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Comparaisons franco-américaines

Franco-American comparisons

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Publié le lundi 29 octobre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

La pratique de la comparaison en sciences humaines suscite aujourd’hui d’assez vifs débats. Si le comparatisme est rarement critiqué dans son principe, l’affirmation de ses vertus s’apparentant même à une figure imposée dans la plupart des disciplines concernées, ses formes et usages offrent matière à controverse. De vibrants plaidoyers en faveur de ses variantes les plus aventureuses coexistent avec des mises en garde quant à la dimension téléologique et européocentrique de nombre de ses problématiques et de ses cadres d’analyse, voire quant au « mirage de la causalité » qu’alimenteraient ses incarnations les plus étroitement associées au paradigme développementaliste et à la quête des déterminants ultimes des trajectoires économiques et politiques des États-nations. Mais que peut-on attendre de la comparaison lorsque celle-ci serait dénuée de visée évaluative ou typologique ? Doit-elle être conçue comme la finalité de l’analyse ou comme son instrument ? Dans quelle mesure ses fonctions diffèrent-elle selon qu’elle constitue ou non une opération dérivée de l’examen d’une situation d’interaction entre des agents identifiés à ses différents termes ? Telles sont quelques-unes des questions que l’on voudrait ici formuler à propos d’un objet de comparaison si fréquent qu’il échappe le plus souvent à ce type d’interrogations réflexives : le binôme franco-américain.

Annonce

Colloque organisé par Daniel Sabbagh (Sciences Po/CERI) et Maud Simonet (IDHE/Université Paris Ouest Nanterre La Défense), avec le soutien de la Commission franco-américaine (Fulbright Commission)

Argumentaire

La pratique de la comparaison en sciences humaines suscite aujourd’hui d’assez vifs débats. Si le comparatisme est rarement critiqué dans son principe, l’affirmation de ses vertus s’apparentant même à une figure imposée dans la plupart des disciplines concernées, ses formes et usages offrent matière à controverse. De vibrants plaidoyers en faveur de ses variantes les plus aventureuses (Detienne 2000) coexistent avec des mises en garde quant à la dimension téléologique et européocentrique de nombre de ses problématiques et de ses cadres d’analyse (Subrahmanyam 2004), voire quant au « mirage de la causalité » qu’alimenteraient ses incarnations les plus étroitement associées au paradigme développementaliste et à la quête des déterminants ultimes des trajectoires économiques et politiques des États-nations (Bayart 2008, p. 218). Mais que peut-on attendre de la comparaison lorsque celle-ci serait dénuée de visée évaluative ou typologique ? Doit-elle être conçue comme la finalité de l’analyse ou comme son instrument ? Dans quelle mesure ses fonctions diffèrent-elle selon qu’elle constitue ou non une opération dérivée de l’examen d’une situation d’interaction entre des agents identifiés à ses différents termes (Bertrand 2011) ? Telles sont quelques-unes des questions que l’on voudrait ici formuler à propos d’un objet de comparaison si fréquent qu’il échappe le plus souvent à ce type d’interrogations réflexives : le binôme franco-américain.

