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Viol et ravissement à la Renaissance

Rape and abduction in the Renaissance

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Publié le lundi 22 octobre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Pour son quatrième numéro, la revue en ligne à comité de lecture Le Verger propose d’engager une réflexion sur le thème « Viol et ravissement ». À la Renaissance, le viol ne consiste pas uniquement en un acte sexuel imposé ; il peut s’agir également d’un acte sexuel alors que le partenaire est endormi, inconscient ou ignorant de la réalité de l’acte. Aussi avons-nous choisi d'attirer plus précisément l'attention sur le viol dans son rapport au ravissement. Rappelons que les deux termes sont étymologiquement liés à partir du verbe latin rapere (saisir) : ainsi, le terme anglais rape se rapportait autrefois à un enlèvement et désigne aujourd’hui un viol. La notion de ravissement est elle-même convoquée dans sa polysémie, du rapt à la jouissance mystique, en passant par la sublimation esthétique de la violence sexuelle.

Annonce

Pour son quatrième numéro, la revue en ligne à comité de lecture Le Verger propose d’engager une réflexion sur le thème « Viol et ravissement ». À la Renaissance, le viol ne consiste pas uniquement en un acte sexuel imposé ; il peut s’agir également d’un acte sexuel alors que le partenaire est endormi, inconscient ou ignorant de la réalité de l’acte. Aussi avons-nous choisi d'attirer plus précisément l'attention sur le viol dans son rapport au ravissement. Rappelons que les deux termes sont étymologiquement liés à partir du verbe latin rapere (saisir) : ainsi, le terme anglais rape se rapportait autrefois à un enlèvement et désigne aujourd’hui un viol. La notion de ravissement est elle-même convoquée dans sa polysémie, du rapt à la jouissance mystique, en passant par la sublimation esthétique de la violence sexuelle.

Argumentaire

La Renaissance voit apparaître les prémices d’une réflexion juridique sur le viol, qui sera par la suite défini sans ambiguïté comme un crime. C'est pourquoi nous encourageons vivement les études diachroniques qui mettraient en avant les caractéristiques de la conception que les hommes de la Renaissance pouvaient avoir du viol.

L’absence de définition juridique précise ne doit pas masquer l’existence et même l’omniprésence du viol dans la société de la Renaissance. Celui-ci s’inscrit dans un contexte de violences accrues, en particulier au moment des affrontements religieux. L’époque est marquée par le foisonnement des représentations de viols dans toutes les formes d’art, que ce soit dans la poésie de la Pléiade, le théâtre élisabéthain, les histoires tragiques, les tableaux et les sculptures de rapts mythologiques. Nous souhaiterions que les contributeurs s'interrogent sur les raisons de cet engouement, qui contraste nettement avec le silence des sources judiciaires. De surcroît, les enjeux du viol et du rapt prennent une importance nouvelle alors que l'institution maritale se renforce sous l'effet de la Contre-Réforme. Enfin, la Renaissance apparaît comme une période charnière où le viol est tantôt encore considéré comme un loisir aristocratique, tantôt comme un crime à condamner.

Nous appelons à soumettre des propositions d’articles sur les questions suivantes :

En histoire et histoire du droit :

  • Comment le viol est-il reconnu et catégorisé par le droit, par rapport à d'autres crimes ou délits ? Quid des viols d'enfants ? Des viols d'hommes ? Comment l’enlèvement est-il considéré ?
  • De quelles archives dispose-t-on sur le viol, aussi bien dans le domaine judiciaire que dans les sources du for privé (lettres, témoignages, etc.) ? Que nous apprennent-elles sur la perception du viol dans la société, en particulier sur la place de la victime ?
  • Quelle est la position de l’Église sur la question de la violence sexuelle et du rapt ?

Sur les représentations au sens large du viol et du ravissement :

  • Reprise des motifs antiques comme les nymphes et les satyres, le viol de Lucrèce, l’enlèvement de Proserpine ou d’Europe : rupture ou continuité ?
  • Tension entre l'esthétisation du viol et la représentation réaliste voire hyperbolique de sa violence en vue de sa dénonciation ;
  • La place du ravissement dans la mystique chrétienne ;
  • La question du viol démoniaque (succubes) et du ravissement entendu comme possession diabolique.

En littérature, un traitement générique de la question pourrait être intéressant :

  • viol et ravissement dans les histoires tragiques ;
  • le viol en scène : récits, drames sanglants ;
  • le viol comme motif poétique : la question de la sublimation, le traitement en ekphrasis

Participation

Le Verger est une revue pluridisciplinaire dirigée par l’équipe de Cornucopia et consacrée à la période de la Renaissance. Les articles sont soumis à l’approbation du comité de lecture. Pour ce numéro sur « Viol et ravissement », nous privilégierons les contributions qui articulent les deux termes. Néanmoins, des articles pertinents n’abordant que l’une des deux notions pourront être retenus, en particulier dans les disciplines où cette articulation est délicate, comme l’histoire et le droit. Pour les mêmes raisons, un traitement diachronique, du Moyen Âge au XVIIIe siècle, est envisageable à condition que la période renaissante soit spécifiquement traitée.

Les propositions d’article (titre provisoire et résumé d’une page maximum) sont à adresser à site.cornucopia@gmail.com

avant le 25 novembre 2012

Les articles seront à remettre le 15 mars 2013.

Url de référence : http://www.cornucopia16.com/

Dates

  • dimanche 25 novembre 2012

Contacts

  • Diane Robin
    courriel : diane [dot] robin [at] sfr [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Diane Robin
    courriel : diane [dot] robin [at] sfr [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Viol et ravissement à la Renaissance », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 octobre 2012, http://calenda.org/224646