valeurs assignées à l’entreprise et celles attribuées au sport ? La comparaison entre l’entraîneur d’un club sportif et le manager d’entreprise est-elle scientifiquement pertinente ?

En outre, les études comparatives réalisées par les experts européens aboutissent souvent à la définition de « bonnes pratiques », notamment en matière d’éducation et d’intégration par le sport repérées dans les différents pays européens. Notion anglo-saxonne (best practices), elles recouvrent des pratiques, expériences ou dispositifs d’éducation ou d’intégration par le sport réussis dans un pays et susceptibles d’être transposés dans d’autres pays jugés moins performants. Mais, pour les spécialistes de la comparaison internationale, le transfert d’expériences est ambigu. Il repose sur l’illusion qu’il existerait des modèles d’éducation ou d’intégration par le sport que l’on pourrait exporter indifféremment dans d’autres contextes sociopolitiques, économiques et culturels. Peut-on ainsi comparer l’impact du sport dans le dialogue entre minorités en Bosnie-Herzégovine ou en Chine et entre jeunes Français issus de l’immigration dans l’Hexagone ? Quels types de comparaisons peut-on élaborer pour faire ressortir les effets latents de la circulation internationale des théories et modèles du lien social par le sport ?

L’analyse des activités physiques et sportives est souvent fondée sur un impensé conduisant à comparer « naturellement » des éléments d’une même catégorie (comme les sports collectifs par exemple) ou des éléments de catégories différentes mais supposés pouvoir être mis sur un même plan (comme le sport et la religion ou le sport et l’entreprise par exemple). Or, comparer, c’est d’abord déterminer le nombre d’unités à soumettre à la comparaison. C’est ensuite relever des différences et des points communs en fonction d’un critère qu’il convient d’expliciter et de définir au préalable, et qui oriente le regard du chercheur. Comparer, c’est enfin prendre conscience que ce qui fonctionne dans un contexte donné peut s’avérer inopérant dans une autre situation. Les recherches comparées en sciences sociales du sport révèlent la grande diversité des formes de comparaison, dans l’espace et dans le temps, à différentes échelles (infra-locale, régionale, nationale ou supranationale), entre différentes pratiques ou modalités de pratique. Enfin, la démarche comparative peut concerner des entités plus classiquement étudiées comme les hommes et les femmes, les groupes d’âges, les catégories sociales, les situations de pratique, etc.

Par sa situation tant géographique (région frontière au cœur de l’Europe) que scientifique (nombre d’unités de recherche en SHS explorant la comparaison internationale et l’européanisation), Strasbourg semble être un lieu particulièrement adapté au débat et à la controverse sur cette question dans le domaine des sciences sociales du sport. Le 7e Congrès de la 3SLF de Strasbourg se propose ainsi d’accueillir des communications portant sur des travaux ayant utilisé la démarche comparative appliquée à l’analyse des pratiques, politiques et organisations sportives et, de manière plus large, des pratiques corporelles. Il s’intéressera aux apports de cette démarche, aux résultats nouveaux qu’elle permet d’obtenir, aux difficultés rencontrées et à ses limites. Il permettra aussi de réfléchir aux questions épistémologiques et méthodologiques posées par la comparaison. Différents ateliers thématiques sont proposés (voir ci-dessous). Deux éminents sociologues ont d’ores et déjà accepté d’introduire les travaux de ce congrès : Loïc Wacquant, professeur à l’Université de Californie à Berkeley, et Didier Demazière, directeur de recherche au CNRS et président de l’Association Française de Sociologie.

Comme chaque année, la thématique donne le ton général du congrès, mais en tant que lieu d’échanges et de débats scientifiques, le congrès reste par définition ouvert à toute communication concernant les travaux les plus récents dans le domaine des sciences sociales prenant les activités physiques et sportives pour objet d’analyse (sociologie, anthropologie, science politique, économie, ethnologie, histoire, sciences de gestion, sciences de l’information et de la communication, sciences de l’éducation…). Les thématiques proposées sont suffisamment larges pour accueillir toute proposition. Toutefois, si certains souhaitent proposer une autre thématique, cela reste possible à condition de l’organiser de telle manière qu’au moins qautre propositions de communications y soient rassemblées.

Société savante de langue française, la 3SLF souhaite accueillir tous les chercheurs – et en particulier les doctorants – en sciences sociales du sport qui travaillent sur des terrains francophones ou qui analysent des terrains et des objets sportifs hors espace francophone mais à partir de la langue française.

Liste des thématiques du congrès

  1. Enjeux scientifiques de l’approche comparative
  2. Sociologie des pratiquants sportifs 
  3. Les consommations sportives
  4. Éducation et intégration par le sport
  5. Sport, genre et rapports sociaux de sexe
  6. Les organisations sportives
  7. Sport et travail/profession
  8. La construction des dispositions sportives
  9. Territoires et politiques sportives
  10. Sports et médias
  11. Les enjeux économiques du sport
  12. Sport, identité, communauté
  13. Européanisation et enjeux internationaux du sport
  14. Représentations et usages sociaux du corps
  15. Sport et santé
  16. Sports, violences, conflits
  17. L’atelier du sociologue
  18. Hors thèmes ou proposition de session spéciale

Organisation du congrès et des sessions

 

 

Selon le volume des communications reçues et acceptées, le nombre des sessions organisées en simultané sera de deux ou trois.

Animée par un modérateur, chacune d’entre elles, d’une durée d’une heure trente, rassemblera trois communications de 20 minutes maximum, suivies chacune d’un temps de discussion de 10 minutes.

Conditions de soumission et d'évaluation

Les propositions de communications seront expertisées anonymement par un membre du Conseil d’administration de la 3SLF et un membre du Conseil local d’organisation. Une seule navette, si nécessaire, sera organisée.