La référence aux États-Unis est pratique courante dans les débats politiques français au moins depuis l’ère révolutionnaire (Gauchet 1989 ; Raynaud 1989 ; Lacorne 1991 ; Marienstras et Wulf 1999), et les importations sélectives de concepts ou pseudo-concepts (Bourdieu et Wacquant 1998), de technologies sociales relatives à l’organisation du travail (Boltanski 1981) et de paradigmes ou méthodes d’enquête scientifiques d’origine américaine (Chenu 2001 ; Martin, Keck et Marcel 2004 ; Marcel 2011) – ainsi que les obstacles par elles rencontrés (Chapoulie 2008, Pudal 2011) – ont fait l’objet de nombreuses études d’orientation plus ou moins critique[1]. En revanche, de véritables comparaisons franco-américaines dans le domaine des sciences humaines et sociales sembleraient a priori devoir se heurter à au moins deux difficultés spécifiques. La première tient à la puissance du mythe de l’exception comme composante constitutive de l’idéologie nationale, présent, à des degrés et sous des formes diverses, des deux côtés de l’Atlantique (Lipset 1996 ; Schuck et Wilson 2008 ; Kuru 2008)[2]. La seconde a trait à la prégnance dans l’imaginaire social, le discours public et – plus spécialement – le champ intellectuel français d’un anti-américanisme passionnel transcendant les clivages partisans et doté d’une « capacité allégorique »[3] apparemment inépuisable, phénomène susceptible de favoriser aussi bien que d’entraver la politisation de certains problèmes « de société » (Saguy, Gruys et Gong 2010). Cependant, et bien que la tentation d’ériger les États-Unis en contre-modèle demeure perceptible – concernant les conceptions de la citoyenneté et de l’intégration notamment (Todd 1994)[4] –, il existe aussi un grand nombre de travaux comparatifs non caractérisés par l’accentuation maximale du contraste entre les deux pays et portant sur une gamme de sujets remarquablement variée. Celle-ci va des modèles éducatifs (Meuret 2007) aux sources et procédures du droit administratif (Custos 2007) en passant par le degré de politisation de la gestion des risques sanitaires relatifs à l’amiante et au VIH (Vogel et Bensedrine 2002), les taux de chômage (Lefranc 1997), l’abstentionnisme électoral (Subileau et Toinet 1989), les usages de l’arme aérienne (De Durand et Irondelle 2006), les modes d’argumentation à l’œuvre dans les décisions des autorités juridictionnelles (Wells 1994 ; Lasser 2004), les réformes des systèmes de retraite (Béland 2001 ; Béland et Viriot Durandal 2003), le mécénat et le bénévolat d’entreprise (Bory 2008), la culture littéraire (Clark 1979), la culture juridique (Calvès 1998 ; Garapon et Papadopoulos 2003) et la dimension politique des questions sexuelles (Fassin 2009). Cet ensemble particulièrement composite comprend également la naissance des sciences cognitives (Chamak 1999), la formation des citoyens via la délibération publique (Cossart et William 2012), les usages du travail temporaire (Chauvin et Jounin 2011), les « dispositions philosophiques » (Engel 1991), les politiques industrielles en matière de transport ferroviaire (Dobbin 1997), les mobilisations minoritaires des personnes d’origine caribéenne (Celestine 2009), les déterminants politiques et culturels de la quantification (Porter 1996), le régime juridique applicable aux propos négationnistes (Hochmann 2011) et le degré de protection offert par les congés de maternité (Suk 2010). À cela s’ajoutent encore le contentieux relatif aux affaires du « sang contaminé » (Feldman 2000), les normes constitutives de la discipline sociologique (Lamont 2000), le statut de la femme en droit de la nationalité (Weil 2005), la « culture de la célébrité » (Heinich 2011), la mise en récit de l’expérience de la mobilité sociale (Naudet 2012) et « la citoyenneté des Juifs » (Birnbaum 2012 ; voir aussi Azria 1993)… Au vu de cet « inventaire à la Prévert », on peut légitimement se demander si la comparaison franco-américaine ne tend pas à apparaître comme une figure imposée indépendamment de son objet même – et, éventuellement, s’interroger quant aux raisons de cet état de fait : quels sont donc les déterminants de cette prolifération d’études comparatives centrées sur ces deux pays, particulièrement impressionnante du côté français mais notable aux États-Unis également, alors même que le tropisme comparatif des auteurs américains est globalement beaucoup plus faible ? Pourquoi compare-t-on plus volontiers la France aux États-Unis qu’à l’Allemagne (voir néanmoins Brubaker 1992) ou à l’Italie (Lazar 1992) et les États-Unis plus volontiers à la France qu’au Canada (voir cependant Lipset 1991 ; Bloemraad 2006) ?

