AccueilLa pédagogie de l’EMILE en questions : modalités et enjeux pour le secteur LANSAD

La pédagogie de l’EMILE en questions : modalités et enjeux pour le secteur LANSAD

EMILE teaching methodology in questions: modes and issues for the LANSAD sector

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Publié le mercredi 17 octobre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Plus de vingt ans après l’introduction de l’EMILE (Enseignement de matières par l'intégration d´une langue étrangère), nous souhaitons évaluer le concept et les opportunités qu’il offre pour l’enseignement / l'apprentissage des langues dans les formations professionnalisantes. Quelles sont les modalités pratiques de la mise en œuvre d’un dispositif d’EMILE ? Comment la question de la formation et du recrutement des enseignants disciplinaires (et des enseignants de langues) est-elle traitée ? Quelles sont les spécificités de la pédagogie de l’EMILE ? Cette approche innovante a-t-elle tenu ses promesses en termes de plus-value éducative ? L’EMILE a-t-il favorisé la mobilité et la diversité linguistique ?

Annonce

Argumentaire

L’Enseignement de matières par l'intégration d´une langue étrangère, plus connu sous son acronyme (EMILE), est plus répandu, en France, dans l’enseignement primaire et dans le secondaire que dans l’enseignement supérieur. Cependant, il existe, à travers l’Europe, un grand nombre de variations sur le thème de l’intégration de l’apprentissage / l’étude d’une matière disciplinaire et d’une langue, que celle-ci soit seconde, étrangère, régionale ou officielle. De nombreuses appellations reflètent ces différentes réalités au niveau primaire, secondaire ou supérieur – enseignement à contenu intégré (ECI), immersion, enseignement bilingue, etc. – EMILE étant le terme  utilisée par la Commission européenne (en anglais, CLIL, Content and Language Integrated Learning).

Plus de vingt ans après son introduction par la Commission européenne, les didacticiens et les pédagogues ont peut-être suffisamment de recul pour évaluer ce concept et les opportunités qu’il offre pour l’enseignement / apprentissage des langues dans les formations professionnalisantes [1].

L’EMILE est fondé sur une approche méthodologique double : une discipline non linguistique est enseignée à travers une langue étrangère. L’apprenant est donc censé progresser dans la discipline non linguistique tout en améliorant ses compétences linguistiques. Le concept d’intégration, central dans l’approche de l’EMILE, met l’accent sur le fait que la langue et la matière non linguistique sont toutes deux objets d’enseignement / apprentissage – sans qu’il y ait de préséance de l’une par rapport à l’autre. Cela est-il le cas dans la réalité ? Quelles sont les modalités pratiques de la mise en œuvre d’un dispositif d’EMILE ?

La réalisation du double objectif de l’EMILE implique la mise en place d’une approche particulière, transversale et collaboratrice,  de l’enseignement et exige de la part des l’établissements comme des enseignants disciplinaires et des enseignants de langues, une réflexion spécifique, non plus exclusivement sur l’enseignement des langues, mais sur le processus d’enseignement en général. La question de la formation et du recrutement des enseignantsdisciplinaires (et même des enseignants de langues) est évidemment cruciale. Comment cette question est-elle traitée lors de la mise en place d’un dispositif d’EMILE ? Les programmes européens prévoient des aides financières pour des actions de mobilité ciblant des « enseignants d’autres disciplines devant ou souhaitant enseigner dans une langue étrangère » [2]. Ces aides sont-elles utilisées ?

Quelles sont les spécificités de la pédagogie de l’EMILE au niveau des établissements, des enseignants et des étudiants ? Cette approche innovante a-t-elle tenu ses promesses en termes de plus-value éducative (association d’une culture et d’une langue, développement de compétences et de savoir-faire transdisciplinaires, notamment) ?

L’EMILE offre le grand avantage de proposer un enseignement / apprentissage relativement intensif des langues sans augmenter leurs volumes horaires dans le cursus. Cet avantage sert-il les langues ? L’orientation EMILE transforme-t-elle le statut de la langue cible ? L’EMILE a été pensé par la Commission européenne pour promouvoir l’apprentissage des langues et la diversité linguistique en Europe. A-t-il réellement favorisé la mobilité et la diversité linguistique ?

Conditions de soumission

Nous attendons des contributions sur ce thème sous forme d’articles ou de notes de recherche, d’articles ou de notes de pédagogie, de comptes rendus et d’analyses d’expériences en France et ailleurs en Europe, de fiches pédagogiques.

Consignes aux auteurs

Typologie des textes publiés

Toutes les contributions peuvent être rédigées en français ou dans une langue étrangère.

