AccueilVIIe Colloque franco-britannique en sciences de l'Antiquité

*  *  *

Publié le vendredi 20 juillet 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L'institut Ausonius et l'université de Bordeaux 3 accueillent du 5 au 8 septembre 2012 la VIIe Celtic Conference in Classics (CCC), ou colloque franco-britannique en sciences de l'Antiquité. Environ cent-dix chercheurs (majoritairement anglo-saxons) s'y retrouveront, répartis en dix « panels » très variés, relevant de l'histoire, de la littérature ou de la philosophie. Les communications se feront en français ou en anglais.

Annonce

I – Présentation générale et thématique

La Celtic Conference in Classics (CCC) est un colloque international et pluridisciplinaire qui rassemble tous les deux ans de nombreux antiquisants autour d'un ensemble de thèmes variés ; ceux-ci constituent autant d’ateliers de discussion (« panels » en anglais).

Issue de la volonté d'Anton Powell, président-directeur des Classical Press of Wales, de faire vivre la recherche touchant aux études classiques hors de la seule Angleterre stricto sensu, la CCC s'est tenue tour à tour dans les pays de tradition « celtique », d’où son nom :

  • en Irlande (Maynooth en 2000, Cork en 2008),
  • en Écosse (Glasgow en 2002, Édimbourg en 2010),
  • au Pays de Galles (Lampeter en 2006).

Clairement francophile aussi (français et anglais sont les deux langues officielles de la manifestation), la CCC est ouverte sur le continent et c'est à l’université de Rennes en 2004 qu'a eu lieu sa IIIe édition.

Bordeaux accueillera la VIIe. Plus de cent dix chercheurs se sont annoncés et se répartiront en dix « panels » relevant de l’histoire, de la littérature ou de la philosophie.

Voici la liste précise des panels, le nom de leur(s) responsable(s), la présentation succincte de leurs objectifs et le nombre des intervenants attendus :

I – Cent ans de guerres intestines ou les débuts des Séleucides

(président : Kyle Erickson, Swansea)

Ce panel vise à jeter une lumière nouvelle sur l’interaction des liens familiaux et des intérêts politiques à la cour d’Antiochos II. À la mort de ce dernier éclata une guerre entre héritiers (frères) dont la chronologie traditionnelle n’est guère satisfaisante ; aussi le panel se donne-t-il en particulier pour ambition d’en établir une nouvelle.

(11 orateurs)

II - Dans l’ombre de Constantin et de Julien : l’empire romain de 337 à 363 après J.-C.

(présidents : Shaun Tougher & Nicholas Baker-Brian, Cardiff)

Ce panel s’inscrit dans la continuité d’un colloque consacré à l’empereur Julien en juillet 2009 à Cardiff. Son ambition est de donner plus de visibilité aux oubliés de la famille de Constantin et de son neveu Julien. Pour leurs fils respectifs, notamment, il convient de restituer les données biographiques et de restaurer l’image dont ils jouissaient auprès de leurs contemporains.

(13 orateurs)

III - L’interface de la Grèce et de l’Égypte : relations, influences, identité

(présidents : Alain Bresson, Chicago, Andrew Smith, Dublin UCD & Brian McGing, Dublin TCD)

Dès l’époque homérique (on songe aux récits de l’Odyssée qui évoquent la présence de Grecs sur les rives du Nil), l’Égypte a occupé une grande place dans l’imaginaire des Grecs. Par le biais de relations politiques ou commerciales, d’expéditions militaires ou de voyages individuels (Solon, Hérodote, Platon et bien d’autres), les Grecs se sont enrichis des multiples emprunts faits à l’Égypte, tout en vivant la rencontre des deux civilisations comme un défi. À leur tour, les Égyptiens se sont trouvés dans l’obligation de réagir et d’ajuster leurs positions face à l’ascendant que les Grecs prenaient sur eux.

Ce panel se propose de contextualiser l’importance de l’Égypte au regard des traditions artistiques, intellectuelles et politiques de la Grèce ainsi que de retracer la construction et l’évolution d’une identité à l’interface de ces deux mondes. Entre déclarations d’amitié et revendications nationalistes, on entend observer comment les interactions ont été appréhendées et négociées. On étudiera aussi la façon dont les différences ont été exploitées, voire manipulées, pour mettre en lumière les questions d’intégration et d’assimilation, depuis le haut archaïsme jusqu’à la période romaine.

(8 orateurs)

IV – Le tyran face au peuple

(présidente : Sian Lewis, St Andrews)

Oppresseur plein de cruauté ou champion des classes populaires ? Autocrate distant ou gouvernant cultivant la proximité ? Chez les historiens anciens comme chez les modernes, la relation entre les tyrans et les peuples a toujours fait l’objet de controverses.