Sans préjuger des réponses à ces questions, et aussi hétérogène que soit l’ensemble ici évoqué, on peut néanmoins identifier en son sein des subdivisions qui, dans une certaine mesure, renvoient à des clivages théoriques tout en s’inscrivant dans un enchaînement historique à caractère séquentiel. Plus précisément, ce colloque entend faire place tant aux objets de recherches traditionnellement privilégiés par les comparaisons franco-américaines les plus précoces et les plus directement inspirées par l’héritage tocquevillien qu’à ceux abordés plus tardivement – et souvent envisagés dans une perspective plus éloignée de celle de l’auteur de De la démocratie en Amérique. Les uns et les autres sont venus alimenter la définition des axes thématiques autour desquels une partie des propositions de communication pourront éventuellement s’agréger. D’autres pourront notamment s’interroger quant aux conditions d’appartenance au sous-ensemble des objets de comparaison privilégiés entre la France et les États-Unis. D’autres enfin pourront se situer en dehors du découpage proposé ci-après et, par exemple, dans une perspective plus macroscopique, s’attacher aux contrastes observables au niveau de l’architecture de l’ensemble des différents champs (politique, économique, intellectuel, médiatique…) dans les deux pays, ou encore se pencher sur la question moins fréquemment abordée de la structure de classe et des modes de stratification sociale (Chauvel 2003).

  • L’héritage tocquevillien (axe 1)

L’œuvre de Tocqueville, on le sait, a connu de nombreux et influents prolongements aux États-Unis même, concernant notamment l’essor de l’individualisme et la dissolution du lien social (Bellah et al. 1996) – au point que l’auteur a pu être présenté comme « le saint patron du mouvement communautarien américain »[5]. Cependant, dans le sillage de sa relecture par Raymond Aron (1979) – à laquelle ont succédé quantité d’autres travaux (Antoine 2003 ; Jaume 2008 ; Elster 2009) –, des analyses néo-tocquevilliennes se sont également développées en France, avec pour point commun de « [voir] dans l’Amérique plus que l’Amérique »[6]. Dans cette perspective, les États-Unis constitueraient d’abord un laboratoire de la modernité démocratique où apparaîtraient, sous une forme amplifiée, des dynamiques encore embryonnaires de l’autre côté de l’Atlantique, offrant ainsi une préfiguration idéal-typique de l’avenir potentiel. Les vertus heuristiques du détour comparatif résideraient alors pour partie dans le surcroît d’intelligibilité indirectement produit quant à l’état et l’évolution de la société française, au sujet de laquelle l’étude de l’expérience américaine permettrait éventuellement de formuler divers enseignements pratiques (Donzelot 2003 ; Cohen-Tanugi 2007 ; Kirszbaum 2009a)[7]. Plus généralement, à partir du socle commun institué par le fait révolutionnaire et l’avènement d’une idéologie érigeant la liberté, l’égalité des droits et la souveraineté populaire en éléments constitutifs d’un modèle politique à vocation universelle (Bourdieu 1992 ; Raynaud 2009), de nombreux travaux à caractère principalement historique ont entrepris de retracer les processus de différenciation ultérieurs initialement explorés dans De la démocratie en Amérique. Dans le sillage de l’essai précurseur d’Hannah Arendt (1985 [1963]), ont ainsi été examinés les déterminants structurels de l’écart manifeste entre le caractère consensuel et la stabilité du régime républicain dans l’Amérique du dix-neuvième siècle et les convulsions et autres « crises de légitimité » de la France post-révolutionnaire (Higonnet 1988), les modalités d’articulation entre traditions « libérales » et « républicaines » dans les deux pays (Hulliung 2002), les variantes – à dominante « individualiste » ou « collectiviste » – du nationalisme « civique » qu’illustreraient (respectivement) les cas américain et français (Greenfeld 1993 ; Cople Jaher 2002) et les « figure[s] de l’égalité », que celle-ci soit conçue comme relevant de la sphère sociale ou plus spécifiquement liée à « une idéalisation de la politique » (Rosanvallon 2011)[8]. D’autres études ont été consacrées à l’institutionnalisation d’appareils bureaucratiques plus ou moins autonomes et plus ou moins soudés par la « valeur intégrative » que constituerait la défense de l’intérêt général en tant que fondement d’une éthique professionnelle (Dreyfus 2000)[9]. D’autres encore ont pris pour objet les modes de légitimation des inégalités sociales via la référence au « mérite », plus ou moins étroitement associée à une conception de l’intelligence comme attribut unidimensionnel, biologiquement déterminé, héréditaire et scientifiquement mesurable (Carson 2007), ou la relation – conjonctive ou disjonctive – entre communauté et citoyenneté que présupposeraient les politiques urbaines menées de part et d’autre de l’Atlantique à partir de la seconde moitié du vingtième siècle (Donzelot 2003). À cela s’ajoutent évidemment quantité de publications sur le fait associatif (Archambault 2011 ; Barthélémy 2011 ; Jaume 2011), mais aussi sur la place de la religion dans la vie publique (Lacorne 2007 ; Whitman 2008 ; Kuru 2009) – notamment concernant les limites de la liberté d’expression établies par le régime juridique applicable au port de vêtements à connotations religieuses, dans l’enceinte scolaire et au-delà (Tourkochoriti 2012). Tant les propositions de communication directement relatives à ces thématiques tocquevilliennes (ou d’autres) que celles qui examineraient la constitution même du « paradigme » tocquevillien et sa diffusion dans les différentes composantes du champ académique (Audier 2004 ; Le Strat et Pelletier 2006) – ou son application à des objets plus étroitement délimités (Fassin E. 1996 ; Simonet 2010) – seraient ici les bienvenues.