Afin de simplifier le travail d’organisation en sessions, il sera demandé aux contributeurs de choisir le thème qui correspond le mieux à l’objet de la communication envisagée. Les sessions seront précisées ultérieurement.

Dans le but de faciliter l’édition des résumés sous la forme d’un recueil destiné à chacun des congressistes, les propositions de communication devront respecter la mise en forme demandée :

  • Votre proposition de communication doit nous parvenir sous forme d’un fichier au format RTF ou Word à l’adresse suivante : congres-3slf-2013@unistra.fr.
  • Ce fichier aura pour nom votre nom de famille seulement (exemple : defrance.doc ou defrance.rtf).
  • Elle comprendra le titre de la communication, la session choisie, le résumé de 200 à 300 mots (ni moins, ni plus), ainsi que les mots-clés (entre 5 et 8). Le tout en Times New Roman caractère 12.

Ces résumés seront publiés avant le congrès pour aider les congressistes à faire leurs choix parmi les sessions proposées. Le non-respect des normes alourdissant considérablement les tâches du comité d’organisation, tout résumé ne remplissant pas les normes requises ne sera pas publié dans le recueil des résumés.

 

Dans tous les cas, il ne sera accepté qu’une seule proposition de communication par auteur en premier nom. Une seconde communication en 2e ou 3e nom étant possible et seulement possible.

Date limite de réception de la fiche d’inscription et des propositions de communication :

vendredi 21 décembre 2012

Dates du congrès : 29-31 mai 2013 à Strasbourg

Publications

Depuis le congrès de Valence (mai 2007), les auteurs sont invités à soumettre leurs textes pour publication à la revue Sciences Sociales et Sport de la 3SLF (et de la SFHS), dont Jean-François Loudcher est l’actuel rédacteur en chef.

En fonction du nombre de textes retenus, un ou plusieurs dossiers de la revue pourront voir le jour après le congrès. Se reporter à la rubrique dédiée sur le site http://www.3slf.org/

Tous les renseignements sur : http://congres3slf.unistra.fr

Comité scientifique (provisoire)

Au titre du Conseil d’administration de la 3SLF :

  • Louveau Catherine (Paris Sud),
  • Loirand Gildas (Nantes),
  • Mennesson Christine (Toulouse 3),
  • Fleuriel Sébastien (Lille 2),
  • Schotté Manuel (Lille 2),
  • Erard Carine (Dijon),
  • Chimot Caroline (Reims),
  • Defrance Jacques (Paris Ouest Nanterre),
  • Jorand Dominique (Grenoble 1),
  • Koebel Michel (Strasbourg),
  • Leroux Nathalie (Paris Ouest Nanterre),
  • Raveneau Gilles (Paris Ouest Nanterre).

Au titre des Professeurs membres fondateurs :

  • Augustin Jean-Pierre (Bordeaux I),
  • Bruant Gérard (Nice),
  • Camy Jean (Lyon 1),
  • Callède Jean-Paul (CNRS),
  • Clément Jean-Paul (Toulouse),
  • Duret Pascal (La Réunion),
  • Faure Jean-Michel (Nantes),
  • Laberge Suzanne (Montréal),
  • Lefèvre Betty (Rouen),
  • Pociello Christian (Paris 11),
  • Raspaud Michel (Grenoble 1),
  • Suaud Charles (Nantes).

Autres personnalités sollicitées :

  • Andreff Wladimir (France)
  • Beaud Stéphane (France)
  • Blanc Maurice (France)
  • Demazière Didier (France)
  • De Waele Jean-Michel (Belgique)
  • Dunning Eric et HEnry Ian (Royaume Uni)
  • Jaccoud Christophe (Suisse)
  • Malatesta Dominique (Suisse)
  • Marcotte Pascale (Canada)
  • Naja Abdellatif (Maroc)
  • Porro Nicola (Italie)
  • Wacquant Loïc (Etats-Unis)

Au titre du Comité local d’organisation :

  • Gasparini William,
  • Jallat Denis,
  • Knobé Sandrine,
  • Koebel Michel,
  • Marsault Christelle,
  • Michon Bernard,
  • Pichot Lilian,
  • Pierre Julien,
  • Rochard Philippe,
  • Tribou Gary,
  • Vieille Marchiset Gilles.

Responsables de la manifestation :

  • Gasparini William
  • Koebel Michel

Membres du comité d’organisation :

  • Bouttet Flavien (doctorant),
  • Didierjean Romaine,
  • Harster Yolande,
  • Heidmann Mickaël (doctorant),
  • Jallat Denis,
  • Knobé Sandrine,
  • Marsault Christelle,
  • Michon Bernard,
  • Morales Valérie (doctorante),
  • Pichot Lilian,
  • Pierre Julien,
  • Rochard Philippe,
  • Tchirkov Vitaly,
  • Tribou Gary,
  • Vieille Marchiset Gilles,
  • Weiss Pierre,
  • Wipf Elodie,
  • Yatie Yakam Célestin.

Équipe de recherche « Sport et sciences sociales » (EA 1342)
Université de Strasbourg – 14 rue R. Descartes – 67084 Strasbourg Cedex
http://congres3slf.unistra.fr

Société de sociologie du sport de langue française : http://www.3slf.org/

Lieux

  • Maison interuniversitaire des sciences de l'Homme Alsace (campus Esplanade)
    Strasbourg, France (67)

Dates

  • vendredi 21 décembre 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • méthode comparative, sport, sociologie

Contacts

  • Michel Koebel ou William Gasparini
    courriel : congres-3slf-2013 [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Michel Koebel
    courriel : mkoebel [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Comparer le sport. Usages et controverses », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 juillet 2012, http://calenda.org/209204