De la Grèce archaïque à la Rome impériale, ce panel veut préciser les contours de leur dépendance réciproque et identifier en particulier les répercussions de cette dernière sur l’évolution formelle des institutions politiques.

(15 orateurs)

V – L’avers de la médaille, ou comment la propagande révèle les dysfonctionnements de la société

(présidents : Anton Powell, Swansea & Nicolas Richer, Lyon)

Souvent, la proclamation d’un idéal révèle a contrario un dysfonctionnement que connaît le groupe social, petit ou grand, qui l’a émise. Il se trouve ainsi que les monnaies de l’empire romain mentionnent la « loyauté des armées » précisément lorsque ces dernières se rebellent, comme l’a observé Martin Charlesworth, ou l’« unité » de ces mêmes armées au moment où elles s’entre-déchirent. Virgile n’a-t-il pas chanté la piété alors que son protecteur Auguste venait juste d’asseoir son pouvoir à la faveur de proscriptions notoirement impies ? Toutefois il n’est pas simple de remonter de l’idéal affiché au problème vécu. En Grèce ancienne, par exemple, la société qui accordait le plus de place dans son discours public à la lâcheté était… Sparte, qui réussit à former les soldats peut-être les moins lâches qui fussent. D’un autre côté, Sparte se rengorgeait de la stabilité de sa constitution, ce que son histoire ne semble pourtant pas corroborer complètement — s’éveillent alors des soupçons.

Le panel se propose donc d’enquêter sur les idéaux explicites de différentes sociétés de l’antiquité (y compris celles qui maîtrisaient remarquablement l’expression de leurs pratiques politiques), dans la perspective de mettre au jour des vérités cachées.

(10 orateurs)

VI - Genres, formes et cadres du dialogue antique

(présidentes : Sophie Gotteland, Bordeaux & Sandrine Dubel, Clermont-Ferrand)

Le genre du dialogue, comme texte autonome, a ceci de particulier que nous pouvons assister à sa naissance, dans les cercles socratiques de l'Athènes du IVème siècle. Cette forme littéraire connut un succès immédiat : on considère que quelque trois cents textes relevant de la littérature socratique ont pu être composés entre 395 et 370 av. J.-C., une production probablement sans équivalent dans le monde antique. Après cette première floraison, après la refondation du genre dans le monde latin par Cicéron (autour du Ier siècle av. J.-C.), il faut essentiellement attendre l'époque impériale pour assister à un nouvel essor de la littérature dialogique, dans le domaine culturel grec, avec notamment les œuvres de Plutarque et des auteurs de la seconde sophistique (IIème-IIIème siècles) : le dialogue antique est donc, comme dans la modernité, un genre à éclipses.

On s'intéressera ici aux premières formulations comme aux transformations de ce genre polymorphe, représentation de personnages qui parlent et qui pensent, entre forme théâtrale et imitation de la conversation quotidienne, entre séquence dialogique insérée et forme autonome, dans ses rapports avec les genres connexes de la lettre, de la diatribe ou du traité.

(12 orateurs)

VII – Composer le passé : vérité, croyance et fictionnalité dans la poésie tragique et l’historiographie grecques

(présidents : Ian Ruffell, Glasgow & Lisa Irene Hau, Glasgow)

Si les historiens grecs mettent régulièrement l’accent sur l’importance de la vérité dans leur matière, ils n’en croient pas moins en leurs mythes, déforment certains faits pour des raisons qui relèvent du patriotisme ou de la morale et passent sous silence certains autres que nous tenons pour essentiels dans une relation véridique du passé.

D’un autre côté, les poètes tragiques créent des versions souvent divergentes et parfois irréconciliables d’un passé pourtant commun à la collectivité.

L’historiographie ne serait-elle, comme on l’a dit, qu’une espèce du genre rhétorique et rendre compte du passé en respectant la vérité serait-il illusoire ? Quant à la tragédie, faut-il voir en elle, comme beaucoup le pensent, le parangon du storytelling et de la fictionnalité ? Admettons. Mais quel crédit les créateurs et le public de ces deux genres accordaient-ils à ces histoires ?

Les récentes recherches menées sur la fictionnalité ont en quelque sorte assoupli la notion de vérité en l’ancrant dans la logique modale, mais le statut problématique du mythe a souvent été éludé, notamment dans son rapport à la tragédie.

Ce panel explorera l’hypothèse d’un concept pluriel de la vérité, où différentes versions d’un unique événement historique pourraient coexister et toutes prétendre à la vérité, ce qui n’est pas sans conséquence pour la façon dont nous appréhendons toute culture, pas seulement la grecque !