  • La « sociologie culturelle comparée » (axe 2)

Également orientés vers la mise en lumière des différences entre les États-Unis et la France mais nettement distincts des approches précédentes quant à leurs bases théoriques et leur ancrage disciplinaire, un certain nombre de travaux plus ou moins explicitement rattachés au programme de recherches élaboré par Michèle Lamont et Laurent Thévenot (2000) ont entrepris de préciser les contours des « répertoires culturels nationaux »[10] où s’alimentent les processus d’évaluation à l’oeuvre dans les deux pays. Ils soulignent pour la plupart la puissance d’une idéologie diffuse faisant du marché la matrice des jugements de valeur portés sur les personnes dans le contexte américain, tandis qu’en France une grammaire « civique » d’orientation solidariste demeurerait prédominante. Au-delà de cette seule dichotomie, les travaux en question mettent en évidence, par exemple, la moindre corrélation entre les dimensions économique, culturelle et morale du statut social des individus dans le contexte français, où la délimitation des « frontières symboliques » par les membres des classes moyennes et supérieures présenterait un caractère plus complexe (Lamont 1995). Ils montrent aussi la plus grande perméabilité de l’évaluation des oeuvres d’art à des considérations hétéronomes relevant du registre moral aux États-Unis (Heinich 2000), les dispositions des artistes et comédiens américains à considérer l’État comme une menace potentielle pour leur autonomie – alors que leurs homologues français y verraient plutôt une instance protectrice (Roussel 2010 ; Lechaux 2011) –, ou encore l’impact des conceptions dominantes de la nature sur l’évaluation monétaire des dommages causés à l’environnement et sur l’ampleur des réticences suscitées par le principe même d’une telle compensation (Fourcade 2011). Ils examinent enfin les effets empiriquement observables de ces répertoires culturels sur le cadrage médiatique des problèmes publics (Benson et Saguy 2005 ; Benson, à paraître) et, plus généralement, sur leur construction politico-juridique. Le cas du harcèlement sexuel en offre une illustration frappante : défini aux États-Unis comme une forme de discrimination dans l’emploi à raison du sexe, il apparaît en France comme un abus de pouvoir portant atteinte à la dignité de la personne (Saguy 2003). Là encore, le colloque est a priori ouvert tant aux contributions qui s’inscriraient dans le cadre de ce type d’approches qu’à celles qui adopteraient une perspective critique à leur égard.

  • Immigration et discriminations (axe 3)

