AccueilLe goût des langues, les langues à l'œuvre

Le goût des langues, les langues à l'œuvre

Cahiers J.-M.G. Le Clézio, numéro 7

*  *  *

Publié le vendredi 31 août 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

La revue Les Cahiers J.M.G. Le Clézio, éditée par L’Association des lecteurs de Le Clézio, lance un appel à contribution pour le numéro sept : « Le goût des langues, les langues à l'oeuvre », coordonné par Isa Van Acker et Adina Balint-Babos.

Annonce

Les Cahiers J.-M.G. Le Clézio : No 7, « Le goût des langues, les langues à l’œuvre »

Coordonné par Isa Van Acker et Adina Balint-Babos

Date de publication : mai (ou septembre) 2014

Argumentaire : « Le goût des langues, les langues à l’œuvre »

« La voix traverse la mer, elle avance vite, au ras de l’eau, entre les blocs de glace étincelants (…).
Ici est le pays du langage pour soi seul, de la parole sans limite ».
(Vers les icebergs, p.36)

La langue de Le Clézio traverse les frontières, est « une langue totalement métisse », un lieu de rencontre. Si on sait désormais que « la langue française est peut-être (s)on seul véritable pays », on connaît également la sensibilité de l’écrivain envers toute langue : « Chaque fois qu’une langue meurt, c’est une tragédie qui touche le monde tout entier. Acaxée, zoé, faraon, langues vieilles comme la glaciation du Würm, et que l’intolérable des conquérants espagnols a effacées à jamais du continent américain » (L’Express, 7 octobre 1993). Langue proche ou lointaine, parlée ou écrite, Le Clézio a le goût des langues ; la métaphore proustienne de la langue étrangère dans notre propre langue file à l’infini dans son écriture. Le Clézio d’affirmer : « je rêvais de parler le russe, le nahuatl, l’égyptien. Je rêvais d’écrire en anglais, la langue la plus poétique, la plus douce, la plus sonore » (ibidem), rappelle les « territorialisations » (Deleuze) fertiles de sa création, portée par une langue d’autant plus intéressante qu’elle résiste au « monolinguisme » (Derrida) ou à la classification linguistique, empêchant toute fixation de son et de sens. Il n’est qu’à voir le nombre de traductions qu’engendre l’œuvre leclézienne – traductions d’univers culturels, géographiques ou affectifs, du Mexique à la Corée, par exemple ; ainsi que traductions en espagnol, anglais, hongrois ou japonais – pour comprendre que la langue de Le Clézio n’est pas une mais multiple, langue familière et étrangère, langue vivante par excellence, qui parle et nous parle de/sur les scènes du monde. Elle est la langue de notre modernité mais aussi des divers continents, pourrait-on dire de Le Clézio : « (…) une sorte de raccourci pour connaître l’état du monde, éventuellement son propre état ». (Le Monde, 24 novembre 2008).

À partir de ces idées, nous proposons de réfléchir au rapport de l’écrivain aux langues étrangères, à la traduction et à la réception de son œuvre à travers le monde, autour de quelques axes :

  • Traduire Le Clézio. Des traducteurs et linguistes sont invités à discuter et à étudier les aspects textuels, lexicaux, stylistiques et culturels du travail de traduction, ainsi qu’à interroger la réception des traductions dans un pays ou une aire culturelle donnée ;
  • Le Clézio traducteur. Pensons par exemple aux Prophéties du Chilam Balam, à La Relation de Michoacan ou aux Sirandanes, pour aborder la problématique de l’interculturel, des langues dominantes et des langues perdues, menacées ou minoritaires. En outre, à travers l’œuvre de Le Clézio, quels sens donner à « la littérature-monde » et aux enjeux de la francophonie ?
  • Les langues étrangères comme polyphonie à l’œuvre. Rappelons le pidgin ou le créole parlé par les personnages, les allusions diverses à des chants en langues étrangères ou imaginaires, ou encore les noms de villes exotiques dans les premiers romans…. N’oublions pas non plus le chant (chants chamaniques dans Haï ou chants vaudous et jazzés dans Poisson d’or, par exemple) et la musique des rites, dont l’étude pourrait enrichir notre compréhension de la polyphonie et de certaines manifestations culturelles.
  • La notion de « voyageur traducteur ». La métaphore du voyage comme « lecture » et surtout comme « traduction » du monde à livre ouvert, à travers le bruissement des langues étrangères, sera à explorer ; soit la mise en scène du drame de Babel et de la mondialisation. Quelle transmission du savoir ? La voix maternelle, l’oreille, « les yeux de la langue »… ?

Participation

Les propositions d’article d’une quinzaine de lignes, accompagnées d’une bibliographie indicative et d’une brève notice bio-bibliographique, seront envoyées par e-mail à Adina Balint-Babos (a.balint-babos@uwinnipeg.ca)

pour le 30 octobre 2012.

Calendrier :

  • délai de réception des propositions : 30 octobre 2012
  • transmission de l’avis du comité de rédaction : 1er décembre 2012
  • délai de réception de l’article rédigé : 1er septembre 2013
  • avis du comité retransmis : 1er décembre 2013
  • retour définitif des textes : 15 janvier 2014
  • publication du numéro : mai (ou septembre) 2014

La revue Les Cahiers J.M.G. Le Clézio est éditée par L’Association des lecteurs de Le Clézio aux éditions Complicités.

Comité de lecture de la revue

http://www.associationleclezio.com/Activit%E9s/Comit%E9delecture.html

Dates

  • mardi 30 octobre 2012

Mots-clés

  • littérature, langues, traduction

Contacts

  • Adina Balint-Babos
    courriel : a [dot] balint-babos [at] uwinnipeg [dot] ca

Source de l'information

  • Adina Balint-Babos
    courriel : a [dot] balint-babos [at] uwinnipeg [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Le goût des langues, les langues à l'œuvre », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 31 août 2012, http://calenda.org/209479