AccueilLa morale de l'homme politique dans la France du XIXe siècle

La morale de l'homme politique dans la France du XIXe siècle

Politician's moral in 19th century, France

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Publié le jeudi 06 septembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Question parmi les plus débattues de l'histoire de la philosophie, celle des rapports entre la morale et la politique, cesse d’être un simple problème spéculatif, et prend une dimension nettement pratique à partir du moment où l'on s'interroge sur la conduite morale des hommes d'Etat. L'histoire politique française du XIXe siècle le montre clairement. Les qualités morales deviennent matière de réflexion pour ministres et députés, elles sont mobilisées comme outils de légitimité pendant les campagnes électorales ; leur accord avec les prescriptions de la morale religieuse est mis en question. Elles sont soumises à de nouveaux questionnements au fur et à mesure que être un l'homme politique devient une profession. Cette journée d'étude propose une réflexion autour de la construction d'une morale de l'homme politique dans un arc chronologique compris entre la Révolution de 1789 et la Troisième République, de façon à repérer les éléments qui en ont marqué le développement.

Annonce

Argumentaire

La question de la dimension morale de l'homme politique émerge avec puissance au moment de la Révolution. La mission que celle-ci préconise – fonder un nouvel ordre et une nouvelle société conforme aux principes de la liberté et de l'égalité – ne peut être accomplie que par des hommes vertueux. Si la vertu est demandée au simple citoyen, elle devient un devoir absolu pour le représentant du peuple. La figure de Robespierre « l'incorruptible », incarnation de la vertu républicaine elle-même, en est l'ultime et plus éloquent exemple.
Dès 1789, les qualités morales des hommes politiques sortent donc des débats philosophiques et entrent directement dans l'arène publique pour ne plus en sortir. Matière de réflexion pour ministres et députés – comme le prouvent leurs Mémoires et Souvenirs – elles sont mises en avant et mobilisées comme outils de légitimité pendant les campagnes électorales. Elles sont exigées par les citoyens. Les défauts moraux des hommes politiques sont immanquablement stigmatisés par les journalistes et caricaturistes.
Les changements qui, à partir de la Révolution, surviennent dans la sphère du politique fournissent matière à de nouveaux questionnements. La progressive professionnalisation de l'activité politique change, d'un point de vue moral, l'image de l'homme qui s'y consacre. Au milieu du XIXe siècle, apparaît ainsi la distinction entre l' « homme d'État », dont les qualités personnelles sont les meilleurs, et le « politicien », homme sans positions et sans qualités, faisant de la politique une source de revenus ou de pouvoir pour lui et ses associés.
L'existence d'une morale proprement politique pose aussi la question des rapports entre celle-ci et les règles de la morale religieuse. Comment se comporter lorsque les devoirs envers l'État sont en conflit avec les obligations de la morale religieuse ? Est-il possible de concilier les deux morales?
Ces questions, qui avaient tourmenté depuis des siècles les croyants qui décidaient de se consacrer au service de l'État, se proposent à nouveau, et traversent le siècle, dès la proclamation de la Constitution civile du clergé au Décret communard de 1871 de séparation de l'Église et de l'État.
Quelles sont donc les qualités morales d'un homme politique ? Comment sont-elles mobilisées dans la lutte politique ? Et quelles qualités morales le citoyen exige de ses représentants ? Comment changent, sous le profil de la morale, les représentations des hommes politiques pendant le XIXe siècle ? Le sujet est vaste et complexe car il touche plusieurs domaines (histoire politique, histoire des idées, histoire sociale, histoire des représentations).
L'objectif de cette journée d'étude est de susciter les contributions des spécialistes autour de la construction d'une morale de l'homme politique dans un arc chronologique compris entre la Révolution de 1789 et la Troisième République, de façon à repérer les éléments qui en ont marqué le développement. Cette journée se situe dans le cadre du projet de recherche sur les Morales au XIXe siècle entrepris depuis 2009 par le CRHXIX.

Programme

Matin

Président de séance : Jeanne Moisand (CRHXIX-Université Paris I)

9h30 : Accueil des participants

10h00-10h25 : Introduction

  • Corinne Doria (Università degli Studi de Milan, CRHXIX-Université Paris I-Panthéon Sorbonne ), « Questions autour de la morale de l'homme politique en France au XIXe siècle.  »

Morale, État et institutions

  • 10h25-10h50 : Manuela Ceretta (Université de Turin) « Morale, société et institutions: Daniel O’Connell entre Beaumont et Montalembert. »
  • 10h50-11h15 : Marina Leoni (Politecnico de Turin) «Le théâtre entre "ordre public" et "gout du public": art et morale en Quatremère de Quincy à l'éclat de la Révolution française. »

11h15-11h35 : discussion-pause

Morales « hors-la-loi »

  • 11h35-12h00 : Jean-Noël Tardy (CRHXIX-Université Paris I) « Une morale de l’ombre ? L’éthique du conspirateur révolutionnaire au XIXe siècle, de Buonarroti à Blanqui. »
  • 12h00-12h25 : Sylvie Aprile (IRHIS-Université Lille 3) : « Morale de l'exilé : proscription et honneur sous le second Empire. »

12h25-12h45 : discussion

12h45-14h30 : pause déjeuner

Après-midi

Président de séance : Jacques-Olivier Boudon (Université Paris IV)

Morale philosophique, morale  politique

  • 14h30-14h55 : Corinne Doria (Università degli Studi de Milan-CRHXIX - Université Paris 1-Panthéon Sorbonne ) : « Les enjeux moraux de l'homme politique : le cas de Pierre Paul Royer-Collard. »
  • 14h55h15h20 : Myriam Giargia (Università degli Studi de Milan) : « La morale du politique: Tocqueville lecteur de Rousseau. »

15h20-15h35 : discussion-pause

Questions morales à l'heure de la IIIe République

  • 15h35-16h00 : Rosemonde Sanson (CRHXIX Université Paris 1) : « Les parlementaires de la Troisième République (jusqu'en 1914) et la morale. »
  • 16h00-16h25 : Marc Deleplace (CRHXIX-Université Paris IV) : « Moralité privée, morale publique : quelques figures révolutionnaires au miroir de l'histoire scolaire (1880-1930). »

16h25-16h40 : discussion et clôture de la journée

Responsables scientifiques

  • Philippe Boutry, (Président de l'Université Paris1, professeur d'histoire contemporaine, CRHXIX-Paris 1)
  • Jacques-Olivier Boudon, professeur en historie contemporaine, CRHXIX- Université Paris IV )
  • Corinne Doria (Docteur en Histoire, CRHXIX-Université Paris1, Dipartimento di Studi storici -Univesità degli Studi de Milan)
  • Marina Leoni (Docteur en Histoire de l'Architecture, DAD, Politecnico de Turin)

Lieux

  • 28 rue Serpente (Maison de la Recherche de Paris IV, salle D 040)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 21 septembre 2012

Mots-clés

  • morale, homme d'État, éthique politique, XIXe siècle, 1789, 1815, 1839, 1848, 1870

Contacts

  • Corinne Doria
    courriel : corinne [dot] doria [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Corinne Doria
    courriel : corinne [dot] doria [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La morale de l'homme politique dans la France du XIXe siècle », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 06 septembre 2012, http://calenda.org/209523