Pays d’immigration et terres d’accueil pour un grand nombre d’exilés et de réfugiés (Horowitz et Noiriel 1992 ; Jeanpierre 2004), la France et les États-Unis n’en présentent pas moins des profils contrastés à bien des égards. C’est le cas notamment pour ce qui est du rôle des flux migratoires dans la formation de la nation elle-même et – par conséquent – du statut plus ou moins central de l’immigration dans les représentations de l’identité nationale (Noiriel 2008 ; Green 2007) ; de la construction politico-administrative du phénomène – comme acte spontané d’individus d’abord envisagés comme autant de candidats potentiels à la naturalisation ou comme recrutement contractualisé d’une collectivité de travailleurs en fonction des besoins de main-d’œuvre du patronat local (Collomp 1996)[11] ; et des modalités d’enregistrement du fait migratoire dans le recensement, selon que l’accent soit mis sur la nationalité au sens juridique ou sur une origine nationale progressivement conçue comme relevant de l’ethnicité (Schor et Spire 2005). C’est le cas également concernant les catégories – ethniques ou religieuses – prioritairement mobilisées pour décrire la population immigrée ou une partie d’entre elle (Green 2002) ; les caractéristiques de l’immigration musulmane (Cesari 2007) ; la perception de l’immigration comme enjeu politique par les responsables des principaux partis, enclins, en France, à anticiper ou exploiter l’hostilité à son égard et, aux États-Unis, à parier sur l’augmentation de la participation électorale des immigrés eux-mêmes (Schain 2008), et ce en dépit du fait que les données relatives à l’état de l’opinion publique dans les deux pays sont plus similaires qu’on ne pourrait le croire (Fetzer 2000). C’est le cas enfin quant au degré de décentralisation de l’action publique dans le domaine en question (Body-Gendrot et Schain 1992). Des propositions de communication pourraient donc s’inscrire dans le cadre de cette vaste littérature comparative sur l’immigration et ses suites, y compris pour identifier et interpréter des convergences partielles (voir, par exemple, Brubaker 2001).

Au-delà de la dimension migratoire proprement dite – et nonobstant les avertissements quant aux dangers des théorisations décontextualisantes qui tiendraient pour acquise la mondialisation de la « race » (Winant 2004) alors même que celle-ci ne serait originellement qu’une « transfiguration[s] conceptualisée[s] (…) des justifications primaires de la domination des Blancs sur les Noirs » propre à la configuration états-unienne[12] –, la « question raciale » en France a récemment fait l’objet de réflexions tant philosophiques (Bessone, à paraître) qu’historiques ou sociologiques (Fassin et Fassin 2006 ; Ndiaye 2008), qui, toutes, se réfèrent au cas américain, quand elles ne manifestent pas une ambition explicitement comparative (Cohen, Diamond et Vervaecke 2012). Du reste, une proportion croissante d’entre elles émane d’auteurs américains ou installés outre-Atlantique (Chapman et Frader 2004), particulièrement attentifs à déceler en France les prémices de l’émergence ou de la consolidation d’une dichotomie raciale similaire – sinon identique – à la « ligne de couleur » observée aux États-Unis et ouvrant la voie à la constitution d’une identité et d’un mouvement « noirs » (Gueye 2010 ; Keaton, Deanan Sharpley-Whiting et Stovall 2012). Au-delà, on observe une véritable floraison de travaux ayant pour objectif la comparaison des deux trajectoires nationales quant à la genèse, l’institutionnalisation et les tentatives de désinstitutionnalisation des discriminations fondées sur la « race ». Ces études et autres réflexions inégalement développées portent notamment sur l’héritage de l’esclavage et sa position plus ou moins périphérique dans la mémoire collective (Fredrickson 2005a ; Gross, à paraître), les représentations du métissage (Fredrickson 2005b), le statut juridique et les usages administratifs éventuels des classifications ethno-raciales dans la statistique publique (Héran 2005), les déterminants institutionnels de l’élargissement plus ou moins précoce de la définition juridique du concept de discrimination (Dobbin 2002 ; Lieberman 2005), ou encore les modalités d’articulation entre le droit antidiscriminatoire et l’avènement d’un discours de célébration de la « diversité » (Bereni 2009 ; Doytcheva 2010). Là aussi, certains de ces travaux suggèrent l’existence de convergences locales relativement inattendues entre les deux pays (Bleich 2008), autour de la mise à l’écart ou de la marginalisation du paradigme de la discrimination indirecte dans les domaines de l’emploi (Suk 2008) et du logement (Kirszbaum 2009b), mais aussi – en sens inverse – de l’essor d’une discrimination positive indirecte plus ou moins explicitement présentée comme telle et destinée à « démocratiser » l’accès aux établissements d’enseignement supérieur d’élite (Sabbagh et van Zanten 2010 ; Sabbagh 2011). Là encore, les propositions de communication pourraient aussi bien venir prolonger ou compléter ce type de comparaisons transatlantiques que contester leurs résultats ou leurs présupposés.

