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Droit et anarchie

Journée d'études des jeunes chercheurs - Institut d'études de droit public

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Publié le jeudi 06 septembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Qu’elle soit entendue comme état de désordre social ou qu’elle soit pensée comme ordre social sans État, l’anarchie – qui renvoie étymologiquement à l’absence d’autorité de commandement (anarkhia) – reste difficilement appréhendée par le juriste autrement que par l’exclusion. Droit et anarchie seraient incompatibles, car le droit impliquerait nécessairement l’autorité (dont l’État moderne constitue la forme ultime, par la monopolisation du pouvoir de contrainte) que l’anarchie supprime. Dès lors, l’étude de l’anarchie n’aurait plus rien à révéler au juriste, et sa marginalisation intellectuelle ne devrait pas surprendre. Pourtant, est-il satisfaisant de laisser la théorie de l’anarchie s’empoussiérer dans le placard des idées apparemment vaincues, alors que l’enjeu du débat touche les fondements mêmes de l’ordre juridique ? Aussi, cette journée d’étude offre l’occasion de réinvestir la question complexe des relations entre le droit et l’anarchie.

Annonce

Présentation

L'Institut d'études de droit public de l'Université Paris-Sud XI organise sa sixième journée d'études le 23 novembre 2012 sur le thème « Droit et anarchie ». Comme les années précédentes, cette journée est destinée à offrir une tribune aux jeunes chercheurs (doctorants, docteurs, chargés de recherche et maîtres de conférences).

Qu’elle soit entendue comme état de désordre social ou qu’elle soit pensée comme ordre social sans État, l’anarchie – qui renvoie étymologiquement à l’absence d’autorité de commandement (anarkhia) – reste difficilement appréhendée par le juriste autrement que par l’exclusion. Droit et anarchie seraient incompatibles, car le droit impliquerait nécessairement l’autorité (dont l’État moderne constitue la forme ultime, par la monopolisation du pouvoir de contrainte) que l’anarchie supprime. Dès lors, l’étude de l’anarchie n’aurait plus rien à révéler au juriste, et sa marginalisation intellectuelle ne devrait pas surprendre.
Pourtant, est-il satisfaisant de laisser la théorie de l’anarchie s’empoussiérer dans le placard des idées apparemment vaincues, alors que l’enjeu du débat touche les fondements mêmes de l’ordre juridique ? Aussi, cette journée d’étude offre l’occasion de réinvestir la question complexe des relations entre le droit et l’anarchie.

Programme

Entrée libre sur inscription

Les interventions seront suivies d’un débat avec les participants

9h15 : Accueil des participants
9h30 : Début des travaux

Accueil
  • Jérôme Fromageau, doyen de la Faculté Jean Monnet
  • Florence Poirat, professeur de droit public (Université Paris-Sud), directrice de l’IEDP

Présentation

  • Noé Wagener, doctorant en droit public, attaché temporaire d’enseignement et de recherche (Université Paris-Sud)

Tables rondes de la matinée

Sous la présidence d’Éric Millard, professeur de droit public (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

9h45 : Théoriciens anarchistes du droit

  • Contractualité marchande, contrat social jacobin et contrat fédéraliste et mutuelliste chez Proudhon
    Irène Pereira, docteur en sociologie (EHESS, 2009), présidente de l’Institut de recherche, d’étude et de formation sur le syndicalisme et les mouvements sociaux (IRESMO)
  • « De quel droit ? », Kropotkine à la recherche du fondement du droit
    Aude Zaradny, maître de conférences en droit public (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • L’ambivalence féconde du rapport entre l’« Unique » et le droit chez Stirner
    Philippe Hoyer, docteur en philosophie (EHESS, 2010), chercheur associé au Centre de recherche Sens, Éthique et Société (CNRS – Université Paris Descartes)
11h15 : Pause

11h30 : Doctrine juridique anarchiste ?

  • Léon Duguit, juriste reconnu, anarchiste qui s’ignore ?
    Anna Neyrat, doctorante contractuelle en droit public (Université Montesquieu Bordeaux IV)
  • La théorie réaliste de l’interprétation est-elle une théorie anarchiste ?
    Charles-Édouard Sénac, maître de conférences en droit public (Université de Picardie Jules Verne)
12h30 : Déjeuner

Tables rondes de l’après-midi

Sous la présidence de Laurent Fonbaustier, professeur de droit public (Université Paris-Sud)

14h : Le droit en lutte contre l’anarchie

  • Le droit en lutte contre l’anarchie : de l’individualisation à l’uniformisation de la réponse pénale
    Romain Gauthier, doctorant en droit privé et sciences criminelles (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
  • Le droit en lutte contre l’anarchie : l’exemple de la rave party
    Édouard Bedarrides, doctorant en histoire constitutionnelle, attaché temporaire d’enseignement et de recherche (Université de Bourgogne)
15h : Pause

15h15 : La part d’anarchie dans le droit

  • Le droit international, mythique anarchie ?
    Bérénice Schramm, doctorante en droit international, assistante d’enseignement (Institut des hautes études internationales et de développement, Genève)
  • Les droits fondamentaux dans l’ordre juridique international : la fin du droit anarchique ou nouvelle anarchie juridique ?
    Catherine Le Bris, chargée de recherche au CNRS
  • Droit d’auteur et anarchie : postérité de la pensée de Pierre-Joseph Proudhon sur le droit d’auteur
    Philippe Mouron, maître de conférences en droit privé (Aix-Marseille Université)

16h45 : Conclusion des travaux

  • Emmanuel Dockès, professeur de droit privé (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
17h15 : Apéritif de clôture

Lieux

  • 54 boulevard Desgranges (Faculté Jean Monnet, Université Paris-Sud)
    Sceaux, France

Dates

  • vendredi 23 novembre 2012

Mots-clés

  • droit, anarchie, pensée juridique

Contacts

  • PULLIERO #
    courriel : florepulliero [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Flore Pulliero
    courriel : florepulliero [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Droit et anarchie », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 06 septembre 2012, http://calenda.org/209526