(15 orateurs)

VIII – Les opuscules de Tacite, laboratoire de ses grandes œuvres historiques

(président : Olivier Devillers, Bordeaux)

À côté de ses deux grands ouvrages historiques (Histoires et Annales), Tacite a laissé trois courtes monographies relevant de sous-genres littéraires différents : une biographie (Agricola), une ethnographie (Germanie) et un traité de rhétorique (Dialogue des orateurs). Cette diversité explique sans doute que ces écrits n'aient jamais fait l'objet d'une approche transversale, mais aient été la plupart du temps étudiés isolément. Même s'il reste nécessaire de s'attacher à la spécificité de chaque écrit (et ce sera l'objet de certaines contributions), nous voudrions pourtant favoriser ici autant que possible une telle approche globale de ces trois ouvrages dits « mineurs », en les abordant sous l'angle de leur rapport à l'Histoire et à l'écriture de celle-ci. En effet, en filigrane de ces écrits se détachent à la fois une conception du passé de Rome (fondée notamment sur la rupture apportée par le Principat) et la mise en place de techniques d'écriture qui relèvent de la tradition historiographique (notamment pour ce qui est des structures compositionnelles, du traitement des sources, des interprétations psychologiques des personnages). Dans cette mesure, l'articulation de ces opera minora avec les opera maiora sera aussi au cœur des débats.

(13 orateurs)

IX – Ecdotica

(président : Gauthier Liberman, Bordeaux)

Le titre détaillé du panel serait « tradition, critique, ecdotique, herméneutique philologique des textes anciens : méthodes éprouvées, nouveaux outils, nouvelles perspectives ».

Le panel, qui a pour ambition de réunir trois générations de philologues, du savant connu de tous au jeune chercheur très prometteur, traitera des aspects et des problématiques actuels de la philologie appliquée aux textes anciens sous le quadruple rapport de l´histoire de leur transmission, de la critique verbale, de l´édition scientifique, et des outils méthodologiques et concrets indispensables à la pratique scientifique des trois champs disciplinaires précédents.

La réflexion collective sera nourrie des expériences individuelles car chacun des participants est engagé dans la refonte des éditions de monuments littéraires, en particulier historiographiques (Hérodote, Thucydide, Cassius Dion).

(5 orateurs)

X – Philosophie : le lexique de la connaissance

(président : Fritz-Gregor Herrmann, Swansea et Walter Cavini, Bologne)

Qu’est-ce que la connaissance ? Cette question peut rester implicite dans des contextes dévolus à d’autres notions, ou être au contraire propulsée au premier plan en tant que sujet propre d’une enquête philosophique. Mais ce que l’on appelle « connaître » ou « la connaissance » ne relève jamais exclusivement de l’épistémologie. Comprendre, en effet, ce qu’est la connaissance pour tel philosophe de l’antiquité est tout simplement au cœur de l’entreprise consistant à comprendre sa pensée de façon globale. Les chercheurs réunis dans ce panel s’attacheront à recenser et à interpréter le lexique de la connaissance présent dans les œuvres des philosophes antiques, depuis les Présocratiques jusqu’à l’époque impériale.

(10 orateurs)

II – Programme prévisionnel

mercredi 5 septembre

  • 16h00-17h00 Ouverture – allocutions
  • 17h00-18h00 conférence plénière
  • soirée libre

jeudi 6 septembre

  • 9h00-11h00 ateliers
  • 11h00-11h30 pause café
  • 11h30-12h30 ateliers
  •  pause déjeuner (buffet)
  • 14h00-17h00 ateliers
  • 17h00-17h30 pause
  • 17h30-18h30 conférence plénière
  • soirée libre

vendredi 7 septembre

  • 9h00-11h00 ateliers
  • 11h00-11h30 pause café
  • 11h30-12h30 ateliers
  •  pause déjeuner (buffet)
  • 14h00-17h00  ateliers
  • 17h00-17h30 pause
  • 17h30-18h30 conférence plénière
  • 20h00 dîner

samedi 8 septembre

  • 9h00-11h00  ateliers
  • 11h00-11h30  pause café
  • 11h30-12h30 ateliers
  • Fin du colloque

Lieux

  • Domaine universitaire (Université de Bordeaux 3)
    Pessac, France

Dates

  • mercredi 05 septembre 2012
  • jeudi 06 septembre 2012
  • vendredi 07 septembre 2012
  • samedi 08 septembre 2012

Mots-clés

  • Grèce, Rome, histoire, littérature, philosophie

Contacts

  • Jean Yvonneau
    courriel : jean [dot] yvonneau [at] u-bordeaux3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Jean Yvonneau
    courriel : jean [dot] yvonneau [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« VIIe Colloque franco-britannique en sciences de l'Antiquité », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 20 juillet 2012, http://calenda.org/209295