  • Périmètre et formes de l’action publique (axe 4)

Dans le sillage de l’ouvrage précurseur de Stephen Skowronek (1982), au cours des deux dernières décennies toute une série de travaux situés au croisement de l’histoire et de la science politique ont pris pour cible le « mythe » qui ferait des États-Unis un « État faible » (Novak 2008 ; King et Lieberman 2011)[13], en critiquant la focalisation des tenants de la tradition weberienne sur l’autonomie par rapport à la société civile comme critère d’évaluation de la consistance étatique ainsi que leur tendance à implicitement ériger en idéal type les variantes française et prussienne du phénomène considéré. Ont ainsi été mis en évidence le rôle déterminant de l’État fédéral dans le processus d’industrialisation à partir de la seconde moitié du dix-neuvième siècle (Bensel 1991 ; Bensel 2000), son degré d’intervention en matière d’urbanisme et de santé publique (Novak 1996), sa contribution au développement et à l’institutionnalisation du secteur associatif (Skocpol 1997), ou encore  le caractère indirect, voire dissimulé de son action en matière de politique sociale (Howard 1997). Parallèlement – et symétriquement –, d’autres études révélaient l’inadéquation empirique du modèle jacobin fondé sur l’absolutisation de la séparation entre l’État et le secteur privé au regard de la genèse des politiques publiques en France même (voir, par exemple, Dutton 2002). Ce tournant historiographique a toutefois suscité des critiques des deux côtés de l’Atlantique (Gerstle 2010 ; Birnbaum 2011) et présente un contraste notable par rapport à la plupart des analyses comparatives centrées sur la période contemporaine, qui tendraient plutôt à mettre l’accent sur l’inégale pénétration des instances étatiques dans la sphère sociale aux États-Unis et en France, notamment dans les « quartiers de relégation » où apparaît le plus nettement l’effet des « mécanismes de la marginalisation urbaine » (Wacquant 2007)[14]. Des propositions de communication sur l’étendue, les formes et l’évolution de la régulation publique dans les deux pays – ainsi que sa conceptualisation par les sciences sociales (Bezes et Pierru 2012) – seraient donc considérées avec beaucoup d’intérêt, qu’elles aient trait au New Public Management et à ses conséquences pour les services et la fonction publics (Bezes 2009), à l’histoire des systèmes de santé publique (Dutton 2007), aux transformations des politiques sociales et notamment de l’assistance sociale autour de la comparaison Workfare/RMI (Outin 1996 ; Barbier 1996 ; Morel 2000 ; Daguerre 2006) – devenue Workfare/RSA (Barbier 2008) –, ou encore à leurs implications quant aux formes et représentations de la pauvreté (Silver 1993 ; Fassin D. 1996; Billion, à paraître) mais aussi du travail (Wacquant 2009 (chapitre 9) ; Krinsky 2009). Inutile de souligner que cette liste d’exemples envisageables est loin d’être exhaustive.

  • Sociologie de la connaissance et des professions intellectuelles (axe 5)

Qu’ils se situent ou non dans le cadre de la « sociologie culturelle comparée » évoquée plus haut (axe 2), depuis une dizaine d’années de nombreux travaux ont pris pour objet divers segments ou aspects du champ intellectuel aux États-Unis et en France. Ainsi des analyses plus ou moins détaillées ont-elles été consacrées au fonctionnement du « marché des universitaires » (Musselin 2005), aux conditions de l’intégration de l’activité scientifique dans un programme militaro-industriel (Pestre 2006), à la formation et au développement du « complexe biomédical » (Gaudillière 2002) ainsi qu’à la constitution de disciplines plus ou moins caractérisées par un consensus interne quant à la définition de leur périmètre et des critères d’évaluation légitimes – qu’il s’agisse de l’économie (Fourcade 2009) ou des études littéraires (Duell 2000). D’autres études portent sur les rapports entre ethos professionnel et engagement politique (Pudal 2006 ; Sapiro 2010), la genèse et les usages différenciés de théories relevant de la philosophie politique (Hauchecorne 2011) ou des sciences sociales (Jaunet et Chauvin 2012), ou encore les modes d’exposition et d’écriture dominants – visant l’explicitation et l’accessibilité maximales ou, au contraire, tolérant ou valorisant les allusions et les effets de style – au sein des communautés épistémiques correspondantes (Lamont 1988 ; Pudal 2004 ; Ollion 2011). Le colloque aurait aussi vocation à donner écho aux travaux de ce type, voire à en susciter de nouveaux, qui pourraient porter notamment sur les déterminants de l’absence – ou de l’échec – de la circulation transatlantique d’œuvres ou de théories pourtant largement reconnues dans leur pays d’origine – ou bien, au contraire, sur les raisons de la reconnaissance que des auteurs tombés dans l’oubli en France auraient néanmoins obtenue aux États-Unis (et vice versa).