  • Article de recherche ou de synthèse (8 000 mots maximum)

L’article de recherche ou de synthèse fait état d’une recherche, d’une contribution théorique ou méthodologique nouvelle et originale. Il présente l’état de la connaissance dans un domaine particulier et une réflexion argumentée à partir des aspects fondamentaux de la connaissance dans ce domaine et doit être accompagné d’une bibliographie substantielle.

L’article de recherche ou de synthèse doit être accompagné de 2 résumés d’environ 150 mots chacun, l’un en français, l’autre en langue étrangère (langue de l’article, langue dont traite l’article, ou anglais). Donner en tête de chaque résumé le titre de l’article (en français et en langue étrangère) ainsi qu’une liste de 8 mots-clés au maximum dans chacune des 2 langues.

Il comportera nécessairement des références bibliographiques correspondant au cadre théorique dans lequel s’inscrit la recherche.

  • Note de recherche ou de pédagogie (4 000 mots maximum)

La note de recherche ou de pédagogie présente une recherche en cours ou achevée et met l’accent sur l’analyse des résultats. Elle expose une pratique d’enseignement ou une expérience innovante, dans un cadre théorique.

La note de recherche ou de pédagogie doit être accompagnée de 2 résumés d’environ 150 mots chacun, l’un en français, l’autre en langue étrangère (langue de l’article, langue dont traite l’article, ou anglais). Donner en tête de chaque résumé le titre de l’article (en français et en langue étrangère) ainsi qu’une liste de 8 mots-clés au maximum dans chacune des 2 langues.

Elle comportera quelques références bibliographiques correspondant au cadre théorique dans lequel s’inscrit la recherche.

  • Compte rendu de communication (2 000 mots maximum)

Le compte rendu résume le contenu d’une communication. Il ne détaille pas l’activité présentée, mais peut inclure des annexes. Il peut également mentionner les débats survenus entre les participants et l’intervenant, en fonction de leur intérêt. Le cadre théorique peut être présenté dans une brève introduction.

Il est souhaitable, pour le référencement, que le compte rendu de communication soit accompagné d’un bref résumé (75 mots) et de mots clés (4 maximum)

Il peut être complété de quelques références bibliographiques et d’annexes.

  • Fiche pédagogique (2 000 mots maximum)

La fiche pédagogique présente une activité pédagogique ou un matériel pédagogique innovant, voire un vécu d’enseignant.

Pour une activité (travail sur un document texte/image/son…, activité multimédia, projet tuteuré, exposé oral, activité ludique, remédiation…, indiquer :

  • ses objectif(s) ;
  • le nombre d’étudiants (minimum – maximum) avec lesquels elle est pratiquée ;
  • le matériel ou l’équipement nécessaire ;
  • le temps de préparation de l’activité par l’enseignant(e) ;
  • la durée moyenne de l’activité ;
  • une rapide description du déroulement de l’activité ;
  • vos commentaires.

Pour un matériel pédagogique (manuel, cahier d’exercices, extraits de revues/journaux/ouvrages, moyens d’évaluation, site(s) Internet, matériel audiovisuel…, préciser :

  • le public ;
  • le niveau ;
  • une description du matériel proposé ;
  • une évaluation subjective ;
  • les points positifs du matériel ;
  • ses points négatifs ;
  • vos commentaires.

Pour un vécu d’enseignant, par exemple, un problème auquel vous vous êtes trouvé(e) confronté(e) en tant qu’enseignant(e), indiquer :

  • le contexte, la spécificité du public ;
  • le problème, la solution adoptée et les raisons de ce choix ;
  • votre conclusion.

La fiche pédagogique ne présente généralement pas de cadre théorique mais peut inclure des annexes.

Il est souhaitable, pour le référencement, que la fiche pédagogique soit accompagnée d’un bref résumé (75 mots) et de mots clés (4 maximum)

Elle peut être complétée de quelques références bibliographiques.

  • Recension (2 000 mots maximum)

La recension présente un ouvrage, une revue, un colloque, etc. pertinents pour l’enseignement-apprentissage des langues aux spécialistes d’autres disciplines.

En tête de la recension figure la notice bibliographique de l’ouvrage commenté : Auteur(s). Année de publication. Titre. Lieu d’édition (ville, pays) : Éditeur. Nombre de pages. ISSN ou ISBN.

La recension comportera :

  • une introduction à l’ouvrage (détails pratiques, problématique...) ;
  • un résumé du contenu de l’ouvrage, global et détaillé par chapitres / sections, etc. ;
  • une évaluation des forces et des faiblesses de l’ouvrage ;
  • une conclusion soulignant l’intérêt de l’ouvrage (comble-t-il un manque ? s’il y a d’autres ouvrages sur le même thème, comment se situe celui qui fait l’objet de la recension ?).

