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Que racontent les musées du XXIe siècle ?

Museum Narratives for the Twenty-first Century

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Publié le lundi 15 octobre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Quelles « histoires » racontent les musées, quels sont leurs modèles et quelles voix trouvent des échos dans les galeries du début du XXIe siècle ? Depuis deux décennies, on voit l’essor de nouvelles thématiques dans les musées, et de nouveaux types de musées qui établissent des mots clés comme « migration », « cultures du monde », « transnational » et « mémoire », tandis qu’apparaissent des discours articulés autour de notions de diversité et de dialogue. Peut-on dire que le musée s’est éloigné du « roman national » selon les termes de Pierre Nora, qu’il ne présente plus « l’histoire qui se prend par les yeux » selon Michelet ou la « grange aux faits » (pour détourner l’expression de L. Febvre) ? Aujourd’hui il semblerait que le musée soit devenu une clinique des actes de mémoire (Andrieu et Lavabre), en particulier des souvenirs les plus traumatisants. Ceux-là mêmes qui se trouvent au cœur d’une discussion publique sur la mémoire et l’histoire, et qui relèvent du discours postcolonial, post guerre-froide, post-national.

Annonce

Argumentaire

Quelles « histoires » racontent les musées, quels sont leurs modèles et quelles voix trouvent des échos dans les galeries du début du XXIe siècle ? Depuis deux décennies, on voit l’essor de nouvelles thématiques dans les musées, et de nouveaux types de musées qui établissent des mots clés comme « migration », « cultures du monde », « transnational » et « mémoire », tandis qu’apparaissent des discours articulés autour de notions de diversité et de dialogue. Peut-on dire que le musée s’est éloigné du « roman national » selon les termes de Pierre Nora, qu’il ne présente plus « l’histoire qui se prend par les yeux » selon Michelet ou la « grange aux faits » (pour détourner l’expression de L. Febvre) ? Aujourd’hui il semblerait que le musée soit devenu une clinique des actes de mémoire (Andrieu et Lavabre), en particulier des souvenirs les plus traumatisants. Ceux-là mêmes qui se trouvent au cœur d’une discussion publique sur la mémoire et l’histoire, et qui relèvent du discours postcolonial, post guerre-froide et post-national etc.

Par leur nature polémique, de tels sujets appellent un traitement suivant différents points de vues et perspectives. Or, le musée fournit souvent une seule voix qui semble, faire autorité en représentant l’état ou une autre instance officielle du fait de son statut. Cela renforce sa capacité à produire un récit qui peut être ressenti par le visiteur comme représentatif de la collectivité, d’autant plus qu’il paraît anonyme. Introduire au musée des narrations inclusives des voix d’une commu