En somme, l’objectif de ces deux journées est de visibiliser et de confronter des recherches sur des terrains français et américain le plus souvent menées en ordre dispersé (au point que certaines des publications citées, quels que soient leurs mérites, s’abstiennent même de faire référence aux comparaisons entre les deux pays relatives à d’autres objets que le leur), et ce tout en faisant place à des interrogations d’orientation plus réflexive quant aux déterminants, présupposés et autres « points aveugles » de ces comparaisons. L’éventail disciplinaire visé est délibérément large et comprend l’ensemble des sciences humaines et sociales (sociologie, science politique, histoire, droit, anthropologie, économie, psychologie, démographie…). Les propositions de communication, en français ou en anglais, pourront aussi bien présenter des résultats de comparaisons franco-américaines que des réflexions ou enquêtes sur les conditions de possibilité, les usages et les limites de telles comparaisons ainsi que les difficultés pratiques de toute nature par elles rencontrées. Dans le premier cas, tant les contributions faisant de la comparaison l’instrument d’une « expérimentation indirecte » (Durkheim 1986, p. 124) destinée à mettre à l’épreuve des hypothèses quant à la puissance de détermination causale de telle ou telle variable prédéfinie que celles qui, à l’inverse, envisagerait la démarche comparative comme un moyen d’alimenter la construction théorique de manière inductive sont a priori les bienvenues. Quoi qu’il en soit, les propositions de communication devront indiquer précisément le matériau empirique mobilisé et les méthodes d’enquête employées.  Last but not least, les « axes » identifiés plus haut sont provisoires, mentionnés à titre purement indicatif et dépourvus de valeur contraignante.S’ils peuvent sans doute constituer d’utiles points de repère dans un certain nombre de cas, nous invitons les participants potentiels à éviter d’y rattacher artificiellement leurs propositions, puisque celles-ci seront évaluées indépendamment de ce découpage provisoire.

 Conditions de soumission

Les propositions de contribution (1500 mots maximum) seront envoyées aux organisateurs, aux adresses suivantes : sabbagh@ceri-sciences-po.org et msimonet@u-paris10.fr

le 15 janvier 2013 au plus tard.

Les auteur-e-s seront informé-e-s de la décision du comité le 15 février 2013.

Celles et ceux dont les propositions auront été retenues devront transmettre aux organisateurs le texte de leurs communications avant le 15 mai 2013.

Le colloque donnera lieu à une ou plusieurs publications.

Le colloque aura lieu à Nanterre et Paris, les 17 et 18 juin 2013.

Comité scientifique

  • Gwénaële Calvès (Université de Cergy Pontoise)
  • Marion Fourcade (Université de Californie, Berkeley)
  • Nancy L. Green (EHESS-CRH), Laurent Jeanpierre (Université Paris 8)
  • Christine Musselin (CSO, Sciences Po/CNRS)
  • Philippe Raynaud (Université Panthéon Assas)
  • Philippe Roger (EHESS)
  • Paul Schor (Université Paris Diderot)
  • Frédéric Viguier (Institute of French Studies, New York University)
  • Loïc Wacquant (Université de Californie, Berkeley)