La recension n’est pas accompagnée de résumés ni de mots clés.

Elle peut être complétée de quelques références bibliographiques.

Procédure de sélection des propositions

Les appels à contributions prévoient la soumission des articles en deux temps :

1) un résumé de 150 mots ;

2) l’article proprement dit.

La rédaction examine et sélectionne les résumés et notifie les auteurs de la décision prise dans les deux semaines suivant la réception du résumé.

Le processus de sélection et d’évaluation qui s’enclenche ensuite dure environ 6 mois.

Chaque article soumis à la revue est anonymé et évalué à l’aveugle par deux membres du comité de lecture.

La rédaction communique à l’auteur les commentaires et les recommandations des lecteurs et l’informe de la décision prise ainsi que des éventuelles modifications à apporter.

Plusieurs allers-retours sont souvent nécessaires entre l’auteur et les évaluateurs pour que l’article soit jugé publiable.

Tout article accepté pour publication est relu au sein de la rédaction et mis en forme. Les auteurs sont consultés sur les modifications souhaitées par la rédaction. Toutefois, le comité de rédaction de la revue Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité se réserve le droit d’opérer des modifications éditoriales de dernière minute dans tout texte accepté pour publication, à des fins de corrections stylistiques ou de clarification.

Principes de soumission et de publication

Les propositions soumises doivent être originales et ne pas être proposées simultanément à d’autres revues. Tout texte déjà publié dans une autre revue devra être accompagné d’une autorisation de reproduction délivrée par l’éditeur.

Les auteurs dont les textes sont acceptés pour publication dans Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité en cèdent les droits de façon permanente à la revue.

Ils acceptent la publication en ligne de leur travail sur Revues.org.

Les auteurs peuvent librement republier ces travaux (sous forme imprimée ou électronique) dans la mesure où :

  • ils indiquent clairement les références à la publication originale dans Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité ;
  • ils avertissent la rédaction en chef de la revue et lui envoient un exemplaire de la nouvelle publication.

Les auteurs dont les textes sont acceptés garantissent la revue Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité contre tout recours ou action de tiers (éditeurs, auteurs, etc.) dont les droits d’auteur auraient été enfreints de façon délibérée ou non.

Les auteurs sont responsables de l’exactitude des références et citations. La revue se réserve le droit de refuser la publication de toute illustration pour laquelle l’autorisation n’a pas été obtenue.

Recommandations aux auteurs

Les propositions devront correspondre à la typologie des textes publiés par la revue.

Les principes suivants s’appliquent pour tous les types de propositions.

Envoi des propositions

Les propositions doivent être adressées, sous forme électronique au format .doc, au rédacteur en chef de la revue : apliut@revues.org

Joindre une version .pdf lorsque le texte contient des caractères spéciaux (symboles phonétiques…) ou des illustrations (graphiques, schémas…).

Dans un autre document (également au format .doc), fournir les renseignements suivants :

  • votre fonction professionnelle, votre établissement de rattachement et votre courriel professionnel ;
  • une biographie ne dépassant pas 5 ou 6 lignes ;
  • vos coordonnées personnelles.

Plus d'informations sur les consignes aux auteurs sur http://apliut.revues.org/1524#tocto2n1

Calendrier

15 novembre 2012 : soumission des propositions d’articles (résumé de 150 mots)

  • 30 novembre 2012 : communication aux auteurs de la validation ou de la non-validation des propositions par le Comité éditorial
  • 15 janvier 2013 : envoi des articles à la rédaction de la revue
  • Janvier-juin 2013 : évaluation anonyme des articles et modifications par les auteurs
  • 30 juin 2013 : communication aux auteurs de la décision de publier ou non leur proposition
  • Octobre 2013 : parution du volume XXXII n° 3 de la revue.


[1] L’EMILE va peut-être faire son entrée dans les prochains Programmes Pédagogiques Nationaux des Diplômes Universitaires de Technologie actuellement en préparation.

[2] Introduction de L'enseignement d'une matière intégré à une langue étrangère (EMILE) à l'école en Europe. Eurydice, 2006. Disponible sur http://www.aulaintercultural.org/article.php3?id_article=1653

Dates

  • jeudi 15 novembre 2012

Mots-clés

  • EMILE, dispositif d’enseignement, enseignement / apprentissage des langues, LANSAD

Contacts

  • Mireille Hardy
    courriel : apliut [at] revues [dot] org

Source de l'information

  • Mireille Hardy
    courriel : apliut [at] revues [dot] org

Pour citer cette annonce

« La pédagogie de l’EMILE en questions : modalités et enjeux pour le secteur LANSAD », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 17 octobre 2012, http://calenda.org/223930