Références

  • Antoine, Agnès (2003). L’impensé de la démocratie: Tocqueville, la citoyenneté et la religion. Paris : Fayard.
  • Archambault, Edith (2011). « Les institutions sans but lucratif hier et aujourd’hui : comparaison France-États-Unis ». The Tocqueville Review/ La Revue Tocqueville, 32 (2): 81-98
  • Arendt, Hannah (1985 [1ère ed. 1963]). Essai sur la révolution. Paris : Gallimard.
  • Aron, Raymond (1979). « Tocqueville retrouvé », The Tocqueville Review/La Revue Tocqueville, 1 (1): 8-23
  • Audier, Serge (2004). Tocqueville retrouvé : genèse et enjeu du renouveau tocquevillien français. Paris: Vrin
  • Azria, Régine (1993). « France-Etats-Unis, « terres promises » des Juifs ? Essai comparatif ». Archives de sciences sociales des religions, 84 : 201-222.
  • Barbier, Jean-Claude (1996). « Comparer workfare et insertion ? ». Revue française des affaires sociales, 4, octobre-décembre : 7-27
  • Barbier, Jean-Claude (2008). « Pour un bilan du workfare et de l’activation de la protection sociale ». La vie des idées, 04/11/2008 : http://www.laviedesidees.fr/Pour-un-bilan-du-workfare-et-de-l.html
  • Barthélémy, Martine (2011). « Renouvellement associatif et démocratie : regards croisés sur la France et les États-Unis ». The Tocqueville Review/ La Revue Tocqueville, 32 (2): 99-122
  • Bayart, Jean-François (2008). « Comparer en France: petit essai d’autobiographie disciplinaire ». Politix, 83 : 205-232
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  • Weil, Patrick (2005). « Le statut de la femme en droit de la nationalité : une égalité tardive », dans Kastoryano (2005): 123-143
  • Wells, Michael (1994). « French and American Judicial Opinions ». Yale Journal of International Law, 19 (1): 81-133
  • Whitman, James (2008). « Separating Church and State: The Atlantic Divide ». Historical Reflections, 34 (3): 86-104.
  • Winant, Howard (2004). The New Politics of Race: Globalism, Difference, Justice. Minneapolis: University of Minnesota Press

[1] Il existe évidemment des cas où le processus d’importation opère en sens inverse (pour un exemple, voir Cusset 2003), la direction prédominante des flux variant selon les périodes et les champs d’activité considérés.

[2] Sur l’« exceptionnalisme » américain, voir aussi Wacquant 2001, ainsi que les autres textes du dossier  paru dans les numéros 138 et 139 de Actes de la recherche en sciences sociales.

[3] Roger 2002, p. 584.

[4] Sur les fonctions de cette opposition réifiante entre républicanisme français et différentialisme ou « communautarisme » américain (ou « anglo-saxon »), voir notamment Granjon 1994 ; Fassin 1999 ; Mathy 2000.

[5] Putnam 2000, p. 24.

[6] Tocqueville 1981, t. 1, p. 69.

[7] On notera sans surprise que les travaux américains qui, en sens inverse, considèrent le cas français comme une source d’inspiration pour la réflexion et l’action publique sont plus rares ; voir cependant Frase 1990 ;  Bergmann 1996 ; Suk 2012.

[8] Les expressions citées se trouvent pp. 55 et 106.

[9] L’expression citée figure p. 221.

[10] Lamont et Thévenot 2000, p. 8.

[11] Sur l’immigration aux États-Unis et en France dans une perspective d’histoire sociale, voir également Green 1997 ; Rainhorn 2005.

[12] Bourdieu et Wacquant 1998, p. 113.

[13] Pour une vue d’ensemble, voir également Gensburger 2010 et Gensburger 2011.

[14] Les expressions citées se trouvent pp. 15 et 145. À ce propos, voir aussi Weber 2004.

Lieux

  • batiment L, salle Pierre Reverdy (17 juin) - Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    Nanterre, France (92)
  • salle de conférences (18 juin) - Sciences Po, 56 rue Jacob
    Paris, France (75)

Dates

  • mardi 15 janvier 2013

Mots-clés

  • comparaison, France, États-Unis

Contacts

  • Daniel Sabbagh
    courriel : sabbagh [at] ceri-sciences-po [dot] org

Source de l'information

  • Daniel Sabbagha
    courriel : sabbagh [at] ceri-sciences-po [dot] org

Pour citer cette annonce

« Comparaisons franco-américaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 octobre 2012, http://calenda.org/225992